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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 00:24

 

Alphonse Beauregard, poète est né à Compton au Canada. en 1881, et mort en 1924.
Il commence en 1906 à publier des poèmes dans divers journaux et autres revues (souvent sous le pseudonyme de A. Chasseur).
Ses œuvres sont assez nombreuses, on citera "Les forces" en 1912 et "Les Alternances", recueil de poèmes en 1921. 



Le lac
Les alternances

Aux pieds de trois coteaux habillés de sapins
Gît un lac profond, clair et sage,
Où maintes fois je suis descendu, le matin,
Aspirer la paix qu'il dégage.

Rond et luxuriant, à son centre, un îlot
Ressemble au chaton d'une bague ;
Les arbres alentour, penchés au bord de l'eau, 
Y dessinent des formes vagues.

Libre de quais encore, à nul chemin ouvert,
Inutile et pur diadème,
Il est, dans l'âpreté de ce pays désert.
Une oeuvre d'art pour l'art lui-même.

Je suis ton amant pauvre, ô lac, et ne peux pas
Arrêter les sinistres haches ;
Ecoute-les sonner, autour de toi, le glas
Du bois qui te pare et te cache.

Tu deviendras, parmi les maisons, les champs nus,
Une eau sans attraits, une mare,
Une chose qui sert à naviguer dessus,
Dont la multitude s'empare.

Qu'importe ! Ils n'auront pas, ces maîtres imposés,
Connu ton sourire de vierge ;
Je le garde en mon coeur comme un secret baiser
Que j'aurais cueilli sur ta berge.


Illustration mcp
Le lac
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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 02:02
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité.





L'ombre est lustrale et l'aurore irisée
Les heures d'après-midi

L'ombre est lustrale et l'aurore irisée.
De la branche, d'où s'envole là-haut 
L'oiseau,
Tombent des gouttes de rosée.

Une pureté lucide et frêle
Orne le matin si clair
Que des prismes semblent briller dans l'air.
On écoute une source ; on entend un bruit d'ailes.

Oh ! que tes yeux sont beaux, à cette heure première
Où nos étangs d'argent luisent dans la lumière 
Et reflètent le jour qui se lève là-bas. 
Ton front est radieux et ton artère bat.

La vie intense et bonne et sa force divine
Entrent si pleinement, tel un battant bonheur,
En ta poitrine
Que pour en contenir l'angoisse et la fureur,
Tes mains soudain prennent mes mains
Et les appuyent comme avec peur,
Contre ton coeur.


Illustration mcp
L'aurore irisée
l-aurore-irisee---mcp.jpg
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 01:05
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité.


S'il était vrai
Les heures du soir

S'il était vrai 
Qu'une fleur des jardins ou qu'un arbre des prés 
Pût conserver quelque mémoire 
Des amants d'autrefois qui les ont admirés 
Dans leur fraîcheur ou dans leur gloire 
Notre amour s'en viendrait 
En cette heure du long regret 
Confier à la rose ou dresser dans le chêne 
Sa douceur ou sa force avant la mort prochaine.

Il survivrait ainsi,
Vainqueur du funèbre souci,
Dans la tranquille apothéose 
Que lui feraient les simples choses ; 
Il jouirait encor de la pure clarté, 
Qu'incline sur la vie une aurore d'été, 
Et de la douce pluie aux feuilles suspendue.

Et si, par un beau soir, du fond de l'étendue 
S'en venait quelque couple en se tenant les mains 
Le chêne allongerait jusque sur leur chemin 
Son ombre large et puissante, telle qu'une aile, 
Et la rose leur enverrait son parfum frêle.



Illustration mcp
L'ombre du chêne telle une aile
L-ombre-du-chene-telle-une-aile---mcp.jpg
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 01:10
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité.



Je t'apporte, ce soir...
(Les heures d'après-midi)

Je t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie 
D'avoir plongé mon corps dans l'or et dans la soie 
Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ; 
Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes, 
Mes mains douces d'avoir touché le coeur des fleurs, 
Mes yeux brillants d'avoir soudain senti les pleurs 
Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles,
Devant la terre en fête et sa force éternelle.

L'espace entre ses bras de bougeante clarté,
Ivre et fervent et sanglotant, m'a emporté, 
Et j'ai passé je ne sais où, très loin, là-bas,
Avec des cris captifs que délivraient mes pas.
Je t'apporte la vie et la beauté des plaines ; 
Respire-les sur moi à franche et bonne haleine, 
Les origans ont caressé mes doigts, et l'air 
Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair.


Photo mcp
Printemps
photo-mcp.jpg
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 00:28
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 

Sur la côte

Un vent rude soufflait par les azurs cendrés, 
Quand du côté de l'aube, ouverte à l'avalanche, 
L'horizon s'ébranla dans une charge blanche 
Et dans un galop fou de nuages cabrés.

Le jour entier, jour clair, jour sans pluie et sans brume, 
Les crins sautants, les flancs dorés, la croupe en feu, 
Ils ruèrent leur course à travers l'éther bleu, 
Dans un envolement d'argent pâle et d'écume.

Et leur élan grandit encor lorsque le soir,
Coupant l'espace entier de son grand geste noir,
Les poussa vers la mer, où criaient les rafales,

Et que l'ample soleil de juin, tombé de haut, 
Se débattit, sanglant, sous leur farouche assaut, 
Comme un rouge étalon dans un rut de cavales.


Illustration mcp 
Sur la côte
2870678_15095.jpg

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 00:54
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 


C'était en juin, dans le jardin

C'était en juin, dans le jardin,
C'était notre heure et notre jour ;
Et nos yeux regardaient, avec un tel amour,
Les choses,
Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient
Et nous voyaient et nous aimaient
Les roses.

Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais :
Les insectes et les oiseaux
Volaient dans l'or et dans la joie 
D'un air frêle comme la soie ;
Et nos baisers étalent si beaux
Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.

On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure
Et veut le ciel entier pour resplendir ;
Toute la vie entrait, par de douces brisures, 
Dans notre être, pour le grandir.

Et ce n'étaient que cris invocatoires,
Et fous élans et prières et voeux,
Et le besoin, soudain, de recréer des dieux,
Afin de croire.


Illustration mcp
Le jardin des roses
2869691_e157b.jpg
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 00:39
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 


La barque

Il gèle et des arbres pâlis de givre clair 
Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ; 
Au ciel purifié, aucun nuage ; aucune 
Tache sur l'infini silencieux de l'air.

Le fleuve où la lueur des astres se réfracte 
Semble dallé d'acier et maçonné d'argent ; 
Seule une barque est là, qui veille et qui attend, 
Les deux avirons pris dans la glace compacte.

Quel ange ou quel héros les empoignant soudain 
Dispersera ce vaste hiver à coups de rames 
Et conduira la barque en un pays de flammes 
Vers les océans d'or des paradis lointains ?

Ou bien doit-elle attendre à tout jamais son maître, 
Prisonnière du froid et du grand minuit blanc, 
Tandis que des oiseaux libres et flagellant 
Les vents, volent, là-haut, vers les printemps à naître ?


Illustration mcp
La barque en hiver
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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 22:51
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 

Un matin

Dès le matin, par mes grand'routes coutumières 
Qui traversent champs et vergers, 
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux ;
C'est fête et joie en ma poitrine ;
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux ;

Je marche avec l'orgueil d'aimer l'air et la terre, 
D'être immense et d'être fou 
Et de mêler le monde et tout 
A cet enivrement de vie élémentaire.

Oh ! les pas voyageurs et clairs des anciens dieux !
Je m'enfouis dans l'herbe sombre 
Où les chênes versent leurs ombres 
Et je baise les fleurs sur leurs bouches de feu.

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent ; 
Je me repose et je repars, 
Avec mon guide : le hasard, 
Par des sentiers sous bois dont je mâche les feuilles.

Il me semble jusqu'à ce jour n'avoir vécu
Que pour mourir et non pour vivre :
Oh ! quels tombeaux creusent les livres
Et que de fronts armés y descendent vaincus !

Dites, est-il vrai qu'hier il existât des choses,
Et que des yeux quotidiens
Aient regardé, avant les miens,
Se pavoiser les fruits et s'exalter les roses !

Pour la première fois, je vois les vents vermeils 
Briller dans la mer des branchages, 
Mon âme humaine n'a point d'âge ; 
Tout est jeune, tout est nouveau sous le soleil.

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse 
Et mes cheveux amples et blonds 
Et je voudrais, par mes poumons, 
Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

Oh ! ces marches à travers bois, plaines, fossés,
Où l'être chante et pleure et crie
Et se dépense avec furie
Et s'enivre de soi ainsi qu'un insensé !


Illustration mcp
Un matin
un-matin-copie-1.jpg


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 00:51
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 


Hélas ! les temps sont loin...

Hélas ! les temps sont loin des phlox incarnadins
Et des roses d'orgueuil illuminant ses portes,
Mais, si fané soit-il et si flétri - qu'importe !-
Je l'aime encor de tout mon coeur, notre jardin.

Sa détresse parfois m'est plus chère et plus douce
Que ne m'était sa joie aux jours brûlants d'été ;
Oh ! le dernier parfum lentement éventé
Par sa dernière fleur sur ses dernières mousses !

Je me suis égaré, ce soir, en ses détours
Pour toucher de mes doigts fervents toutes ses plantes ;
Et tombant à genoux, parmi l'herbe tremblante
J'ai longuement baisé son sol humide et lourd.

Et maintenant qu'il meure et maintenant que viennent
Et s'étendent partout et la brume et la nuit ;
Mon être est comme entré dans sa ruine à lui
Et j'apprendrai ma mort en comprenant la sienne.


Illustration mcp
Je l'aime encore notre jardin
Je-l-ime-encore-notre-jardin-3.jpg

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 22:54
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 


Le beau jardin fleuri de flammes

Le beau jardin fleuri de flammes
Qui nous semblait le double ou le miroir
Du jardin clair que nous portions dans l'âme
Se cristallise en gel et or, ce soir.

Un grand silence blanc est descendu s'asseoir
Là-bas, aux horizons de marbre,
Vers où s'en vont, par défilé, les arbres
Avec leur ombre immense et bleue
Et régulière, à côté d'eux.

Aucun souffle de vent, aucune haleine.
Les grands voiles du froid
Se déplient seuls, de plaine en plaine,
Sur des marais d'argent ou des routes en croix.
Les étoiles paraissent vivre.
Comme l'acier, brille le givre,
A travers l'air translucide et glacé.
De clairs métaux pulvérisés
A l'infini semblent neiger
De la pâleur d'une lune de cuivre.
Tout est scintillement dans l'immobilité.

Et c'est l'heure divine, où l'esprit est hanté
Par ces mille regards que projette sur terre,
Vers les hasards de l'humaine misère,
La bonne et pure et inchangeable éternité.

Illustration mcp
Paleur d'une lune de cuivre
Paleur-d-une-lune-de-cuivre---mcp.jpg 
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