Louise-Rose-Étiennette Gérard, dite Rosemonde Gérard (1866-1953), poétesse et comédienne française.
Le mimosa
L’autre matin, sous la feuillée,
De soleil rose ensoleillée,
Je rêvais à toi, – tu passas !
Et je vis à ta boutonnière,
Penchant ses graines de lumière,
Une branche de mimosas.
"Oh ! donne-la moi, je t’en prie,
Cette petite fleur flétrie…"
Murmurai-je. Et tu refusas !
D’un œil foncé qui me regarde,
Tu refusas. Tu dis : "Je garde
Cette branche de mimosas."
Et, sans voir qu’à cette seconde
Je ne voulais plus qu’elle au monde,
De mon tourment tu t’amusas :
"Il y en a sur la pelouse…
- Non, je veux, car je suis jalouse,
Cette branche de mimosas !
Si tu l’aimes, toute fanée,
C’est qu’alors on te l’a donnée,
En te taisant, tu t’accusas.
Parle ! nomme-moi ma rivale !
Regarde-moi… je suis plus pâle
Que la branche de mimosas ! "
Mais toi, d’une voix attendrie,
Tu t’écrias : Ô ma chérie,
À mes regards tu proposas
Cent visages : des fous, des sages,
D’autres plus fins que les feuillages
De la branche de mimosas.
Mais, très curieux de nature,
Je rêvais de voir la figure
- Car je ne la connaissais pas –
Que vous faites, alors qu’on ose
Vous refusez la moindre chose…
Tiens, les voilà, les mimosas !"
Yves Bonnefoy (1923-2016) poète, critique d'art et traducteur français. Il est considéré comme un poète majeur de la seconde moitié du XX° et du début du XXI° siècle.
"Poésie" 1995
"Ce qui fut sans lumière, Début et fin de la neige,"
Neige
"Première neige tôt ce matin. L’ocre, le vert
Se réfugient sous les arbres.
Seconde, vers midi. Ne demeure
De la couleur
Que les aiguilles des pins
Qui tombent elles aussi plus dru parfois que la neige.
Puis, vers le soir,
Le fléau de la lumière s’immobilise.
Les ombres et les rêves ont même poids.
Un peu de vent
Écrit du bout du pied un mot hors du monde."
Jacqueline Mériot, écrivaine contemporaine, poète, auteur de contes et légendes, animatrice de "Rencontres Poétiques". Elle a enregistré sur CD audio des poèmes et des contes
Neige
Sur la musique du silence
Dansent dansent les flocons blancs
Qui se balancent
Et qui s'en vont
Tisser une douce couverture
Pour la terre qui s'endort
Sur la musique du silence
Dansent dansent les flocons blancs.
Anne Hébert (1916-2000) poètesse canadienne
1960 - Mystère de la parole,
Neige
La neige nous met en rêve
Sur de vastes plaines,
Sans traces ni couleur.
Veille mon cœur,
La neige nous met en selle
Sur des coursiers d’écume.
Sonne l’enfance couronnée,
La neige nous sacre en haute-mer,
Plein songe,
Toute voile dehors.
La neige nous met en magie.
Blancheur étale.
Plumes gonflées
Où perce l’œil de cet oiseau.
Mon cœur ;
Trait de feu sous des palmes de gel
Fille de sang qui m’émerveille.
Henri Pichette (1924-2000) écrivain, poète et dramaturge français.
Extrait de : Odes à Chacun
1955
Ode à la neige
La
Légère
Candide
Capricieuse
Tourbillonnante
Ouatée
Poudreuse
Neige dont l’aime
La
Lente lente
Chute
Par un jour de grisaille aux vapeurs violâtres
Ou quelquefois même (j’ai vu)
Par un ciel terre de Sienne
Elle
Papillonne blanc,
Plus blanc que les piérides blanches
Qui volettent en avril
Comme fiévreusement,
A moins que ce ne soit frileusement
Autour
De roses
Couleur d’âtre
Météore
Qui touche ma manche
De ratine, y posant des cristaux à six branches
Sous mes yeux d’étincelles
Pluie
De
Plumes
de
Mouettes
Muettes
Recouvrant la plaine déshéritée
Emmantelant la forêt squelettique
Epaisse, assoupissante et ensevelissante
Blanche telle
Une belle absence de parole
Blanche autant qu’absolue
Dans un silence d’œil
Qui rêve l’éternité blanche
Neige neigée
Tellement soleillée
Que d’un blanc aveuglant
Et brûlante !
Moelle de diamant
Neiges du Harfang aux iris jaunes d’or
Et ventre blanc pur de la Panthère des neiges
De quel oiseau fléché fuyant à travers ciel
Ce pointillé de sang sur la neige vierge ?
Regardez, par delà
Cette grille givrée
D’innocentes hermines
Dorment tout de leur long
Sur les bras des croix
Alors qu’à l’intérieur l’enfant
Le front appuyé à la vitre
Pour jouer
Fait de la buée,
Dehors chaque flocon
Eclate une petite larme
Qui roule
En bas
Du carreau
Où le mastic est vieux comme la maison
Et tout là-bas
(à l’heure de mon cœur qui bat tout bas)
Quelqu’un
Contemple
La rencontre de la neige
Floconneuse, innombrable
Avec la mer
Formidable, comme
De plomb,
Glauque
Alexis Leger, dit Saint-John Perse (1887-1975) poète, écrivain et diplomate français, lauréat du prix Nobel de littérature en 1960.
Extrait du livre Eloges
Neiges
I
Et puis vinrent les neiges, les premières neiges de l'absence, sur les grands lés tissés du songe et du réel ; et toute peine remise aux hommes de mémoire, il y eut une fraîcheur de linges à nos tempes.
Et ce fut au matin, sous le sel gris de l'aube, un peu avant la sixième heure, comme en un havre de fortune, un lieu de grâce et de merci où licencier l'essaim des grandes odes du silence.
Et toute la nuit, à notre insu, sous ce haut fait de plume, portant très haut vestige et charge d'âmes, les hautes villes de pierre ponce forées d'insectes lumineux n'avaient cessé de croître et d'exceller, dans l'oubli de leur poids.
Et ceux-là seuls en surent quelque chose, dont la mémoire est incertaine et le récit est aberrant.
La part que prit l'esprit à ces choses insignes, nous l'ignorons.
Nul n'a surpris, nul n'a connu, au plus haut front de pierre, le premier affleurement de cette heure soyeuse, le premier attouchement de cette chose fragile et très futile, comme un frôlement de cils.
Sur les revêtements de bronze et sur les élancements d'acier chromé, sur les moellons de sourde porcelaine et sur les tuiles de gros verre, sur la fusée de marbre noir et sur l'éperon de métal blanc, nul n'a surpris, nul n'a terni cette buée d'un souffle à sa naissance, comme la première transe d'une lame mise à nu...
Il neigeait, et voici, nous en dirons merveilles : l'aube muette dans sa plume, comme une grande chouette fabuleuse en proie aux souffles de l'esprit, enflait son corps de dahlia blanc.
Et de tous les côtés il nous était prodige et fête.
Et le salut soit sur la face des terrasses, où l'Architecte, l'autre été, nous a montré des œufs d'engoulevent !
Je sais que des vaisseaux en peine dans tout ce naissain pâle poussent leur meuglement de bêtes sourdes contre la cécité des hommes et des dieux; et toute la misère du monde appelle le pilote au large des estuaires.
Je sais qu'aux chutes des grands fleuves se nouent d'étranges alliances, entre le ciel et l'eau : de blanches noces de noctuelles, de blanches fêtes de phryganes.
Et sur les vastes gares enfumées d'aube comme des palmeraies sous verre, la nuit laiteuse engendre une fête du gui.
Et il y a aussi cette sirène des usines, un peu avant la sixième heure et la relève du matin, dans ce pays, là-haut, de très grands lacs, où les chantiers
illuminés toute la nuit tendent sur l'espalier du ciel une haute treille sidérale : mille lampes choyées des choses grèges de la neige...
De grandes nacres en croissance, de grandes nacres sans défaut méditent-elles leur réponse au plus profond des eaux ? — ô toutes choses à renaître, ô vous toute réponse !
Et la vision enfin sans faille et sans défaut !...neige sur les dieux de fonte et sur les aciéries cinglées de brèves liturgies; sur le mâchefer et sur l'ordure et sur l'herbage des remblais: il neige sur la fièvre et sur l'outil des hommes — neige plus fine — qu'au désert la graine de coriandre, neige plus fraîche qu'en avril le premier lait des jeunes bêtes...
Il neige par là-bas vers l'Ouest, sur les silos et sur les ranchs et sur les vastes plaines sans histoire enjambées de pylônes ; sur les tracés de villes à naître et sur la cendre morte des camps levés ; sur les hautes terres non rompues, envenimées d'acides, et sur les hordes d'abiès noirs empêtrés d'aigles barbelés, comme des trophées de guerre...
Que disiez-vous, trappeur, de vos deux mains congédiées ?
Et sur la hache du pionnier quelle inquiétante douceur a cette nuit posé la joue ?...
Il neige, hors chrétienté, sur les plus jeunes ronces et sur les bêtes les plus neuves. Épouse du monde ma présence !...
Et quelque part au monde où le silence éclaire un songe de mélèze, la tristesse soulève son masque de servante.
II
Ce n'était pas assez que tant de mers, ce n'était pas assez que tant de terres eussent dispersé la course de nos ans.
Sur la rive nouvelle où nous halons, charge croissante, le filet de nos routes, encore fallait-il tout ce plain-chant des neiges pour nous ravir la trace de nos pas...
Par les chemins de la plus vaste terre étendrez-vous le sens et la mesure de nos ans, neiges prodigues de l'absence, neiges cruelles au cœur des femmes où s'épuise l'attente?
Et Celle à qui je pense entre toutes les femmes de ma race, du fond de son grand âge lève à son Dieu sa face de douceur.
Et c'est un pur lignage qui tient sa grâce en moi. Qu'on nous laisse tous deux à ce langage sans paroles dont vous avez l'usage, ô vous toute présence, ô vous toute patience !
Et comme un grand Ave de grâce sur nos pas chante tout bas le chant très pur de notre race.
Et il y a un si long temps que veille en moi cette affre de douceur...
Dame de haut parage fut votre âme muette à l'ombre de vos croix; mais chair de pauvre femme, en son grand âge, fut votre cœur vivant de femme en toutes femmes suppliciée...
Au cœur du beau pays captif où nous brûlerons l'épine, c'est bien grande pitié des femmes de tout âge à qui le bras des hommes fit défaut.
Et qui donc vous mènera, dans ce plus grand veuvage, à vos Églises souterraines où la lampe est frugale, et l'abeille, divine ?
...Et tout ce temps de mon silence en terre lointaine, aux roses pâles des ronciers j'ai vu pâlir l'usure de vos yeux.
Et vous seule aviez grâce de ce mutisme au cœur de l'homme comme une pierre noire...
Car nos années sont terres de mouvance dont nul ne tient le fief, mais comme un grand Ave de grâce sur nos pas nous suit au loin le chant de pur lignage ; et il y a un si long temps que veille en nous cette affre de douceur...
Neigeait-il, cette nuit, de ce côté du monde où vous joignez les mains ?...
Ici, c'est bien grand bruit de chaînes par les rues, où vont courant les hommes à leur ombre.
Et l'on ne savait pas qu'il y eût encore au monde tant de chaînes, pour équiper les roues en fuite vers le jour.
Et c'est aussi grand bruit de pelles à nos portes, ô vigiles !
Les nègres de voirie vont sur les aphtes de la terre comme gens de gabelle.
Une lampe survit au cancer de la nuit. Et un oiseau de cendre rose, qui fut de braise tout l'été, illumine soudain les cryptes de l'hiver, comme l'Oiseau du Phase aux Livres d'heures de l'An Mille... Épouse du monde ma présence, épouse du monde mon attente !
Que nous ravisse encore la fraïche haleine de mensonge !...
Et la tristesse des hommes est dans les hommes, mais cette force aussi qui n'a de nom, et cette grâce, par instants, dont il faut bien qu'ils aient souri.
IV
Seul à faire le compte, du haut de cette chambre d'angle qu'environne un
Océan de neiges. —
Hôte précaire de l'instant, homme sans preuve ni témoin, détacherai-je mon lit bas comme une pirogue de sa crique ?...
Ceux qui campent chaque jour plus loin du lieu de leur naissance, ceux qui tirent chaque jour leur barque sur d'autres rives, savent mieux chaque jour le cours des choses illisibles; et remontant les fleuves vers leur source, entre les vertes apparences, ils sont gagnés soudain de cet éclat sévère où toute langue perd ses armes.
Ainsi l'homme mi-nu sur l'Océan des neiges, rompant soudain l'immense libration, poursuit un singulier dessein où les mots n'ont plus prise. Épouse du monde ma présence, épouse du monde ma prudence !...
Et du côté des eaux premières me retournant avec le jour, comme le voyageur, à la néoménie, dont la conduite est incertaine et la démarche est aberrante, voici que j'ai dessein d'errer parmi les plus vieilles couches du langage, parmi les plus hautes tranches phonétiques : jusqu'à des langues très lointaines, jusqu'à des langues très entières et très parcimonieuses, comme ces langues dravidiennes qui n'eurent pas de mots distincts pour "hier" et pour "demain".
Venez et nous suivez, qui n'avons mots à dire: nous remontons ce pur délice sans graphie où court l'antique phrase humaine; nous nous mouvons parmi de claires élisions, des résidus d'anciens préfixes ayant perdu leur initiale, et devançant les beaux travaux de linguistique, nous nous frayons nos voies nouvelles jusqu'à ces locutions inouïes, où l'aspiration recule au-delà des voyelles et la modulation du souffle se propage, au gré de telles labiales mi-sonores, en quête de pures finales vocaliques.
...
Et ce fut au matin, sous le plus pur vocable, un beau pays sans haine ni lésine, un lieu de grâce et de merci pour la montée des sûrs présages de l'esprit; et comme un grand Ave de grâce sur nos pas, la grande roseraie blanche de toutes neiges à la ronde...
Fraîcheur d'ombelles, de corymbes, fraîcheur d'arille sous- la fève, ha ! tant d'azyme encore aux lèvres de l'errant !...
Quelle flore nouvelle, en lieu plus libre, nous absout de la fleur et du fruit ?
Quelle navette d'os aux mains des femmes de grand âge, quelle amande d'ivoire aux mains de femmes déjeune âge nous tissera linge plus frais pour la brûlure des vivants ?... Épouse du monde notre patience, épouse du monde notre attente!...
Ah! tout l'hièble du songe à même notre visage !
Et nous ravisse encore, ô monde ! ta fraîche haleine de mensonge !...
Là où les fleuves encore sont guéables, là où les neiges encore sont guéables, nous passerons ce soir une âme non guéable...
Et au-delà sont les grands lés du songe, et tout ce bien fongible où l'être engage sa fortune...
Désormais cette page où plus rien ne s'inscrit.
Léopold Sédar Senghor (1906-2001) poète, écrivain et homme politique sénégalais.
Recueil : "Chants d'ombre"
Neige sur Paris
Seigneur, vous avez visité Paris par ce jour de votre naissance
Parce qu’il devenait mesquin et mauvais
Vous l’avez purifié par le froid incorruptible
Par la mort blanche.
Ce matin, jusqu’aux cheminées d’usines qui chantent à l’unisson
Arborant des draps blancs
- "Paix aux Hommes de bonne volonté !"
Seigneur, vous avez proposé la neige de votre paix au monde divisé, à
L’Europe divisée
A l’Espagne déchirée et le Rebelle juif et catholique a tiré ses mille quatre
Cents canons contre les montagnes de votre Paix.
Seigneur, j’ai accepté votre froid blanc qui brûle plus que le sel.
Voici que mon cœur fond comme neige sous le soleil.
J’oublie
Les mains blanches qui tirèrent les coups de fusils qui croulèrent les empires
Les mains qui flagellèrent les esclaves qui vous flagellèrent
Les mains blanches poudreuses qui vous giflèrent, les mains peintes poudrées
Qui m’ont giflé
Les mains sûres qui m’ont livré à la solitude à la haine
Les mains blanches qui abattirent la forêt de rôniers qui dominait l’Afrique,
au centre de l’Afrique
Droits et durs, les Saras beaux comme les premiers hommes qui sortirent de
Vos mains brunes.
Elles abattirent la forêt noire pour en faire des traverses de chemin de fer
Elles abattirent les forêts d’Afrique pour sauver la Civilisation, parce qu’on
manquait de matière première humaine.
Seigneur, je ne sortirai pas ma réserve de haine, je le sais, pour les
diplomates qui montrent leurs canines longues
Et qui demain troqueront la chair noire.
Mon cœur, Seigneur, s’est fondu comme neige sur les toits de Paris
Au soleil de votre douceur
Il est doux à mes ennemis, à mes frères aux mains blanches sans neige
A cause aussi des mains de rosée, le soir, le long de mes joues brûlantes.
Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945), poétesse, romancière, journaliste, historienne, sculptrice et dessinatrice française.
L'hiver
L'hiver s'il tombe de la neige
Le chien blanc a l'air d'être beige.
Les arbres sont bientôt touffus
Comme dans l'été qui n'est plus.
Les oiseaux marquent les allées
Avec leurs pattes étoilées
Aussitôt qu'il fait assez jour,
Dans le jardin bien vite on court.
Notre maman nous emmitoufle
Même au soleil la bise souffle.
Pour faire un grand bonhomme blanc
Tout le monde prend son élan.
Après ça, batailles de neige !
On s'agite, on crie, on s'assiège,
Et puis on rentre le nez bleu
Pour se sécher autour du feu.
Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français
Recueil : Paysages et paysans (1899).
La tache blanche
Dure au mordant soleil, longtemps épanouie
Aux grands effluves lourds et tièdes du vent plat,
La neige, ayant enfin fléchi, perdu l'éclat,
Venait de consommer sa fonte sous la pluie.
L'espace détendu ! le bruit désemmuré !
Et les cieux bleus, enfin ! pour mes regards moroses,
Avides de revoir le vieil aspect des choses,
Tout surgissait nouveau du sol désengouffré.
Soudain, au creux d'un ravin noir,
Un soupçon de neige fit voir
Sa tache pâle, si peureuse
Que je me figurai, songeur,
Un dernier frisson de blancheur
Au fond d'une âme ténébreuse !
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