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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 23:23

Remy de Gourmont, né au manoir de la Motte à Bazoches-au-Houlme, près d'Argentan (Orne), le 4 avril 1858 et mort à Paris le 27 septembre 1915, est un écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.

 

 

 

L'odeur des jacynthes 

 

 

L'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens,
l'orgue avait des plaintes 
à troubler les saintes, 
l'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens.

 

L'église ancienne s'endormait dans un mystère, 
Crypte où d'obscurs martyrs reposent en poussière,
Salle de manoir féodal ; 
Nous étions là, dans l'ombre, assis tous deux, les plinthes 
d'un pilier nous cachaient ; vous aviez des jacynthes,
fleur au parfum impérial.

 

L'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens,
l'orgue avait des plaintes 
à troubler les saintes,
l'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens.

 

Ils allaient, dépassant la voûte, 
vers la rive où jamais le doute 
en sa frêle nef n'aborda, 
mais, ô lamentable déroute ! 
ils se sont querellés en route 
et la raison les rencontra.

 

L'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens, 
l'orgue avait des plaintes 
à troubler les saintes, 
l'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens.

 

Et je songeais : 
Comment tenir à la tempête 
Sans ce bras pour gouvernail, 
et sans cette tête pour étoile, 
comment tenir à la tempête 
sans elle ?

 

Et je songeais encore : 
Quel serait mon soleil sans la caresse, et la splendeur, 
et le vermeil éclat de ses cheveux, 
quel serait mon soleil 
sans elle ?

 

Il ferait nuit sans la clarté de ses yeux bleus ;
la pourpre des matins pâlirait dans mes deux, 
plus de midis, sans la clarté de ses yeux bleus, 
sans elle.

 

Avec elle, la vie est un puissant parfum 
dont l'émanation berce et ranime 
l'un et l'autre de mes jours : 
quel serait leur parfum, 
sans elle ?

 

Pour elle, il n'est ni mal, ni souffrance, 
ni deuil qu'on ne porte avec joie, 
ayant passé le seuil de sa maison : 
il n'est que souffrance et que deuil, 
sans elle.

 

Par elle, je veux vivre, 
et par elle mourir : 
ma force est le baiser qui me fait défaillir 
et me marque au fer chaud, car il faudrait mourir, 
sans elle.

 

En elle, j'ai mis tout, jusqu'à mon infini : 
l'univers est à moi, quand sa bouche a souri, 
et Dieu n'est qu'un fantôme, 
il n'est pas d'infini, 
sans elle.

 

L'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens, 
l'orgue avait des plaintes 
à troubler les saintes, 
l'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens.

 

Un peu de ta main brûlait dans ma main,
par nos doigts ardents le fluide humain
passait en nos chairs, noyait nos pensées
et cœurs galopants, gorges oppressées,
nos désirs prenaient le même chemin.
Ainsi, chère, ta vie a passé dans la mienne,
Plus rien ne demeure en moi qui ne t'appartienne :
Je voudrais le graver en toi, qu'il t'en souvienne,
Ainsi, chère, ma vie a passé dans la tienne.

 

L'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens, 
l'orgue avait des plaintes 
à troubler les saintes, 
l'odeur des jacynthes 
vibrait dans l'encens.

 

" mai" .

Remy de Gourmont (1858-1915) - poète - Les jacynthes
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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 00:05

Pablo Neruda, nom de plume de Ricardo Eliécer Neftalí Reyes-Basoalto, est un poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien, né le 12 juillet 1904 à Parral (province de Linares, Chili), mort le 23 septembre 1973 à Santiago du Chili. Il est considéré comme l'un des Quatre grands de la poésie chilienne avec Gabriela Mistral, Pablo de Rokha et Vicente Huidobro.

 

 

 


Ode au magnolia
[…]

 

Une fleur de magnolia
pure
ronde comme un cercle
de neige
monta jusqu’à ma fenêtre,
me réconciliant avec la beauté.
Entre ses feuilles lisses
– ocre et vert –
fermée,
elle était parfaite
comme un oeuf
céleste,
ouverte
elle était la pierre
de la lune,
Aphrodite embaumée,
planète de platine.
Ses grands pétales me rappelèrent
les draps
de la première lune
amoureuse,
et son pistil
érigé
était tour nuptiale
des abeilles.

 

 

Ô blancheur
entre
toutes les blancheurs,
fleur immaculée,
amour resplendissant,
odeur de neige blanche
et de citrons,
secrète secrétaire
de l’aurore,
coupole
des cygnes,
rayonnante apparition!

 

 

Comment
te chanter sans
toucher
ta
peau très pure,
t’aimer
seulement
aux pieds
de ta beauté,
et t’emporter
dormante
dans l’arbre de mon âme,
resplendissante, ouverte,
aveuglante,
sur la forêt obscure
des songes!

Pablo Neruda (1904-1973) - poète - Ode au magnolia
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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 23:54

Hermann Hesse (né le 2 juillet 1877 à Calw, Royaume de Wurtemberg, Empire allemand – mort le 9 août 1962 à Montagnola, Suisse) est un romancier, poète, peintre et essayiste allemand puis suisse. Il a obtenu le prix Goethe en 1946, le prix Bauernfeld en 1905 et le prix Nobel de littérature en 1946.
(poèmes choisis, José Corti, 1994)

 

 


Pêcher en fleurs

 

Le pêcher sous les fleurs explose,
Toutes ne viendront pas à fruit,
Lumineuse écume de roses
Sur l’azur où la nue s’enfuit.

 

Fleurs aussi montent mes pensées,
Cent par jour…Laisse-les fleurir,
Laisse, le fruit de ces journées,
C’est le secret de l’avenir.

 

Il faut des fleurs en abondance.
Innocence et jeux ont leur droit,
Sinon pour nous, ce monde étroit
Serait vide de jouissance.

 

(1918)

Hermann Hesse (1877-1962) - poète - Pêcher en fleurs
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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 01:20

Alfred Edward Housman (parfois orthographié Houseman) est un philologue et poète britannique né le 26 mars 1859 à Bromsgrove et mort le 30 avril 1936 à Cambridge.
Traduction par Delia Morris et André Ughetto

 

 

Le cerisier en fleurs

 

Le cerisier, le plus bel arbre maintenant,
Chaque rameau couvert de fleurs
Se lève dans l’allée du bois
A Pâques revêtu de blanc.

Maintenant, du compte de mes années,
Vingt ans ne me reviendront plus
Et si je les ôte à soixante-dix printemps
Il ne m’en reste que cinquante :

Puisque pour voir nature en fleurs
Cinquante années sont peu d’espace,
En direction des bois j’irai
Pour voir le cerisier en neige.

Alfred Edward Housman (1859-1936) - poète -  Le cerisier en fleurs
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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 00:42

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 dans le 11e arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug de l'Allemagne nazie.

Recueil : "Chantefleurs"

 

 

La Fleur d’oranger

Fleur d’orage et fleur d’oranger,
J’ai peur de la nuit, j’ai peur du danger.
Fleur d’oranger et fleur d’orage,
J’ai peur de la nuit et du mariage.
Fleur d’orage et fleur d’oranger,
Fleur d’orage.

Robert Desnos - poète - La fleur d'oranger
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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 23:57

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 dans le 11e arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug de l'Allemagne nazie.

Recueil : "Chantefleurs"

 

 

La Tulipe

 

Fanfan, Marceline et Philippe,
Nous étions une fine équipe,
Pipe en terre et tulipe en pot.
Tulipanpo, roi des nabots,
Nous a fait fumer la pipe,
Vive le pot de tulipe !

Robert Desnos - poète - La Tulipe
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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 01:08

François David, extrait de son livre "petits poèmes de l’amour"

 

La tulipe

 

 Un chat était amoureux fou
D’une tulipe.
Il tournait
 Tout le jour
Tout autour
De son vase.
Il respirait son bon parfum
Il lui miaulait la sérénade.
Mais la fleur restait indifférente
Au beau chant d’amour
Du matou. 

 

Comme il ne sortait plus,
Comme il ne mangeait plus,
Comme il ne buvait plus de lait,
Les amis du chat supplièrent la tulipe ;
Faites-lui un signe
Ne désespérez pas notre minou. 

 

La fleur avait bon cœur ;
Pour réjouir le chat,
Elle ouvrit ses pétales
Et fit entendre un doux « ronron ». 

 

Depuis ce jour, il existe une tulipe
D’une espèce nouvelle et très rare ;
La tulipe qui ronronne.

François David - auteur - la tulipe
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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 01:05

François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français.

Recueil : Poèmes divers (1869)

 


À une tulipe.

 

Ô rare fleur, ô fleur de luxe et de décor, 
Sur ta tige toujours dressée et triomphante, 
Le Velasquez eût mis à la main d'une infante 
Ton calice lamé d'argent, de pourpre et d'or.

Mais, détestant l'amour que ta splendeur enfante, 
Maîtresse esclave, ainsi que la veuve d'Hector, 
Sous la loupe d'un vieux, inutile trésor, 
Tu t'alanguis dans une atmosphère étouffante.

Tu penses à tes sœurs des grands parcs, et tu peux 
Regretter le gazon des boulingrins pompeux, 
La fraîcheur du jet d'eau, l'ombrage du platane ;

Car tu n'as pour amant qu'un bourgeois de Harlem, 
Et dans la serre chaude, ainsi qu'en un harem, 
S'exhalent sans parfum tes ennuis de sultane.

François Coppée (1842-1908) - poète - à une tulipe
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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 01:00

La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poétesse et une romancière française, d'origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933.

Poème de l'amour 

 

 

Le silence répand son vide

 

Le silence répand son vide; 
Le ciel, lourd d'orage, est houleux; 
On voit bouger, tiède et limpide, 
Le vent dans un mimosa bleu. 

Prolongeant sa douceur étale, 
Le jour ressemble aux autres jours; 
Un craintif et secret amour 
Rêve,sans ouvrir ses pétales. 

– Ainsi, pour longtemps en jouir, 
La Hollande, en ses vastes serres, 
Par des blocs de glace resserre 
Les tulipes qui vont s'ouvrir...

Anna de Noailles 1876-1933) - poète - Le silence répand son vide
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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 23:12

Paul Bulliard (1911-1943) est Instituteur et  Poète français

 

 

Pervenches

 

Ce matin j'ai cueilli, dans la douce rosée
La pervenche d'azur en un coin d'ombre frais :
J'ai cru que ton regard, quand ma main s'est posée
- Regard limpide en l'herbe humide - m'appelait. 

 

Et je suis revenu portant dans ce bouquet
Tes yeux adolescents, cette fleur de toi-même
Qui reflète un troublant infini, et que j'aime...
Ô les cieux, le printemps, des yeux dans un bouquet ! 

 

J'ai placé dans un vase, auprès de ton portrait
La pervenche d'azur qui te donnait sa vie,
Et le bleu de la fleur, à la photographie
Passa : ton regard cher lentement s'éclairait...

 

Aujourd'hui je t'attends: et j'ai le tendre espoir
Que tu viendras enfin et que je pourrai voir
Plus profond, plus subtil, plus beau que la pervenche,
Ton regard doux et bleu, où ton âme se penche. 

 

St-Jean d'Aulph, 21 avril 1939.

poème extrait de "La Chanson simple"

Paul Bulliard (1911-1943) - poète - Pervenches
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