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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 22:14

La Chanson des blés d'or est une chanson de Camille Soubise et L. Le Maître (paroles), et Frédéric Doria (musique) créée par Marius Richard à la Scala (Paris) en 1882.


Frédéric Doria, compositeur et interprète de café-concert, aurait créé la chanson au Grand Concert parisien en 1867.

 

 

 

La chanson des blés d’Or

 

 

Mignonne, quand la lune éclaire
La plaine aux bruits mélodieux,
Lorsque l'étoile du mystère
Revient sourire aux amoureux,
As-tu parfois sur la colline,
Parmi les souffles caressants,
Entendu la chanson divine
Que chantent les blés frémissants ?
Mignonne, quand le soir descendra sur la terre,
Et que le rossignol viendra chanter encore,
Quand le vent soufflera sur la verte bruyère,
Nous irons écouter la chanson des blés d'or !
Nous irons écouter la chanson des blés d'or !
As-tu parfois sous la ramure,
A l'heure où chantent les épis,
Ecouté leur joyeux murmure
Au bord des vallons assoupis ?
Connais-tu cette voix profonde,
Qui revient, au déclin du jour,
Chanter parmi la moisson blonde
Des refrains palpitants d'amour ?
Mignonne, quand le soir descendra sur la terre,
Et que le rossignol viendra chanter encore,
Quand le vent soufflera sur la verte bruyère,
Nous irons écouter la chanson des blés d'or !
Nous irons écouter la chanson des blés d'or !
Mignonne, allons à la nuit close
Rêver aux chansons du printemps
Pendant que des parfums de rose
Viendront embaumer nos vingt ans !
Aimons sous les rameaux superbes,
Car la nature aura toujours
Du soleil pour dorer les gerbes
Et des roses pour nos amours !

Georges Paul François Laurent Laugée (1853-1937)  en moissonnant les champs

Georges Paul François Laurent Laugée (1853-1937) en moissonnant les champs

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 00:36

Claude-Adhémar André Theuriet, né à Marly-le-Roi le 8 octobre 1833, et mort à Bourg-la-Reine le 23 avril 1907, est un poète, romancier et auteur dramatique français.

 

 


Le blé

 

Le grain des dernières semailles
S'agite obscur dans les entrailles
Des profonds labours ;
La terre maternelle enferme
La frêle semence qui germe
Pendant de longs jours.

 

Le blé sort en herbe. La neige
Contre les froids noirs le protège,
Puis, du blanc tapis,
Avril fond les derniers vestiges,
Et l'on sent déjà dans les tiges
Grossir les épis.

 

En mai tout part : le vent promène
Sa molle et caressante haleine
Sur les blés nouveaux ;
Il mêle à la nappe mouvante
L'azur des bluets et l'ardente
Rougeur des pavots.

 

Sous le grand soleil qui brasille,
Voici messidor : la faucille
Fait son dur labeur ;
On met en meule, on bat en grange,
Et le grain lourd sort sans mélange
Des mains du vanneur.

 

Moulins ailés où le vent joue,
Moulins dont l'eau pousse la roue,
Tournez jusqu'au soir !
Tournez !... que la fleur de farine
Tombe pure, neigeuse et fine
Des trous du blutoir.

 

Maintenant, d'une main pieuse
Dans les flancs de la huche creuse
Pétrissons le pain,
Et chantons le blé pacifique
Qui nourrit, depuis l'âge antique, 
Tout le genre humain.

moulin et champ de blé - Jules Dupré (1811-1889)

moulin et champ de blé - Jules Dupré (1811-1889)

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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 01:41

Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à Marseille. Bien que brève, la densité de son œuvre poétique fait d'Arthur Rimbaud une des figures premières de la littérature française.

 


Sensation

 

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

 

Mars 1870

 

Coucher de soleil au champ de blé - Vincent Van Gogh

Coucher de soleil au champ de blé - Vincent Van Gogh

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 00:47

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIX° siècle, né à Metz (Moselle) le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.


Recueil : Sagesse (1881)

 

 

C'est la fête du blé, c'est la fête du pain

 

C'est la fête du blé, c'est la fête du pain
Aux chers lieux d'autrefois revus après ces choses !
Tout bruit, la nature et l'homme, dans un bain
De lumière si blanc que les ombres sont roses.

 

L'or des pailles s'effondre au vol siffleur des faux
Dont l'éclair plonge, et va luire, et se réverbère.
La plaine, tout au loin couverte de travaux.
Change de face à chaque instant, gaie et sévère.

 

Tout halète, tout n'est qu'effort et mouvement
Sous le soleil, tranquille auteur des moissons mûres,
Et qui travaille encore imperturbablement
À gonfler, à sucrer là-bas les grappes sures.

 

Travaille, vieux soleil, pour le pain et le vin,
Nourris l'homme du lait de la terre, et lui donne
L'honnête verre où rit un peu d'oubli divin, —
Moissonneurs, vendangeurs là-bas votre heure est bonne !

 

Car sur la fleur des pains et sur la fleur des vins,
Fruit de la force humaine en tous lieux répartie,
Dieu moissonne, et vendange, et dispose à ses fins
La Chair et le Sang pour le calice et l'hostie !

Henri Gustave Jossot (1866-1951) le moissonneur

Henri Gustave Jossot (1866-1951) le moissonneur

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 01:04

Auguste-Jules Richepin, dit Jean Richepin, né à Médéa (Algérie française) le 4 février 1849 et mort à Paris le 12 décembre 1926, est un poète, romancier et auteur dramatique français.

 

 

Le chemin creux

 

Le long d'un chemin creux que nul arbre n'égaie, 
Un grand champ de blé mûr, plein de soleil, s'endort, 
Et le haut du talus, couronné d'une haie, 
Est comme un ruban vert qui tient des cheveux d'or.

 

De la haie au chemin tombe une pente herbeuse 
Que la taupe soulève en sommet inégaux, 
Et que les grillons noirs à la chanson verbeuse 
Font pétiller de leurs monotones échos.

 

Passe un insecte bleu vibrant dans la lumière, 
Et le lézard s'éveille et file, étincelant, 
Et près des flaques d'eau qui luisent dans l'ornière 
La grenouille coasse un chant rauque en râlant.

 

Ce chemin est très loin du bourg et des grand'routes. 
Comme il est mal commode, on ne s'y risque pas. 
Et du matin au soir les heures passent toutes
Sans qu'on voie un visage ou qu'on entende un pas.

 

C'est là, le front couvert par une épine blanche, 
Au murmure endormeur des champs silencieux, 
Sous cette urne de paix dont la liqueur s'épanche 
Comme un vin de soleil dans le saphir des cieux,

 

C'est là que vient le gueux, en bête poursuivie, 
Parmi l'âcre senteur des herbes et des blés, 
Baigner son corps poudreux et rajeunir sa vie 
Dans le repos brûlant de ses sens accablés.

 

Et quand il dort, le noir vagabond, le maroufle 
Aux souliers éculés, aux haillons dégoûtants, 
Comme une mère émue et qui retient son souffle 
La nature se tait pour qu'il dorme longtemps.

 Jean Richepin (1849-1926) - poète - Le chemin creux
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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 01:12

Jean François Victor Aicard, né le 4 février 1848 à Toulon (Var) et mort le 13 mai 1921 à Paris, est un poète, romancier et dramaturge français.

Recueil : Les Poèmes de Provence (1874).

 

 

 L'âme du blé

 

En juin, on voit sortir de terre, germe obscur, 
Une larve bizarre et qu'étonne l'azur, 
Ayant l'aspect d'un ver et des rudiments d'ailes. 
Telles sont tout d'abord les cigales nouvelles.

 

Mais bientôt, s'enfantant soi-même avec effort, 
De sa légère peau morte l'insecte sort, 
Frais, humide, étalant ses quatre ailes ouvertes, 
Tout vert comme les blés aux belles tiges vertes. 
Il ne sait pas chanter ni s'envoler encore : 
Le chant divin viendra plus tard, avec l'essor. 
En attendant, sous l'herbe et parmi les feuillées, 
La cigale, buvant au creux des fleurs mouillées, 
Rampe, évitant le bec du moineau trop hardi, 
Et se chauffe immobile au soleil de midi.

 

Le blé ne grandit plus, mais il est vert encore ; 
Il boit l'éclat du jour torride, et s'en colore : 
Tel l'insecte devient jaune et blond, puis pareil 
Aux épis roux et chauds pénétrés de soleil ; 
Le feu vivifiant affermit son corps frêle, 
Et, donnant leur vigueur aux nervures de l'aile 
Qui deviennent d'un noir intense de velours, 
Tend la membrane molle et fine des tambours 
Qui trembleront bientôt de notes musicales, 
Et que nos bruns enfants, tourmenteurs de cigales, 
Sous les écailles d'or du ventre, savent voir 
Luire en elles, polis comme un double miroir.

 

Ô mystère charmant surpris sous vos écailles ! 
Nul n'a vu votre sang en vous ni vos entrailles, 
Cigales ; vous n'avez rien en vous de caché, 
Rien que votre instrument à vous-même attaché ! 
Vous n'êtes qu'une voix, qu'une chanson vivante ; 
Et lorsque la moisson, par le mistral mouvante, 
Comme notre mer blonde ondule sous l'azur, 
Alors, mûres aussi, vous, âmes du blé mûr, 
Pareilles aux épis, brûlantes et dorées, 
Vous chantez la lumière et les moissons sacrées ! 
Silence ! près de nous la cigale a chanté ; 
Elle est là, sur ce pin jaunissant de l'été ; 
Voyez : Elle s'écoute, heureuse ; elle travaille, 
Puisque de ses longs cris tout son être tressaille ; 
En extase, attentive, elle ne nous voit pas, 
Mais tout à coup, ayant entendu notre pas, 
Elle nous a compris, et, par instants muette, 
A s'enfuir brusquement, furtive, elle s'apprête. 
Nous la gênons ; elle aime à chanter sans témoin ; 
Et, — quand elle se tait, — on peut ouïr au loin, 
Bruit qui monte et s'abaisse en strophes inégales, 
Le tronc rugueux des pins résonner de cigales.

 

C'est la maturité des blés qui chante ainsi !

 

L'épi, sous les rayons incandescents roussi, 
Froissant l'épi voisin, craque, et la moisson mûre, 
Ne pouvant pas chanter sa gaîté, la murmure, 
Et ravive, adoucit et renfle tour à tour 
Son bruit que la cigale imite tout le jour, 
Surtout à l'heure ardente où l'ombre bleue est tiède, 
Où la mouche revient au dormeur qu'elle obsède, 
Où le silence enfin plane avec le sommeil 
Dans un vent doux et lourd tout chargé de soleil.

 

Un jour les blés criants tombent sous les faucilles : 
Les cigales encore font éclater leurs trilles, 
Et leurs cris déchirants répètent un adieu 
A la chaleur du ciel étincelant et bleu... 
Les faucheurs ennuyés maudissent ces pleureuses. 
Et plus tard, quand les champs sont livrés aux glaneuses 
Et quand sur l'aire on voit, du soleil dans les crins, 
Les chevaux piétiner l'épi gonflé de grains, 
La cigale confie, avant que de se taire, 
Blé vivant, sa semence immortelle à la terre.

 

Près de l'aire parfois un tas de gerbes d'or 
Sous les souffles errants frissonne et parle encore, 
Mais déjà l'on n'entend qu'à de longs intervalles 
L'hymne d'été, le bruit des blés et des cigales ; 
Et quand la paille est vide et qu'un vent assoupi 
Chasse en fins tourbillons les restes de l'épi, 
Quand gisent les blés morts au fond des granges pleines, 
La cigale aussi meurt, jusqu'aux moissons prochaines...

Jean Aicard (1848-1921) - poète -  L'âme du blé
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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 01:35

Jacques Prévert est un poète, scénariste, parolier et artiste français, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite (Manche). Auteur de recueils de poèmes, parmi lesquels Paroles (1946), il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots. Ses poèmes sont depuis lors célèbres dans le monde francophone et massivement appris dans les écoles françaises.

 

 

La Seine a de la chance

 

La Seine a de la chance
Elle n’a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit…
Sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse,
Elle s’en va vers la mer
En passant par Paris.
La Seine a de la chance
Elle n’a pas de souci
Et quand elle se promène
Tout au long de ses quais
Avec sa belle robe verte

 

Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse,
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s’en balance
Elle n’a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s’en va vers le Havre
Et s’en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris

 

Notre Dame de Paris

Notre Dame de Paris

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 17:48

Joseph Auguste Maurice Rollinat, né à Châteauroux (Indre) le 29 décembre 1846 et mort à Ivry-sur-Seine le 26 octobre 1903, est un poète, musicien et interprète français.


Recueil : Les névroses (1883).


Violette

De violette et de cinname, 
De corail humide et rosé, 
De marbre vif, d'ombre et de flamme 
Est suavement composé 
Ton joli petit corps de femme.

Pour mon amour qui te réclame 
Ton reproche vite apaisé 
Est ce qu'est pour la brise un blâme 
De violette.

Ton savoir a toute la gamme ; 
L'énigme craint ton œil rusé, 
Et ton esprit subtilisé 
Avec le rêve s'amalgame : 
Mais ta modestie est une âme 
De violette.

Maurice Rollinat (1846-1903) - poète - violette
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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 17:44

Henri-Frédéric Amiel (1821-1881) est un écrivain et philosophe suisse, auteur d'un journal intime exceptionnel tant par son volume (17 000 pages) que par la valeur et l'universalité de son message.


Recueil : Grains de mil (1854).

 


La violette


Douce violette, 
Vierge humble et discrète, 
Fille de nos bois, 
Dis-moi dans quels songes 
Ainsi tu te plonges 
Sans joie et sans voix ?

— Sans voix, non sans joie, 
Car Dieu m'en envoie : 
J'écoute un oiseau ; 
Son chant me fait fête, 
Et moi, fleur muette, 
Je me dis : c'est beau !

Henri-Frédéric Amiel (1821-1881) - écrivain - La violette
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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 23:24

Robert Desnos (1900-1945) - poète - La Pervenche et la primevère


Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.


Recueil : "Chantefleurs"


La Pervenche et la primevère

Doña Dolorès Primevère,
Lady Roxelane Pervenche
Un beau dimanche,
Montent en haut du belvédère.
Rêveuse pervenche,
Douce primevère,
Radieuse atmosphère.

Robert Desnos (1900-1945) - poète - La Pervenche et la primevère
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