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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 19:34

 

 

Mythologie des arbres


Le Châtaignier commun - Castanea sativa
 

 

 

À la fois arbre forestier et arbre fruitier, le châtaignier commun (Castanea sativa Mill.), est un arbre majestueux, vigoureux, à cime large bien branchue et à croissance rapide, de la famille des "fagacées", qui produit des fruits largement consommés par l'homme : les châtaignes.


..."À nos pieds roulaient des châtaignes

Dont les bogues étaient

Comme le cœur blessé de la madone

Dont on doute si elle eut la peau

Couleur des châtaignes d’automne"...

Guillaume Apollinaire (1880-1918) -  1913 - Rhénane d’automne


 


 

Il a une grande longévité et peut dépasser le millénaire.

Il peut mesurer 25 à 35 m de haut et 4 mètres de diamètre. Les vieux châtaigniers peuvent atteindre des diamètres importants. Son ombrage est apaisant, son tronc est tordu et ses branches en fouillis.


Après des siècles à prendre la foudre, les tempêtes qui cassent leurs branches, les insectes qui vident leur tronc par l’intérieur, ils continuent à former des rejets qui poussent à vive allure. Le châtaignier fait partie de notre patrimoine végétal et culturel.


Lorsqu'il est en nombre sur un territoire délimité, il forme une châtaigneraie.


 

 

 

L’écorce du châtaignier, jeune est lisse et de couleur brun verdâtre, puis devient brun foncé se fissurant longitudinalement.

Avec l'âge, l'écorce a tendance à se vriller selon et le tronc a tendance à devenir creux.

 

 

 

Son bois est naturellement résistant aux moisissures, pourrissement et autres dépérissements, ce qui en fait un excellent bois pour les constructions en extérieur, et pour la fabrication de meubles depuis que l’ébénisterie existe, et quel dommage ! "comme bois de chauffage".


C'est aussi un bois riche en tanins qui a été largement exploité à cet effet de 1890 à 1960. Sa haute teneur en tanin fait que les araignées ne tissent jamais leur toile sur du bois de châtaignier.


 

 

 

Ses grandes feuilles caduques de couleur verte, luisantes dessus sont de forme oblongue-lancéolée aiguë, aux bords en dents de scie et pétiole court. Elles sont disposées en spirale, et sont riches en tanins.


 

 

 

La fleur permet aux abeilles de nous offrir un miel au goût marqué. Cet arbre monoïque à croissance sympodiale, fleurit de la mi-juin à la mi-juillet (les fleurs étant des chatons cylindriques jaune pâle).

 

Les fleurs blanches sont les chatons mâles dressés à la floraison et disposés à la base des rameaux, apparaissent les premiers et répandent alors une forte odeur,


 

 

Les boules vertes les fleurs femelles se réunissent par trois et sont disposés plus au sommet, elles sonneront les futures châtaignes après pollinisation par le pollen d'une autre variété de châtaignier puisque le châtaignier n'est pas autofertile.


 

 

 

 

La bogue (enveloppe verte piquante), entoure les fruits et dissuade certains prédateurs de s'attaquer aux châtaignes. Elle correspond à une transformation des bractées.

À l'intérieur de la bogue se trouvent les châtaignes, au nombre de 1 à 3, qui sont, au sens botanique, des fruits secs de type akènes enveloppés par une pellicule astringente et par un tégument.

Les fruits de châtaignier germent dès qu'ils tombent au sol à l'automne, les racines émergeant de la graine immédiatement et les feuilles et la tige le printemps suivant. Parce que les graines n'ont pas d'enrobage ou de nourriture interne, elles perdent leur viabilité peu de temps après la maturation et doivent être plantées immédiatement.


 

 

 

Les châtaignes, séchées, furent pendant longtemps la base de l'alimentation humaine dans certaines régions d'Europe, généralement dépourvues d'agriculture céréalière, ce qui lui valut d'être considéré comme un "arbre nourricier".

Dans d'autres régions, notamment autour de la mer Méditerranée, le châtaignier fut surnommé "arbre à pain" ou "pain des pauvres", car ses fruits y remplaçaient les céréales en période de disette.


On ramasse ou récolte les châtaignes à partir du mois d'octobre.


 

 

 

LE "MARRON COMESTIBLE" EST UNE CHÂTAIGNE

 

Mais attention, du fait de leur ressemblance morphologique, on confond parfois les châtaignes (alias les marrons) avec une famille bien distincte de fruits à bogue : les marrons d’Inde. Ces derniers, qui tombent du marronnier, sont toxiques. 

Le marronier d'Inde est un arbre de la famille des Sapindaceae, qui donne un fruit sec déhiscent.


1/ Le marron plus rond ne comporte qu'un seul fruit dans sa bogue (moins épineuse)


2/ La châtaigne a une forme aplatie, et contient trois ou quatre fruits, sa bogues ressemble à un hérisson.

                                            1                                                    2


 

 

 

L'origine du châtaignier semble être la Transcaucasie, l’Arménie, et la Perse d’où elle va gagner le monde grec. 


Son aire de distribution a été fortement étendue par l'Homme en Europe méridionale et surtout en Europe occidentale, vers le nord jusqu'en Écosse, et aussi localement en Afrique du Nord.


En France, le châtaignier est bien présent dans toutes les régions et fait partie des arbres feuillus importants des forêts françaises.


Aujourd’hui, les châtaigniers représentent plus d’un million d’hectares de forêt en France, troisième essence la plus représentée.

 


 

Dans le Limousin (dont il est un emblème, étant représenté sur le logotype du conseil régional), 


 


 



Les variétés sans étamine donc sans pollen (Bouche de Bétizac) sont des astaminées.

 

Il existe des variétés de châtaignier dont les fleurs mâles contiennent des étamines. 


Chez les staminées, la longueur du filet est un facteur clé de la faculté pollinisatrice de la variété. On répertorie ainsi des variétés :

 

- brachystaminées : 
Filet des étamines de 1 à 3 mm de long, anthères ne dépassant pas le périanthe, très peu de pollen (Marron de Lyon)


- mésostaminées : 
Filet des étamines de 3 à 5 mm de long, anthères dépassant un peu le périanthe, peu de pollen


- longistaminées : 
Filet des étamines de 5 à 7 mm de long, anthères dépassant largement le périanthe, beaucoup de pollen (variétés sativa pures : Belle épine, Marron de Goujounac, Marron de Chevanceaux, et les hybrides : Bournette, Précoce Migoule, Maraval et Marsol). Il est à noter que le pollen des variétés pures de sativa est de meilleure qualité que celui des hybrides, raison pour laquelle on privilégie les sativa comme pollinisateurs.


 

 

 

Le châtaignier est une espèce :

 

thermophile :

- Il aime la chaleur et l'eau .
Les anciens disaient : "au mois d'août, la châtaigne doit être dans un four, au mois de septembre dans un puits". 


héliophile  :

- Il aime la lumière ou de demi-ombre. Il tolère un léger ombrage dans le jeune âge. La croissance juvénile est rapide. 


Silicicole :

- Il aime les sols schisteux, granitiques et alluvionnaires ;
acidophile : il aime les sols acides, un fois établi, il supporte bien la sécheresse. Il ne peut pas pousser sur sols basiques riches en calcaire.

 

 

 

Une quinzaine de variétés de châtaigne sont cultivées dont huit portent l’appellation de marron :

 

 Variétés précoces :

Châtaignes : Ronde des Vans, Bouche de Bétiza

Marrons : Aguyane, Marigaule, Merle


 
Variétés de pleine saison :  

Châtaignes : Bourrue, Rousse, Rouge des Pyrénées

Marrons : Belle épine,  Pellegrine, Montagne, Sardonne

 

Variétés tardives :  

Châtaignes : Comballe

Marrons : Bouche rouge

Châtaignes Comballe


 

 

 

Quelques variétés de châtaigniers

 


Chataignier "Marigoule" - Castanea sativa "Marigoule"

Hybride naturel entre un châtaigner européen et japonais, arbre très vigoureux, il résiste à l'encre et l'anthracnose mais est sensible aux froids du printemps et à l'asphyxie.

C'est un arbre à grand développement, exigeant sur la qualité du sol, nécessitant la présence de pollinisateurs (1 rang sur trois de variété "Marron de Goujounac", "Marron de Chevanceaux" ou Précoce "Migoule").

Il produit de grosses châtaignes de couleur brun rouge brillant, se conservant bien,au goût sucré, qui se conservent bien. La mise à fruits intervient environ 5 ans après la plantation. 

Ce châtaignier ne produit des fruits que dans le sud de la France et en Bretagne.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert moyen, type de feuillage caduc, port étalé.

 

 

Châtaignier "Marlhac" - Castanea sativa "Marlhac"   

Hybride d'origine INRA entre le "Marron de Laguépie" et un châtaignier japonais, produit des gros fruits se conservant bien, mise à fruit plutôt lente, c'est un arbre vigoureux à port étalé, résistant aux maladies, à maturité demi-précoce.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert foncé, type de feuillage caduc.

 

 

Châtaignier "Maraval" - Castanea sativa "Marava"

Hybride de châtaignier européen et châtaigner japonais à gros fruits triangulaires. Sa mise à fruits est très rapide (3 à 4 ans), sa productivité moyenne.

Sa vigueur moyenne et ses faibles exigences permettent une densification au verger plus importante que d'autres hybrides. 

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert foncé, type de feuillage caduc, à port étalé.

 

 

Châtaignier "Marron de Lyon" - Castanea sativa "Marron de Lyon"

Fruit de couleur châtain tirant vers le rouge, aspect brillant, chair farineuse, sucrée, une bonne conservation et une bonne qualité gustative, utilisation en fruit de table, maturité première quinzaine d'octobre.

Castanea"'Marron de Lyon" est une variété de châtaignier très productive, à gros fruits, autofertile. Toutefois une fécondation croisée améliore la production. Cet arbre est greffé, soit de pied, soit de tête suivant la forme choisie.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert moyen, type de feuillage caduc, à port étalé.

 

 

Chataignier "Marron de Redon" - Castanea sativa "Marron de Redon"

Arbre fruitier greffé pour la production de châtaignes de croissance rapide nécessitant un grand espace au verger ou en isolé au jardin.

Variété conseillée pour la culture dans l'ouest de la France.

Le Châtaignier "Marron de Redon" donne des fruits de bonne qualité, ses châtaignes sont grosses, à maturité début octobre.

 

 

Chataignier "Bouche de Bétizac" - Castanea "Bouche de Bétizac"

Hybride contrôlé entre Castanea sativa et Castanea crenata. 

Cette variété produit des châtaignes grosses voir très grosses, bonnes en marron grillé, très bonne saveur pour un hybride. Avec Marigoule, c'est la variété actuellement la plus cultivée dans les châtaigneraies françaises car elle est très productive .

Son fruit est brillant, de couleur châtain rouge clair virant rapidement au marron, brun foncé, mat.

"Bouche de Bétizac" garde ses feuilles longtemps au début de l'automne. Les fruits restent aussi longtemps accrochés à l'arbre et on utilise parfois des vibreurs pour les faire chuter.

"Bouche de Bétizac"  n'a pas de pollen et est pollinisé par de nombreuses variétés telles que "Belle épine", "Marron de Goujounac", "Marron de Chevanceaux"

Exigeant sur la qualité des sols et les besoins en eau.

Châtaignes "bouche de Bétzac"


 

 

 

Les principales régions productrices de châtaignes et de marron :

- L’Italie (76 000 t), 

- Le Portugal (25 000 t) 

- L’Espagne (20 000 t). 

- Avec 13 000 tonnes, la France est le IVème producteur d’Europe 

- Grèce (12 000 t)

 

En France, les trois principaux départements producteurs sont l'Ardèche, la Dordogne et le Var. L'Ardèche arrive en premier (4100 t) suivi du Var et de la Dordogne (1300-1700 t) puis viennent le Lot, la Lozère, la Corrèze, l’Aveyron, le Gard et... le Morbihan !

En Corse, une grosse partie de la production est consommée directement sous les châtaigniers par les porcs, dont on fait une charcuterie de haute qualité.

 

la châtaigne en Europe :

163.000 tonnes dont 104.000 tonnes pour l’Union Européenne


 


 

Parents proches du châtaignier commun

 


- Le châtaignier du Japon (Castanea crenata Siebold et Zucc.)

Espèce d'arbres à feuilles caduques originaire d'Extrême-Orient (Chine, Corée, Japon).
Les feuilles sont semblables à celles du châtaignier européen, mais généralement un peu plus petites.
Ses châtaignes sont comestibles.

 

 

- Le châtaignier de Chine (ou châtaignier de Ducloux) (Castanea mollissima Blume)

Est un arbre de 20 m à feuilles arrondies à la base et velues au revers, de 10 à 22 cm. Jeunes pousses et bourgeons également pubescents.
Fruits : Chatons mâles de 4 à 20 cm et chatons femelles sur le même arbre. Bogues contenant 2-3 châtaignes brunes, moins grosses et sucrées que chez Castanea dentata.

 

 

- Le châtaignier d'Henryi  (Castanea henryi (Skan) Rehder & E.H.Wilson 1916)

Le châtaignier d'Henryi  (Castanea henryi) est un arbre à croissance rapidede 20-25 m pouvant dépasser fréquemment 30 m. Les jeunes rameaux pubescents puis devenant rapidement glabres et rougeâtres avec des lenticelles blanches. En hiver les bourgeons sont rougeâtres ou brun-noir. Les feuilles sont ovales-lancéolées. La face supérieure vert foncé luisant mais plutôt mate en sol sec ; la face inférieure davantage vert-jaune. 

Les fleurs mâles sont groupées en châton .  Les Fleurs femelles solitaires ou groupées par deux, assez espacées et souvent à la base des châtons mâles. Cupules (bogues) solitaires ou par 2, de 3 cm de diamètre environ. 

La floraison est en mai-juin et les fruits sont mûrs en septembre-octobre. Ils sont comestibles et souvent consommés. 

Un seul fruit par cupule, ovoïde, plus petit, pointu au sommet ce qui le fait ressembler à une goutte d'eau. 

Cet arbre pousse sur les pentes des régions accidentées de presque toute la Chine, dans les forêts mixtes entre 100 et 1800 m (Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang.)

En culture, cette espèce peu commune, s'implante assez bien sous nos climats pourvu que le sol soit acide à neutre et  drainé surtout en hiver. 
Curieusement on la trouve peu exploitée en Europe pour son bois alors que les arbres de plus de 30 m sont fréquents et que les fûts sont droits.


 

 

- Le châtaignier d'Amérique (Castanea dentata Borkh.)

Est une espèce de châtaignier de la famille des Fagaceae. Elle était particulièrement répandue dans les forêts de l'Est des États-Unis et du Sud-Est du Canada avant d'être ravagée par une maladie en provenance d'Asie.

Ce châtaignier à feuilles caduques est une espèce à croissance rapide et à bois dur. Il atteint 30 à 45 mètres de haut pour un tronc de diamètre de 3 mètres. L'arbre ressemble fortement à d'autres châtaigniers comme le châtaignier d'Europe, le châtaignier chinois ou le châtaignier crénelé.

Les fruits tombent en automne lorsque les bogues s'ouvrent. Les fruits sont très importants pour la faune locale. Ceux-ci sont en effet appréciés par le cerf de Virginie, le dindon sauvage et l'ours noir qui font des réserves de graisses pour passer l'hiver en les mangeant.
 

 

- Le châtaignier chinkapin d'Allegheny (Castanea pumila Mich. et Mill.)

"Castanea pumila", communément appelé le "Allegheny chinquapin",  "Chinquapin américain" (du Powhatan) ou châtaignier nain, est une espèce de châtaignier originaire du sud-est des États-Unis.  L'habitat de la plante est constitué de hautes terres sableuses et rocheuses. Il pousse mieux sur des sols bien drainés en plein soleil ou à mi-ombre.

C'est un arbuste ou un petit arbre à port étalé, atteignant 2–8 m de hauteur à maturité.  Les feuilles sont simples,  jaune-vert sur le dessus et plus pâle et finement poilu sur le dessous à courtes dents pointues. 

Les fleurs sont monoïques et apparaissent au début de l'été. Les fleurs mâles sont petites et jaune pâle à blanches, les fleurs femelles sont situées à la base de certains chatons. Le fruit est de couleur dorée avec de nombreuses épines acérées, mûrissant à l'automne. Chaque cupule contient une châtaigne brun foncé brillante ovoïde qui est comestible.

Un hybride naturel de Castanea pumila et Castanea dentata a été nommé Castanea × négliger.

Le fruit du "chinquapin d'Allegheny" est plus petit (la moitié de la taille d'une châtaigne) et n'est pas aplati (les châtaignes sont aplaties d'un côté). Les feuilles du chinquapin d'Allegheny sont plus petites que celles du châtaignier d'Amérique et ont des dents moins distinctes. 

Chataignier "chinquapin d'Allegheny"

 

 

Certains arbres ayant dans leur dénomination courante le nom de châtaignier n'ont en réalité aucun rapport avec la famille des Fagacées : châtaignier du Brésil, châtaignier des Antilles, châtaignier de Guyane, châtaignier de Malabar, châtaignier de Tahiti, entre autres.

Les Européens leur ont donné ce nom par analogie de l'usage de leurs fruits féculents.
 

 

 

Culture du châtaignier

 


- La châtaigne germe très facilement mais les arbres de verger sont greffés pour assurer une bonne production de fruits.

- La castanéiculture est le nom donné par l'administration française à la production commerciale de châtaignes en verger.

- Le chancre de l'écorce est une redoutable maladie engendrée par un champignon.
 

 

 

Étymologie Châtaignier

 


Le nom du genre vient du latin castanea qui désigne aussi bien l'arbre que le fruit, il est issu de l'adjectif en grec ancien καστάνεια "kastáneia", lui-même dérivé de κάστανον / "kástanon" ("châtaigne"), probablement emprunté à une langue d'Asie Mineure (arménien kaskeni qui désigne l'arbre et kask le fruit). 

 

Cette racine étymologique se retrouve dans de nombreuses langues celtiques, romanes, germaniques et slaves : 

Chestnut en anglais, 

Kastanien en allemand, 

Kasztan en polonais, 

Castaño en espagnol, 

Castagno (la plante) et castagna (le fruit) en italien, 

Kistinen et kistin en breton. 

En arabe arabe : gastal, gastanat, kastanā

En arabe persan : kastâne (l'arbre) 

En arabe syrien : kastana 

ont pour origine le mot sanskrit : kāṣṭha qui désigne l'arbre en général ou tout ce qui est ligneux, ce qui laisse supposer que le châtaignier fut introduit de l'Est et que la châtaigne était le fruit par excellence dans les régions d'Asie mineure.

 

Dans l'Antiquité on a pensé que kástana pouvait provenir d'un nom de lieu comme celui du village de Kastana, en Magnésie dans la région de Thessalie, mais il est plus probable que ces noms de lieux viennent du nom de la châtaigne et de son arbre bien diffusé dans cette région.
 

Castanea était l'ancien nom des chênes avant de désigner le châtaignier. Au-delà il semblerait que l'origine soit le Moyen-Orient où le terme kasht désigne un arbre fruitier en général.

Sativus : signifie "cultivé" en latin. 

Châtaigniers en fleurs - (Linda De Volder / flickr.com)


 

 

 

Toponymie


De nombreux phytotoponymes rappellent l'existence d'un castaneus (châtaignier) ou d'une ancienne castanetum, c'est-à-dire d'une châtaigneraie.

 

 

Les noms de famille :

Castagnède, Castagnet, Castagné, Castagner, Castang, Castant, Castaing, Castagnier, Castanié, Castaner etc...mais aussi Chastang, Chastand, Chastain, Châtain, Chastagner, Chastanet, Chastenet, Châtaignier, Châtaigne, 

 

Les noms de communes, villages, lieux-dits formés à partir du nom dialectal du châtaignier sont fréquents :

Castaing ou Castagnac, Chastenay, Châtenet ou Châtenois, ou plus simplement la Châtaigneraie.



 


 

 

 

Mythologie greco-romaine

 

 texte de Laurentius Legatus de Crémone issu de la Renaissance italienne du 16° siècle.


Dans la mythologie gréco-romaine, le châtaignier est la dépouille de la nymphe Néa, compagne de Diane, qui préféra se tuer plutôt que de céder aux avances de Jupiter qui tentait de la violer.

 
Ivre de colère, le dieu la métamorphosa en un CastaNea (chaste Néa), châtaignier dont les fruits garnis de bogues piquants symbolisent cette aventure.

Ambroise Dubois, 1500/1600 (XVIe siècle) Jupiter lançant la foudre


 


 

 

 

Mythologie celtique

 


Selon le calendrier Celtique,

du 15 au 24 mai et du 12 au 21 novembre, 


Chez les Celtes les racines noueuses du châtaignier sont un symbole de virilité et son fruit a longtemps été considéré comme un aphrodisiaque.

Ses feuilles dentelées en forme de lance lui donnent l’image d’un guerrier incorruptible, symbole de l'inflexibilité des lois célestes et terrestres.

Le châtaignier tel un gardien de la porte de l’hiver, permet aux hommes et aux bêtes de survivre à une époque où la nature était morte.

Et de nos jours pendant toute la période entre Noël et nouvel An, les marrons se mêlent aux pommes pour farcir oie ou dinde de fête.

A la fois arbre fruitier et arbre forestier, le châtaignier est un arbre de tradition qui, au fil des ans, a su instaurer avec les hommes une affectueuse complicité.

Les natifs, tout comme l'arbre, ont une image paisible, aimable et tolérante. Ils sont le symbole d'une grande honnêteté et d'une franchise exemplaire, associé à des personnes  humbles, secourables, pleine d’humour et de bon sens.


 

 

 

Traditions chrétiennes

 


Ézéchiel - genese

XXXI, 7, 8.
 ..."Les cèdres du jardin de Dieu ne lui étaient rien de son lustre, les sapins n'étaient pas pareils à ses branches, et les Châtaigniers n'étaient pas semblables à ses rameaux"... 

 

Livre de Daniel 
13-58
..."Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ?
 Il répondit : "Sous un châtaignier"...

 

Dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 

 

 

Il y a 8 à 9 millions d'années (Miocène / âge Tertiaire).

 


Les châtaignes ont un faible pouvoir de dispersion, sauf lorsqu'elles sont transportées par l'homme ou d'autres animaux (zoochorie). C'est donc essentiellement l'homme qui a permis à l'espèce de reconquérir de vastes surfaces forestières en Europe durant les derniers millénaires. 


On a découvert des traces fossilisées, notamment en Ardèche grâce au géologue Bernard Riou qui a ainsi pu démontrer sa présence (avant une première extinction) 
 


 

2000 av. J.C.


Selon les analyses palynologiques, le châtaignier apparait en Dordogne à partir de l'âge du bronze vers 2000 av. J.-C., 
 

 

 

IV° siècle av. J.C.

 


Une armée grecque aurait survécu à leur retraite d'Asie Mineure en 401–399 avant J.C. grâce à leurs réserves de châtaignes. 


Source : Histoire de Châtaigne par Peggy Trowbridge Filippone. Pour les ressources de cuisine, histoire de l'alimentation, sur About.com.
 

 

Théophraste (v.371av. J.C.-288 av. J.C.) philosophe de la Grèce antique  ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste, élève d’Aristote, 
appelait communément la châtaigne le "gland de Zeus".

 

 

 

I° siècle av. J.C.

 


Virgile (70 av. J.-C.-19 av. J.-C.), poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Bucoliques III

Dans le dernier vers du dialogue avec Mélibée, 

Tityre dit : ..."Ici, du moins, tu aurais pu te reposer, avec moi cette nuit, sur des feuilles vertes ; nous avons des fruits mûrs, des châtaignes moelleuses et du fromage frais en abondance (...)".


Troisième Bucolique par John Dryden

 

 

 

I° siècle ap. J.C.

 


Tite-Live (Titus Livius 59 av.- 17 ap. JC), historien de la Rome antique, auteur de la monumentale œuvre de l'Histoire romaine (Ab Urbe condita libri : AUC).

..."Lors de la Guerre des Gaules, l'armée de Jules César fit abattre et incendier les forêts de châtaigniers pour affamer les populations locales"... 

 

 


les Romains faisaient bon usage de la châtaigne comme indiqué dans la recette de

"mijoté de lentilles aux châtaignes"

tirée de l'ouvrage "De re coquinaria" - qui reste à ce jour une des sources les plus complètes sur la cuisine romaine.

De re coquinaria ou L'Art culinaire est le nom donné à une compilation de recettes culinaires romaines en dix livres constituée à la fin du IV° rédigés dans un latin très dégradé (par rapport au latin classique de l’Empire romain), bien que placé sous l'autorité de Marcus Gavius Apicius  (25 av. J.C.-37 ap. J.C.) célèbre riche romain, cuisinier et gastronome, figure de la haute société romaine, dont l'existence est signalée sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère. 

Apicius, De Opsoniis et Condimentis (Amsterdam : J. Waesbergios), 1709.



 

 

 

VI° - IX° siècle

 


Le "Capitulare de villis vel curtis imperii" souvent abrégé en "Capitulaire de Villis"  est un acte législatif édicté entre 770 et 813 par Charlemagne pour la bonne gestion des domaines impériaux. (Un seul manuscrit écrit en latin médiéval, montre comment les jardins de l'époque carolingienne est conservé à la Bibliothèque de Wolfenbüttel en Allemagne). 


..."viridarium ou verger

Il doit contenir plusieurs exemplaires des 16 arbres fruitiers suivants : noyer, noisetier, pommier, poirier, prunier, sorbier, néflier, châtaignier, pêcher, cognassier, amandier, mûrier, laurier, pin, figuier, cerisier"...


 

 

 

XI° siècle

 


Le Moyen Age utilise le châtaignier pour la confection de plessis (haies)
afin de  délimiter les cultures, et les jardins.


 

 

 

XIII° siècle

 


La culture de la châtaigne est importée en France au XIII° siècle par des moines d'Asie Mineure,  qui pratiquent sa plantation et son greffage. 


Elle est utilisée en purées, grillée sous la cendre ou dans des poêles trouées, mais aussi en farine, elle devient la base de l’alimentation dans de nombreuses régions qui en plantèrent  sauvant la population de la famine ce qui lui vaudra d’être surnommée "arbre à pain".

 

 

Saint Albert le Grand (1200-1280), connu aussi sous les noms d’Albert de Cologne et Albertus Magnus, frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste et chimiste allemand. 

recommandait :

"Castanea autem cum sale trita, et postea cum melle temperata, valere dicitur contra, morsum anguium et rabidi canis."

"la châtaigne mélangée à du sel et cuite ensuite avec du miel, contre les morsures de serpent et la rage".


 

 

 

XIV° siècle

 

 

Pietro de Crescenzi francisé en Pierre de Crescent ou Pierre de Crescens (1230-1320 ou 1321) magistrat et agronome italien du XIII° siècle, qui fut également un écrivain (de langue latine), auteur d’un traité,

Le Ruralium commodorum opus.

Plantation et le greffage des châtaigniers 

Musée de la châtaigneraie à Joyeuse.

 


1370-1400

La Récolte des châtaignes

Anonyme italien

Tacuinum sanitatis (Tableau de santé); folio 15 verso


 

1390-1400

Nouvelle acquisition latine 1673, 

fol. 11, Récolte des châtaignes. 

Tacuinum sanitatis, Milano or Pavie (Italy), .

 

 

Enluminure extraite du Tacuinum sanitatis (Tableau de santé)

Châtaignes. 

dans sa version latine illustrée du milieu du XVe siècle 

(manuscrit de la BnF, cote 9333)


 

 

 

XVI°  siècle

 


Germain-Colin Bucher (1475-1545) poète angevin de la Renaissance.


Épitaphe d'un ivrogne 

Et haïssait lait, cerises et pommes,

Figues, raisins, et tout autre fruitage,

Sinon les noix, châtaignes et fromages ;

 

 

1583, 


Jean Liébault (1534-1596)Auteur  et Charles Estienne (1504?-1564) Auteur

Éditeur  :  J. Du Puys (Paris)

L'Agriculture et maison rustique

..."une infinité de personnes ne vivent que de la châtaigne...". 
 


 

XVII° siècle

 

 

Elle a connu son apogée en France au XVII° siècle. 

 

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français 

Les Fables IX

 

Le Singe et le Chat


Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,

Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.

D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;

Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.

Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,

L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.

Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté

Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.

Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons

Regardaient rôtir des marrons.

Les escroquer était une très bonne affaire :

Nos galants y voyaient double profit à faire,

Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.

Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui

Que tu fasses un coup de maître.

Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître

Propre à tirer marrons du feu,

Certes marrons verraient beau jeu.

Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,

D'une manière délicate,

Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,

Puis les reporte à plusieurs fois ;

Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.

Et cependant Bertrand les croque.

Une servante vient : adieu mes gens. Raton

N'était pas content, ce dit-on.

Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes

Qui, flattés d'un pareil emploi,

Vont s'échauder en des Provinces

Pour le profit de quelque Roi.
 

 

 

 

vers 1680

Jean-Baptiste Bonnart (1654-1726) peintre et graveur français

 

 

La Crieuse de châtaigne. 


Cette vendeuse de châtaigne

Fait un médiocre profit ;

Et si l'on en croit ce qu'on dit,

Elle boit bien ce qu'elle gaigne.

 

Gravure extraite du Recueil des modes de la cour de France


 

 

 

1698

Louis de Bernage (1663-1737) Intendant en Limousin en 1698, rédige sur la demande du roi Louis XIV, un Mémoire sur la Généralité de Limoges :

"...Tout le pays est couvert par quantité de bois de châtaignier dont le fruit fait la principale nourriture des habitants ...".


 

 

 

XVIII° siècle

 

 

Jean-Pierre Louis Laurent Houël (1735-1813) graveur, dessinateur et peintre français.

Le Châtaignier des cent chevaux sur les pentes de l'Etna

(entre 1776 et 1779), 

Paris, musée du Louvre.


 

 

 

Donatien Alphonse François de Sade, (Marquis de Sade, 1740-1814) homme de lettres, romancier, philosophe,

Historiettes, Contes et Fabliaux, 


La fleur de chataignier


On prétend, je ne l’assurerais pas, mais quelques savants nous persuadent

que la fleur de châtaignier a positivement la même odeur que cette semence

prolifique qu’il plut à la nature de placer dans les reins de l’homme pour la

reproduction de ses semblables.

Une jeune demoiselle d’environ quinze ans, qui n’était jamais sortie de la

maison paternelle, se promenait un jour avec sa mère et un abbé coquet dans

une allée de châtaigniers dont l’exhalaison de fleurs parfumait l’air dans le

sens suspect que nous venons de prendre la liberté d’énoncer.

— Oh mon Dieu, maman, la singulière odeur, dit la jeune personne à sa mère,

ne s’apercevant pas d’où elle venait… mais sentez-vous, maman… c’est une

odeur que je connais.

— Taisez-vous donc, mademoiselle, ne dites pas de ces choses-là, je vous en prie.

— Eh pourquoi donc, maman, je ne vois pas qu’il y ait de mal à vous dire que

cette odeur ne m’est point étrangère, et très assurément elle ne me l’est pas.

— Mais, mademoiselle…

— Mais, maman, je la connais, vous dis-je ; monsieur l’abbé, dites-moi donc,

je vous prie, quel mal je fais d’assurer maman que je connais cette odeur-là.

— Mademoiselle, dit l’abbé en pinçant son jabot et flûtant le son de sa voix,

il est bien certain que le mal en lui-même est peu de chose ; mais c’est que

nous sommes ici sous des châtaigniers, et que nous autres naturalistes, nous

admettons en botanique que la fleur de châtaignier…

— Eh bien, la fleur de châtaignier ?

— Eh bien, mademoiselle, c’est que ça sent le f…


 

 

 

1780

Antoine Augustin Parmentier (1737-1813) pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste français.

En 1780, il publie à Paris et à Bastia un Traité de la châtaigne. Dans cet ouvrage, outre la description de l’arbre et du fruit, il expose ses différentes expériences scientifiques  destinées à déterminer le meilleur moyen de la conserver et de la consommer, après sa récolte en automne. 

 

Traité de la châtaigne, Paris, Bastia, 1780, Monory, in-8°, XXVIII-160 p
page 38

"...comment conserver la châtaigne ?

Je vais indiquer aux amateurs de la Châtaigne une recette pour la manger verte pendant toute l’année : elle consiste à faire bouillir ce fruit environ quinze à vingt minutes dans l’eau, et à l’exposer ensuite à la chaleur d’un four ordinaire, une heure après que le pain en a été tiré : par cette double opération, la Châtaigne acquiert un degré de cuisson, de dessication propre à la conserver très long-temps, pourvu qu’on la tienne dans un lieu extrêmement sec on peut s’en servir ensuite en la mettant réchauffer au bain-marie ou de vapeur, c’est ce que les Limousins nomment las fournflat : ceux qui préfèrent de la manger froide n’ont besoin que de la laisser renfler à l’humidité l’espace d’un jour ou deux.

Mais toutes ces méthodes de conservation ne sont applicables que pour une certaine quantité de Châtaignes ou de Marrons. Il faut avoir recours, pour conserver de grandes provisions, à un autre moyen, qui, dans l’espace de quelques jours, met ce fruit, quelque humide qu’on le suppose, en état de se garder des siècles sans appréhender qu’il subsiste d’avaries. On y parvient par le moyen du séchoir à fumée, que nous, décrirons bientôt. […]

 

pages 62-69

"les différentes préparations populaires autour de la châtaigne au XVIII° siècle...

Les habitans des montagnes du côté de Luques en Toscane font sécher les Châtaignes de la même manière que dans les Cévennes ; et , pour les conserver plus longtemps, ils les réduisent en farine, l’entassent dans des pots de terre bien bouchés, où elle se conserve plusieurs années, pour s’en servir comme nourriture ; ils en préparent des espèces de galettes qu’ils font cuire, ou, pour mieux dire, bêcher entre deux plaques de fer, semblables à-peu-près à celles sur lesquelles on fait les crepes de sarrasin. Ces galettes, quoiqu’elles aient la forme de celles que les Américains préparent avec la farine de Magnoc, sont infiniment meilleures que la cassave. 

Une autre préparation qui n’est pas moins en vogue en Italie et chez les Corses, c’est celle qui consiste à faire cuire la farine de Châtaigne avec de l’eau dans un chaudron sur le feu, à remuer fortement le mélange jusqu’à ce qu’il ai acquis une consistance ténace qui ne s’attache pas aux doigts. Cette préparation est connue sous le nom de polenta ; ailleurs on fait cette bouillie plus claire, et on se sert du lait à la place de l’eau : mais ces différentes manières d’accommoder la Châtaigne, ne sont imaginées que pour varier quelquefois l’usage où l’on est par-tout de la manger en nature...

 

pages 91-93

"Préparation usitée dans le Limousin pour cuire la Châtaigne".

On commence par peler les Châtaignes, en ôtant la peau extérieure : cette opération se fait dès la veille du jour où l’on se propose de faire cuire les Châtaignes. Les Domestiques , dans les maisons des Particuliers , et les Ouvriers , dans les métairies, s’occupent de ce soin pendant la veillée.

Ils détachent assez facilement et avec un couteau la peau extérieure par parties ; mais il n’en est pas de même de la pellicule intérieure qui est adhérente à la substance de la Châtaigne, et qui est comme collée par dessus, parce qu’elle s’insinue dans les sinus profonds de ce fruit, et en revêt les parois. Voici le procédé qu’on emploie pour dépouiller la Châtaigne de cette pellicule, qu’on appelle tan dans le Limousin.

On met pour cela de l’eau dans un pot de fonte de fer. (Il n’y a pas de ménage, dans cette province, qui n’ait ce meuble de cuisine si nécessaire.) On emplit ce pot à peu près à la moitié ; et , lorsque l’eau est bouillante , on y met avec une écumoire des Châtaignes pelées de la veille. […] On laisse le pot sur le feu, et on remue les Châtaignes avec une écumoire , jusqu’à ce que l’eau chaude ait pénétré la substance du tan, et ait produit un gonflement qui détruit son adhérence au corps de la Châtaigne. On s’assure de ce point précis , en tirant du pot quelques Châtaignes , et en les comprimant sous les doigts : lorsqu’elles s’échappent par la compression , en se dépouillant de tout leur tan sans aucun effort, on retire bien vîte le pot du feu, et l’on procède à l’opération du deboiradour. […]  enfin , les Châtaignes paroissent toutes blanchies : c’est le terme dont on se sert pour exprimer le résultat du dépouillement de la pellicule. […]

Ce mets est dessiné pour le déjeûner ; et c’est un spectacle fort agréable de voir les Ouvriers d’une métairie rassemblés autour du panier couvert de linge : le silence qui règne parmi eux , et l’attention avec laquelle chacun tire les Châtaignes de dessous le linge en choisissant toujours les plus rondes, parce qu’ils les regardent comme les meilleures, forment un tableau amusant.

 

page 105-106

..."la châtaigne, aliment vital pour le Limousin"

La Châtaigne présente de grands avantages aux Limousins ; leur sol froid et stérile ne pourroit fournir suffisamment de grains pour leur subsistance annuelle ; ce fruit y supplée. C’est un besoin pour eux, et les habitants des campagnes attendent avec impatience le moment où ils vont jouir de ce bienfait. Ils préfèrent cet aliment à tous les autres ; il est souvent le seul qu’ils peuvent se procurer pendant six mois de l’année ils le recueillent sans frais, sans peine ; et, moyennant quelques précautions simples, ils mettent leur petite provision à l’abri de tous les accidents.

La privation de la Châtaigne seroit donc un véritable fléau pour le Limousin ; dans les années où ce fruit manque, où il est même moins abondant, les paysans sont réduits à la plus déplorable misère, ils trempent de leurs larmes le peu de pain qu’ils peuvent se procurer avec peine; mais l’abondance de la Châtaigne ramène chez eux la joie, et cette volupté pure inconnue des riches oisifs et ennuyés des grandes villes , et qui dédommage en quelque forte cette partie précieuse de l’humanité, des travaux et des fatigues auxquels la nature semble l’avoir condamnée.

Si on prend une idée générale des attentions multipliées que le grain exige depuis l’instant que la nature l’a livré aux cultivateurs , jusqu’à celui où l’art s’en empare pour le nettoyer et le conserver, pour l’écraser sous des meules et le bluter, enfin, pour le soumettre à la fermentation et à la cuisson, on est presque tenté de donner la préférence à la Châtaigne, d’autant mieux que les parties de la fructification de son arbre, ne sont pas frappées des maladies formidables qui anéantissent en un moment le produit de nos moissons, que la culture exige peu de travail, et qu’il faut bien moins de temps et d’efforts pour en retirer le produit alimentaire"...


 

 

 

1786

Francisco de Goya (1746-1828) peintre et graveur espagnol. 

Enfants se battant pour les châtaignes 


 

 

 

XIX° siècle

 

 

Dans les années 1820, les industriels lyonnais découvrent que les tanins du châtaignier permettent de teindre la soie en noir. 

 

 

 

1820

Marchand de Marrons


Marchand d'estampes : Carle Vernet (1758-1836), peintre , dessinateur et caricaturiste, goguettier et lithographe français.

Illustrateur : Francois-Seraphin Delpech 

Marrons de Lyon - Marrons tout chauds


 

 

 

1834

Jean-Pierre Thénot (1803-1857) peintre français 

Source Gallica

Tronc de châtaignier

extrait de cours sur le paysage –


 

 

Source Gallica

Etude terminée de tronc de châtaignier.

 

 

 

1842  

Le colonel Dumas lance l’expression sur le chataignier, qui deviendra célèbre d’ "arbre à pain"
 

 

 

11 Janvier 1868

Théodore Rousseau (1812-1867) peintre et graveur français.

Illustration 1868

La grande allée de châtaignier 

Galerie Khalil-Bey Chérif Pacha 


 


 

1872

Anonyme, auteur du modèle

Marchand de marrons

Institution :Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 


 

1878

Anselme Des Tilleuls (1850-19° siècle) auteur et adaptateur de livres pour la jeunesse 

Bernardin-Béchet, éditeur, 1878 (p. 7-8).

 

 

Les marrons grillés


Un habitant du Cantal venait chaque hiver s’installer

sous une porte cochère pour y vendre des marrons grillés.

Les petits garçons, en se rendant à l’école,

ne manquaient jamais, quand le froid était vif,

de s’arrêter devant le fourneau de l’Auvergnat

pour s’y chauffer le bout des doigts.

Ce brave homme, bien souvent, donnait un marron tout chaud

à celui des enfants qui lui semblait le plus gentil.

Victor, le fils d’un tailleur, ayant reçu un de ces marrons

et l’ayant trouvé de son goût, plongea la main dans le sac

et s’empara de plusieurs marrons

pendant que le marchand tournait le dos.

Arrivé à la maison, le petit garçon introduisit

ses marrons dans le foyer et les couvrit de cendres chaudes.

Craignant d’être surpris, il activa le feu en le soufflant avec sa bouche.

Tout à coup, les marrons, dont l’écorce n’avait point été fendue,

éclatèrent avec fracas en projetant des cendres brûlantes

dans les yeux du petit garçon.

Le père quitta sa planche et accourut aux cris de son enfant.

Dès qu’il en connut la cause, il s’écria :

— C’est le bon Dieu qui t’a puni, petit misérable !

je ne te plains pas : les voleurs sont indignes de pitié.

Victor faillit perdre la vue et souffrit beaucoup.

Lorsqu’il revint à l’école, ses camarades,

indignés de sa conduite, le chassèrent.

Victor, repentant et corrigé,

alla implorer sa grâce auprès de l’Auvergnat.


 

 

 

Joris-Karl Huysmans (1848-1907), auteur 1880.

 

Le marchand de marrons


..."Il est là, dans son échoppe, allumant la braise, attisant 

avec son soufflet les charbons du fourneau, écoutant

de toutes ses oreilles les papotages, les parlotes, les cancans

des laitières et des concierges. […] 

Et derrière le malheureux, au travers des vitres qui le séparent

de la piscine aux vins, s’alignent, vives, engageantes,

scintillant sur une planchette posée devant une glace,

des régiments de bouteilles, hautes en couleur et larges en ventre.

Quelle attirance, quelle fascination !

oh ! qui dira le charme des canons et du tafia ?

Ne les regarde point, pauvre hère, oublie froid, faim, bouteilles

et chante, nasillard, ta complainte obstinée :

eh ! chauds, chauds, les marrons !

Va, éreinte-toi, gèle, gèle, souffle sur les fumerons qui puent,

aspire à pleine bouche la vapeur des cuissons, emplis-toi

la gorge de cendre, trempe dans l’eau tes mains bouillies

et tes doigts grillés, égoutte les châtaignes, écale les marrons,

gonfle les sacs, vends ta marchandise aux enfants goulus,

aux femmes attardées ;

hue ! philosophe, hue ! entonne à tue-tête, jusqu’à la pleine nuit,

au clair du gaz, sous le froid, ton refrain de misère :

eh ! chauds, chauds, les marrons !..."
 

 

Jean-François Raffaëlli (1850-1924), 

illustrateur, Paris , H. Vaton, 1880.

Croquis parisiens

Le marchand de marrons

BnF, Réserve des livres rares, RES-8-LI3-751 (B)

Bibliothèque nationale de France

 

 

 

1881

 

Jean Jules Geoffroy (1853-1924) - Illustrateur

 

Le marchand de marrons, 

 

Le marchand de marrons,

A la grande joie de nos écoliers et écolières 

viennent faire cercle autour du chaudron brûlant. 

Le gamin a eu l'audace,

sans posséder un centime de commander.

Mais le vieux bonhomme a le nez fin

et ne veut lâcher le paquet

qu'en échange de sonnant. 

Les deux compagnons rient de la mésaventure 

de leur camarade et cela d'un de

ces rires malins et sournois.


 

 

 

1879

Robert Louis Stevenson (1850-1894) écrivain écossais 

 

Voyage avec un âne dans les Cévennes (1ère édition, 1879)

 

...Sur les versants inférieurs et au-delà de chaque gorge, des châtaigniers, par groupe de quatre, montaient jusqu'au ciel sous leur feuillage épandu. Certains étaient implantés chacun sur une terrasse individuelle pas plus large qu'un lit ; d'autres, confiants en leurs racines, trouvaient moyen de croître, de se développer, de rester debout et touffus sur les pentes ardues de la vallée. D'autres, sur les bords de la rivière, restaient rangés en bataille et puissants comme les cèdres du Liban. Pourtant là même où ils croissaient en masse serrée, ils ne faisaient point penser à un bois, mais à une troupe d'athlètes. Et le dôme de chacun de ces arbres s'étalait, isolé et vaste d'entre les dômes de ses compagnons, comme s'il avait été lui-même une petite éminence. Ils dégageaient un parfum d'une douceur légère qui errait dans l'air de l'après-midi. L'automne avait posé ses teintes d'or et de flétrissure sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage, en sorte que chaque épaisseur prenait du relief contre son voisin, non dans l'ombre, mais dans la lumière. Un humble dessinateur d'esquisses lâchait, ici, désespéré, son crayon.


Je voudrais pouvoir donner une idée du développement de ces arbres majestueux, comme ils étalaient leur ramure ainsi que le chêne, traînaient leurs branchages jusqu'au sol ainsi que le saule ; comment ils dressaient des fûts de colonnes, pareils aux piliers d'une église ou comment,  ainsi que de l'olivier, du tronc le plus délabré, sortaient de jeunes et tendres pousses qui infusaient une vie nouvelle aux débris de la vie ancienne. Ainsi participaient-ils de la nature de plusieurs essences différentes. Et il n'était pas jusqu'à leur bouquet épineux du faîte dessiné de plus près sur le ciel qui ne leur conférât une certaine ressemblance avec le palmier, impressionnante pour l'imagination. Mais leur individualité, quoique formée d'éléments si divers, n'en était que plus riche et plus originale. Et baisser les yeux au niveau de ces masses abondantes de feuillages ou voir un clan de ces bouquets d'antiques châtaigniers indomptables, "pareils à des éléphants attroupés" sur l'éperon d'une montagne, c'est s'élever aux plus sublimes méditations sur les puissances cachées de la nature"....


Voyage avec un âne dans les Cévennes

Illustrateur Walter Grue  (1845-1915)

 


 

1885

La Cévenole est un hymne de Ruben Saillens (musique L. Roucaute). Il fut chanté pour la première fois lors d'une réunion commémorant la révocation de l'Édit de Nantes, à Saint-Roman-de-Tousque, le 23 août 1885.

On l'appelle même "la Marseillaise huguenote"


Refrain

..."Ô vétérans de nos vallées, 

Vieux châtaigniers aux bras tordus, 

Les cris des mères désolées, 

Vous seuls les avez entendus. 

Suspendus aux flancs des collines, 

Vous seuls savez que d’ossements 

Dorment là-bas dans les ravines, 

Jusqu’au grand jour des jugements"... 
 

 

 

1885

René Bressler dessinateur

Rougeron-Vignerot, graveur

Estampe, Arts graphiques

"Types parisiens - Le Marchand de marrons"

Deux enfants admirant un marchand surveillant la cuisson de ses marrons

Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) poète français

Recueil : "Paysages et paysans"

 


 La châtaigneraie

 

Gloire à cette rencontre, en ces fonds de la Marche,

Surgissant, après tant de tours et contremarches,

D’une châtaigneraie, immense, en vétusté,

Comblant tout un ravin de son énormité !

 

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches,

Lugubres frères noirs en la difformité,

Horrifiant l’endroit par la solennité,

Le morne, et le croulant de leurs rameaux en arches !

 

Grave, tombe au sol frais leur grande ombre qui marche

Sur des cèpes suintant leur venin fermenté.

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches,

Lugubres frères noirs en la difformité !

 

Leurs troncs où les renflés d’écorce font des marches,

Moussus, ont pour l’orfraie un escalier ouaté,

Et la sifflante bête, à la torse démarche,

Trouve, en leur gros pied cave, abri, sécurité.

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches !


 

 

 

1890

A partir de 1890, cinq usines d’extraction du tanin s’ouvrent en Ardèche, et en 50 ans la châtaigneraie recule de 20 000 ha :

- Il devient plus rentable d’abattre les arbres pour extraire le tannin que les cultiver pour leur fruit.

 

 

fin 19° siècle

chaussures à châtaignes ou soles (Ardèche), pour écorcer les chataignes.

Celles-ci étaient foulées, après avoir été séchées dans une clède, afin d'être débarrassées de leurs deux peaux pour en faire de la farine.

La sole est composée d'une semelle de bois dans laquelle sont incrustés des pics en fer forgé, surmontée d'attaches de cuir.


 

Les tanins du châtaignier sont extraits en quatre phases : 

- réduction du bois en copeaux ; 

- macération des copeaux en cuves et extraction des tanins ; 

- concentration et cristallisation des tanins 

- broyage des cristaux en poudre.
 


A la fin du 19° siècle, l’encre apparaît, une maladie qui va ravager les châtaigneraies françaises. Des variétés asiatiques sont alors introduites pour lutter contre ses ravages. 


L'encre est une maladie grave du châtaignier, provoquée par un champignon parasite, Phytophtora cinnamomi ou Phytophtora cambivora, qui attaque le système racinaire et le collet de l'arbre provoquant inévitablement son dessèchement et sa mort, plus ou moins rapidement selon son âge.

 

 

 

 

 

XX° siècle

 


Ernest et Gustave Cord / Armand Viré auteurs

Extrait de La Lozère - 1900

"(...) Le Cévenol se nourrit mieux que les autres Lozériens et s'il a moins de laitage sur la table que les montagnards, c'est que la châtaigne qu'il mange été comme hiver, en tient lieu.

La châtaigne est le fond de sa nourriture
et la misère est grande lorsque la récolte de ce fruit est mauvaise"...

 


 

1900

Petits métiers

Marchand de crème glacé et marrons chauds


 

 

 

Guillaume Apollinaire  (1880-1918) poète et écrivain français,

Rhénanes, Alcools, 1913

Rhénane d’automne


..."À nos pieds roulaient des châtaignes

Dont les bogues étaient

Comme le cœur blessé de la madone

Dont on doute si elle eut la peau

Couleur des châtaignes d’automne"...


 

 

 

Jean François Victor Aicard (1848-1921) poète, romancier et dramaturge français.


 

Veillée d'hiver


Alors, qui met la joie à l'âme,

Quand l'aube est si proche du soir ?...

— C'est le bon feu, qui nous fait voir

De petits soleils dans la flamme.

 

Après le feu ? — La flamme encor ;

C'est le calèn d'huile d'olive

Qui porte au front la clarté vive

Comme un roi sa couronne d'or.

 

Puis ? — Le fiasque de vin, sans doute,

Qui, sous sa paille, simplement,

Tient caché tout le firmament,

Une étoile dans chaque goutte.

 

Et puis, après ? — C'est la chanson,

Les contes pour pleurer ou rire...

Oui, mais encor ? — La poêle à frire !.

— Oui, mais le fruit de la saison ?

 

Ingrats ! c'est la châtaigne brune

Qui, sous la cendre chaude, cuit,

Et nous dit, s'ouvrant avec bruit :

"La bouteille est vide. Encore une !"

 

La bonne compagne d'hiver,

Ne l'oublions pas, la châtaigne

Qui s'en vient dès que le froid règne,

Mourir vive près du feu clair.

 

La montagne aux villes l'envoie.

Nos petits montagnards, noircis,

Oiseaux d'hiver, moitié transis,

La vendent comme un pain de joie !

 

Et que d'écoliers en chemin,

Attardés et prêts aux reproches,

Sur les châtaignes, dans leurs poches,

Font chaud à leur petite main !


 

 

 

1920

Paul Chocarne-Moreau (1855-1855) peintre français.

Cliché Braun, Clément et Cie

"Chauds Les Marrons 1920"

Pour avoir trop prestement attaqué les fruits brûlants,
l'agresseur reçoit une punition...cuisante.


 

 

 

1926

Sabine Sicaud (1913-1928) poétesse française.

 

 

La châtaigne


Peut-être un hérisson qui vient de naître ?

Dans la mer, ce serait un oursin, pas bien gros…

Ici, la boule d’un chardon – peut-être

Ou le pompon sournois d’une bardane

Ou d’un cactus ? Mais non, dans le bois qui se fane,

Dans le bois sans piquants, moussu, discret et clos,

Cette chose a roulé subitement, d’en-haut,

Comme un défi… parmi les feuilles qui se fanent.

 

Allez, j’ai bien compris. C’est la saison.

Les geais, à coups de bec, ont travaillé dans l’arbre.

Même les parcs où veillent, tout pensifs, les dieux de marbre,

Ont de ces chutes-là sur leurs gazons.

 

Marron d’Inde là-bas, châtaigne ici. Châtaigne

Rude et sauvage, verte encore, détachée

Par force de la branche où les grands vents, déjà, l’atteignent

Le vent et les geais ricaneurs, et la nichée

Des écoliers armés de pierres et de gaules.

 

Comme il faut se défendre ! Sur l’épaule

De la douce prairie en pente, l’on pouvait

Glisser un jour, à son heure, qui sait ?

Et se blottir dans un coin tiède, pour l’hiver…

Ah! Pourquoi tant d’épines, tant d’aiguilles,

Tant de poignards dressés, pauvre peloton vert ?

Une fente… Voici qu’un peu de satin brille

Et le cœur neuf est là, dessous, et rien ne sert

D’être châtaigne obscure, âpre au goût, si menue !

Fendue, on est une châtaigne presque nue…

 

Et le coup de sabot sur la tête viendra,

Et le couteau pointu, l’eau bouillante, le pot

Qui sue avec de petits rires, des sanglots

Dans les tisons trop rouges ; tout sera

Comme il est dit en l’ordinaire histoire des châtaignes.

 

Et vous ne voudriez pas, quand me renseigne

Dans la ville brumeuse, un cri rauque : "Marrons tout chauds !"

Quand j’aperçois, joufflus, blêmes, sans peau,

Ou craquelés et durs avec des taches de panthère,

Les frères de ma sauvageonne, tous ses frères

Vous ne le voudriez pas, que j’évoque, là-bas,

Un vieil arbre perdant ses feuilles rousses,

Et me souvienne du choc sourd, lourd, lourd comme un glas,

De pauvres fruits tués qui tombent sur la mousse ?


 


 

1928 -1929

Le piseur que M. Monnier invente en 1928-1929, va bouleverser le décorticage des châtaignes sèches. Les châtaignes entrent dans la machine par le haut avec les peaux, sont décortiquées et ressortent pas le bas épluchées et triées.
 

Une fois séchées, les châtaignes doivent être encore épluchées : c’est l’opération de décorticage appelée pisage quand on enlève le première peau dure (le péricarpe), et repisage quand on enlève la seconde peau (le tan) fine et fripée. 


Pour "piser" les châtaignes tout un matériel spécialisé d’abord manuel puis mécanique a été mis au point au fil des siècles.  Tous les systèmes actuels dérivent directement de cette invention. 

Décortiqueur châtaignes M. Monnier - Musée de la châtaigne - Joyeuse - Ardèche


 

 

 

Jean Giono (1895-1970) écrivain français.

Que ma joie demeure

..."Quiconque a senti un jour de printemps sur les plateaux sauvages l’odeur amoureuse des fleurs de châtaignier comprendra combien ça compte de fleurir souvent"...  
 


 

1939

Jimmy Kennedy (1902-1984) parolier et compositeur irlandais, 
avec H. Kennedy ; T.Connor

Musique de Glenn Miller

 


Sous le châtaignier qui s'étend

 

Sous le châtaignier qui s'étend

je l'aimais et il m'aimait

Là j'avais l'habitude de m'asseoir sur ses genoux

Sous le châtaignier qui s'étend

Là sous les branches que nous avions l'habitude de rencontrer

Tous ses baisers étaient si doux

Tous les petits oiseaux faisaient "tweet-tweet"

J'ai dit "Je t'aime", et il n'y a pas de si ou de mais

Il a dit "Je t'aime", et le forgeron a crié "Chestnut!"

 

Sous le châtaignier qui s'étend

Là, il a dit qu'il m'épouserait

Maintenant tu devrais voir notre famille

Sous le châtaignier qui s'étend !

Là sous les branches que nous avions l'habitude de rencontrer

Tous ses baisers étaient si doux

Tous les petits oiseaux faisaient "tweet-tweet"

Sous le châtaignier qui s'étend

Là, il a dit qu'il m'épouserait

Maintenant tu devrais voir notre famille

Sous le châtaignier qui s'étend !


 

 

 

Dr Edward Bach (1886-1936) médecin et homéopathe britannique,

Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941)

..."La fleur de châtaignier est préparée "Pour ces moments que certaines personnes vivent où l’angoisse est si grande qu’elle semble insupportable. Quand l’esprit ou le corps se sent comme s’il était arrivé à l’extrême limite de son endurance et qu’il doit maintenant se rendre. Quand il semble ne rien rester d’autre à envisager que la destruction et l’anéantissement."...
 

 

 

1945

Fang wen pei : auteurs  

e mei zhi wu tu zhi - "Châtaigne d'Henryi" - Castanea Henryi

Institute of Botany, CAS


 

 

 

Années 1947

Raoul Thomen (1876-1950) illustrateur, dessinateur humoristique et auteur de bande dessinée belge.

Carte postale "petits métiers de la rue"

Marchand de marrons


 

 

 

1948

Suzanne Ballivet (1904-1985) peintre et illustratrice française.

Le vendeur de marrons


 


 

1949

Dans "1984" de George Orwell (1903-1950) écrivain, essayiste et journaliste britannique.

Anonyme

Troisième Partie - Chapitre VI

le châtaignier est utilisé dans des poèmes récités tout au long (modifiant "The Chestnut Tree" de Glen Miller - 1939 
..."Le café du Châtaignier était presque vide. 
...
Sous le châtaignier qui s’étale,
Je t’ai vendu, tu m’as vendue !..."

 

 

 

1970

Barbara (1930-1997) auteure-compositrice-interprète française, 

Paroles de la chanson 

Il automne

" …Il automne, il automne,

Il automne des pommes rouges

Sur des cahiers d’écoliers.

Il automne des châtaignes

Aux poches de leur tablier…"
 

 

 

1975

Guy Thomas (1934-2020) parolier et poète français d'origine belge ayant écrit plusieurs chansons à succès, notamment pour et en collaboration avec Jean Ferrat.

Chanson de Jean Ferrat

 

Le châtaignier 


J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Bien à l'abri dans ma soupente

Moi j'entends chanter la charpente

J'entends les poutres qui se plaignent

Ce n'est pas du bois vermoulu

De ne plus donner de châtaignes

En supportant mon toit pointu

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Quand on devient poutre-maîtresse

C'est tout le toit qui vous oppresse

Il faut chanter tout doucement

La chanson de ses origines

Celle qu'il me chante en sourdine

En y mettant du sentiment

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C'est surprenant mais c'est logique

Il chante la chanson magique

Qu'il a apprise au fond des bois

Il me chante une chanson tendre

Que je suis le seul à comprendre

Quand la nuit vient à petits pas

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C'est vrai pourtant qu'il nous protège

Contre le froid contre la neige

Tout en berçant mes insomnies

Ce n'est pas une chanson triste

Mon châtaignier est un artiste

Qui continue d'aimer la vie

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier


 

 

 

1977

Renaud Séchan, dit Renaud, (1952) auteur-compositeur-interprète français.

Paroles de la chanson :


Laisse béton

..."Y m’a filé une beigne

J’ai filé un marron

M’a filé une châtaigne

J’ai filé mon blouson … "
 

 

 

Jan dau Melhau (1948) écrivain, musicien, chanteur, conteur et éditeur français dont la langue de production est l’occitan du Limousin.

Le mythe du chataignier

Le long voyage du châtaignier, de l’Orient vers l’Occitanie en passant par la Corse, par un conteur limousin qui tresse le français et l'occitan d'une façon originale et poétique.


 

 

 

1995

Lawrence Sail (1942) poète et écrivain britannique contemporain.

Sweet Chestnuts, de Building into Air, 1995

Traduit de l'anglais par Émile Martel

 


Châtaigniers


 Le fait de ne pas nommer l'objet, mais de présenter

Les châtaigniers, peut éventuellement devenir

Un hommage aux quiddités simples des choses —

Par exemple, de quelle manière sur l'herbe trempée d'octobre

Ils reposent, ébrasés, leur tête de massue verte et piquante toute

Explosée pour laisser voir un intérieur velouté

Pas tout à fait jaune, pas tout à fait blanc ni gris :

Et, étrangement carrés, les immeubles de fruits bruns,

Les trois ou quatre qui se tiennent au milieu,

Plus ou moins emboîtés, faciles à déloger.

 

Il vient le sentiment que quelque chose de secret est montré,

Qu'on révèle un lieu tendre au toucher,

Une indication offerte de ce qui interdit

À l'objet sa solitude, son indépendance.

Par-dessus le fruit tombé, l'arbre qui enfle ;

En-dessous, le milieu tordu des racines.

À l'intérieur de l'objet, sans nom, le sujet caché,

Son absence qui nous revient aussi naturellement

Que le cœur bondit en entendant le nom de son amour.


 

 

Robert Bourdu (1924-2014) professeur à la faculté des sciences d'Orsay (Université Paris-Sud). Matière de recherche et d'enseignement : la physiologie végétale, spécialisation métabolisme.

Le Châtaignier

..."Il existe peu d’arbres qui imprègnent aussi fortement de leur caractère les coutumes et la vie d’un terroir que le fait le châtaignier. En cela l’olivier lui est, peut être, comparable. Le chêne le hêtre sont les seigneurs de la forêt, les saules et peupliers indiquent les voies d’eau, comme les frênes les itinéraires routiers, le châtaignier lui, est familier […] Son ample frondaison et son tronc massif font penser à un grand-père paisible et accueillant. Il est tout à la fois arbre fruitier et arbre forestier, sans que l’on puisse affirmer que sa forêt n’est pas un ancien verger abandonné ou que son verger n’est pas une forêt aménagée. Il occupe quatre pour cent du parc forestier, mais sans jamais former de belles futaies, seulement des taillis denses où l’exploitation ne satisfait que les fendeurs et les fabricants de feuillards ..."
 


 

XXI° siècle

 


2006

Emmanuel Rastouil - auteur


 

Le châtaignier.

 


Ivre de fraîches eaux, de soleil et de vent

Il se pose repu, rallongeant sa tenture,

Et ses bras écartés dévoilent, je l’assure,

Abondance de fruits, les bogues en avant.

 

Les courbes de son dos offrent un paravent

Digne d’un lit ouvert juste à notre mesure,

Il invite à la paix, la détente et rassure,

Rend le contemplatif amoureux et rêvant.

 

L’automne à l’œil marron fait sa métamorphose,

Il sera là, bientôt, embrumant toute chose,

Nonchalamment, mais sûr d’arriver à ses fins.

 

Aussi le châtaignier relâche son étreinte

Et laisse l'étranger en morosité feinte

Quand, lorsqu'il pleut, la terre exhale ses parfums.


 


 

2008

Hespérance - auteur

 

La châtaigne et le marron

 

Une jolie châtaigne en belle robe verte

Vivait aux bois jolis sur son châtaignier

Non loin de là était la demeure entrouverte

D'un marron qui poussait sur son beau marronnier.

 

Arriva la saison où marrons et châtaignes

Se retrouvent tout nus sur la mousse des bois

Le marron fait le beau, la belle le dédaigne

Moi je suis comestible et vous ne l'êtes pas.

 

On m'appelle marron losque je suis confite,

Mon nom à ce moment devient marron glacé

On crie chaud les marrons lorsque je suis bien cuite

En me sortant des flammes où je viens de griller.

 

Mais ce n'est pas monnom, je suis une châtaigne

Châtaignes et marrons ne sont que des cousins

Ne croyez surtout pas, marron que je vous craigne

Mais vous, vous finirez chez le pharmacien.

 

Elle avait bien raison, le fruit du marronnier

Finit en traitement pour soigner les humains

La châtaigne au contraire, là pour les régaler

Va réjouir leur palais et calmera leur faim.

 

Quand vous irez au bois ramasser des châtaignes

Vous tous enfants des villes, le marron est tout rond

Un méplat d'un côté et c'est une châtaigne

Attention de ne pas vous laisser faire...marrons...  


 

 

 

03/11/2018

Carole Radureau - auteur -



La poésie-châtaigne

 

La poésie est une châtaigne

Qui crie au plus profond de la nuit

Qu’elle aime vivre et sans elle

Que serait le pain

Que seraient les vers libres de la vie ?

 

Comme une robe

Glisse sur sa peau

Une soie lumineuse et joyeuse

Si douce et si généreuse :

Un déshabillé à respecter.

 

Si le manteau qui protège son cœur aimant

Hérissé de piquants

Barricades contre la faim et l’agonie

Ouvre sa porte

La belle poésie- châtaigne dans un bâillement

Surgit et c’est la joie et c’est la rime et c’est la muse

En cascade

Pure.

 

La poésie est un fruit rond marron

Couleur des yeux de la forêt

Qui songe avec ravissement

Au crissement des bogues

Sous les pas.

 

La poésie est la fille de l’arbre-père

De l’arbre de vie

Qui a laissé choir

Sans émoi

Ses enfants

Bien protégés.

 

Une grande famille de force vive

De vitamines, habillée

De grande valeur

De morale pure

Héritée sans se soucier

Des mots-piquants

Des mots-duvet

Des mots-soie

Fusant tels des rires

De la couchette accueillante du sous-bois.


 

 


2020

Frederic Cogno, poète autodidacte, rêveur et passionné, 


 

Les châtaignes

 

Quand l’automne ôte l’oripeau,

Quand frissonnent les louveteaux

Dans la ténébreuse forêt ;

Quand le givre aux orgelets blancs

Fige les mots des revenants

Sur quelques sentes émaciées ;

Quand le soleil en vieil archange

Bénit les fruits tombés des branches

Pour l’écureuil, le sanglier…

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !

 

Ça sent bon la bûche de chêne,

Les petits chèvres des Cévennes,

Le fantôme du bourrelier ;

Je crois entendre les conteuses,

Les sabots de bois des faucheuses

Au cantou des cèpes séchés ;

La causerie au pied de l’âtre

Se réunit autour du pâtre

Qui dans la cendre a déposé...

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !

 

Ces coings confits, ces bonnes mines,

Ces yeux trinquant la williamine

Ont attendu cette veillée ;

On cajole les figarettes

Qui crépitent sous les cagettes

Et dans la braise ensommeillée ;

Quel miracle cet arbre à pain,

Chacun a son cornet en main

Chauds les marrons pour la mémé…

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !


 

 

 

Châtaigniers remarquables :


 

Le châtaignier des cent chevaux (italien : Castagno dei Cento Cavalli et sicilien : Castagnu dê Centu Cavaddi) est le plus grand et le plus ancien châtaignier connu en Europe. Il fait partie des 150 arbres déclarés "d’intérêt historique et monumental exceptionnel " en Italie.

Situé sur la route de Linguaglossa à Sant'Alfio, sur le versant oriental de l'Etna en Sicile.

Il est généralement considéré comme âgé de 2 000 à 4 000 ans.

Il s'agit d'un châtaignier commun (Castanea sativa). La circonférence de l'arbre faisait 57,9 mètres quand il a été mesuré en 1780.

L'arbre s'est depuis divisé en plusieurs gros troncs, mais ils partagent toujours les mêmes racines.

En 2006, le châtaignier des cent chevaux a été déclaré par l’UNESCO, "monument porteur d'une culture de paix"


 

 

Le châtaignier du château de Blaasveld Anvers en Belgique

 

Le châtaignier tri-centenaire de Momalle (6,30 m à 1,50 m du sol en 2008) en Belgique


 

 

Dictons et proverbes châtaignes

 


"Là où croissait le châtaignier, l’homme s’est installé. Là où l’homme partit s’installer, il apporta le châtaignier".

"Jusqu'à ce que les châtaigniers soient fleuris, ne sortez pas les couvertures des lits"

"Altéré comme une poêle à châtaigne"

"Chaque châtaigne, trois coups boire"

"De noix, de fille, de châtaigne, la robe cache les défauts"

"Femme et châtaigne, belle en dehors, en dedans la malice"

"La femme est comme la châtaigne belle au dehors et dedans le ver" 

"La femme est comme la châtaigne brillante en dehors mais en dedans le défaut"

"La femme est comme la châtaigne gâtée, belle au dehors amère au dedans" 

"Pluie de Notre-Dame, - Fait tout vin ou tout châtaigne".

 

proverbe créole : 

Fanm sé chatenn, nonm sé fouyapen - "Les femmes sont des châtaignes, les hommes sont des fruits à pain"

 

Proverbe Corse :

Esse cume a castagna, bèlla di fóra, ingrentu macagna. "être comme la châtaigne, belle à l'exterieur, gâtée dedans".

 

 

Citations châtaignes


Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain français 

"Châtaigne : femelle du marron."

 

Hervé Bazin (1882-1944) écrivain

"Le fichu caractère de ma femme avait des causes physiologiques. Son opération l'a transformée.

Evidemment, elle sera toujours un peu châtaigne sous bogue, mais elle devient vivable".
 

 

 

Langage et symbole du châtaignier et des châtaignes


Surnommé "le pain du pauvre", le châtaignier est le symbole :

de force tranquille, de justice, de vérité, de générosité et de prévoyance.

On peut un Châtaignier arbre générosité lors d'un Hommage. 


 


 

 

Mythes et légendes

 


- La châtaigne servait de monnaie pour payer les redevances des paysans aux seigneurs. 

- Le tronc du châtaignier abritait les voyageurs.

- Les jeunes hommes offraient des châtaignes à leur promise en demandant sa main. Si elle les faisait cuire, ça voulait dire oui. Si elle les laissait dans le panier, ça voulait dire non. Il arrivait que pour se venger, il lui renvoie les pelures.

- Le tronc creux du châtaigner est le symbole du purgatoire, raison pour laquelle il arrive encore qu’on dépose une châtaigne dans les cercueils.

- La bogue de châtaigne qui s’ouvre, libérant son fruit est comparée au manteau de Saint Martin, dont il donna la moitié aux pauvres.


 

 

 

Utilisation du chataignier et des chataignes

 

Le bois

Le bois de châtaignier n'est pas un bois dur. Parmi ses principaux atouts, c'est un bois facile à travailler et à fendre, et son bois de cœur est très riche en tanins, ce qui en fait un bois durable. De plus il a une croissance rapide en taillis. Il est mis à contribution pour de multiples usages

dans :

- l'artisanat, la construction et l'agriculture depuis des siècles en Europe.

- le chauffage comme combustible ;

- l'agriculture comme échalas pour la vigne, piquet et plessage dans la construction de clôtures, etc ;

- la tonnellerie pour les douves (et autrefois aussi pour les cerclages)

- l'exploitation minière ;

- le bâtiment, notamment en charpente de toiture et comme élément de couverture (essente, bardeau, volige), 

- l'ébénisterie (mobilier, sculpture des petits objets );

- la menuiserie (lambris, moulures, huisserie, etc);

- pour la vannerie 

On trouve en France de nombreuses charpentes de toitures très anciennes en bois de châtaignier (La halle de Monpazie), souvent très peu altérées, attestant la durabilité de cette essence au long des siècles. On le retrouve fréquemment dans les maisons anciennes, y compris à l'étage montagnard, où les poutres de châtaignier sont souvent d'origine. Cependant, comme pour le chêne, s'il est exposé à l'humidité, les tanins solubles dans l'eau seront lessivés, ce qui diminue fortement la durabilité du bois.

Sa haute teneur en tanin fait que les araignées ne tissent pas leur toile sur ce bois, les charpentes en châtaignier restent donc durablement assez propres.

Il a été largement exploité de 1890 à 1960 pour sa richesse en tanins (6 % dans l'écorce, 13 % dans le bois et les bogues), en particulier dans la région lyonnaise, ce qui a conduit à la destruction de vieux peuplements entiers.

C'est un bois de chauffage moyen (mi-dur, projection d'escarbilles, fumée moyennement importante).

Halle de Montpazier


 

 

 

Utilisation alimentaire des châtaignes


Les châtaignes de plusieurs espèces sont consommées, en Europe, en Asie et Amérique du Nord. 

La châtaigne, mangée bouillie ou rôtie, constitue un aliment féculent très nutritif, fort employé dans les régions productrices et vendu dans les rues des villes sous le nom de marrons. 

Une fois ramassées, le séchoir à châtaignes permet de les sécher pour les conserver avant consommation, soit directement, soit après transformation par exemple sous forme de. À l'heure actuelle, en France, ces fruits servent surtout à la fabrication de marrons glacés, de crème de marrons et de marrons au naturel pour accompagner la dinde de Noël.

..."chaud les marrons, chaud"...

"La crème de marrons"

"la purée de marrons"

"marrons glacés"

"dinde aux marrons"

"farine de châtaignes" 

 

 

La châtaigne fait partie du régime alimentaire d'oiseaux (geais, corbeaux, pigeons) et de mammifères (sangliers, cerfs, écureuils).


 

- En France, mêmes les feuilles sont recherchées pour parfumer et emballer le fromage de chèvre comme le banon et le mothais sur feuille.

 


- Les abeilles tirent du châtaignier un miel foncé et de goût prononcé.
miel de châtaignier  à la couleur rouge ambrée et aux multiples vertus.

 Son goût fort et corsé, légèrement amer, est recherché des amateurs. Il est connu pour ses vertus  toniques.

Il serait aussi reminéralisant car riche en fer, faciliterait la circulation sanguine, serait bénéfique pour les rhumatisants et pourrait même stopper les maux de tête. On dit aussi qu'il serait bénéfique pour lutter contre l'ostéoporose.

 

 

 

Origine du marron glacé

Il existe plusieurs théories différentes :
Le premier marron glacé serait apparu à la cour du roi Louis XIV, grâce au sieur François Pierre de La Varenne, qui fit cuire une châtaigne avec du sucre (d'après son livre Le Parfaict Confiturier). 


Selon certains, la recette du marron glacé apparaîtrait pour la première fois au XVI° siècle, à Lyon.

 

D'autres affirment que le marron glacé est né à Coni, en Italie, toujours au XVI° siècle, en raison d'une grande disponibilité de châtaignes et d'une diffusion du sucre sans précédent.


En France, la première fabrique de marrons glacés a été créée en Ardèche par Clément Faugier, en 1882, afin d'utiliser une matière première importante dans la région


 

Propriétés médicinales du châtaignier :

L'écorce et le bois, grâce à leur teneur en tanin, constituent des astringents efficaces ; c'est la plante des hémorroïdes et des varices, pour ces actions anti-inflammatoires...

Les feuilles en infusion ont été employées contre la toux, la coqueluche et les catarrhes.

Les chatons désséchés sont utilisés avec succès contre la diarrhée.
 

 

 

Fêtes de la châtaigne

 


Des fêtes de la châtaigne sont organisées pendant les mois de récolte, en France et à travers le monde, dans les régions tempérées ou poussent les châtaigniers, pour célébrer ce fruit qui a nourri tant de personnes par le passé et qui fait partie intégrante du patrimoine gastronomique et culinaire.

 

En France

En France, nous avons plusieurs régions à forte vocation castanéicole : l’Ardèche, les Cévennes, le Périgord, la Corse, le Cantal  et le Massif des Maures, dans le Var, où ont lieu des fêtes de la châtaigne...

Les castagnades d’Ardèche se déroule en automne, entre les mois d’octobre et de novembre, pendant le temps de la récolte.

 

À Collobrières, capitale du Massif des Maures, les fêtes de la châtaigne se déroulent chaque année depuis plusieurs dizaines d'années, durant les trois derniers dimanches du mois d'octobre. 
Ces festivités attirent des milliers de personnes venues profiter du cadre, de l'ambiance et du plus grand marché de producteurs et d'artisans de la saison.

À Catenay, en Seine-Maritime, la fête de la châtaigne se déroule chaque année le dernier dimanche d'octobre avec environ 3000 visiteurs. 
Dans le village se tient un marché de l'artisanat et des saveurs d'automne avec des châtaignes fraîches, grillées et transformées (pain, farine, gâteau, galette, confiture, bière...). 
Une randonnée thématique a lieu le matin. Le midi, un repas à base de châtaigne est proposé.

À Villardonnel, dans la Montagne Noire, la fête des châtaignes a lieu chaque année entre octobre et novembre. 
Cette fête, traditionnellement appellée Las castanhas é lo vin novel, met en avant non seulement la culture castanéicole mais également le vin et les produits régionnaux. 
Les festivités durent deux jours avec en point d'orgue une grande foire3 avec des procteurs et artisans locaux. Sa première édition remonte à 1969.

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 
Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 
De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :  
Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...
Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

En Italie, 
On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

En Espagne
La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 
En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 
Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 
 Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

Au Portugal, 
On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 
Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.

 

En Suisse
À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais. La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

À Catenay, en Seine-Maritime, la fête de la châtaigne se déroule chaque année le dernier dimanche d'octobre avec environ 3000 visiteurs. 
Dans le village se tient un marché de l'artisanat et des saveurs d'automne avec des châtaignes fraîches, grillées et transformées (pain, farine, gâteau, galette, confiture, bière...). 

Une randonnée thématique a lieu le matin. Le midi, un repas à base de châtaigne est proposé.

 

 

À Villardonnel, dans la Montagne Noire, la fête des châtaignes a lieu chaque année entre octobre et novembre. 
Cette fête, traditionnellement appellée Las castanhas é lo vin novel, met en avant non seulement la culture castanéicole mais également le vin et les produits régionnaux. 
Les festivités durent deux jours avec en point d'orgue une grande foire avec des procteurs et artisans locaux. Sa première édition remonte à 1969.

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 
Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 
De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :  
Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...
Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

En Italie, 
On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

En Espagne
La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 
En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 
Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 
 Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

Au Portugal, 
On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 
Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.

 

En Suisse
À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais. La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 

Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 

De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

 

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :

Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...

Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

 

En Italie, 

On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

 

En Espagne

La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 

En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 

Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 

Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

 

Au Portugal, 

On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 

Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.


 

En Suisse

À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais.

La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

Musées sur le chataignier et maisons à thème

 

Le musée de la châtaigneraie, situé à Joyeuse dans le département de l'Ardèche, permet la découverte de la culture de l'arbre le plus important économiquement du département. Il présente une collection d'outils anciens, d'objets usuels et de mobilier. En complément, il propose le sentier du châtaignier.


La maison du châtaignier, située à Châlus, dans la Châtaigneraie Limousine, est un espace muséographique interactif entièrement consacré au châtaignier, à ses possibilités ainsi que celles de la châtaigne, et qui présente l'activité et la production du métier de feuillardier.


La maison du châtaignier, à Saint-Pierreville, dans le nord de l'Ardèche, retrace également l'histoire locale de la castanéïculture, au travers d'objets, de pièces d'archives et de documents sonores.
 

 

 

Pour en savoir plus

 

- L’énergie des arbres – Plantes et Santé, hors série 2017

- Histoires d’Arbres, des sciences aux contes – Philippe Domont, Edith Montelle

- Calendrier Celtique – Michaël Vescoli

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