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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 22:51

 

Mythologie des fleurs


Tournesol (Helianthus),

la fleur soleil

 

 

Le genre Helianthus, couramment appelé les hélianthes ou soleils est un genre originaire des Amériques. Ils font partie des Astéracées. 

 

Nous adorons le lys que nous voyons grandir

Et les hauts tournesols plus clairs que le Nadir

- Cercles environnés de pétales de flammes - 

Brûlant à travers leur ardeur, nos âmes.


Émile Verhaeren (1855-1916), Les Heures d'après-midi.

 

Paul Jones (1921-1997)


 

 


Le tournesol, hélianthus Annuus,

roi des hélianthes 


Originaire d’Amérique du Nord, le tournesol  est une grande plante annuelle très originale, cultivée à partir de graines chaque année, semées en pleine terre directement quand la terre se réchauffe ou plus tôt, hâtées en godet, puis transplantées en place lorsqu’il ne gèle plus. 


Le nom latin du tournesol, Hélianthe ou Soleil (Helianthus annuus), vient des mots grecs Hélios signifiant "soleil" et Anthos "fleur", ainsi que du mot latin annuus pour "annuel".

 
D’ordinaire, le tournesol peut atteindre deux mètres, mais certains spécimens géants s’élèvent deux fois plus haut. La racine principale est pivotante. Ses feuilles sont vertes et rugueuses, simples et cordiformes (en forme de coeur) alternées, sauf à la base où elles sont parfois opposées.

 

Ornant une tige raide très forte, cette fleur géante,  son cœur brun auréolé de pétales jaune d’or et formé de minuscules fleurs tubulées, fascine et attire depuis très longtemps partout à travers le monde, illuminant les champs dans nos campagnes durant l'été. On la surnomme "soleil".

 


Ce qu'on appelle communément "fleur de tournesol" n'est pas une fleur, mais un pseudanthe : les capitules, réceptacles floraux charnus, qui ont tendance à se renverser après la floraison, peuvent atteindre 30 cm de largeur. Ils sont entourés d'un involucre à bractées ovales avec un sommet pointu.


Il existe d'autres noms ou expressions vernaculaires pour le désigner : 
grand-soleil, soleil des jardins, soleil commun, graine à perroquet, hélianthe…
cette fleur s'oriente vers la lumière du soleil pour le suivre toute la journée, et la nuit, elle se repositionne en direction de l’est. Nous appelons ce phénomène l’héliotropisme.

 

C'est une plante qui qui fleurit de juillet à octobre.


Les fleurs centrales en tube, hermaphrodites, sont jaune pâle ou rouge foncé chez les variétés anthocyanées. 


Les fruits sont des akènes surmontés par deux écailles en arête. 



 

Le tournesol emmagasine de l’auxine, une hormone végétale qui régule la croissance. L’auxine, plus concentrée du côté non exposé à la lumière, entraîne la torsion de la tige vers le soleil. Par contre, une fois en pleine floraison, les tournesols cessent d’être héliotropiques et se maintiennent, en général, face à l’est.

 

La disposition des fleurs centrales (ou fleurons), ou des graines, sur le réceptacle dessine des spirales répondant aux règles de la phyllotaxie et tournant soit dans le sens des aiguilles d'une montre, soit en sens inverse. 
Une fleur de tournesol est constituée de deux groupes de spirales. 

 


D'après les chercheurs l'apparition des spirales est basée sur l'angle d'or égal à 360°/(1+phi)=137,5°. La croissance de la plante forme deux séries de spirales tournant en sens contraire.


L'existence de deux types de spirales est déjà étonnant, mais le plus frappant est le nombre de spirales de chaque type : 21  directes et 34 indirectes. Or 21 et 34 sont deux termes consécutifs de la célèbre suite de Leonardo Fibonacci mathématicien italien (v.1170-v.1250) qui a joué un rôle important dans la renaissance des mathématiques anciennes et y a apporté une contribution significative.

 

 

Mais ce n’est pas seulement une splendide fleur. Le tournesol est en effet cultivé pour l’huile que l’on extrait de ses graines. Il fournit en Europe, une des principales sources d’huiles alimentaires.


 

 

Outre la couleur jaune habituelle du tournesol, vous pouvez également opter pour l’orange, le marron, la couleur crème et le rouge foncé. La forme offre également quelques variations : grandes ou petites fleurs, rangée simple de pétales ou couronnes multiples. 

 

 

Si des hélianthes sont cultivés comme plante ornementale pour leurs fleurs, certains sont particulièrement appréciables pour leur feuillage, notamment :


 

Helianthus Salicifolia, Helianthus salicifolius 


est un soleil vivace cultivé davantage pour son port en fontaine que pour ses fleurs automnales. C’est une merveille pour les amateurs de feuillages originaux et qui ne sont pas rebutés par les plantes géantes.

Ses feuilles sont longues, fines et retombantes, denses sur la tige, si bien qu’elles semblent sourcer de terre au printemps puis forment de douces colonnes dansantes, vert frais. Ses capitules jaunes à cœur sombre, simples, mais élégants culminent à plus de 2 m. Cette espèce n’a pas une croissance agressive.



 

 

Helianthus Argophyllus


Le tournesol à feuilles argentées. Haut de 150 cm, il est caractérisé par feuillage feutré de blanc ; ses soleils jaunes au cœur noir ou parfois de variétés plus colorées sont joliment mis en valeur sur son feuillage gris.


 


 

Helianthus Petiolaris 


est un soleil annuel ressemblant au tournesol.


communément appelée tournesol des prairies ou moindre tournesol. Le naturaliste et botaniste Thomas Nuttall a été le premier à décrire le tournesol des Prairies en 1821.

Le mot petiolaris en latin signifie "avoir un pétiole". 

 


 



 

Helianthus Deserticola, le tournesol du désert, 


est une espèce végétale annuelle originaire de l' Arizona , du Nevada et de l' Utah, atteignant 40 centimètres de hauteur avec d'abondants points de résine sur le feuillage. Les feuilles mesurent jusqu'à 5 centimètres de long. Les capitules contiennent environ 7 à 13 fleurs à rayons et plus de 25 fleurs à disques . Il pousse dans des endroits secs et ensoleillés à des altitudes de 400 à 1 500 m. 


C'est une espèce fille des espèces Helianthus annuus et Helianthus petiolaris. 


 

 

 

Helianthus Debilis,




Helianthus debilis est originaire d'Amérique du Nord, en passant par l'Amérique centrale, et jusqu'au Chili au sud. Elle est adaptée à des types d'habitat côtier et peut-même pousser directement sur les plages. Il tolère les lieux modérément salins mais pas une quantité excessive de brouillard salin et d'inondation.

Il supporte très bien les sécheresses. Il n'a aucune difficulté à se développer dans les sols pauvres en nutriments. Il pousse facilement dans le sable, dans les limons ainsi que dans les sols alcalins et acides. Cette espèce est très utile car elle permet d'empêcher l'érosion des dunes de sable. Cette espèce a été introduite et s'est naturalisée dans d'autres pays et sur d'autres continents.


 

 

Hélianthes ou soleils vivaces


Les hélianthes vivaces fleurissent le plus souvent tardivement dans la saison. Leur haute stature en fait des plantes de fond de massifs. La plupart ont besoin d’un sol riche et un peu frais, mais drainant, ainsi qu’une exposition ensoleillée. Ils sont plantés ou divisés au printemps. Les grands hélianthes vivaces sont aussi utiles pour réaliser très rapidement un écran avec le voisinage, là où il n’y a pas possibilité de mettre une haie arbustive.

 


Les plus anciens  :


Helianthus Laetiflorus, hélianthe raide,

soleil vivace, Topinambour à fleurs joyeuses

 

(Helianthus x laetiflorus Pers., 1807, Helianthus x rigidus sensu Rydb. non (Cass.) Desf., 1829, Helianthus x scaberrimus Britton & A.Br., Helianthus x scaberrimus Elliott, 1823, Helianthus x subrhomboideus Rydb., 1900)

 

Plante de la famille des Astéracées. Cette espèce est considérée par beaucoup d'auteurs comme un hybride entre H. pauciflorus et H. tuberosus, deux espèces originaires d'Amérique du Nord.

Cet hybride horticole à fleurs jaunes qui ressemble à un petit tournesol. Elle se naturalise dans les friches humides où il peut former de gros massifs. La tige est rameuse dans le haut avec des feuilles opposées, lancéolées, hispides, dentées, à pétiole court et ailé, alternes. Les capitules ont de longs fleurons ligulées jaunes pointus ou bidentées. Les fleurons tubuleux sont bruns et l'involucre est en forme de cupule.


La floraison est plutôt automnale (à partir d’août jusqu’aux  gelées) et ne passe pas inaperçue. Envahissante et colonisante, elle peut étouffer les petites plantes vivaces à proximité.


 



 

 

Helianthus Atrorubens 

 

Les fleurs présentent des fleurons rayonnants jaunes d'or, rouges ou parfois plus sombres alors que le disque central peut être jaune, brun ou pourpre.

Période de floraison : août, septembre, octobre.


Vivace impressionnante et vigoureuses, à racines rampantes ou tubéreuses, à tiges pourprées érigées et longues feuilles simples, vertes, poilues. La floraison, constitue un véritable bonheur visuel, les inflorescences en capitules terminaux sont jaune d'or avec un disque central brun pourpré. Véritable plante à rhizome, de fond de plate-bande, produisant en automne une abondance de fleurs parfaites en bouquet. 


Couper les hampes florales fanées pour prolonger les floraisons. Rabattre la touffe sèche dès qu'elle n'est plus décorative et pailler avec un compost humifère.

 


 

Helianthus Giganteus, tournesol géant

 

est généralement développé comme un annuel, il  peut culminer jusqu'à 2,50 m selon les variétés. Il est solide et vigoureux. Si vous recherchez le plus grand et le plus gros tournesol, vous l'avez trouvé ! 


Les Helianthus vivaces sont de hautes plantes aux fleurs colossales du jaune soufre au jaune d'or, aux larges pétales, avec de plus petites fleurs brunes qui en composent le centre. Elles sont soutenues sur des pieds vigoureux avec de grandes feuilles raides, velues, et quelque peu collantes. 


Les plants fleurissent à partir de Juillet jusqu’en Septembre. Ces tournesols sont audacieux, beaux et faciles à cultiver. Le tournesol géant est employé commercialement pour l'huile de cuisine et la margarine, et même comme pétrole de voiture.


Le Helianthus Giganteus préfère un endroit ensoleillé dans un sol bien-draine, et il est très tolérant de la sécheresse et des sols pauvres. Si les plants sont plantés à l’ombre partielle, le jalonnement peut être nécessaire pour les soutenir, ou les plants peuvent être pincés à la plantation pour favoriser l'embranchement.


 

 

 

 

Helianthus Pumilus, tournesol de brousse

 

est un tournesol nain puisqu’il n’excède jamais le mètre en hauteur, il se limite le plus souvent entre 30 et 50 cm. Très rustique, ce tournesol florifère plus large que haut est de plus une espèce de terrain caillouteux et sec.

C'est une plante vivace, avec les tiges dressées, hispides ou strigeuses. Les feuilles caulinaires sont vert cendré, généralement à 3 nervures partant de la base. Les fleurs sont jaunes ; anthères brun foncé à noir, appendices foncés. Cypsèles à poils clairsemés.

Floraison fin d'été 


 

 

Helianthus verticillatus, tournesol verticillé,


est une plante rare que l'on ne trouve que dans quelques endroits du sud des États-Unis. Cette plante a été décrite en 1892 par Samuel Bain, à partir de collections obtenues dans le comté de Chester, TN. Elle a été classé parmi les espèces en voie de disparition en 2014 lorsque le US Fish and Wildlife Service a publié une règle finale le protégeant en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition . Les principales menaces sont la foresterie industrielle et les plantations de pins en Alabama, en Géorgie et au Tennessee. Ils atteignent 1,8 m à 4 m et se trouvent principalement dans les forêts, à côté des ruisseaux et des zones humides ressemblant à des prairies. 


L'espèce n'a été capturée à nouveau qu'en 1993, lorsqu'elle a été découverte dans le comté de Floyd, en Géorgie. Dans le Tennessee, les plantes sauvages ne se trouvent désormais que dans le comté de Madison ; d'autres populations ont très probablement disparu en raison de la perte d'habitat.


Elle produit des fleurs jaunes d'or de la fin août ou du début septembre à la mi-octobre ou jusqu'aux gelées. Ce tournesol est largement pollinisé par les insectes.

 

 

Quelques hélianthes cultivés en tant que légumes :

Certains hélianthes vivaces produisent des organes de réserves souterrains, des tubercules qui peuvent être consommés.

 

 

Helianthus strumosus, hélianthe scrofuleux,

hélianthi, ou le salsifis d’Amérique

 

ou est une plante vivace rhizomateuse appartenant à la famille des Astéracées. Il est originaire d’Amérique du Nord où il croît en marge forestière. Très proche du topinambour (Helianthus tuberosus), avec lequel il est capable de s’hybrider naturellement, le salsifis d’Amérique est bien moins connu, mais revient au goût du jour parmi les légumes originaux à redécouvrir.

Helianthus strumosus, bien qu’assez variable, est caractérisée par ses hautes tiges rigides, non ramifiées et légèrement pruinées. Ses feuilles qui ressemblent à celles du topinambour sont ovales, à base conique, pointues, avec des dents irrégulières peu profondes. Le limbe est souvent de texture rugueuse.

Les inflorescences de l’hélianthe scrofuleux se développent à partir de l’aisselle des feuilles supérieures entre août et septembre. 
Une tige produit de 3 à 15 marguerites jaunes, jolies et gaies, au cœur jaune entouré de 8 à 20 larges ligules jaune vif. Ces marguerites jaunes tiennent assez bien en fleurs coupées. Elles sont attractives pour les insectes, mais produisent rarement des graines en Europe.

Cette plante vivace développe des organes de réserve sous forme de tubercules allongés, les fameux salsifis d’Amérique.

 

 

Helianthus tuberosus, hélianthe tubéreux,

Topinambour commun,  artichaut de Jérusalem,

truffe du Canada ou soleil vivace,

 

Le topinambour commun produit des tubercules au gout d’artichaut, il fait partie des fameux légumes anciens que des restaurateurs de renom ont remis au goût du jour.


C'est une plante qui appartient à la même famille que celle du tournesol. Elle est cependant vivace grâce à ses tubercules, qui se consomment en salade ou cuits, comme les pommes de terre. Selon la variété, les tubercules bosselés sont plutôt ronds (topinambour  "Patate") ou allongés ("opinambour 'Fuseau"), à la peau blanc crème (topinambour "Sakhalinski blanc") ou rose violacée (topinambour "Violet de Rennes").
Les tiges, épaisses, rigides et poilues, peuvent atteindre 3 mètres de haut. Ramifiées sur la partie haute, elles portent de larges feuilles ovales à lancéolées, rugueuses et pubescentes.


Les fleurs n'apparaissent qu'à la fin de l'été. Ce sont de beaux capitules jaunes, de taille moyenne, réunis en grappes lâches.


La récolte du topinambour se fait à partir de novembre jusqu'à la fin du mois de mars, au fur et à mesure des besoins, car, une fois sorti de terre, il ne se conserve pas longtemps.


Le genre Helianthus comprend une cinquantaine d'espèces, toutes originaires d'Amérique du Nord, dont le topinambour (Helianthus tuberosus L.).

 

 

Helianthus maximiliana, hélianthe de Maximilien 


est un peu similaire au topinambour, mais avec un rendement de tubercule moindre. Il est parfois aussi cultivé comme plante ornementale. Il supporte les sols très compacts. Une variété appelée ‘Prairie Gold’ est sélectionnée pour ses graines oléagineuses et son adaptation en sol non travaillé, pour la permaculture.


Certaines espèces sont vivaces mais en général, le tournesol est annuel car sa rusticité est faible. Le tournesol est cultivé pour ses graines, que l’on peut déguster natures, grillées ou salées. Les graines sont également  riche en huile alimentaire de qualité qu’elles fournissent, l'une des trois sources principales d'huile alimentaire en Europe.


 

 

 

Apiculture

 

 

Le tournesol est une plante mellifère riche en pollen et en nectar, qui sert aux abeilles pour concocter du miel de tournesol !

 

Particulièrement attirantes pour les insectes pollinisateurs : les mouches, les abeilles et bourdons, les syrphes et les papillons. Largement fécondées, les fleurs des hélianthes produisent ensuite des graines comestibles, riches en huiles qui sont une source de nourriture importante pour les oiseaux et les petits mammifères. Les hélianthes sont donc un ajout très favorable à la biodiversité du jardin.

 

Une fois mûre, au bout de trois mois environ, la plante se prépare à s'épanouir et se fige alors, tournée vers l'est. Des chercheurs ont modifié la position des pots où poussaient des tournesols, les orientant délibérément vers l'ouest ; ils ont alors constaté que moins d'insectes venaient alors les polliniser. A l'inverse, lorsqu'elles sont orientées vers l'est, elles sont beaucoup plus activement visitées par les insectes, en en accueillant cinq fois plus, chauffant plus tôt aux heures matinales et fraiches.
 


Un cœur de tournesol mesure de 5 à 50 centimètres de diamètre, et produit entre 100 et 8 000 graines.

 

Un champ de tournesol est un paradis pour les abeilles ; le rendement d’un hectare peut être de 25 à 50 kilos de miel. Une fois la récolte achevée, il reste les tiges, qui contiennent de 43 à 48 % de cellulose ; elles sont utiles entre autres pour fabriquer du papier. Tous les résidus de la plante peuvent servir de fourrage ou d’engrais.


 

 

 

Mythologie grecque

 

Ovide, Publius Ovidius Naso (43 av. J.-C.- 18 ap. J.-C.),  poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. 
les Métamorphoses.



Le tournesol, Clytie et Hélios 

 


"La nymphe aquatique Clytie était la maîtresse du dieu du soleil Hélios (Apollon).

Bien que Clytie soit d’une remarquable beauté, Hélios (Apollon) ne répond pas à son amour, il est tombé amoureux de Leucothoé (la soeur de clytie). Folle de jalousie, Clytie la dénonce au père de la jeune fille, Orchamos, roi de Babylone. Pris de rage, il décide de l’enterrer vivante.

Hélios (Apollon) essaye en vain de sauver sa bien-aimée et lui rendit hommage en versant sur sa sépulture une sorte de manne parfumée d'où naquit l'encens.

Attristé et trahi, il refuse de tomber dans les bras de Clytie. Désespérée par la portée de son acte, Clytie passa ses jours et ses nuits sur un rocher, et se laisse dépérir.  

Mourant de chagrin, lentement, son corps s’enracine et se métamorphose en tournesol en tournant fixement chaque matin son regard vers le char d'Hélios (Apollon) son dieu soleil qui ne voulut jamais la revoir."

 

Clytie par Michael Van Zeyl

 
 

 

 

Légendes

 

 

Histoire de la fleur de tournesol

 

On raconte que la fleur Tournesol n’était pas satisfaite de sa taille : 

- "Je ne veux pas rester petite. Je veux devenir aussi grande qu’un arbre et je vais me mettre enquête de quelqu’un qui m’aidera."

Vénus et les étoiles ayant refusé de l’aider, elle demande à la Lune. Elle commence alors à pousser si haut que le Soleil s’en aperçoit. Il fait rassembler tous les "enfants-fleurs" de tournesol et les dispose en spirales dans des corbeilles.

Lorsque les fleurs éclosent, seules celles à l’extérieur y parviennent, créant ainsi de magnifiques fleurs.

Elle est ainsi devenu la plus grande fleur. Cependant, il y a un problème : elle s’occupait tellement de pousser sur sa tige qu’elle en a oublié ses racines : 

- "elles sont si courtes et peu résistantes !"

Le Soleil lui dit : 

- "À partir de maintenant, vous me regarderez, afin de bien voir et bien entendre tout ce que je vous indiquerai ! ".

C’est pourquoi le tournesol suit le soleil toute la journée… selon la légende.


* source : «Von Planzen und Tieren, Steinen und Sternen  » Mellinger Verlag – Stuttgart 1974.


 

 

Légende roumaine 

 

La lune le soleil et le tournesol


Suite à une guerre entre la Lune et le Soleil. La fille du Soleil, Hélianthe, d’une beauté remarquable, décida de combattre la Lune et en sortit victorieuse. 


Furieuse de sa défaite, la Lune lança un sortilège à Hélianthe et lui dit :

- "que tu sois à jamais une plante, que "le tournesol" devienne ton nom et lorsqu'il fera soleil que tu regardes toujours vers ton père ! "


Ainsi, la jeune fille se transforma, ses cheveux blonds devinrent des fleurs jaunes et ses yeux noirs des graines. 


Aujourd’hui encore, le sortilège n’est pas rompu : Hélianthe, métamorphosée en fleur, regarde toujours en direction de son père, le Soleil.


 

 

 

7000 à 2600 ans av. J.C.


Chez les peuples primitifs, le soleil source de la lumière et de la vie, aussi fut-il élevé au rang des dieux par un grand nombre de peuples.

 

Comme le tournesol ressemble à un petit soleil, synonyme de soleil, de lumière, de vie, de fécondité, de santé et de sagesse. il était considéré comme le symbole des dieux du soleil en Amérique, sa patrie d'origine.


Tout dans la plante était utilisé lors de leurs cérémonies religieuses.


Des tournesols en bois sculpté, des tribus amérindiennes ont été découverts en Arizona sur des sites archéologiques.


Le tournesol est originaire d’Amérique latine où il est cultivé par les Mexicains depuis plus de 7000 ans. Les Aztèques cultivaient déjà la fleur de tournesol qui était considérée comme sacrée. 


On dit que les indigènes de l’Empire Inca vénéraient un tournesol géant, et que les prêtresses incas portaient de grands disques de tournesol faits d’or sur leurs vêtements. 

 

On a trouvé des représentations de tournesol dans les temples de la cordillère des Andes, et les Indiens d'Amérique avaient l'habitude de placer des bols de graines de tournesol sur les tombes de leurs morts. 


La fleur était un symbole du Soleil chez les Incas du Pérou ; lorsque l'empereur était porté sur son trône d'or, les nobles guerriers qui marchaient près de lui tenaient à la main un Tournesol fait du même métal.
il est cultivé au Mexique par les Aztèques qui le considèrent comme sacré. 


Le tournesol est utilisé depuis longtemps par les peuples d’Amérique pour ses propriétés nutritives, médicinales, tinctoriales. Si la forme sauvage existe depuis plusieurs millénaires, l’archéologie suggère que la culture et l’amélioration du tournesol remonteraient à environ 4.100 av. J.-C. Des vestiges de graines de tournesol ont été découvertes (en 2001) à San Andres, un site archéologique dans la région de Tabasco au Mexique.
Ces graines semblent être de 1200 ans plus vieilles que celles retrouvées sur la côte est des USA.

Elles ont été datées à 4100 ans avant Jésus-Christ.


Selon de récentes recherches, le tournesol aurait été domestiqué dans le centre-est des Etats-Unis. D'un tournesol sauvage, essentiellement poly-flore et ramifié, les Amérindiens sélectionnent une plante ayant un seul capitule qui porte des graines plus grosses. 
 

On extrayait du pollen et des pétales un pigment permettant de réaliser des peintures rituelles et lors de cérémonies à caractère solaire, les prêtresses arboraient des colliers faits de pétales de tournesol.


 

 

Les chercheurs de l'Université de Cincinnati et de l'Université de l'Etat de Floride ont montré que le tournesol était domestiqué au Mexique 4000 ans avant ce qui avait été précédemment estimé.

 

Mexique
Il existe aujourd'hui des preuves solides que deux événements similaires ont eu lieu à des milliers d'années et des centaines de kilomètres de distance...


Lentz et ses collègues ont rassemblés des données archéologiques, linguistiques, ethnographiques et ethnohistoriques prouvant que le tournesol était entré dans la culture mexicaine 2600 avant JC; sa culture était très répandue au Mexique et s'étendait jusqu'au Salvador. Enfin, il était bien connu des Aztèques, et est toujours utilisé, aujourd'hui, par les cultures traditionnelles d'Amérique centrale.

 

Mais, l'inconnue réside dans le fait qu'on ne sait pas si les cultures du tournesol Mexicain et d'Amérique du Nord sont liées.

 

Il est assez difficile de déterminer exactement l’origine de l’usage du tournesol chez les Amérindiens dans la mesure où ses graines sont beaucoup plus fragiles que les graines de maïs qui, une fois séchées, peuvent se conserver pendant des millénaires. Cependant, les chercheurs ont découvert des graines éparses de tournesol dans les sites archéologiques de l’Amérique du Nord et de l' Amérique du Centre, plus précisément dans des tombes au Mexique.

 

En fait, les graines de tournesol (akène) ont été retrouvées au Mexique dans des situations où la conservation était particulièrement bonne.
L'utilisation de la spectrométrie de masse par accélérateur a permis de dater des graines à plus de 2600 avant JC.


Enfin, les stratégies de recherche archéologique dans de nombreux domaines de la Méso-Amérique se sont concentrées davantage sur l'architecture monumentale que sur l'évolution agricole.

​​​​​​​

Les Otomi, l'un des groupes indigènes mexicains interrogés, utilise le nom "dä nukhä", qui se traduit par "grande fleur qui ressemble au dieu-soleil", une référence au culte solaire pré-colombien. Le tournesol est encore couramment utilisé comme ornement dans leurs églises.

 




VIII° - XIII° siècle

 


Il semble que les Hopis soient venus vers VIII°  siècle,  du sud pour s'installer dans l'actuel Arizona.

 

Entre 700 et 1100, ils ont construit ou emménagé dans les pueblos de Mesa Verde, Chaco Canyon, Aztec, Wupatki, Betakin et Keel Seek où l'on trouve leurs signes de clans sur des murs.

 

Pendant les grandes sécheresses de 1276 à 1299, la plupart de ces pueblos ont été désertés. C'est durant la même période que les villages sur les trois mesas ont été fondés.


Les Indiens "Hopi" séchaient les fibres des tiges de tournesols afin de confectionner des cordes, des tressages pour faire de la vannerie. Également ils extrayaient une teinture d’une variété de tournesol sauvage aux graines violettes (les akènes ou fruits) qu'ils broyaient dans de l’eau.


La fleur bouillie donnait une teinture jaune avec laquelle ils teignaient tout aussi bien les tissus que leur corps pour leurs rituels.


 

 

 

XIII° - XVI° siècle

 


Mexique (V. 1200 apr. J.-C. - 1521 apr. J.-C.)

 

Les Aztèques, ou Mexicas (du nom de leur capitale, Mexico-Tenochtitlan), étaient un peuple amérindien du groupe nahua, ( de langue nahuatl).


Le tournesol était un symbole et une métaphore de la guerre, une offrande au dieu de la guerre Huitzilopochtli, et était représenté sur les boucliers de plusieurs divinités importantes... 


D'après L’archéobotaniste David Lentz de l'université de Cincinnati (Ohio) :


"Lorsqu'on les interroge sur les tournesols, les personnes de la culture Nahuas au Mexique, les descendants des Aztèques, nous ont donné un indice pour faciliter l'interprétation de textes historiques", "le Nahuas moderne utilise deux mots pour le tournesol : 


"chimalxochitl", qui signifie  "bouclier fleur" ou


"chimalacatl", qui signifie "bouclier roseau", qui est également une référence à sa tige creuse et large.

 

Ces termes nous ont conduit à des tournesols en références à la liste des chroniques au début du 16° siècle, de la société aztèque, (le Codex de Florence, écrit par Fray Bernardino de Sahagun). 

 

Tournesol (Codex de Florence livre 9) avec tampon préhispanique avec motif floral de Texcoco

 

 

Son association avec le soleil, le dieu de la guerre et la pièce le bouclier, le tournesol figure clairement dans les conceptions de bouclier de plusieurs divinités mexicaines éminentes, dont Huitzilopochtli.


Dans le Codex de Florence, le tournesol est décrit dans le cadre d'une offre au dieu Soleil ", Huitzilopochtli."

 

Le travail de Fray Bernardino de Sahagún (1499-1590) constitue l’une des sources historiques les plus renommées de l’ancien Mexique.  Son travail contient le Codex Florentine, un manuscrit divisé en deux colonnes de textes en Náhuatl et en espagnol.


 

               Huitzilopochtli représenté dans le codex Telleriano-Remensis.

 

 

Le tournesol (girasol ou mirasol) a longtemps été utilisé au Mexique comme fleur ornementale et , a été cultivée dans les champs, a été consommée par la population locale, (les graines consommées fraîches ou broyées et mélangées à la bouillie traditionnelle -comme une boisson connue sous le nom d'atole ), en tant que médicament  pour apaiser la poitrine, traiter les brûlures ou les piqûres

on la trouve

dans les herbes médicinales compilées en 1615 par Francisco Hernández, médecin de la cour du roi Felipe II d'Espagne)


Le tournesol était associé au culte solaire et à la guerre, et en tant que symbole sacré.


Illustrations de tournesol dans l'herbe médicinale de F. Hernández, Livre 1


 


Le Codex florentin encyclopédique de Sahagún, comprend les mêmes noms, mais  il donne également un aperçu de l'utilisation rituelle et du symbolisme du tournesol, parmi la noblesse mexicaine et les marchands qui jouaient un rôle vital dans l'approvisionnement de l'élite de Tenochtitlan en produits de luxe de tout l'empire aztèque désireuse d'afficher ses richesses.

 

Ils organisaient de somptueux banquets, les jours favorables du calendrier aztèque. Ces fêtes opulentes, étaient en partie destinées à "reconnaître " et à honorer les pauvres et les personnes âgées de leur communauté. 


 

Ils étaient aussi l'occasion de cimenter des liens entre les marchands (qui devaient souvent se frayer un chemin à travers des territoires étrangers hostiles) et les guerriers de haut rang, qui étaient toujours invités, ainsi que les membres de la noblesse.... 

Fleurs comme cadeaux de banquet (tournesol au centre), Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

 

 

Quatre ingrédients étaient proposés aux invités lors des banquets des marchands : 


"les fleurs, le tabac, la nourriture, le chocolat" (boisson rituellement mousseuse à la fin du festin). Le Codex précise le rôle de chacun d'eux à tour de rôle, en commençant par le tabac...

Tube de tabac et tournesol: cadeaux pour les nobles avec les associations militaires... Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

,
 

L'hôte du banquet, accompagné de chanteurs et de tambours, effectuait une offrande rituelle à la pyramide de Huitzilopochtli, où il déposait "des fleurs de tournesols",  des colliers et des guirlandes de fleurs. 

Offrandes de tournesols et autres fleurs et tubes de tabac à Huitzilopochtli ; Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

 

 

Il n'y avait pas que les marchands aztèques qui arboraient des tournesols. Les dirigeants et les nobles exhibaient des tournesols ornés de bijoux, confirmant peut-être leur allégeance à Huitzilopochtli et au Soleil. 


Netzahualpilli, souverain de Tetzcoco, est représenté dans le Codex Ixtlixochitl tenant un bourgeon de tournesol jaune et rouge et un tournesol ouvert dans chaque main.

 
Pour ce grand poète-roi (comme son père Netzahualcóyotl), les fleurs de toutes sortes, omniprésentes dans les chansons et les poèmes nahua, étaient belles non seulement comme ornements physiques mais aussi comme métaphores.

 
Le tournesol (" fleur-bouclier "), est l'une des rares espèces de fleurs à être spécifiquement nommée dans la poésie náhuatl.

 Netzahualpilli, Codex Ixtlixochitl feuille 108r

 

 

Des restes de graines de tournesol ont été découverts dans des offrandes sur le site principal aztèque du Templo Mayor à Mexico. 


 

Motifs soleil


- Fleurs préhispaniques : verticilles de fuseau en céramique de Xaltocan (cité-État précolombienne située sur une ile du lac Texcoco dans la vallée de Mexico. la ville était à l'origine occupée par les Otomis mais à la suite d'une guerre au XIV° siècle le site est occupé par les Aztèques). ;

- Sculpture en pierre mexicaine 

 

 

 

XVI° siècle

 

Ayant traversé l’Atlantique avec les conquistadors espagnols en 1510, cette plante s’est répandue rapidement  dans toute l’Europe occidentale.  Au début, le tournesol a eu une fonction purement décorative dans les jardins, aussi bien privés que botaniques. 

 

Il est fort possible que les Espagnols n'aient d'abord pas été conscients du puissant symbolisme de la fleur lorsqu'elle leur a été offerte en gage d'alliance militaire par les "Tlaxcaltecans" lors de la campagne épuisante de deux ans contre les Aztèques.  Dans les années qui ont suivi la Conquête, les autorités espagnoles ont peut-être supprimé le tournesol pour éviter de réveiller ses connotations religieuses et militaires. Ce serait en effet un témoignage de son pouvoir profondément symbolique dans la culture des Mexicains...


Les chercheurs soulignent que le tournesol, associé au culte solaire et à la guerre, au Mexique, a pu conduire à sa suppression après la conquête espagnole.


Le chercheur David Lentz. :


"Le tournesol passait pour être un puissant aphrodisiaque, ce qui pourrait avoir également contribué à ce qu'il soit interdit par les prêtres Espagnols", 

 


La conquête de Tenochtitlán - Mexique.

Représentant la chute de Tenochtitlan en 1521 , lors de la conquête espagnole de l'empire aztèque .

Peinture seconde moitié du XVIIe siècle

Collection Jay I. Kislak; Division des livres rares et des collections spéciales (26.2).


 

 

 

Lorsque Francisco Pizarro (1475-1541) conquistador espagnol. Il conquit l'Empire inca et fut aussi gouverneur de l'actuel Pérou (Nueva Castilla).

Il est connu pour avoir emprisonné et condamné à mort en 1533 l'empereur inca Atahualpa après la bataille de Cajamarca.

En 1532, il s'est battu au Pérou, et trouva le tournesol géant, vénéré par les Indiens de l'empire Inca, image sacrée de leur dieu Soleil.  

Les prêtresses incas, les vierges du soleil, portaient des disques de  grands tournesols  d'or sur leurs vêtements.

 

 

 

Le tournesol aurait été introduit en France sous François Ier (1494-1547) et poussait déjà dans les jardins du roi, comme plante ornementale. 

 

 

 

XVII° siècle

 


1632-1633

Anton Van Dyck (1599-1641), 

Autoportrait avec un tournesol, 1632-1633. 

Collection particulière.

Installé à Londres au début des années 1630, l'artiste flamand devint Premier Peintre du roi Charles Ier d'Angleterre auquel il offrit son profond dévouement, symbolisé par la fleur de tournesol aux pétales d'or.

 

 

1633

Anton Van Dyck (1599-1641), 

Étude pour le portrait de Sir Kenelm Digby (1603-1665), philosophe anglais


 

 

 

Le codex Gottorfer (Gottorfer Codex en allemand ou gottorpske kodeks en danois) est un ouvrage de botanique en quatre volumes commandée par Frédéric III de Holstein-Gottorp entre 1649 et 1659 pour représenter le large assortiment de plantes qui poussaient dans les jardins ducaux au Château de Gottorf ("Gottorp") dans le duché de Schleswig.


Les 365 pages illustrées de l'ouvrage représentent 1 180 plantes peintes à la gouache sur du parchemin de veau par le peintre de Hambourg, Hans Simon Holtzbecker ( v. 1649-1671)


Helianthus annuus 


Tournesols 


 

 

 

 

XVIIème siècle.

 


Samuel de Champlain (v.1567 et 1574-1635), colonisateur, navigateur, cartographe, soldat, explorateur, géographe, commandant et auteur de récits de voyage français. Il fonde la ville de Québec le 3 juillet 1608.


Il a introduit en France le topinambour Helianthus tuberosus qui vient des Amériques. 

 

Fleurs de topinambours -1880 – de Claude Monet.

 

 

1670

Pierre Mignard (1612-1695),

La marquise Athénaïs de Montespan (1640-1707), 1670.

Portrait de Madame de Montespan (1641-1707), Maîtresse du roi Louis XIV 

Madame de Montespan était la maîtresse de Louis XIV depuis 1667. A cet égard, elle fut souvent représentée par Pierre Mignard, Premier Peintre du roi. L'élégant bouquet de fleurs de tournesol évoque ici les faveurs royales dont elle bénéficiait et le rayonnement de sa beauté sur les charmes de la Cour.

Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

 

 

 


Charles de La Fosse (1636-1716),

Clytie changée en tournesol, 1688.

Versailles, musée national du Château et de Trianon.

 

 

 

De retour des Pays-Bas en 1698, le tsar russe Pierre le Grand a rapporté chez lui des graines de tournesol, et des pommes de terre.. 

Le tsar prévoyait que les Russes pourraient faire bon usage de ces derniers, mais les gens résistèrent dans un premier temps.

 

 

 

XVIII° siècle 

 

 

Durant les monarchies, le tournesol était le symbole de la puissance, de la richesse, de la soumission, de la fidélité.

 

Ainsi, par exemple, au zénith de son pouvoir le roi Louis XIV faisait frapper des jetons à l'effigie du soleil et du tournesol. 

 

Louis XIV, Flandre, États de Lille de 1713, Jeton, Signé TB, 
Le Soleil éclairant un pied d'hélianthe ou tournesol, placé à droite

 

 

 

Auteur anonyme - 

1° quart - XVIII° siècle

Portrait de Madame de Montespan (1641-1707), Maîtresse du roi Louis XIV 

Commandé par le maréchal de Tessé pour le château de Vernie

Le Mans, Musée de Tesse - 1794


 

 

 

John Miller ou Johann Sebastian Mueller (1715-1790)

illustrateur et un naturaliste anglais d'origine allemande


Il illustre de très nombreux ouvrages de sciences naturelles, principalement de botanique.

Il réalise les planches de "Illustratio systematis sexualis Linnaei"  (Illustration du système sexuel de Linné)en 1777.


J.S., Borckhausen, M.B., Illustratio  systematis sexualis Linnaei (German) ], t. 68 (1770-1777) [J. Miller] Find classic sunflower seeds and dozens of new sunflowers (Trouvez des graines de tournesol classiques et des dizaines de nouveaux tournesols).


 


 

Johann Paul Friedrich Richter (1763-1825), mieux connu sous le pseudonyme de Jean Paul écrivain allemand.

Pensées extraites de tous les ouvrages de Jean-Paul. 


"Un ami est à-la-fois le soleil et le tournesol, il attire et il suit"

 

 

 

Dans le calendrier républicain, le Tournesol était le nom attribué au 19e jour du mois de vendémiaire, premier mois du calendrier républicain français.

Il correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 22 septembre au 21 octobre du calendrier grégorien.


Il tirait son nom "des vendanges qui ont lieu de septembre en octobre", selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier ".


 

 

XIX° siècle

 

 

 

Alexandre Soumet (1788-1845) poète et dramaturge français

 

Le ciel

 

..."Et la terre complice abandonne sans voiles

Son firmament de fleurs au firmament d'étoiles ;

Excepté les faveurs du tournesol vermeil,

Dont l'amour dédaigneux ne répond qu'au soleil". (...)


 

 


A partir de 1830, c'est en Russie que la production commerciale du tournesol a commencé. Quelques années plus tard, la région de Voronej produisait des milliers de tonnes d’huile de tournesol. 


Les Russes l'utilisaient car il ne figurait pas sur la liste des corps gras interdits par l'Église orthodoxe, lors du carême. 


La culture s’est vite propagée dans les pays voisins d’alors : la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, l’Ukraine et la Yougoslavie.


Jusqu’au début du XIX° siècle pratiquement,  tout le reste de l’Europe a ignoré l’existence de cette huile. 


Ce sont des immigrants russes qui, à la fin du XIX° siècle, ont réintroduit le tournesol en Amérique du Nord. En effet, les premiers colons du Nouveau Continent n’avaient pas adopté la culture du tournesol que pratiquaient les Indiens. 


 

 

 

Eduard Mörike (1804-1875) écrivain romantique wurtembergeois.

..."Ainsi qu’un tournesol, mon âme est tout ouverte, impatiente, écartelée d’amour et d’espérance"...


 

 

1878

Angelo de Gubernatis

Mythologie des Plantes ou Les légendes du règne végétal
Tome I


..."Les Grecs aussi ont fait entrer leur Helios dans le nom de plusieurs plantes. Clytia aimait Hélios sans espoir ; les dieux, la voyant se tourner continuellement vers Helios, la changèrent en une fleur qui se tourne toujours vers le soleil450 : c’est l’Helianthemum roseum de Decandolle. J. B. Porta, (1535-1625)écrivain italien, polymathe, fasciné par le merveilleux,  dans ses "Phytognonomica", d’après les anciens, nous parle de l’hélianthe ou heliocallis comme d’une herbe qui donne la beauté aux rois persans451, mais sans pouvoir l’identifier"...


 

 

 

1880

Claude Monet  (1840-1926) peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme.

Jardin de Monet à Vétheuil (1880)

 


 

1881

Claude Monet (1840-1926), peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme

Monet a toujours aimé être à l’extérieur et partout où il vivait, il plantait des fleurs. Il justifiait son jardinage obsessionnel par le fait que les fleurs lui donnaient un sujet à peindre. Il aimait particulièrement les tournesols. 

Bouquet de soleils


 

 

Claude Monet (1840-1926), peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme

Portrait de Suzanne Hoschede aux Tournesols


 


 

Mary Cassatt (1844-1926) peintre et graveuse américaine.

Enfant et sa mère portant un  tournesol sur sa robe


 

 

 

Les Tournesols de Vincent Van Gogh (1853-1890) peintre néerlandais

 

1887

Les Tournesols est le nom attribué à deux séries de peintures réalisées par Vincent van Gogh. La première est exécutée lors de son séjour à Paris en 1887, 

Au départ, Van Gogh conçoit cette série en vue de décorer son atelier qu'il s'apprête à partager avec Paul Gauguin. 

"Dans l'espoir de vivre dans un atelier à nous avec Gauguin je voudrais faire une décoration pour l'atelier. Rien que des grands Tournesols. [...]

Enfin si j'exécute ce plan il y aura une douzaine de panneaux. Le tout sera une symphonie en bleu et jaune donc. J'y travaille tous ces matins à partir du lever du soleil. Car les fleurs se fanent vite et il s'agit de faire l'ensemble d'un trait". 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Deux tournesols coupés

Paris, août/septembre 1887

Musée Van Gogh - Amsterdam


 

Vincent Van Gogh  (1853-1890

Tournesols - 1887

Musée métropolitain d'art New York

 

 

    
Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Deux tournesols coupés

Paris, août/septembre 1887

Musée des Beaux-Arts de Berne 

 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Quatre tournesols flétris

Paris, août/septembre 1887

Musée Kröller-Müller  Otterlo

 

 


Les tournesols évoquent la formidable créativité de Van Gogh qui loua, en 1888, en Arles, une petite maison dont la façade était peinte en jaune.

 

La seconde série comprend quatre toiles, elle représente des bouquets de tournesols dans des vases. 


Dans une lettre à son frère datée d'août 1888, il évoque un détail de ce séjour parisien qui lui inspire la série des Tournesols : 


..."A côté de ton magasin, dans le restaurant, tu sais bien qu’il y a une si belle décoration de fleurs là, je me rappelle toujours le grand tournesol dans la vitrine."

Il s'agit d'un restaurant appartenant à la chaîne Duval qui, en 1900, portera le nom "Le Soleil", d'après une photographie de l'époque. Il est situé à côté de la galerie Boussod et Valadon, anciennement Goupil & Cie, qui emploie Theo comme directeur de succursale, au 21 boulevard Montmartre"...

 

"Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant la bouillabaisse ce qui ne t'étonnera pas lorsqu'il s'agit de peindre des grands Tournesols". 

— Vincent van Gogh, Correspondance Générale : Tome III, Gallimard, Paris, 1990

    
 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux trois tournesols

août 1888 

Collection privée États Unis


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux six tournesols

1888

Détruit par un incendie en 1945 (bombardement de guerre : on pense que la lourde charpente en bois l'a empêché d'être secouru à temps).

Image redécouverte par Martin Bailey en 2012 dans un portfolio de quatre estampes publiées à Shirakaba , Tokyo 1921, trouvées dans les archives du Mushakoji Saneatsu Memorial Museum. 


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux douze tournesols

août 1888

Nouvelle Pinacothèque  Munich

 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase avec quinze Tournesols

1889 

Musée Van Gogh  Pays-Bas

 

 

 

Van Gogh peindra cependant, fin janvier, une copie de chacun des originaux de la chambre de Gauguin en vue d'un échange avec lui, des "répétitions absolument équivalentes et pareilles". Il l'écrit à Theo dans sa lettre du 28 janvier 1889. 

..."Dans l'espoir de vivre dans un atelier à nous avec Gauguin je voudrais faire une décoration pour l'atelier. Rien que des grands Tournesols. [...] Enfin si j'exécute ce plan il y aura une douzaine de panneaux. Le tout sera une symphonie en bleu et jaune donc. J'y travaille tous ces matins à partir du lever du soleil. Car les fleurs se fanent vite et il s'agit de faire l'ensemble d'un trait"..

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux douze tournesols

1888/1889 

Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase avec quatorze tournesols

1888

galerie nationale  Londres


 

Lettre de Vincent van Gogh à Arnold Koning, 22 janvier 1889

 "Mais évidemment, j’ai peint de nombreuses autres études ou peintures pendant tout ce temps. Entre autres cet été, deux fleurs avec rien que des tournesols dans un pot en terre cuite jaune. Peint avec les trois jaunes de chrome, l'ocre jaune et le vert "Véronèse" et rien d'autre. "



En 1891, l'écrivain Octave Mirbeau achète le premier bouquet arlésien au père Tanguy, le fournisseur de peinture de Vincent van Gogh, pour 300 francs.


Julien François Tanguy, dit le père Tanguy, est un marchand de couleurs, né à Plédran en Bretagne, le 28 juin 1825 et mort à Paris, le 6 février 1894. Sa boutique, 14, rue Clauzel à Paris, fut un lieu essentiel du développement de l'impressionnisme, le père Tanguy comptant parmi les premiers collectionneurs et marchands de tableaux des peintres impressionnistes.
 

 

 

1888

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Van Gogh peignant les tournesols

Musée Van Gogh Amsterdam

 

 

1890

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

femme au tournesols 

 

 

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Femme des Caraïbes, ou Femme nue avec des tournesols

 

 

Octobre 1898


Dans une lettre de Gauguin à son ami, le sculpteur Daniel de Monfreid, il lui demande des graines et des oignons de fleurs pour embellir son petit jardin, et combien les tournesols l'enchantèrent et le captivèrent.


Tahiti 1901

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Tournesols sur un fauteuil, 1901 

Galerie Kahnweiler. collection S. Chtchoukine. 

Entré à l’Ermitage en 1931.

 

 


Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

nature morte "espoir" - tournesols 

Musée des beaux-arts du Canada 


 

 

 

1891

Imao Keinen (1845-1923) peintre japonais

Les oiseaux des 4 saisons

oiseau et tournesol

Editeur :  Nishimura


 


 

1897

Helianthus argophyllus

Tournesol à feuilles argent

illustration de 1897.


 

 

 

Oscar Wilde (1854-1900)

écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais 

portait régulièrement un jeune tournesol à la boutonnière.

 


George Frederick Keller (1846-1883) 

dessinateur actif en Californie, connu comme le principal illustrateur du magazine satirique de San Francisco The Wasp

La Guêpe , 31 mars 1882

Caricature illustrant la visite d'Oscar Wilde en 1882 à San Francisco.

 


 

Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


Hiéroglyphes


..."Ô pourpiers de mon frère, pourpiers d'or, fleur d'Anhour,

Mon corps en joie frissonne quand tu m'as fait l'amour,

Puis je m'endors paisible au pied des tournesols"...

 

Jörg Langhans l'homme tournesol

 

 


 

1893

Evelyn de Morgan (1855-1919), 

artiste anglaise préraphaélite, 

Clytie, 1893.


 

 

 

Louis Welden Hawkins (1849-1910), 

peintre symboliste. 

Clytie, date inconnue.


 


 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée. 

- dixains 

 


Non, ce taxi, quelle charrette


" - Non, ce taxi, quelle charrette.

C'est sous les toits, votre entresol ?

Je t'aime... Oui c'est un tournesol...

Si tu savais comme il me traite :

Des claques voilà mes cadeaux !

Je croyais n'être jamais prête.

... Ça ? C'est moi. Laissez les rideaux. "

" - Le coeur vous est bien en dentelle. "

" - Mais il faut une heure " dit-elle

" Rien qu’à me lacer dans le dos. "


 

 

 

Paul-Pierre Roux, dit Saint-Pol-Roux  (1861-1940)

poète symboliste français.

Les Reposoirs de la procession

Édition du Mercure de France, 1893 (Tome premier, p. 87-96).

La religion du tournesol

 

À Antoine de la Rochefoucauld.

 

Soleil, roi de l’Obole !
(Paroles de Magnus.)

 

Tout à virer d’après le soleil qu’ancillairement il admirait, jamais ce Tournesol, fervent comme un coup d’encensoir figé en l’air, n’avait daigné m’apercevoir, malgré ma cour de chaque heure et de chaque sorte.

Oeil du Gange en accordailles avec le nombril du Firmament, la fleur guèbre ne voulait se distraire de son absolue contemplation.

L’indifférence de cet héliotrope me rendit jaloux de l’astre.

Naine au début tant que superficielle fille de ma vanité, cette jalousie, foncière dès qu’adoptée par ma raison, prit désormais une envergure énorme.

Mes moindres appétits de rival convergèrent vers ce mystérieux pétale à conquérir : un regard de la fleur.

Pour une telle victoire je mis au vent, l’un après l’autre, tous les moyens de stratégie possibles.

...


Vêtu d’étoffes somptueuses, comme taillées dans un songe de poète pauvre, une grappe adamantine à chaque oreille, les phalanges corselées de bagues, pontife de l’idée sous la tiare ou prince de la matière sous le diadème, j’allai promener autour de la fleur ma braverie de guêpe humaine.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Longtemps je m’appliquai à parfaire ma force ainsi que ma beauté, conjuguant la course, le bain, les poids, luttant avec la corne ou la crinière ou le chef-d’œuvre ; une fois très fort et très beau je vins, un essaim de vierges pâmées à mes flancs, produire à l’œil incorruptible de l’inexorable idole le verger de ma forme.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Jugeant nécessaire de joindre à l’argument du corps celui de l’âme, je lavai dans mes vagues de repentir le corbeau prisonnier en ma personne puis on me vit parader devant la spéculative avec un roucoulement de colombe aux lèvres.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Traversé de la baroque hypothèse que cet œil pouvait n’être qu’une extraordinaire oreille de curiosité, je m’environnai de harpes, de violes, de buccins, et, comme au mitan d’un harmonieux brasier, je m’avançai saluer d’une strophe divine l’inflexible.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Sa rude margelle en guise de pupitre, je m’abreuvai si bien à tous les seaux jaillis de la Science que les pygmalions copièrent ma renommée et que les édiles votèrent d’épaisses semelles de granit à mes statues sollicitées par les forums.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Espérant décisif le moyen de patrie, je fondis sur la multitude étrangère, saccageai ses lois, brisai ses symboles, brûlai ses bibliothèques, pour finalement m’asseoir sur le trône du roi vaincu dont la langue coutumière de l’ambroisie léchait mes orteils d’apothéose.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Si la fleur était simplement quelque étrange malsaine ? complotai-je un jour d’exaspérée lassitude, — et vite d’assassiner une très vieille femme en train d’éplucher des carottes.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Découragé, rageusement j’imaginais des combinaisons, inutiles d’avance, — lorsque passèrent sur la route trois Mendiants…

Évangélique, je m’avance.

— Je suis la Semaille.

Dit le premier aux membres de terre et cheveux de fumier.

Je baisai ses cicatrices, desquelles soudainement vagit un avril d’arc-en-ciel.

— Je suis le Chagrin.

Dit le second drapé de feuilles mortes.

Je l’enchantai d’espoir, à telles enseignes que sa bouche verdâtre s’ouvrit en grenade et montra des grains de rire.

— Je suis la Vieillesse.

Dit le troisième couleur de givre et de faiblesse.

Je jetai mon manteau sur ses épaules, lui cueillis un sceptre de houx dans la lande et lui remis les fruits jolis de ma besace avec le sang rose de ma gourde, si bien qu’il partit la jambe gaillarde et les pommettes riches.

Alors, me prenant sans doute pour le soleil, le Tournesol tourna vers moi son admiration, — et dans cet œil je m’aperçus tout en lumière et tout en gloire.


 

 

1895

Friedrich Fehr (1862-1927) peintre allemand.

La fille au tournesol


 

 

 

1896-1897

Hélianthus Argophyllus

tournesol à feuilles d'argent

Fleurs préférées de jardin et de serre /.

Londres et New York :Frederick Warne & co.,1896-97..

Biodiversitélibrary.org/page/36443731


 


 

George Dunlop Leslie (1835-1921)  peintre de genre, auteur et illustrateur britannique.

Les tournesols

 

 

 

1899 Alexandre de Riquer (1856-1920)

lithographie 

Quatrième exposition du "cercle artistique de Sant Lluch"
(Quarta exposicio del Circol de Sant Lluch)

Editeur : Lit. Utrillo & Rialp S.C., Barcelona

buste jeune femme avec fleur tournesol ; feuille ; trèfle


 

 

 

1899


Immeuble Art Nouveau signé Georges Malo.


A Vincennes, on peut admirer un  bâtiment Art Nouveau,  construit en 1899, par Georges Malo. 


En caressant la façade du regard, on découvre des tournesols, des feuilles de chardon et des arbres de vie.


Le tournesol déploie ses longues tiges et ses pétales charnus sur les balcons 

 

 

 

XX° siècle

 

 

Art nouveau 1900

Eugene Grasset (1845-1917) graveur, affichiste, décorateur et architecte français d'origine suisse, représentatif de l'art nouveau.-

La Grande Dame - lithographie originale


 

 

 

 

Art nouveau 1900
Henry Lambert (ca 1836-1909)
panneau décoratif aquarellé en couleur, de tournesols

 

 

Art nouveau 1900
Henry Lambert (ca 1836-1909)
panneau décoratif aquarellé en couleur, de tournesols


 

 

 

 

V. 1900

Louis Fuchs

artiste de la fin du XIX° siècle.
 

Décoration Art nouveau

Paon Tournesol - Lithographie 


 


 

1900

vintage

the century - femme et tournesol


 

 

 

1902

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois. 

Dix-huit ans, 1902.

Dans la main de cette jeune fille vêtue de blanc, un brin rêveuse à l'orée de ses dix-huit ans, le tournesol devient un emblème de la fertilité de la terre. 

 

 

1903 

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois.


La leçon avec les tournesols ou la première leçon, 1903.

 

 

 

 

1903 

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois.

Jeu de cache-cache.

Fleur des champs, le tournesol est associé chez Larsson aux joies et aux souvenirs d'enfance. Il représente également la jeunesse du soleil.

 

 

 

1907

vintage

fille, chien et tournesols
 

 

 

 

1907


Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian (1872-1944), 

peintre néerlandais reconnu comme l'un des pionniers de l’abstraction.

Nature morte avec le tournesol, 1907.


 

 

 

Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian (1872-1944), 

peintre néerlandais reconnu comme l'un des pionniers de l’abstraction.

Tournesol mourant

 

 

 

1911

Egon Schiele (1890-1910), peintre et dessinateur autrichien rattaché au mouvement expressionniste.

Tournesols expressionnistes, 1911.

Vienne, Belvédère.

 

 

 

1905-1906

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.

Jardin aux tournesols (1905-06)
Exposition à Vienne, Palais du Belvédère

 

 

 

1907

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.

tournesols 

 

 

 

1908

Tournesol 

Gravure sur bois antique Japonais imprimé, Ito Jakuchu, 

Editeur Unsodo Année 1908


 

 

 

1917

Isaac Lazarus Israels (1865-1934), peintre néerlandais associé à l'Impressionnisme, 

Femme devant les tournesols de Van Gogh, 


 

 

 

Robert Desnos  (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Recueil : chantefleurs

 


Le Soleil 


Soleil en terre, tournesol, 

Dis-moi qu’as-tu fait de la lune ? 

Elle est au ciel, moi sur le sol, 

Mais nous avons même fortune 

Comme des fous au cabanon.

 

Liisa-corbiere - champs de tournesol



 

 

Francis Combes

Poésie d'utilité publique

Journal poétique de Francis Combes

 


La compagnie des tournesols

 

Plantés au beau milieu du champ de bataille.

Ils sont rayonnants.

Armée de tournesols en leur midi.

Innombrables, fiers et lumineux dans la clarté du jour

Ils portent sur la terre les armes du soleil

En rangs serrés, bataillons de la jeunesse ardente

à qui tout est promesse

Ils ont pour eux l’espérance, la justice, l’avenir et le droit

Ils se lèvent dans la plaine et déferlent des collines

Ils se tiennent debout, droits et magnifiques

Ils décrètent leur clarté victorieuse sur la nuit

et sur l’obscurité caverneuse du passé

Leur œil unique fixe le centre de l’été

Puis vient la fin de la saison

Ils ont bu du regard tant de soleil

que leur rétine en est brûlée,

leur œil immense a noirci,

leur cœur est lourd

et, quand le jour décline, ils courbent la tête,

disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes,

mûrs pour la moisson,

prêts pour le passage de témoin

au sommet de la colline.


 

 

 

1920

Edward Steichen (1879-1973), photographe, peintre et lithographe américain. 

Le Tournesol, 1920. National Gallery of Art, Washington.


 

 

Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) peintre expressionniste allemand

- Tête de femme devant les tournesols - (MeisterDrucke-30538)


 

 

 

Vladimir Vladimirovitch Nabokov (1899-1977) américain d'origine russe, écrivain, romancier, nouvelliste, poète, mais aussi traducteur et critique littéraire,  considéré comme l'un des auteurs les plus importants de la littérature du XX° siècle.

Véra Nabokov (1901-1991) épouse, dactylographe, éditrice, inspiratrice et parfois traductrice, voire garde du corps de l'écrivain Vladimir Nabokov. 



“Lettres à Véra” : le grand amour de Nabokov


26 juillet 1923, Solliès-Pont, Var


..."Oui, j'ai besoin de toi, mon conte de fées. Car tu es la seule personne avec laquelle je puisse parler - de la nuance d'un nuage, du chant d'une pensée, la seule à qui je peux dire qu'aujourd'hui, en partant travailler, j'ai regardé en face un grand tournesol et il m'a souri de toutes ses graines. Il y a un minuscule restaurant russe dans le quartier le plus sale de Marseille. C'est là que je prenais mes repas avec des marins russes et personne ne savait qui j'étais ni d'où je venais et je m'étonnais moi-même d'avoir porté autrefois une cravate et des chaussettes fines. Les mouches tournaient au-dessus des taches de borchtch et de vin, de la rue parvenaient la fraîcheur aigrelette et la rumeur du port nocturne. Et tout en écoutant et en regardant, je pensais que je savais Ronsard par cœur et connaissais les noms des os du crâne, des bactéries, de la sève des plantes... A bientôt, mon étrange joie, ma tendre nuit"...

 

 

 

André Breton (1896-1966)  poète et écrivain français, principal animateur et théoricien du surréalisme.

André Breton fonde la revue "Littérature" dont le premier numéro paraît en février 1919.

"Tournesol " est un poème extrait du recueil de poésies Clair de Terre publié en 1923.


Comme des héliotropes, les mots que leur poids tourne au sol se tournent pourtant vers le soleil, où ils brûlent de partir en fumée, évaporés, sublimés, transformés en idées fumeuses qui, pour leur part, rêvent de se fixer au sol, de s’enraciner à la tourbe des mots. C’est ce que semble dire "Tournesol " de Breton
 


 

Tournesol

 


La voyageuse qui traverse les Halles à la tombée de l'été 

Marchait sur la pointe des pieds 

Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux 

Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels 

Que seule a respiré la marraine de Dieu 

Les torpeurs se déployaient comme la buée 

Au Chien qui fume 

Où venaient d'entrer le pour et le contre 

La jeune femme ne pouvait être vue d'eux que mal et de biais 

Avais-je affaire à l'ambassadrice du salpêtre 

Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée 

Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers 

La dame sans ombre s'agenouilla sur le Pont-au-Change 

Rue Git-le-Cœur les timbres n'étaient plus les mêmes 

Les promesses de nuits étaient enfin tenues 

Les pigeons voyageurs les baisers de secours 

Se joignaient aux seins de la belle inconnue 

Dardés sous le crêpe des significations parfaites 

Une ferme prospérait en plein Paris 

Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée 

Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants 

Des survenants qu'on sait plus dévoués que les revenants 

Les uns comme cette femme ont l'air de nager 

Et dans l'amour il entre un peu de leur substance 

Elle les intériorise 

Je ne suis le jouet d'aucune puissance sensorielle 

Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendres 

Un soir près de la statue d'Etienne Marcel 

M'a jeté un coup d’œil d'intelligence 

André Breton a-t-il dit passe 


 

 

 

Eugenio Montale (1896-1981) poète italien. 
Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1975.

- Os de seiche (Ossi di seppia, 1925) 
- Poèmes choisis: (1916-1980) 
-  Traduit de l’italien par Patrice Dyerval Angelini 

 

 

Apporte-moi le tournesol…

 

Apporte-moi le tournesol, que je le transplante

Dans mon terrain brûlé par l’air salin ;

Et qu’il montre tout le jour aux miroirs bleus

Du ciel, l’anxiété de son visage jaune pâle.

 

Les choses obscures tendent à la clarté,

Les corps s’épuisent en flux

De teintes : elles en musique. S’effacer

est donc le destin suprême.

 

Apporte-moi la plante qui nous mène

Là où surgissent de blondes transparences

Et s’évapore la vie telle une essence ;

Apporte-moi le tournesol affolé de lumière.

 

***

 

Portami il girasole ch’io lo trapianti

nel mio terreno bruciato dal salino,

e mostri tutto il giorno agli azzurri specchianti

del cielo l’ansietà del suo volto giallino.

 

Tendono alla chiarità le cose oscure,

si esauriscono i corpi in un fluire

di tinte: queste in musiche. Svanire

è dunque la ventura delle venture.

 

Portami tu la pianta che conduce

dove sorgono bionde trasparenze

e vapora la vita quale essenza;

portami il girasole impazzito di luce.

 

***

 

Bring me the sunflower, let me plant it

in my field parched by the salt sea wind,

and let it show the blue reflecting sky

the yearning of its yellow face all day.

 

Dark things tend to brightness,

bodies fade out in a flood of colors,

colors in music. So disappearing is

the destiny of destinies.

 

Bring me the plant that leads the way

to where blond transparencies

rise, and life as essence turns to haze;

bring me the sunflower crazed with light.


 

 

1928

Emil Nolde (1867-1956), 

Ciel bleu et tournesols 1928, 

collection particulière

 

 


Man Ray (Emmanuel Radnitsky - 1890)  peintre, photographe et réalisateur de cinéma américain 

Acteur du dadaïsme à New York, puis du surréalisme à Paris, Man Ray a perfectionné la technique du photogramme de Christian Schad et inventé, aux côtés de la photographe Lee Miller, le procédé dit de solarisation.

hélianthe (tournesol)1934 

 

 

 

 

1937

Tournesols avec amarante


 

 

 

René Char (1907-1988) poète et résistant français.

 

A la Sante du Serpent


..."Celui qui se fie au tournesol

ne méditera pas dans la maison.

Toutes les pensées de l’amour

deviendront ses pensées"...


 

 

 

René Guy Cadou (1920-1951) poète français. Il a publié de 1936 à 1951.

 

Les Amis d’enfance

 

Sainte-Reine-de-Bretagne

En Brière où je suis né

A se souvenir on gagne

Du bonheur pour des années !

 

Est-ce toi qui me consoles

Lente odeur des soirs de juin

Le foin mûr des tournesols

Le chant d’un oiseau lointain ?

 

C’est la pluie ancienne et molle

Qui descend sur le jardin

Et ma mère en robe blanche

Un bouquet dans chaque main.


 

 

 

Jean Joubert (1928-2015) poète et romancier français. 

 

Pierre changeante

Lorsque tu entres, c’est un tournesol.

Bouge un peu : c’est une figue

puis une roue,

un paon,

une maison fermée la nuit,

une maison ouverte à l’aube,

un corps ensoleillé.

Quand tu atteins le mur du Nord,

c’est un tigre.


 

 

 

Affiche russe originale des années 1940 - 

Agriculture de tournesol


 

 

 

1946

Emil Nolde (1867-1956), 

PetitsTournesols

Donation Dr. Friedrich

 

 


 

Fernando Pessoa (1888-1935) écrivain, critique, polémiste et poète portugais trilingue.

Le Gardeur de troupeaux 

..."Si je ne la vois pas, je l’imagine et je suis fort comme les arbres hauts. Mais si je la vois je tremble, et je ne sais de quoi se compose ce que j’éprouve en son absence. Je suis tout entier une force qui m’abandonne. Toute la réalité me regarde ainsi qu’un tournesol dont le cœur serait son visage"...


 

 

Dora Maar (Henriette Théodora Markovitch, dit) (1907-1997)

Paul Éluard (1895-1952) poète français.

Paul Eluard au tournesol

été 1936 - été 1937


 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1941

tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1943

tournesols

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1946

nu aux tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

femme et tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

Le sang de la révolution ary martyrs fertilisant la terre -

1927 tournesols

 

 

 

Janos Kmetty (1889-1975) 

tournesols

 

 

Janos Kmetty (1889-1975) 

tournesols et fruits


 


 

Jacques Prévert (1900-1977)  poète français.

 


Tournesol 

 

Tous les jours de la semaine

En hiver en automne

Dans le ciel de Paris

Les cheminées d'usines ne fument que du gris

Mais le printemps qui s'amène, une fleur sur l'oreille

Au bras une jolie fille

 

Tournesol, Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille

Elle n'a pas de grand nom, pas de nom de famille

Et danse aux coins des rues

A Belleville à Séville 

 


Tournesol Tournesol Tournesol

Valse des coins des rues

 

Et les beaux jours sont venus

La belle vie avec eux

Le génie de la Bastille fume une gitane bleue

Dans le ciel amoureux

Dans le ciel de Séville, dans le ciel de Belleville

Et même de n'importe où

 

Tournesol Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille. 
 

 


 

Adolf Doerner (1892-1964) peintre allemand

Tournesols


 

 

 

Jimmy Wright (1944) peintre américain

Tournesols


 

Jimmy Wright (1944) peintre américain

Tournesols


 

 

 

1959

Jean Rostand (1894-1977), écrivain, moraliste, biologiste, historien des sciences et académicien français.


- Carnet d'un biologiste 


"Quand l'idéal se déplace, il faut bien qu'on s'oriente différemment. Le tournesol reste fidèle au soleil"

 

.
 

 

 

1949-1976


En Chine, de la prise du pouvoir en 1949 jusqu'en 1976, le régime communiste chinois s'est identifié "à un seul homme, à un seul visage reproduit à des milliards d'exemplaires sur tous les supports imaginables ". Certains portraits de Mao connaîtront une diffusion de plus d'un milliard de copies.


Le tournesol devint l'un des symboles forts de la propagande maoïste. Mao se présentait comme le soleil dominant son peuple devenu un immense champ de tournesols tourné vers lui.


 

 

 

1968


Thérèse de Saint-Phalle (1930) journaliste et femme de lettres française.

Le Tournesol est un roman paru en 1968 aux éditions Gallimard.

..."Pauline, étudiante en droit, devient l'épouse de son professeur, Charles Sommerly. Elle bifurque vers la médecine et devient psychanalyste. Elle habite avec son mari dans le petit logement parisien de sa belle mère, trop âgée pour rester seule, ou dont son mari n'a pas réussi à s'éloigner. Son mari, un soir, ne rentre pas à l'heure attendue. Elle le soupçonne d'une liaison... 

Elle se rend à un colloque sur la douleur, à Bruxelles, où elle rencontre un inconnu dans la rue, qui lui offre, de manière impromptue, un bouquet de tournesol"...


 

 

 

René Char (1907-1988) - poète et résistant français

 

Complainte du lézard amoureux

 

N'égraine pas le tournesol,

Tes cyprès auraient de la peine,

Chardonneret, reprends ton vol

Et reviens à ton nid de laine.

 

Tu n'es pas un caillou du ciel

Pour que le vent te tienne quitte.

Oiseau rural ; l'arc-en-ciel

S'unifie dans la marguerite.

 

L'homme fusille, cache-toi ;

Le tournesol est son complice.

Seules les herbes sont pour toi,

Les herbes des champs qui se plissent.

 

Le serpent ne te connaît pas.

Et la sauterelle est bougonne ;

La taupe, elle, n'y voit pas ;

Le papillon ne hait personne.

Il est midi, chardonneret

 

Attarde-toi, va, sans danger :

L'homme est rentré dans sa famille !

 

L'écho de ce pays est sûr.

J'observe, je suis bon prophète ;

Je vois tout de mon petit mur,

Même tituber la chouette.

 

Qui, mieux qu'un lézard amoureux,

Peut dire les secrets terrestres ?

Ô léger gentil roi des cieux.

Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

 

 

 

1967


Bernard Buffet (1928-1999), peintre français expressionniste

Tournesols et melon, 1967.


 


 

1968

Salvador Dalí (1904-1989) peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan de nationalité espagnole. 

Flordali (Flora Dalinae) 1968 

Helianthus Solifer (Soleil, Sun, Sunflower) 

Tournesol


 

 

 

1970 

Jozé Peternelj-Mausar (1927-2013) peintre slovène

20ème siècle

Tournesols

 

 

 

1970

 

le tournesol était également un symbole du mouvement hippie, développement, liberté et ouverture, dans les années 1970.



 

 

 

1970

Maison Jansen 

Lampadaire Grand Tournesol Vintage 5 Fleurs


 

 

 

Années 1970 

La margarine Fruit d'Or.


 

 

 

1970 - 1980

La piscine Tournesol de Bernard Schoeller 


architecte français, né le 4 novembre 1929 à Vieux-Condé et mort le 5 avril 2020 à Bry-sur-Marne, connu pour l’invention des piscines Tournesol.


La piscine Tournesol est un modèle de piscine issu d'un programme national de construction de piscines de type industriel, qui a entraîné la construction de 183 piscines de ce type en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980.


 

 

 

1987

Régis de Bouvier de Cachard (1929)

cap d'or (tournesol)


 

 

 

1988, Paris.

 
Naomi Campbell s'avance sur le podium dans un tailleur composé d'une jupe de crêpe de soie et d'une veste brodée de tournesols, hommage du couturier Yves Saint Laurent à la créativité de Vincent van Gogh. 


De cette collection printemps-été 1988 où le créateur français célèbre les grands maîtres, il dira :

"Mon propos n’a pas été de me mesurer aux maîtres, tout au plus de les approcher et de tirer des leçons de leur génie".


Peu de temps avant, l'un des tableaux du peintre hollandais Nature morte : Vase avec Quinze Tournesols est proposé chez Christies à Londres et devient l'œuvre la plus chère jamais vendue jusqu'alors. 


Une rarissime veste haute couture créée par Yves Saint Laurent en hommage aux Tournesols de Van Gogh s’est vendue mercredi 382.000 euros lors d’une vente aux enchères de la maison Christie's. C’est un record mondial pour une pièce du célèbre couturier.


Naomi Campbell, défilé Yves  Saint Laurent printemps-été 1988


 

 

 

Alush Shima (1942 ) peintre albanais Coloriste Fauviste Symboliste

Il a été directeur de la National Gallery of Arts de 1994 à 1998. Il est largement considéré comme l'un des meilleurs peintres contemporains.

Bouquet de tournesols


 

 

 

Sandra Kuck (1947) artiste peintre américaine

Ange et tournesol

 


 

Les tournesols de Jérusalem

Évelyne Dress (1947) actrice, écrivaine, réalisatrice et productrice 


..."1897. Ana Gizerman a vingt ans lorsqu'elle rencontre pour la première fois Lucien Dupuis. Convaincus d'être les deux moitiés d'une seule et même âme, ils se marient en dépit de leurs différences sociales et religieuses : Ana est la fille d'un violoniste juif mondialement connu ;
Lucien, le fils d'un riche négociant en vin bordelais, catholique. Le couple mène alors une vie insouciante dans le tourbillon du Tout-Paris littéraire et artistique. Mais ce
bonheur, pimenté d'une troublante connivence érotique, est brutalement remis en question Ana est atteinte d'une méningite, à l'époque incurable. Condamnée par la science, elle se rend à Lourdes. Lucien jure de renoncer à leur existence de luxure si la Vierge sauve Ana. Un serment qui va les entraîner, pris dans une aventure spirituelle et amoureuse, aux portes de Jérusalem..."


 

 

 

1999

Guillaume Cornelis van Beverloo (1922 -2010) peintre, graveur, sculpteur et céramiste néerlandais. 

lithographie

femme au tournesol

 


 

Jean Ferrat (1930-2010)

écrit en 1991 une chanson, "Les Tournesols", pleine de colère et d’écœurement face aux sommes indécentes circulant sur le marché de l'art, sachant que nombre d'artistes ont vécu dans la misère.

Alors que l'un des "Tournesols" a été adjugé à 39,9 millions de dollars chez Christie's en 1987 – une somme exceptionnelle sur le marché de l'art à l'époque –, cette série de tableaux n'a jamais fait la fortune de l'artiste. De son vivant, Vincent van Gogh n'a en effet vendu qu'une seule œuvre : "La Vigne rouge".

 

 

Les tournesols

 

Mon prince noir et famélique, ma pauvre graine de clodo

Toi qui vécus fantomatique en peignant tes vieux godillots

Toi qui allais la dalle en pente, toi qu'on jetait dans le ruisseau

Qui grelottais dans ta soupente en inventant un art nouveau.

T'étais zéro au Top cinquante, t'étais pas branché comme il faut

Avec ta gueule hallucinante pour attirer les capitaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.

 

Tu allais ainsi dans la vie comme un chien dans un jeu de quilles

La bourgeoisie de pacotille te faisait le coup du mépris

Et tu plongeais dans les ténèbres, et tu noyais dans les bistrots

L'absinthe à tes pensées funèbres, comme la lame d'un couteau

Tu valais rien au hit-parade, ni à la une des journaux

Toi qui vécus dans la panade sans vendre un seul de tes tableaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.

 

Dans ta palette frémissante de soufre pâle et d'infini

Ta peinture comme un défi lance une plainte flamboyante

Dans ce monde aux valeurs croulantes

Vincent, ma fleur, mon bel oiseau

Te voilà donc Eldorado de la bourgeoisie triomphante

Te voilà star du Top cinquante, te voilà branché comme il faut.

C'est dans ta gueule hallucinante qu'ils ont placé leurs capitaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.


Source : LyricFind

 

 

 

Lange Marshall (1957) peintre impressioniste américaine

Vase de tournesols


 

 

 

Patrick Salducci (1958) Artiste peintre

femme dans un champ de tournesols

 

 

Yuriy Demiyanov (1964) peintre contemporain russe

Tournesols

 


 

 

 

Marco Cadioli (1960) artiste italien

Tournesol

 

 

 

Sylvain Tremblay (1966) peintre canadien. 

A l'oreille de Van Gogh


 

 

Heather Gwen Martin (1977) peintre canadienne

Bouquet de tournesols

 

 

XXI° siècle

 

Laurie Snow Hein

Artiste de Floride

fillette aux tournesols


 

 

 

 

2006


Farfadet - poète 

 

Le tournesol

 


Têtes penchées sur tiges vertes,

Pour saluer l’astre de l’Eté,

Se prosternent, fort alertes,

Des milliards de couronnes dorées…


 
Un déluge de lumières

Déferle sur nos campagnes,

Repoussant jusqu’aux lisières,

L’ombre boisée qui l’accompagne.


 
Si, soudain, le ciel s’assombrit,

Eux, présentant leur face réjouie,

A l’orage poussant aux abris,

Font, qu’à son tour, la terre éblouit...


 
En rangs serrés, s’alignent ces Rois,

Monarques dépourvus de trônes…

Et se répandent en champs de Joie,

Sur terre, ces fébriles Jaunes…

 
 
Magique culture en vogue

Qui illumine tous nos sols ;

Comme du pinceau de Van Gogh,

Vient le charme des Tournesols.


 

 

 

Rachel Mcnaughton - Peintre anglaise

Tournesols

 

 

Katie Scott - illustratrice

Tournesol


 

 


En 2010, l'artiste chinois dissident Ai Weiwei a réalisé une installation sensorielle composée d'un parterre géant de graines de tournesol en porcelaine, dans l'immense hall de La Tate Modern de Londres.

Les visiteurs ont marché sur 100 millions de graines et au bout de deux jours, en raison d'une poussière jugée potentiellement dangereuse, l'installation a dû être fermée.

Là n'est pas le plus important. A travers l'exposition de ces graines, l'artiste a souhaité rappeler que les peuples sont trop souvent écrasés par leurs dirigeants et que la liberté d'expression est un bien commun non négociable.


 

 

 

24/09/2010

Sciences et Avenir.fr 

Un fossile de fleurs (de 47,5 millions d'années) apparenté aux astéracées a été découvert au sud de l'Argentine, dans des roches de Patagonie. Ce fossile représente le plus vieux cousin du tournesol ! 


La découverte du fossile patagonien confirmerait donc cette lointaine origine australe. Bien que plusieurs caractéristiques rapprochent les fleurs du fossile de la famille du tournesol, les chercheurs précisent qu'elles sont très différentes des astéracées actuelles.
 

 

2011

Rita Fetisov

fille et tournesols


 


 

Iris Scott

Helios 

Tournesol


 

 

 

2015


programme "Fukushima Sunflowers Foster Parent Project"

L'accident nucléaire de Fukushima, aussi appelé catastrophe nucléaire de Fukushima, est un accident industriel majeur survenu au Japon après le tsunami du 11 mars 2011.

Au Japon, le  programme "Fukushima Sunflowers Foster Parent Project"consiste à planter de nombreux tournesols dans les régions touchées par la catastrophe car, d'après différentes études, le tournesol (himawari) peut absorber, en un laps de temps relativement court, d'importantes quantités de radioactivité.


 

 

 

 

2016

Julie Bovée Art

Une fée des fleurs livre un tournesol arc-en-ciel, accueillant tout le monde pour profiter de sa beauté. 


 

 

Yongsung Kim peintre coréen

Il a passé sa jeunesse dans la belle campagne coréenne.

Le thème principal et l'objectif de ses peintures, images, art et images sont principalement Jésus-Christ et le christianisme. 

Le christianisme faisait du tournesol le symbole de la vitalité.

 

Graine de joie


 


 

Chris McMorrow - Artiste peintre irlandais

champ de tournesols


 

 

 

Brenda Peake 

Peintre impressionniste moderne américaine

 

 

Brenda Peake 

Peintre impressionniste moderne américaine


 

 

 

Carla Carson artiste américaine, peintre, écrivain, illustratrice et poète

L'ange et le tournesol en été



 


 

2021

Scot Howden Art

Fée tournesol


 

 

 

2021

Lisa Elley

De Vincent, avec amour (2021)

tournesols


 

 

 

Propriétés magiques du tournesol  

 

 
Le tournesol "Grand Soleil" est une plante très bénéfique : 


- En avoir dans son jardin attire la chance.

 

- Le jus des tiges donne la sagesse, 

 

- Si on hypnotise un sujet en brandissant une tige de cette plante il dira toute la vérité. Si on l'interroge sur un vol, il décrira les malandrins.

 

- En Haute-Provence, un collier de graines de tournesol enfilées par une veuve le jour des Morts protège des maladies infantiles.

 

- En Espagne, s'ils sont au nombre de onze, les tournesols éloignent les insectes qui s'attaquent aux melons.

 

- Les graines de Grand Soleil favorisent la fécondation d'une femme souffrant de stérilité et, dans certaines régions d'Europe centrale, particulièrement en Hongrie, et en Tchécoslovaquie, promettent un garçon à celle qui, en début de grossesse, en dépose sur le rebord de sa fenêtre.

 

- Dans le nord de l'Italie notamment, les fumigations de la plante sont censées purifier la chambre d'un enfant malade.

 

- On en faisait manger aux enfants belges pour qu'ils aient une belle voix et une bonne vue.

 

- Selon une croyance américaine, si l'on grave un vœu sur le cœur d'une fleur de tournesol sur pied et si, lorsqu'elle se fane à l'automne, on peut toujours y distinguer les mots que l'on y a écrits, cela signifie que le vœu se réalisera avant la fin de l'année.

 

- En chine la plante est une "nourriture d'immortalité".

 

- En Colombie britannique, les Indiens Thomsons attribuent, semble-t-il, au tournesol « le pouvoir qu' a le soleil de grimper par-dessus le sommet des montagnes et celui de se lever de bonne heure le matin ». - Avant d'en manger les premières racines de la saison, il faut leur adresser cette prière, au risque de devenir paresseux : "Je t'avertis que j'ai l'intention de te manger. Puisses-tu toujours m'aider à bien monter, afin que j'atteigne toujours les sommets des montagnes, que je ne sois jamais maladroit ! Je te demande ceci, Racine du Tournesol. Tu es la plus puissante de toutes dans les mystères". 


 

 

 

Propriétés curatives


Les tournesols distillent la joie. Si vous avez la sensation que votre vie est difficile, entourez-vous de quelques tournesols bienfaisants. Vous sentirez immédiatement votre humeur et votre énergie se transformer.

L'huile de tournesol est considérée comme de l'or végétal. Ses vertus sont nombreuses. Gorgée d'acide gras linoléique (Oméga 6), elle agit comme un régulateur du système endocrinien, renforce le système immunitaire et favorise la croissance des cellules. 

 

On attribue des vertus détoxifiantes à huile.de tournesol. Celle-ci est également utilisée pour masser les articulations douloureuses. Les graines seraient bonnes pour lutter contre la fièvre, les catarrhes bronchiques et la coqueluche.

Le tournesol est :

- Riche en phosphore (Vit.E)

- Riche en manganèse

- Riche en cuivre
 

 

 

 

Utilisation du tournesol


Seulement deux espèces sont cultivées à des fins agricoles : 


- Helianthus annuus, utilisée principalement pour la production d’huile 

- Helianthus tuberosus, mieux connue sous le nom de topinambour. Les tubercules de topinambour, qui ressemblent à la pomme de terre, servent à l’alimentation animale ainsi qu’à la production de sucre et d’alcool.


. L'huile de tournesol est utilisée pour purifier la bouche en profondeur et se débarrasser des toxines pouvant altérer la santé des dents et nuire à l'équilibre de l'organisme.


. Des substances actives issues de la tige entrent dans la composition de certains produits cosmétiques.


. L’huile de tournesol entre aussi dans la composition de shampoings, de baumes pour les lèvres, de crèmes pour les mains, de lotions corporelles et de soins pour bébé.

 
. La technique indienne du "oil pulling" . Suivant des principes ayurvédiques, elle consiste à faire un bain de bouche à l'huile, chaque matin à jeun.


. Elle est également utilisée comme biocarburant, et même dans la fabrication d’huile à moteur industriel. 


. Les graines de tournesol sont également données en pitance aux oiseaux et aux petits animaux.


 

 

 

Le tournesol en cuisine

 


L'huile de tournesol est pour les pays nordiques et la Russie (grande consommatrice) l'équivalent de l'huile d'olive dans le monde méditerranéen.


Actuellement, on cultive le tournesol surtout pour son huile d’excellente qualité utilisée en cuisine, en assaisonnement et dans la margarine. 


Les graines de tournesol ont une grande valeur nutritive, avec une teneur de 18 à 22 % en protéines et autres nutriments.

 

Les nombreux amateurs de graines de tournesol les grignotent légèrement grillées et salées. 


Quand elles sont moulues, elles donnent une farine pâtissière. 

 

Quant aux graines, délicieuses, elles sont consommées séchées, grillées ou encore germées. Au XVIIe siècle, on les torréfiait pour les utiliser comme substitut du café et du chocolat. Riches en sels minéraux (manganèse, cuivre, phosphore, zinc...), elles sont réputées fluidifier la circulation du sang.


 

 

 

 Langage du tournesol

 

Dans le langage des fleurs, le tournesol est une fleur joyeuse dont les pétales jaunes rappellent la clarté des rayons du soleil. 

 Offrir un tournesol dans un bouquet signifie : 

 

- l'amour pour la personne que l'on aime


"Tu m'éblouis !"», 

"Je t'offre mon cœur !",

"Tu es mon soleil !".

"tu éclaires ma vie

"je n'ai d'yeux que pour toi"


 

- le dévouement, l'extrême générosité du cœur, l'admiration sans réserve, la reconnaissance et le respect envers un parent, un  mentor ou un ami très cher.


"Je te voue une admiration sans réserve" 

"Je te serai éternellement reconnaissant"


.

Vous pouvez offrir la fleur seule, un bouquet de tournesol, ou dans une belle composition florale.

Le tournesol peut par exemple être offert par des élèves à un professeur pour lui témoigner l’admiration que lui porte ses étudiants. 


Surtout, n’hésitez pas à offrir un beau bouquet de tournesol à ceux que vous admirez et à ceux que vous aimez pour illuminer leur intérieur et leur montrer qu’eux aussi illuminent votre vie.


C'est également la Fleur du troisième anniversaire de mariage 


 


Quelques conseils

pour faire durer les tournesols dans le vase le plus longtemps possible:

 

Les tournesols du jardin doivent être coupés tôt le matin les jours sans pluie. Choisissez des fleurs qui ne sont que légèrement, mais pas complètement ouvertes.

Après la coupe, enlevez les feuilles jusqu'aux 1 ou 2 premiers rangs sur place pour réduire l'évaporation des grandes feuilles.

Remplissez un seau d'eau chaude et gardez les extrémités des tiges pendant quelques minutes à une profondeur d'environ 10 cm. L'air qui a pénétré dans les tiges s'échappera et l'absorption d'eau sera améliorée.

Choisissez un vase suffisamment haut et stable et mettez les tournesols dans de l'eau fraîche à tiède. Les tiges doivent être mises dans l'eau jusqu'à environ la moitié.

Trouvez un endroit frais et lorsque vous choisissez un lieu, évitez l'exposition à la lumière directe du soleil.

Coupez les tiges tous les deux jours, changez l'eau du vase chaque jour.

Elen Gardzey

 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 22:16
 
 
 
Mythologie des fleurs

 
La lavande (Lavandula) - le lavandin 
 
 
 

Lavandula (les lavandes) est un genre de plantes de la famille des Lamiaceae.
Le mot lavande est un dérivé du verbe laver, peut-être issu de l'italien lavando (action de laver), et qui remonte au latin lavandaria : linge à laver, sans doute à l'origine de l'anglais lavender.

 

Elle apporte une note de gaîté, de fraîcheur dans des paysages souvent arides, peignant en bleuviolet les pentes rocailleuses. 

 


 

..."J'ai pour joie et pour merveille

De voir, dans ton pré d'Honfleur,

Trembler au poids d'une abeille

Un brin de lavande en fleur"...

 

Victor Hugo (1802-1885) 
Les chansons des rues et des bois (1865). 
À un ami

 

 

Les lavandes sont des arbrisseaux dicotylédones, à fleurs le plus souvent mauves ou violettes disposées en épis, dont la plupart des espèces très odorantes, sont largement utilisées dans toutes les branches de la parfumerie, en particulier le lavandin (Lavandula ×intermedia). Elles poussent surtout sur les sols calcaires secs et ensoleillés, à l'exception de Lavandula stoechas, qui préfère les sols siliceux.

On compte plus d'une trentaine d'espèces de lavandes, les unes poussant naturellement, les autres étant le fruit d'une culture. Les deux variétés sauvages qui poussent en haute Provence sont la lavande vraie et la lavande aspic. 

 

 

 

Le lavandin, Lavandula x intermedia

(L. angustifolia x L. latifolia), lavande aspic

 


C'est l’une des plus faciles à cultiver. La variété "Certitude" produit une floraison abondante parfumée violet et calice violet pourpre, avec un feuillage parfumée. Elle a une bonne aptitude à supporter les périodes de sécheresse importante. Port en boule régulière, végétation très dense. 


La Lavande aspic, Lavandula latifolia, anciennement L. spica, est un arbrisseau de la famille des Lamiaceae, présent en Espagne, en France et dans le Sud de l’Angleterre.

 

Il affectionne les zones de petite montagne, au climat méditerranéen, où il pousse en buissons. On le trouve également dans les Pyrénées, dans les montagnes séparant la province de Valence de l’Aragon et en Catalogne.

 

 

 

La lavande vraie, (L. angustifolia),

lavandula officinalis, lavande officinale


 

C'est une sélection de la lavande vraie, de la famille des lamiaceae, formant une grosse touffe bien ramifiée. La feuille est oblongue, gris argenté, étroites et aromatiques, se couvre de courts épis. Durant l'été, apparaissent les fleurs bleu profond, très parfumées. Comme toutes les lavandes, celle-ci demande un terrain très bien drainé, ensoleillé et pauvre. 


Malgré leur origine botanique de moyenne montagne, les Lavandula angustifolia "Hidcote" se comportent plutôt bien en Bretagne, une taille en septembre leur permettant de garder un aspect compact. Elles supportent relativement bien les expositions de bord de mer.


La lavandula officinalis ou lavandula angustifolia, c'est la lavande vraie, de la famille des lamiaceae. Originaire des zones dépassant 1000m en régions méditerranéennes, cette lavande est la base originelle des essences utilisées en parfumerie et en médecine traditionnelle. Les feuilles comme les fleurs sont comestibles.


C'est une des lavandes les plus rustiques. Cette espèce de lavande peut se cultiver en pot.


 

 

 

La lavande papillon

(Lavandula stoechas ssp pedunculata)

 


Elle produit des fleurs ressemblant à de petits papillons violets.


La lavande papillon (Lavandula stoechas) fait partie de la vaste famille des Lamiacées. Tout comme ses cousines du genre Lavandula, cette plante au port buissonnant , possède un feuillage gris-vert persistant très ornemental en massifs et en bordures ; idéalement placée aux abords des allées ou près de la maison, elle vous réjouira de ses effluves parfumés tout au long de la journée.


Comme toutes les lavandes, Lavandula stoechas a besoin de chaleur et de plein soleil pour bien s'épanouir. Cependant, elle pourra être installée dans tous les jardins, même dans la région parisienne si le sol est bien drainé, voire caillouteux, car elle redoute par-dessus tout l'excès d'humidité. Elle est peu exigeante et un sol pauvre ne lui fait pas peur, bien au contraire ; elle ne craint pas non plus le manque d'eau, ni la canicule.


 


 

Lavande Anglaise (Lavandula dentata), lavande dentée,

lavande à feuilles de fougère 

 


Lavandula dentata, la lavande dentée, est un arbrisseau de la famille des Lamiacées. Bien qu’elle soit appelée lavande française dans de nombreux pays, Lavandula dentata est très peu présente naturellement en France, elle est surtout distribuée en Espagne, Italie et sur les iles méditerranéennes.


La lavande dentée est une belle plante aromatique, très agréablement parfumée, mais peu rustique. Elle est de culture facile, une fois protégée du gel.


Feuilles crénelées, persistantes vert clair. Végétation dense formant une boule régulière. Abondantes fleurs bleu clair. Le feuillage dégage une odeur très délicate, intermédiaire entre la lavande ordinaire et le romarin.


Les fleurs apparaissent à partir du milieu de l’été, la floraison pouvant se poursuivre pendant l’hiver dans les régions les plus douces. Les fleurs bleues violettes, abondantes, sont très petites, regroupées en épis dense portés par long pédoncule. Les épis sont couronnés de quelques bractées pétaloïdes plus développées. Chaque fleur peut produire deux petites graines noires. Elles se détachent de l’épi à partir du mois d’aout.


 

 

 

Apiculture   -  Pollinisation

 


La culture de la lavande a eu pour conséquence le développement de l'apiculture. L'intérêt d'associer les plantes aromatiques et l'apiculture est connu depuis longtemps, les abeilles jouant un rôle indispensable dans la reproduction des plantes et le maintien d'une diversité génétique des espèces.


Toutes les lavandes sont des plantes mellifères, c'est-à-dire très recherchées par les abeilles.


Comme pour toutes les labiées, il semble que la forme de la corolle des fleurs favorise la pollinisation. En venant butiner une fleur, l'abeille se frotte aux étamines et son dos se couvre de pollen. En pénétrant dans une autre fleur, le dos de l'abeille est alors en contact avec le stigmate de celle-ci et assure ainsi la pollinisation.

 

 

Le miel de lavande et de lavandin


En Provence, ce miel réputé se récolte sur les champs de lavande du plateau de Valensole, Riez, Puimoisson au sud, et du plateau d'Albion, Banon, Vachère au nord.


On retrouve le parfum de lavande dans le miel, un miel qui est sucré, savoureux. C'est aussi un miel précieux : il conserve une partie des propriétés de ces plantes. Il était autrefois très utilisé contre la grippe (infusion), les maladies pulmonaires, les ulcères de l'estomac.


C'est un miel de très haute qualité possédant un goût et une saveur incomparables, chargés des senteurs de la lavande et des lavandins. De couleur ivoire à jaune ambré, il est liquide dans les premiers mois, solide ensuite, de cristallisation très fine : c'est alors  "du beurre de miel". Le miel de lavande est, à juste titre, celui qui est vendu le plus cher. 


 

 

 

Récolte de la lavande

 

Autrefois ...

À l'origine, la cueillette de la lavande est effectuée à la main, à l'aide d'une faucille, par des bergers ou des paysans sur les hautes terres de Provence couvertes de lavande sauvage dont la dissémination est favorisée par le pâturage intensif des moutons.​​​​​​​

La récolte manuelle à la faucille perdure jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Travail pénible, s'il en fut. La tâche est malaisée en raison de la pente des terres, de la nature du sol, de l'éloignement des parcelles, des difficultés d'accès.

C'est essentiellement l'affaire des femmes. Elles partent très tôt dans la montagne, entre 5 et 6 heures du matin, avant de faire les travaux du ménage et de la ferme. En cas de nécessité, on fait appel aux enfants.


Longtemps, donc, la récolte de la lavande reste une affaire familiale. Puis, les besoins grandissant, on fait appel à des travailleurs venus de l'extérieur : d'abord des gens originaires des régions voisines, puis des travailleurs étrangers (saisonniers espagnols, italiens). Un bon coupeur récolte de 500 à 600 kg par jour. Métier difficile, ingrat : il faut gravir les pentes parfois difficiles, œuvrer pendant de longues heures sous un soleil ardent puisque la récolte s'effectue en plein été.

 Christian Jequel (1935)  

 

 

Aujourd'hui ...

La première machine à faucher est utilisée en 1958. Le travail est moins soigné, les plants sont parfois endommagés mais le travail mécanique est plus rapide, moins pénible et exige moins de main-d'œuvre. La machine transforme la culture de la lavande : il est impossible d'y recourir lorsque les pentes sont trop importantes ou dans des terrasses trop étroites et inaccessibles autrement qu'à pied. On abandonne donc les terrasses escarpées au profit de terres plus accessibles. Il faut également planter en lignes espacées, permettant le passage de la machine.


On continue cependant de couper à la faucille lorsqu’il s'agit de cueillir des fleurs pour confectionner des bouquets ou lorsqu'on veut récolter les graines des plants vigoureux qu'on a sélectionnés en espérant qu'une fois semées elles donneront à leur tour de beaux pieds, sains, florifères.



La récolte de la lavande se fait avant l'ouverture de la fleur au moment où les épis commencent à faner, de fin juillet à fin août  pour les lavandes "vraies". À part l’aspic et la lavande "vraie" qui sont sauvages, les plantes sont généralement cultivées. 

 

Un bon moyen de savoir quand récolter est d’observer les abeilles : quand elles ne sont plus intéressées par les fleurs vous pouvez démarrer la récolte !

 

Il est préférable d’agir le matin (la chaleur faisant s’évaporer l’essence de lavande), lorsque le temps est sec et ensoleillé. Il faut arrêter l'arrosage au moins quinze jours avant la cueillette : la lavande va produire alors plus d’essence pour s’adapter à la sécheresse.


Il existe cependant quelques distillations de lavandes sauvages de montagne, véritable lavande "Vraie", destinées à l’aromathérapie et les quantités en sont très limitées. La récolte a lieu en été, car les fortes chaleurs favorisent la montée de l’essence dans les cellules et les glandes sécrétrices de la fleur. Les brins sont plus odoriférants s'ils sont cueillis juste avant l'ouverture des fleurs. Après, l'essentiel de l'arôme se perd.

 

Les lavandes du groupe stoechas sont plus précoces : elles sont récoltées de mars à mai à l’état sauvage, mais elles sont plus rarement exploitées. Pour les cultures, la récolte s’effectue mécaniquement, sauf pour les bouquets qui sont coupés manuellement à la faucille.

 

Hormis quelques espèces, dont le chrysomèle de la lavande (ou du romarin), Chrysolina americana, la lavande a peu de prédateurs, en raison de sa teneur en substances répulsives.

 

L’huile essentielle serait de meilleure qualité en altitude, mais le rendement y est plus faible, et l’altitude augmente la teneur en esters.

 

Les hautes terres de Provence sont ses lieux de prédilection. On la trouve dans les monts des Alpes-de-Haute Provence, les massifs des Hautes-Alpes, les plateaux du Vaucluse, les montagnes de la Drôme et tout particulièrement le plateau de Valensole dans les Alpes-de-Haute-Provence entre Manosque et Moustiers Sainte Marie.

 


 

 

 

Séchage de la lavande

 


Les fleurs coupées sont mises à sécher, liées en gerbes, avant d'être envoyées à la distillerie. Les bouquets sont séchés dans des hangars bien ventilés.

 

 

 

Distillation de la lavande

 

La distillation permet d'extraire l'huile essentielle de la plante. Une huile essentielle est un complexe naturel de molécules volatiles et odorantes, sécrétées par une plante.

Pour extraire cette "huile", la substance végétale est déposée dans un alambic où de la vapeur d'eau est injectée. Cela provoque l'éclatement des cellules végétales, La vapeur se charge des molécules huileuses et passe à travers un récipient réfrigérant pour provoquer la séparation des molécules huileuses et des particules d'eau. On recueille ensuite l'huile qui flotte à la surface de l'eau. 

 

 

Autrefois, "la distillation à feu"

 

La distillation est un procédé relativement récent, qui remonte à la fin du Moyen Âge. Elle est liée à l'invention de l'alambic par les Arabes, au XII° siècle. Les alambics d'autrefois étaient en cuivre. C'étaient des alambics simples à feu nu mobile.

On les transportait à dos de mulet d'un lieu de récolte à l'autre. Ils contenaient de 100 à 500 litres d'un mélange d'eau, de tiges et de fleurs dans un vase directement chauffé au feu de bois Dans ce type d'alambic, la vapeur d'eau chargée d’huiles essentielles s'échappe par le col de cygne de l'alambic avant de traverser le serpentin, lequel trempe dans de l’eau froide.

En se refroidissant, le mélange se condense et coule dans l'essencier. C'est un vase avec deux robinets placés à des hauteurs différentes. On y laisse décanter ce mélange et l'essence qui est moins dense remonte à la surface de l'eau. On n'a plus qu'à la recueillir par le robinet du haut. Pour obtenir 1 kg d'essence de lavande, il faut environ 130 kg de fleurs. Parfois, pour limiter les pertes de chaleur, l'alambic était entouré d'un mur de pierres ou de briques. Il devenait fixe, mais sa capacité pouvait augmenter jusqu'à 800 litres.

Par ailleurs, l'utilisation en fond de cuve d'un panier pour séparer l'eau de la lavande permettait de récupérer les pailles pour les mettre à sécher et les utiliser comme combustible.
 

 

La distillation "traditionnelle" : 


La récolte de lavande doit subir un temps de séchage, avant distillation, afin de perdre l’excès d’eau. 

Un préfanage d’environ un ou deux jours est indispensable pour la lavande fine, il évite de modifier la qualité des huiles essentielles qui sont obtenues par entraînement à la vapeur d’eau des sommités fleuries. On fait circuler un courant de vapeur d’eau dans la lavande coupée et bien tassée (temps de distillation relativement court, 30 à 45 min).

 


La distillation en "vert broyé" : 


S’est développée depuis 1990  pour améliorer la productivité de la récolte (de lavandin surtout). Sitôt cueilli, la lavande est hachée  à l’aide d’une ensileuse et  est placé au fur et à mesure, sans séchage préalable, dans une benne ou caisson mobile de distillation qui sera directement monté sur chaudière. Le fait de distiller broyé modifiant la qualité, cette technique n’est pas adaptée pour obtenir une huile essentielle de lavande aux normes.

De façon générale, les qualités ensilées auront des teneurs en alcools qui augmentent alors que celles en esters diminuent (phénomènes d’hydrolyse), elles ont une odeur plus verte, peu appréciée des parfumeurs. Des études sont faites pour améliorer les qualités ensilées et aider les producteurs dans ce sens.


 

 

Il existe d'autres procédés moins courants et moins connus. Parmi ceux-ci, l'enfleurage et les solutions. 

 

 

L'enfleurage

 

La parfumerie compte aujourd'hui de nombreux procédés de fabrication dont l'un d'entre eux est l’enfleurage.


Les principes odorants de la lavande peuvent également être retirés par enfleurage.


On dépose les fleurs de lavande fraîchement coupées sur un mélange gras.

 

On laisse reposer un temps assez long : 

la graisse absorbe peu à peu les parfums.

 

On chauffe ensuite doucement :

on sépare ainsi la graisse, désormais imprégnée du parfum de la plante, des résidus des fleurs.


Cette graisse parfumée s'emploie comme une pommade, mais elle est fort chère.


 


 

Solutions de lavande

 


La partie de la plante dont on souhaite recueillir le parfum est plongée dans un solvant. Il s'agit habituellement d'alcool, d'hexane ou encore de certains dérivés du benzène.


On laisse les plantes baigner dans le solvant. L'opération s'achève par l'évaporation de celui-ci. Il reste un extrait pâteux, coloré et parfumé : la concrète.


Un procédé récent permet d'extraire le parfum par cette méthode, sans faire appel à l'alcool.

 

Pour créer des parfums, les créateurs n'ont de cesse de se montrer particulièrement inventifs. À ce titre, ils sont en quête perpétuelle de nouveaux produits odorants, mais pas seulement… En outre, ils élaborent toujours de nouvelles méthodes de fabrication permettant d'obtenir des odeurs inédites ou de capter ces dernières au plus proche de leur aspect naturel. 


 

 

 

Huile essentielle de lavande

 


L'huile essentielle de lavande est un déodorant puissant : il en suffit de quelques gouttes pour éliminer les mauvaises odeurs. On peut l'utiliser soit pure, soit en mélange avec de l'huile végétale.


Les cellules à huile aromatique sont présentes dans toutes les parties aériennes de la plante : feuilles, tiges, mais elles se concentrent surtout sur les fleurs. Le parfum et la concentration de celles-ci dépendent de la variété cultivée, de la nature des sols, de l'ensoleillement, de l'altitude.


La meilleure huile essentielle de lavande est celle que l'on obtient par distillation de la lavande vraie, Lavandula augustifolia. 

 

 

 

Historique de la production de lavande


. Après 1850 
Brusque croissance de la demande. Importante augmentation de production d'huile essentielle de lavandes sauvages.


. 1914-1928 
Extension des zones de cueillette et développement des plantations

 

. 1929 1932 
Première chute importante des cours due à la crise mondiale

 

. 1959 
Très forte croissance des cultures. Diminution du nombre distilleries, mais augmentation des capacités.
Développement de la mécanisation.


. 1970-1978 
Extension maximale de la lavandiculture.

 

. 1981
L'appellation : "Huiles essentielles de lavande de Haute-Provence" a été établie en 1981, afin de garantir l'origine de la lavande commercialisée, et d'assurer une production d'huile essentielle de très haute qualité. Afin aussi de se prémunir contre la concurrence régionale ou étrangère ...
Une aire géographique comprenant 284 communes des Alpes de Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de la Drôme et du Vaucluse a été définie. Les critères de plantation sont définis avec précision, l'huile produite est soumise à des examens et à des analyses qui certifient sa conformité à la norme.



. Après 1994 
Plan de relance de la lavande. Développement de la distillation en caisson. 

 

. Entre 2005 et 2010, 
Le phytoplasme du Stolbur a détruit 50 % de la récolte française d'huile essentielle de lavande la réduisant à environ 30 tonnes en 2011. 


Le stolbur est une maladie bactérienne des plantes due à des bactéries de la classe des mollicutes, les phytoplasmes.  Ils sont transmis par des insectes vecteurs, le plus souvent des cicadelles.  Les maladies du type stolbur se retrouvent en particulier chez la pomme de terre1, la tomate, la lavande, la vigne ou maladie du bois noir.

 

. Entre 2011 et 2017

La Bulgarie avec une production de 45 tonnes en 2010 et entre 55 et 60 tonnes en 2011 est devenue le premier producteur mondial de lavande devant la France.
 Les deux pays fournissent les trois quarts de la production internationale et entre 80 % et 90 % de l'huile essentielle de lavande bulgare est vendue en France. 


. En 2017, La Bulgarie est toujours en première position, avec 187 tonnes, tandis que la France produisait 120 tonnes.

 

. En novembre 2018, 
Les savoir-faire liés à la parfumerie sont particulièrement présents dans la ville de Grasse et ses environs (Alpes-Maritimes, région Provence-Alpes-Côte d’Azur). 
Ces savoirs sont constitués d’un ensemble de pratiques comprenant la culture de la plante à parfum, les connaissances des matières premières naturelles et leurs transformations, et enfin l’art de composer le parfum.
"le savoir-faire de la ville en matière de parfum" a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.


 

 

 

Conte


La fée Lavandula

 

Il y a bien longtemps lorsque les fées peuplaient les grottes de la terre , une jolie petite fée aux grands yeux mauves, prénommé Lavandula, vint se promener en Provence, au milieu des lavandes sauvages de la Montagne de Lure .


Elle avait un carnet de voyage magique sur lequel s'imprimait tous les paysages qu'elle visitait.


Après avoir parcouru les montagnes des Alpes, du Massif central , des Cévennes, elle arriva dans une région désertique très chaude à quelques lieues de la mer. Rien n'y poussait : cette terre rouge ressemblait à un enfer de solitude. Le soleil  brulait sans cesse sur ces rochers et ces pierres.

 

La petite fée qui portait le jolie nom de Lavandula en fut toute chagrinée et attristée lorsque ces paysages arides et secs s'imprimèrent sur son carnet. Bouleversée, par la tristesse du panorama, elle versa de grosses larmes recouvrant ainsi les images des dentelles de Monmirail, des abords du mont Ventoux,  des steppes de Ventesole,  de Sault de Nyons . De grosses gouttelettes mauves de la couleur de ses yeux s'éparpillèrent tachant la page de bleu lavande du carnet. 


Dans l’espoir de réparer sa maladresse, Lavandula tenta en vain de sécher ses yeux bleus et d’essuyer la page, mais ne fit qu'étirer les gouttelettes  qui se répandirent sur le paysage de la Provence. 

 

Lavandula essaya de les effacer mais ne fit que les étirer ajoutant le parfum suave de ses larmes  aux taches et au carnet. Désespérée, la fée traça un grand pan de ciel bleu au-dessus du sol taché pour dissimuler son erreur. Le paysage se couvrit de petites fleurs mauves. 

 

On donna le nom de "lavande" à cette plante en souvenir de la fée "Lavandula".

 

On raconte que depuis ce jour-là, la lavande pousse allègrement sur les terres de Provence, s’entremêlant au ciel couleur bleu a un tel point que l'on dirait des amants éternels.


On dit aussi que la fée vient à chaque floraison de la lavande à la fin juin pour cueillir des bouquets qu'elle offre à ses soeurs restées dans les nues.

 

d'après  "Notre Provence.fr" Culture, tradition et folklore. 


 

 

 

4500 av. J.C. - 

 

L’utilisation des huiles essentielles au Moyen-Orient commence en 4000 avant Jésus-Christ. Des mentions ont été trouvées, lors de fouilles archéologiques au XIXème siècle, sur des tablettes mésopotamiennes énoncent des listes de remèdes à base de "plantes de vie".


La civilisation égyptienne est considérée comme "créatrice" des huiles essentielles.
Leur utilisation était essentiellement du domaine de la parfumerie, jusqu’à ce que l’influence égyptienne dans le domaine médical ne les atteigne.


Les premiers à manier les parfums furent les médecins. Ils utilisaient les essences naturelles

les textes égyptiens qui apportent les descriptions les plus détaillées. Les plantes étaient utilisées dans tous les domaines de la vie, pour fabriquer des parfums, des cosmétiques mais, aussi, pour combattre les affections, permettant d'adapter les remèdes aux maladies qu'ils rencontraient. Les vertus attribuées aux parfums les rendirent précieux.

 


La religion est vraiment liée à l’utilisation des huiles essentielles lors de l’embaumement des corps, afin de rapprocher l’humain des dieux après sa mort. Les égyptiens pratiquaient une forme sommaire de distillation, en utilisant la macération et l’essorage. Les plantes étaient mélangées à de l’eau bouillante. Après ajout de tissus dans cette mixture, les égyptiens laissaient macérer la préparation plusieurs jours, afin que les essences s’imprègnent dans le textile. Afin de les récupérer, les bandelettes de tissus étaient essorés manuellement, avant de recouvrir les corps,pour l'embaumement des défunts. Certains d’entre eux ont été particulièrement bien conservés durant des siècles. 

Cette dernière utilisation révèle la parfaite maîtrise par les Égyptiens des vertus antibactériennes et antiputrides de certaines huiles essentielles.

La lavande était déjà reconnue comme le grand "calmant" de la psyché et de l’âme, comme parfum, pour le soin de la peau, le nettoyage des locaux et pour lutter contre les insectes. 


On utilisait également les parfums pour laver les statues divines. 

 

 

Imhotep, ayant vécu au troisième millénaire avant notre ère, fut un homme aux multiples talents. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe (2700 av. J.-C.) du pharaon. Il .connaissait très bien l'emploi des plantes aromatiques et, parmi elles, le cèdre du Liban, le labdanum, le nard, l'encens, le cumin, la myrrhe, l'anis, la cannelle.

 

 

 

XII au VIIème siècle avant J-C. 

 

 

Les celtes avaient une connaissance très approfondies des arbres et des plantes. Les gaulois étaient réputés pour leur savoir faire et leur utilisation, des herbes sacrées. 

 

 

Autrefois, au moment du solstice d’hiver, les Celtes s’offraient des boules porte-bonheur qu’ils suspendaient dans leur maison pendant toute l’année. Elles contenaient des plantes, thym, lavande etc...parfois des plumes ou autres objet qui leur tenaient à coeur. 
 


La récolte se faisaient lors de cérémonies. Ils fabriquaient une lotion à base d’huile essentielle de lavande appelée le "Nard Celtique", (le mot "nard",  a une racine sémitique hébreu et araméen).


 

 

 

VIe siècle av. J.C.

 

 
Les Assyriens, dans les jardins de Sémiramis, (Babylone) utilisaient la lavande en poudre et en huile. 


Les jardins suspendus de Sémiramis, (Sammu-ramat le nom signifiant "paradis extrême") est une reine qui régna pendant cinq ans sur un vaste royaume qui s'étendait de l'Anatolie au Plateau iranien.

Les jardins de Babylone, dessin d’artiste


 

 

 

V° siècle av. J.C.

 

 

La médecine en Grèce antique fondée sur l'utilisation de nombreuses plantes, associée à des exercices physiques et à la musique, remonterait à l'époque homérique.


Elle ne prend toutefois son véritable essor qu'au V° siècle av. J.-C. avec Hippocrate.

Hippocrate (460-377av. JC),  médecin grec du siècle de Périclès, mais aussi philosophe, considéré traditionnellement comme le "père de la médecine", voyage de par le monde pour se former auprès de tous les hommes qui s’illustrent dans la connaissance humaine.


Apprenant que les habitants d’Athènes sont victimes d’une grosse épidémie de peste, rentre dans son pays.  Il réussit alors à éradiquer cette épidémie grâce à de grands feux qu’il fait allumer dans toute la ville y associant des plantes odorantes comme l‘Hysope, la Lavande, le Romarin et la Sarriette.


Très observateur, Hippocrate avait constaté que toutes les personnes, travaillant avec le feu, n’étaient pas atteintes par cette maladie. Par ailleurs, fort des expériences acquises depuis longtemps à travers le temps, il utilisa les puissantes propriétés anti-bactériennes des plantes pour compléter le processus.


 

 

 

IV° siècle av. J.C.

 


Théophraste (v. 371-v. 288) philosophe de la Grèce antique. Élève d’Aristote, il fut le premier scholarque du Lycée, de 322 à sa mort ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste.


Il mentionne "la lavande" parmi la cinquantaine de substances utilisées par les grecs. 


 


 

II° - I° siècle av. J.C.

 


Les Géorgiques (" les travaux de la terre") sont la deuxième œuvre majeure de Virgile (70 av. J.-C.- 19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste

 
Cette oeuvre écrite entre 37 et 30 av. J.-C..  long poème didactique de quelque 2 000 vers, qui s'inspire du poème d'Hésiode Les Travaux et les Jours, est une commande de son ami et protecteur Mécène. Dédié à Octavien, il se présente en quatre livres, les deux premiers consacrés à l'agriculture (céréales, vigne), les deux suivants à l'élevage (animaux, abeilles).

Traduction des  géorgiques, liv. IV.
J. Delille · 1800

 

..."Tels, aux petits objets si les grands se comparent,

En des corps différents les essaims se séparent

La vieillesse d'abord préside aux bâtiments,

Dessine des remparts les longs compartiments,

La jeunesse, des murs abandonnant l'enceinte,

Sur le safran vermeil, sur la sombre yacinthe,

Sur les tilleuls fleuris enlève son butin,

Moissonne la lavande, et dépouille le thym"... 

 

 

Importée à Rome, la lavande, considérée comme ornement aromatique, était répandue dans les parcs ou paradis persans, rappelant aux chefs des armées et aux banquiers ce qu’ils avaient pu voir au Mouseîon, au Jardin des Muses à Alexandrie ou des palais d’Asie mineure. 


Le Mouseîon (Musée) d'Alexandrie en Égypte ptolémaïque, est l'un des plus importants centres intellectuels du monde hellénistique sous Ptolémée Ier. Alexandre le Grand voulut faire de son musée celui du monde grec. Bien qu'il ait été gravement endommagé en 47 av. J.-C., le musée d'Alexandrie a survécu, notamment à travers l’héritage qu'il a diffusé partout en Europe.

 

Maerten van Heemskerck, "Concert d'Apollon avec les Muses sur le Mont Hélicon", Chrysler Museum of Art, Norfolk

 

 

A Rome, on utilisait un parfum dénommé "Nardinum"  à base de lavande et de myrrhe.


A l’époque, l’essence appelée indifféremment essence de nard, de lavande, ou d’aspic, n’était en réalité que celle obtenue à partir de différentes variétés croissant en abondance (Provence, Italie …). 

 


Le nard celtique, était utilisé à l’époque romaine à cause de son abondance, de son prix, pour de multiples emplois comme parfum léger, astringent, insecticide et médicamenteux. Parfum par excellence, il servait à la préparation des onguents sacrés. 

Le "nard" (la lavande), du syrien naarda et du latin nardus italica. On exportait depuis les côtes de Ligurie et d’Istrie, ainsi que de Provence, le nard celtique, 
Naarda, ancienne ville de la Mésopotamie, sur l'Euphrate, où les Juifs avaient une école célèbre.

 

Lucrèce (98-55 av.J.C.),  poète philosophe latin,  auteur d'un seul ouvrage en six parties, le De rerum natura (De la nature des choses), un long poème passionné qui décrit le monde selon les principes d'Épicure, dans lequel  Il cite " le nard celtique, serait intéressant contre les mauvaises odeurs." 


Les patriciens romains utilisaient l'huile de lavande pour les massages dans les thermes des grandes cités. La lavande s'appelle aussi "lavande aspic". La réputation de défiance est due au fait que dans les régions arides, sèches et rocailleuses, on dit que les vipères aspics aiment se cacher dans les buissons de Grande Lavande (que l'on appelle d'ailleurs Lavande-aspic).


Mais aussi considéré comme aphrodisiaque, il était utilisé par les courtisanes romaines, qui rendaient ainsi leurs corps attrayant et le protégeaient des maladies (fort pouvoir antiseptique). 


On dit aussi que dans la Rome antique, les prostituées s’enduisaient le corps d’une huile parfumée à la lavande pour avertir de leur profession et attirer les clients.

Toujours à Rome, des femmes n’ayant pas le droit de s’enivrer, mais il paraît que, une fois l'homme parti à ses occupations, avec la complicité d'un esclave soudoyé, savaient fort bien trouver la clé du cellier. Elles mâchaient des fleurs de lavande pour masquer leur haleine, et lorsque le mari rentrait, il trouvait simplement son épouse d'excellente humeur ce jour-là".

 

Lawrence Alma Tadema, Une coutume favorite (1909 Tate Gallery, Londres)

 

 

Les romains ont ensuite permis la diffusion de ce savoir en Occident jusqu'au Moyen Âge. 

 


Mithridate VI Eupator, plus connu sous le nom de Mithridate le Grand, (135 ou en 132 av. J.-C.-63 av. J.-C.). D’origine perse, il se présente comme un roi hellénisé.


Personnage complexe, ambitieux, inflexible aussi, amateur d'art, Mithridate est souvent comparé à Hannibal pour sa haine de Rome et sa position de symbole des sentiments anti-romains. 

 

Il utilisait la lavande pour confectionner la "Thériaque", un remède contre les morsures de serpents.


Il est également connu pour être à l'origine du concept de mithridatisation, qui consiste à consommer régulièrement de faibles doses de poison pour y accoutumer l'organisme et y développer une résistance.



 

Strabon (v. 60 av. J.C.-v. 2 ap. J.C.) géographe et historien grec déclare avoir vu en abondance dans les îles d’Hyères (Les Stoechades) la lavande à toupet, lavande stoechas ou nard celtique. 


 

 

 

I° siècle

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C.- 79) écrivain et naturaliste romain mentionne la lavande dans sa monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).


Il différenciait les lavandes stoechas et vera. Cette dernière utilisée dans des parfums coûteux, valait 75 deniers la livre en 75 après J-C. Néron l’utilisait en philtre antipoison et contre les désordres intérieurs.


 "Histoire Naturelle" de Pline l'Ancien (manuscrit du milieu du XII° siècle, coll. de l'Abbaye de Saint-Vincent du Mans, France).


 

 

Dioscoride ( 40-90), médecin et botaniste grec, signale la présence dans les Alpes de Ligurie, du nard celtique et lui attribue des propriétés laxatives et revigorantes, ainsi que son utilisation dans les boissons de type thé. Il recommande les infusions à la lavande et la range dans son Traité sur la matière médicale, parmi les plantes précieuses. 

 


 

Andromaque (I° siècle) fut un médecin crétois.


Il vint exercer son art à Rome sous le règne de Néron, y obtint un grand succès et devint le médecin de l'empereur.


S'inspirant du contrepoison de Mithridate VI, la thériaque célèbre contrepoison rapporté à Rome par Pompée.


Il adapta la thériaque (d'un mélange de plus de cinquante drogues, plantes dont la lavande et autres ingrédients), et fit sur ce médicament un petit poème qui a été conservé (on le trouve dans les Fragments des poètes grecs de la collection Didot).


La thériaque fut utilisée jusqu'au XIXe siècle dans la pharmacopée.

Thériaque : Illustration du Tacuinum sanitatis.

 

 

Galien (129-v. 201) médecin grec exerça à Pergame et à Rome où il soigna plusieurs empereurs, il a ajouté la lavande aux anciennes listes d’antidotes de poisons et de piqûres.


 

 

 

III° siècle

 

 

On fait référence au nard dans le nouveau testament (363 lors du concile de Laodicée) où dans la maison de Simon le lépreux, Madeleine la pécheresse oignit les pieds du Christ.

 
"le nard n’était pas seulement un parfum très cher mais aussi un onguent précieux qui servait de médicament. Il est intéressant de noter que l’huile essentielle de nard utilisée dans la Bible était peut-être en fait de l’huile essentielle de lavande.

Dans Jean 12:3, la Bible raconte comment le nard était utilisé pour oindre Jésus juste quelques jours avant sa mort et sa résurrection."


 

Ses vertus médicinales sont reconnues et les pharmaciens et les médecins en font grand usage.


Depuis ce temps, la lavande ne cesse d'être citée pour ses propriétés. 


 

 

 

VIII°-IX° siècle


 

Abû Nuwâs (v. 747-v. 815) poète perse de langue arabe du califat abasside. 


Il fut considéré en son temps comme l'un des plus grands poètes de langue arabe, connu surtout pour sa poésie bachique et érotique, 


Poème 11, v. 2-4


..."Dans un jardin qu'avait fait fleurir la pluie du matin

l'abreuvant et lui apportant ses bienfaits.

La terre s'était alors couverte de ses plus belles broderies,

elle avait fait jaillir de son sein l'eau et les pâturages.

Je me levai dès l'aube, alors que les fleurs de camomille

riaient auprès de la lavande"...


 

 

 

X° siècle

 

Deux témoignages du Xe siècle, le premier dû à Al-Mas'ûdî, le second à Ibn al-Nadim, indiquent que Les Mille et Une nuits seraient au départ le résultat de l'adaptation en arabe d'un ouvrage persan intitulé Hézâr afsâna (Mille conte

. Il s'agirait donc d'une transmission livresque. 

 


Contes des Mille et Une Nuits,

Chant de la lavande, Histoire de la Jouvencelle ..

 
..."Et maintenant, ô mes maitres et mes maitresses,  si vous le voulez bien,

je vous dirai le chant de la Lavande. Le voici :

" 0! que je suis heureuse de ne pas être au nombre des fleurs qui ornent les

parterres ! Je ne risque pas de tomber entre des mains viles, et je suis à

l'abri des discours frivoles.

Contre la coutume de mes soeurs les plantes, la nature me fait croitre loin

des ruisseaux ; et je n'aime point les lieux cultivés et les terres civilisées.

Je suis sauvage. Loin de la société, mon séjour est dans les déserts et les

solitudes. Car je n'aime point me mêler à la foule.

Comme personne ne me sème ni ne me cultive, personne n'a à me reprocher

les soins qu'il m'aurait donnés. Libre, je suis libre ! Et les mains de l'esclave

et de l'homme des villes ne m'ont jamais touchée.

Mais si tu viens dans le Najd d'Arabie, tu m'y trouveras : là, loin des

demeures des hommes pâles, les plaines spacieuses fonl mon bonheur, et la

société des gazelles et des abeilles est mon unique plaisir.

Là, l'absinthe amère est ma soeur de solitude. Je suis la bien-aimée des

anachorètes et des contemplatifs. Et j'ai consolé Agar et guéri Ismaêl.

Libre, je suis libre et semblable aux filles de sang noble qu'on n'expose point

en vente dans les marches des villes.

Les libertins ne me recherchent point ; mais celui-là seul m'estime qui,

dormant un dessein inébranlable, se découvre la jambe et s'élance sur le

coursier rapide, un brin de ma tige à sa tempe.

Je voudrais que tu fusses dans le désert de Najd, dont je suis originaire,

lorsque la brise du matin erre auprès de moi dans les vallées.

Mon odeur fraiche et aromatique parfume le Bédouin solitaire, et mon

exhalaison honnête réjouit l'odorat de ceux qui se reposent auprès de moi.

Aussi, lorsque le rude chamelier vient à décrire mes rares qualités aux gens

de la caravane, ne peut-il s'empêcher de parler de moi avec

attendrissement"...


 


 

XI° siècle

 


Après l’An mil, la lavande est mentionnée dans un psaume de l’École de Salerne (vers 1020). 


L’école de médecine de Salerne (ou Schola Medica Salernitana) sur la zone côtière du Mezzogiorno, est non seulement la première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge (vers le IX° siècle), mais encore l'une des plus importantes (apogée au XI° siècle et XII° siècle).


Elle s'illustre par l’étude des sources de la médecine antique, byzantine, et arabe, et par leur divulgation en Occident. 

La "Scuola Medica Salernitana"  miniature du Chanoine d'Avicenne


 

 

 

XII° - XIII° siècle

 

 

Ce n'est qu'au Moyen Age qu'apparaît le terme "lavande" du latin "laver", signifiant laver.


En effet, les lavandières utilisaient ces plantes pour parfumer les toilettes et lutter contre les maladies infectieuses ; le parfum étant associé à l'aspect thérapeutique, on a longtemps cru qu'avec les mauvaises odeurs se propageaient les maladies. 

 

L'Abbesse Sainte Hildegarde (1098-1179) a été la première à différencier clairement la lavande vraie de la lavande aspic sauvage, et recommandait des formules médicamenteuses à base d’aspic contre les maux de tête, la congestion des poumons, pour le lavage des yeux, pour chasser les esprits malins à partir de formules à base d’aspic dans du vin ou du miel. Un sommeil réparateur après une marche, était assuré par un bain avec de la lavande.

 
 

Les moines l'emploient abondamment pour en faire des cataplasmes et des onguents. Ils exploitent ses pouvoirs désinfectants, ses vertus calmantes et cicatrisantes, ses propriétés vermifuges.

le moine moissonneur initiale historiée, Moralia in Job - Citeaux XII° siècle - Dijon

 

 

Massif préalpin, les Baronnies sont une terre de prédilection pour les plantes aromatiques et médicinales. Tilleuls, sapins, chênes verts, oliviers, lavandes et lavandins, mais aussi orchidées, pivoines, euphorbes ou gentianes embaument l’air et colorent les prairies d’altitude.


"Les Baronnies tirent leur nom des Barons de Mévouillon et de Montauban qui du XI au XIIIe siècle avaient acquis une grande indépendance sous la suzeraineté lointaine des empereurs d’Allemagne. Leur territoire peuplé depuis la préhistoire et profondément marqué par l’influence romaine a connu toutes les vicissitudes de l’histoire de France." 

 

Parc naturel régional des Baronnies provençales


 


 

La Guérison du favori piqué par un serpent dans le pavillon royal. 

Livre de la Thériaque de Paris, 

manuscrit arabe du XII° siècle  BNF Ar.2964

La thériaque composée de différent


La thériaque était une ancienne préparation complexe inventée comme médicament contre les morsures de serpents, de chiens et d'autres animaux venimeux. Plus tard elle est devenue un antidote contre tous les poisons connus. Préparation officinale composée de plusieurs substances dont la lavande.

 


 


 

XIV° siècle 



 

En 1371, la culture de la lavande existait en Bourgogne sous forme de "jardins de simples" où l’on cultivait d’autres herbes servant aux apothicaires.


La lavande citée dans le Menagier de Paris (1393) était cultivée dans tous les jardins monastères chrétiens du Moyen-âge. 

Pourtant, aux mêmes époques, les parfums contenant des extraits de lavande n’étaient pas acceptés par l’Église qui condamnait les autorités et les femmes portant de tels produits.

 

 

 

Lors de la grande peste en Provence, au milieu du XIV° siècle, pour échapper à la corruption de l’air, il faut fuir les lieux de forte concentration. Il faut purifier l’air par des fumigations : on brûle des brassées d'herbes aromatiques et odorantes réputées à l’époque (lavande, thym, absinthe, menthe...), on pense alors que son odeur puissante éloigne la maladie en purifiant l'atmosphère - en réalité, elle contribuait à masquer les odeurs, à éloigner les insectes responsables de la transmission de la maladie.


Enluminure flamande, 1352.

 

 


L’huile essentielle de lavande était utilisée par les peintres de la Renaissance, notamment Rubens, pour fixer les couleurs et leur donner de l’éclat.
 

 

Au XIVème siècle, les fleurs d’aspic garnissaient des coussins servant indifféremment aux biens portants et aux malades pour leur plus grand bien.

 


La lavande dans le vin était utilisée à la même époque, dans les maladies d’estomac, du foie, des reins et de l’utérus, ainsi que dans la jaunisse et l’hydropisie.

 

Les jeunes filles trop délurées étaient confiées aux sœurs Ursulines par leurs parents, pour les inciter à la chasteté par un jeûne à base de lavande et de romarin.


 

 

 

Lors de la grande peste au milieu du XIV° siècle, pour échapper à la corruption de l’air, il faut fuir les lieux de forte concentration. Il faut purifier l’air par des fumigations : on brûle des brassées d'herbes aromatiques et odorantes réputées à l’époque (lavande, thym, absinthe, menthe...), on pense alors que son odeur puissante éloigne la maladie en purifiant l'atmosphère.

. En réalité, elle contribuait à masquer les odeurs, à éloigner les insectes responsables de la transmission de la maladie.


 

 

 

XV° siècle

 


La Chine cultive naturellement la lavande dans le bassin supérieur du Fleuve Jaune depuis la fin du XVe siècle.

 


En Occident, on continua pendant un certain temps à utiliser des huiles aromatiques infusées. Mais avec les croisades, les huiles essentielles, ou "parfums d'Arabie" comme on les appelait alors, gagnèrent progressivement toute l'Europe.

Les gommes et résines d'Asie n'étant pas toujours disponibles, on se tourna vers des plantes méditerranéennes, comme le romarin ou la lavande, pour fabriquer des huiles essentielles.

 

Les croisades ont alors facilité les échanges commerciaux d'aromates et la connaissance technique de la distillation.

 

Au XV° siècle, les apothicaires s'appellent les aromatherii, soulignant d'emblée l'importance des plantes aromatiques dans les préparations galéniques de l'époque.

 


 

XVI° siècle

 

 

1503-1508


- Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°23r

Aspic - Species lavandule (Lavandula spica L. = lavande aspic) 

 

 

 

La parfumerie est née à Grasse (Alpes-Maritimes) en même temps que l’industrie des cuirs et de l'huile d’olive entre le XIV° et le XVI° siècles. 

 

En Provence, la pratique de la distillation des lavandes fine et aspic remonte au XVIe siècle dans la montagne de la Lure. Cette distillation se faisait en plein champ, à proximité d’un cours d’eau, grâce à un alambic à feu nu mobile.

 

 

 

La différenciation entre lavande vraie et les autres variétés, se situerait entre 1543 et 1589, bien que jusqu’en 1613 seule l’huile d’aspic soit citée.

L’Oleum lavandulae ne figurera que plus tard avec l’Oleum spica (Pharmacopoeia Augustana).

 

 

On cultive les différentes espèces de lavande en Allemagne et Angleterre.

 

Selon une légende du Diois, ce seraient les protestants de l’endroit, qui chassés par la révocation de l’Edit de Nantes, auraient introduit la culture de la lavande en Angleterre.


 

Toujours au XVIème, Walther Hermann Ryff (1500-1548) chirurgien note que les distillateurs n’attachaient aucune importance à la nature de la lavande utilisée, chaque variété ayant son nom local.


Les espèces spontanées, du genre Lavandula utilisées pendant des siècles pour leurs propriétés (odorante, pharmaceutique, horticole et décorative), sont :


- la lavande fine, Lavandula angustifolia

- l’aspic, Lavandula latifolia

- la lavande maritime, Lavandula stoechas

On utilise aussi bien  le rameau fleuri que l’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur d’eau, à l’esprit de vin ou au vinaigre ou encore les extraits par l’eau (infusions) ou les solvants organiques (concrète, absolue …), huiles, graisses.…

 


 

A partir du XVI° siècle et jusqu'au XIX° siècle, en hiver, des colporteurs (vendeurs itinérants de plantes médicinales) personnages emblématiques  s'approvisionnaient dans la région de la montagne de Lure, et quittaient la Provence en direction de l'Europe du Nord pour en diffuser les produits. 


Ils emportaient ainsi du fil, des menus objets, herbes aromatiques, et des fioles d'huile essentielle de lavande, qu'ils préconisaient dans toutes sortes d'usages : pour la digestion, les maux de tête, les rhumatismes, comme antiseptique et même comme aphrodisiaque - une véritable potion magique, capable de soulager tous les maux !


 

 

 

Au XVII° siècle, 

 


Olivier de Serres, au XVIIème siècle, dans son Théâtre d’Agriculture, conseillait de planter les lavandes en bordures des jardins classiques.

 

 

Longtemps appelée " plante du cerveau ", la lavande est aussi utilisée pour traiter les crises d'hystérie ou d'épilepsie. Et elle sert à guérir les morsures de serpent, les piqûres d'insectes, pour lutter contre les poux.

Les jeunes filles trop délurées étaient confiées aux sœurs Ursulines par leurs parents, pour les inciter à la chasteté par un jeûne à base de lavande et de romarin.

Sainte Angèle Merici par Pietro Calzavacca

 

 

Nicolas Lémery, ou Lemery (1645-1715) chimiste apothicaire français, contemporain du règne du roi Louis XIV, il publia une première édition du Cours de chymie en 1675.


A cette époque,  on trouvait la lavande  sous forme de sirop, élixir, trochisque, lotion, pilule, onguent, baume, embrocation. Actuellement, sous forme d’aérosols ou dans diverses crèmes.


L'Alchimiste de Téniers (1610-1694). Une gravure d'alchimiste semblable, illustre le livre de Lémery

 

 

Elle est très employée à la cour du roi de France pour se débarrasser de la vermine (puces, punaises et mites) et masquer les odeurs parfois désagréables qui gâtent la vie quotidienne.

 

Il est recommandé de se décrasser les cheveux avec des huiles et des pâtes au santal, à la rose, à la lavande, au jasmin.


Très prisée à la cour de Louis XIV, (1638-1715) l'eau de la Reine de Hongrie remaniée par ajout de Lavande, fut notamment le parfum de la Marquise de Sévigné.

Marquise de Sévigné (1626-1696) Claude Lefèbvre (1632-1675) 

 

 

 

XVII° - XVIII° siècle

 


Charles Delorme, premier médecin de Louis XIII, imagine en 1619 un costume protecteur de la tête aux pieds, sur le modèle de l'armure du soldat. 


On raconte que :

"...quatre voleurs sont arrêtés alors qu'ils détroussaient les pestiférés malades ou mourants au cours de l'épidémie de Toulouse en 1628-1631, sans être eux-mêmes contaminés. Afin d'avoir la vie sauve, ils révèlèrent le secret de la composition d'un remède qui leur permettait de se préserver de la contagion. 


La préparation se faisait à partir de lavande, d'absinthe, sauge, menthe, romarin, cannelle, girofle et ail. Malgré la révélation de ce secret les voleurs auraient été brûlés sur le bûcher. 

 

 

Une autre histoire raconte que les voleurs sévissaient à Marseille pendant la grande épidémie de peste de 1720…


Lorsqu’on les attrapa, les brigands ne furent pas immédiatement jetés au bûcher comme le voulait la justice de l’époque. On leur proposa la vie sauve contre leur secret. Ces derniers donnèrent alors une recette de macération de plantes dont la lavande dans du vinaigre. Ils en buvaient et se frictionnaient quotidiennement le corps avec pour stimuler leurs défenses immunitaires.


Par contre, on ne sait pas trop ce qu’il advient des voleurs. Certaines histoires racontent qu’ils ont échappé au bûcher pour la corde..."

 

Le vinaigre antiseptique connut des heures de gloire et ne disparut du Codex qu’en 1884.

Cette recette fut indexée dans le codex de la pharmacopée française en 1748 sous le nom de "Vinaigre anti-septique" (Vinaigre des quatre voleurs) pour en disparaitre en 1884. Néanmoins les pharmacies continuèrent à le commercialiser.

L'accoutrement des médecins avec leur tablier de cuir ou de toile cirée diminue les risques de piqûre des puces. Les parfums utilisés pour désinfecter les habitations à base de soufre et d’arsenic peuvent avoir un impact sur la destruction des puces. 


 

 


XVIII° siècle

 

 

Le Père Polycarpe Poncelet  (1720-1780) de l'ordre des Récollets était un religieux et agronome.


En 1755, il entreprend d’appliquer aux "saveurs" les règles de proportion harmonique des sons. Il développe les bases de la "musique savoureuse" dans son livre,


la "Chimie du goût et de l’odorat"


L'huile essentielle de lavande
"Les vertus de cette huile essentielle sont fort nombreuses : elle est estimée pour les maladies du cerveau, pour les vapeurs hystériques et pour l’épilepsie ; [ ... ] elle fait mourir les vers, mais aussi les vermines et les insectes.
Quatre ou cinq gouttes d'huile essentielle de lavande dans une cuillerée de vin prise à jeun dissipent la migraine et fortifient l'estomac."

 

 

Ce genre botanique a été décrit pour la première fois en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778).

 

L’odeur champêtre de "lavande" était en grande vogue au XVIIIème siècle, sous diverses formes :


- vinaigre à la lavande distillé,

- onguent,

- pâte à pots pourris,

- poudres,

- savonnettes,

- sachets (Marie Antoinette).


Il est également recommandé de se décrasser les cheveux avec des huiles et des pâtes au santal, à la rose, à la lavande, au jasmin.

 

 

La mode des cuirs parfumés va démultiplier la demande de Lavande et c'est ainsi que naît à Grasse une industrie très importante : 


la corporation des maîtres-parfumeurs qui devient autonome de celle des tanneurs dès 1759 

Maître Jean Chabert - Gantier parfumeur

 

 

1750-1773

Lavande spica latifolia

Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, id est, 

Elisabethae Blackwell collectio stirpium. Norimbergae : 

Typis Io. Iosephi Fleischmanni, ..

biodiversitylibrary.org/page/291846


 

 

 

Jacques Delille, souvent appelé l’abbé Delille (1738-1813 poète et traducteur français.


Les Jardins


..."O Nice ! Heureux séjour, montagnes renommées, 

de lavande, de thym, de citrons parfumées.

Que de fois sous tes plants d’oliviers toujours verts 

dont la pâleur s’unit au sombre azur des mers "...

 

Monique Laville - marché aux fleurs à Nice

 


 

XIX° siècle

 

 

François Pierre Chaumeton (1775-1819)  

médecin et un botaniste français

Edition Paris : Panckoucke, 1817

Planche 216. Lavande - Flore médicale / Vol. IV

 

 

 

Vers 1820

 

Antoine Charles Horace Vernet, dit Carle Vernet (1758-1836), 

artiste peintre de genre, dessinateur et caricaturiste, goguettier et lithographe français.

Marchande lavande

Planche 80 de la suite de cent lithographies intitulée "Les cris de Paris", publiée par Delpech


 


 

1853


Otto Karl Berg (1815-1866) botaniste et un pharmacologiste allemand et Karl Friedrich Schmidt (1811-1890) botaniste prussien 

Lavandula Officinalis Chaix

 

 


Frederick Edward Hulme (1841-1909) enseignant et botaniste amateur, professeur de dessin à main levée et géométrique au King's College de Londres à partir de 1886. 

Son œuvre la plus célèbre était Familiar Wild Flowers, publiée en neuf volumes.

Lavande


 

 


Edward Killingworth Johnson (British, 1825-1896)

Jeune femme cueillant de la lavande

 

 

Camille Pissarro (1830-1903), peintre impressionniste puis néo-impressionniste franco-danois.

Champs de lavande, 1860


 

 

Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète 

 


La garrigue

 

Puisse ma libre vie être comme une lande

Où sous l’ampleur du ciel ardent d’un soleil roux,

Les fourrés de kermès et les buissons de houx

Croissent dans des senteurs de thym et de lavande

 

Que, garrigue escarpée et sauvage, elle ascende

Dans l’air large et sonore où ronflent des courroux

De Mistral, tourmenteurs fougueux des arbres fous ;

Et dans l’isolement s’allonge toute grande,

 

 

1886


Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français, 


L' Oeuvre, 1886


..." ils couchaient au petit bonheur de la route, au fond d'un trou de rocher, sur l'aire pavée, encore brûlante, où la paille du blé battu leur faisait une couche molle, dans quelque cabanon désert, dont ils couvraient le carreau d'un lit de thym et de lavande"... 

Lavande - Annie Riviere 

 

 

Son usage se répand dans toutes les classes sociales au cours du 19° siècle. 


Avec le développement de l’industrie et de la parfumerie, la lavande devient alors l’une des bases de la fabrication des parfums. C’est à cette époque aussi qu’est entreprise en Provence sa culture sur de grandes étendues.


La parfumerie grassoise prend une grande ampleur. C’est alors que, pour répondre à la demande,toute la région se couvre de plantes à parfums. 

A la fin du 19° siècle les voyageurs anglais en Provence (Reine Victoria, Lord Brougham…) initient une mode…la lavande


La reine Victoria visite Chiri's de parfum Factory, Grasse. Alpes-Maritimes, 1891


 


 

Pierre Louys (1879-1925) poète 

 


Psyché

 

..."Psyché, ma sœur, écoute immobile, et frissonne...

Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux.

Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor... Personne

N'est plus heureux ce soir, n'est plus divin que nous. [...]

 

C'est notre heure éternelle, éternellement grande,

L'heure qui va survivre à l'éphémère amour

Comme un voile embaumé de rose et de lavande

Conserve après cent ans la jeunesse d'un jour"...

 

William Bouguereau Psyche et Amour

 


 

 

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) poète français, également enseignant, traducteur et critique d'art.


 

La marchande d'herbes aromatiques

 

Ta paille azur de lavandes,

Ne crois pas avec ce cil

Osé que tu me la vendes

Comme a l'hypocrite s'il

 

En tapisse la muraille

De lieux les absolus lieux

Pour le ventre qui se raille

Renaître aux sentiments bleus.

 

Mieux entre une envahissante

Chevelure ici mets-la

Que le brin salubre y sente

Zéphirine, Paméla

 

Ou conduise vers l'époux

Les prémices de tes poux.

 

 

 

Alphonse Daudet (1840-1897) écrivain et auteur dramatique français.

Lettres de mon moulin. 


..."Ce joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu'en bas de la côte. À l'horizon, les Alpilles découpant leurs arêtes fines

... Pas de bruit, à peine de loin en loin le son d'un fifre, un coulis dans les lavandes, un grelot de muse sur la route. Tout ce beau paysage provençal ne vit que par la lumière"...

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Vincent Van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais.

Les Saintes Maries de la Mer

champ de lavande


 


 

Frédéric Mistral (1830-1914) écrivain et lexicographe français de langue provençale, 


Poème du Rhône,

 

..."Au crépuscule enfin, nous atteignîmes Saint-Léger, pauvre petit village qui est au pied du Ventoux, habité par des charbonniers, tout jonché de
lavande en guise de literie. Le vent léger apportait des montagnes la
senteur de la lavande et des myrtes qui dans les combes masquées étaient
fleuries."...


 


 

Joseph Autran (1813-1877) poète

Recueil : Le Poème des beaux jours (1862).


 

Hospitalité


..."Plus haut, par les tapis de sauge et de lavande,

A travers les parfums qu'on soulève en marchant,

Irons-nous contempler la gloire du couchant ?"...


 


 

André Lemoyne (1822-1907) poète et romancier français.

 

Le chemin des pleurs

À Madame Cousinery.


..."Et de pleurs et de sang Jésus-Christ aveuglé

Tombait... lorsque, d'après une antique légende,

Une femme arracha son fin voile épingle,

Un voile de lin pur embaumé de lavande"...
 

Charles Le Brun Marie et Jésus


 

 

 

Albert Mérat (1840-1909) poète

Recueil : Les souvenirs (1872).


La lande

 

..."La ligne impérieuse et fauve de la lande

Change d'aspect, et forme au-dessus du flot clair

Un golfe harmonieux de verdure. Dans l'air

Court un parfum mêlé d'algues et de lavande"...


 

 

 

Louis-Xavier de Ricard (1843-1911) poète

 

La Garrigue

 

Puisse ma libre vie être comme la lande

Où sous l'ampleur du ciel ardent d'un soleil roux,

Les fourrés de kermès et les buissons de houx

Croissent en des senteurs de thym et de lavande.

 

Marie-Paule Albanese garrigue

 

 


 

Henry Bataille (1872-1922) poète


Les doux mots ...

..."Marthe, c'est, au réveil, le pas

Des mères dans la chambre blanche,

C'est comme une main qui se pose,

Et l'armoire sent la lavande"...


 

 

 

Cécile Sauvage (1883-1927) "poétesse de la maternité", femme de lettres française

La maison sur la montagne

 

Tandis que la terre tourne

 

..."C’est le temps où la feuille aux ramures déborde,

La montagne nourrit des herbes de senteur,

Notre chèvre s’ennuie et tire sur sa corde

Pour atteindre aux lavandes fines des hauteurs"...

 

 

 

1908

 

Illustration distillation-

fin19° Castellane (sce-PM-1908)

 

 

 

En 1918,

René-Maurice Gattefossé (1881-1950) chimiste et parfumeur, se brûle la main lors d'une explosion dans son laboratoire. Par réflexe, il plonge sa main dans un récipient rempli d'huile essentielle de lavande vraie. Le soulagement est immédiat, la guérison de la plaie et sa cicatrisation d'une rapidité déconcertante. Ce résultat surprenant l'incite à se consacrer à l'étude des propriétés antibactériennes des huiles essentielles. 


Il crée en 1928 le mot "aromathérapie" et publie en 1931 un ouvrage du même nom dans lequel il décrit la relation entre la structure biochimique de l'huile essentielle et son activité.


 

 

 

XX° siècle

 

1920


Glossaire Datînois par le Comte de Landberg
(Carlo Landberg 1848-1924)

 

En 1912 un savant espagnol trouva des pipes dans les provinces d'Alicante, de Valencia et de Sévilla. On peut les voir à présent dans les Musées d'Espagne, et le musée de Madrid en possède deux. On a même trouvé des pipes provenant de peuples d'une culture plus basse.

Une pierre tombale dans l'église de Hubeville, du onzième siècle, et une statue à Cormumare en Irlande représentent deux hommes de l'époque carolingienne avec de courtes pipes à la bouche.


On ne sait pas au juste ce qu'on fumait, mais des indices donnent à supposer que c'était la lavande

 

 


1926

Paul Éluard (1895-1952) poète français.

Capitale de la douleur 


..."Tout au sérieux, celui qui ne paie pas les dégâts Jongle avec ton trousseau, reine des lavandes"...

 

 

1936

Georges Bernanos (1888-1948) écrivain français

Journal d'un curé de campagne

..." J'ai glissé cette lettre dans mon imitation, un vieux livre qui appartenait à maman, et qui sent encore la lavande, la lavande qu'elle mettait en sachet dans son linge, à l'ancienne mode"....

 

 

Jean Giono (1895-1970) écrivain français.

Provence,

Gallimard, collection Folio. 

 

..."La lavande est l'âme de la Haute-Provence. Qu'on l'aborde par la Drôme, par le Dauphiné ou par le Var, cette terre offre ses étendues désertes, couvertes de violet et de parfums.


Dans les solitudes de la montagne de Lure, la lavande sauvage s'étale à perte de vue ... À l'époque de la récolte, les soirs s'embaument ...

 

Les couleurs du couchant sont des litières de fleurs coupées. Les alambics rudimentaires installés près des citernes soufflent des flammes rouges dans la nuit. Leurs fumées à odeur de caramel teintée par le vent vont enchanter le sommeil des solitaires dans le désert.

 

Quand on a vécu ces nuits et ces jours, on est enchaîné à l'esprit de ce parfum. Il suffit ensuite d'un bouquet de lavande pour qu'il vous soit parlé - et en langage d'une étrange densité - de ces libertés essentielles qui sont le charme de ces hautes terres.

 

Fussiez-vous alors dans de lointaines Amériques, en Chine ou au Béloutchistan, perdus dans des livres austères ou naufragés dans des drames
personnels, sociaux ou cosmiques, c'est la liberté, c'est la fraîcheur, le calme et la grandeur de la Haute-Provence qui vous visitent, vous tirent brutalement vers elles et vous animent.


Pour qui est de ce pays - ou qui l'habite, non comme un touriste mais comme un homme, c'est-à-dire en y faisant particulièrement son esprit et son cœur -, c'est la plus grande ressource possible. Que tant de force soit dans un parfum ne peut paraître exagéré qu'à ceux qui n'ont jamais eu à se réconforter l'âme en touchant l'âme d'une patrie.


Christian Jequel(1935) sur le chemin aux lavandes

 

 

 

Oswald Poreau (1877-1955) - peintre

Lavande et citrons -


 


 

1941
Marcel Fouquier (1866-1961) Homme de lettres. - Figure parisienne et internationale


Jours heureux d'autrefois à travers l'Europe 


..."C'est dans les jardins d'Andalousie que ce goût de l'isolement se montre au grand jour.

C'est d'ailleurs le roi Abderame Ier, calife omniade, qui fit transporter ces plantes en Andalousie, et les cacha au milieu des patios.


Le Generalife représente donc exactement la maison de campagne du roi de Grenade, Zoraya, traversée dans toute sa longueur par un  étroit canal de marbre et bordé de nombreux jets d'eaux. Des plates-bandes d'oeilllets, de roses, de jasmins, de lilas, de lavande imprègnent l'air d'un parfum pénétrant.


Un poète arabe fit graver sur les murs du belvédère de l'alhambra ces mots :
-Je ressemble à un océan de plaisirs et de beauté. Mon jardin est sans rival dans le monde. Il est pareil à une belle fiancée que tous désirent.-"...

Les jardins de l'alhambra à Grenade


 


 

Robert  Bontoux. 


Groupe familial, producteur d’huiles essentielles depuis 1898 en Haute Provence, aujourd’hui fournisseur d’ingrédients aromatiques naturels et d’huiles essentielles, reconnu à l’international.


L’histoire de Bontoux a démarré en 1898 avec la distillation des huiles essentielles à Saint-Auban sur l’Ouvèze en Drôme Provençale.


..."Je me rappelle que, vers 1943, j'allais couper à la montagne ; il y avait de la lavande partout. Nous n'avions encore que très peu de champs cultivés ; d'ailleurs, c'était uniquement du lavandin et nous ne les coupions pas nous-mêmes ... Nous les donnions à couper "à prix fait" à d'autres fermiers.

Dans les terrains très en pente, il était impossible de se servir de la charrette. Nous utilisions alors une sorte de traîneau en bois avec des patins renforcés de fer. Nous y attelions le mulet.


Pour freiner la descente, on coupait un pin que nous attachions derrière le traîneau et sur lequel nous montions pour ralentir le convoi.


Quand mon père a planté les premiers lavandins, il a labouré avec un âne et un cheval attelés ensemble : attelage disparate mais efficace.

Sylvie Marcel


 


 

Cicely Mary Barker (1895-1973), illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

 

 

La fée des fleurs de lavande

 


"Lavender's blue, diddle diddle" —

Ainsi va la chanson ;

 

Tout autour de son buisson,

"diddle diddle", 

Les papillons se pressent ;

Elle l'aime bien,

"diddle diddle",

ainsi que les abeilles ;

Pendant qu'elle-même,

"diddle diddle", 

se balance dans la brise !

 

Bleu lavande,

"diddle diddle",

vert lavande ;

Elle parfumera les vêtements,

"diddle diddle",

rangé et propre 

nettoyé et lavé,

"diddle diddle",

mouchoir et drap ;

Pointes de lavande,

"diddle diddle", 

rendez les tout doux !


 


 

Robert Desnos (1900-1945), poète surréaliste et résistant français

Chantefables et chantefleurs, 

 


La Lavande

 

Lavandière, lavandière !

As-tu vu le poisson bleu

Qui nageait dans la rivière ?

Il t'apportait la lavande,

La lavande en bouquets bleus

Poisson bleu, fleurs de lavande.


 


 

La culture de la lavande s'est étendue au cours du XXe siècle à des régions présentant des caractères proches de la Provence, comme le Quercy dont le sous-sol calcaire, les étés secs conviennent bien à cette plante. Elle apparut également sur les derniers versants du sud-ouest du Massif central avant 1936 à Roquecor en Tarn-et-Garonne.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, cette région a assuré jusqu'à un dixième de la production française. Celle-ci atteignit son apogée dans les années 1950 et 1960, et seuls quelques cultivateurs perpétuent encore cette tradition.

 

L'essor de la production française d'huile essentielle de lavande est lié à l'implantation de parfumeries dans la région de Grasse. La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, prit ensuite le relais.

 


La lavande est devenue une source de richesse pour des régions autrefois en déclin économique : le Vaucluse, la Drôme, les Hautes-Alpes, les Alpes de Haute Provence.
 

 


 

1942

Louis Aragon (1897-1982) poète

Recueil : Les Yeux d'Elsa (1942).

 

 

Les yeux d'Elsa

 


..."Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens

On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

 

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où

Des insectes défont leurs amours violentes

Je suis pris au filet des étoiles filantes

Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août"...


 

 

Henri Bosco (1888-1976) romancier français.

1945

Mas Théotime

..."Le peu de linge que l'on a trouvé a été mis en place, propre, plié, raccommodé, bourré de fleurs de lavande"...

..."La source débite peu d'eau, mais elle est extrêmement pure et toute parfumée de lavandin". 
 


 

1946


Marcel Lobet (1907-1992) journaliste et un écrivain belge de langue française.


La poésie et l'amour


..."Salut, ô lavande ! Que mon bien-aimé, sur ma bouche, soit comme un aigle aux ailes rompues ! "...
 

 

1949

 

Jean-Paul Sartre (1905-1980)  écrivain et philosophe français,

La mort dans l'âme, 1949

..."Moi, dit Jurassien, tout ce que je demande, c'est d'être chez moi pour la cueillette de la lavande "...
 


 

1950

 
Henri Bosco (1888-1976) romancier français.


Un rameau de la nuit, 

..."Tout ce qu’un chemin creux, sec, odorant, bordé de noisetiers en fleurs, doit, en avril, à une bonne brise, je le sais ; et je sais aussi ce que gagne à passer sur un grand coteau chargé de thym et de lavande, le vent d’Est, le matin, quand il souffle très doucement et que la rosée humecte les pierres"...


 

 

 

Années 1950/60

Tableau provençal 

Femme à la cueillette de la lavande


 

 

 

1954

 

Vincent Rallo (1954)

Le village de Sault Provence


 

 

 

Christian Alinat (1956) - poète


 

Enchantement celtique

 

..."Brise du soir dans un doux parfum de lavande,

J'aime tes senteurs qui purifient l’atmosphère.

Marchant tout doucement sur des routes de terre,

Je suis sur la trace des chemins de légendes"...


 


 

1957


Gaston Louis Pierre Bachelard (1884-1962) philosophe français des sciences, de la poésie, de l'éducation et du temps. 


La poétique de l'espace


..."Avec la lavande entre aussi dans l'armoire l'histoire des saisons. À elle seule la lavande met une durée bergsonienne dans la hiérarchie des draps. Ne faut-il pas attendre avant de s'en servir qu'ils soient, comme on dirait chez nous, assez «lavandés» ? "...


 

 

1970


Marie-Claude Palys - Lavande

 


Lavande

 

Beaux Epis de fleurs mirage bleu ;

Arbrisseau aérien et harmonieux, 

Lavande et lavandin odoriférants, 

Vous offrez votre  parfum enivrant.

 


Les brins bleu-violet dansent,

En sarabande sur les versants ;

 Sous le Mistral battent la cadence,

Teintant les collines et les champs.

 


Chevauchant la fleur sans pareil,

Entrainées dans un joli ballet,

Aspirant le pur nectar, abeilles 

et bourdons se régalaient.
 

 

​​​​​​Lavande et lavandin distillent

Leurs huiles et infusions parfumées

Leurs arômes odorants diffusent

De douces notes ensoleillées.

 


 

 

 

Louis Fontas (1920-2011), licencié en droit, il est ancien élève des T.P.E. (Paris), 

 

Lavande ou Lavandin


Arbrisseau délicat, or bleu d'un clair vallon,

Colorant les coteaux en moyenne montagne,

Il plaît aux randonneurs sillonnant la campagne,

Enivrés des senteurs portées par l'aquilon.

 

La romaine Lavande imprégnait l'eau des bains,

Ainsi que le peignoir vêtu par le baigneur.

Puis, l'or bleu Provençal se montra grand seigneur,

En offrant ses bienfaits aux doctes carabins.

 

Le Lavandin nouveau, la Lavande des Alpes

Expriment leurs couleurs en formant un épi,

Variant du violet au doux mauve pâli,

Fauchés de pieds touffus que l'ensileuse scalpe !

 

En final distillés par procédés divers,

Ces épis aux humeurs très providentielles,

Excellent dans le don d'huiles essentielles,

Utiles pour des soins, des parfums, des desserts !

 

Lavande ou Lavandin, leur charme est sans pareil.

En eux vit un symbole évoquant la tendresse,

Et si vos coeurs blessés recherchent leur adresse,

Ils la retrouveront où règne un chaud Soleil !


 

 

 

Pierre Magnan (1922-2012) écrivain français. Indéfectiblement attaché à cette partie de la Provence qui a aussi inspiré son maître et ami Jean Giono, il y a situé toute son œuvre. 


Le mystère de Séraphin Monge,


Éditions Denoël - 1990. 

 

..."Il y avait des odeurs d'herbe et la seule touffe de lavande qui prospérait dans une faille du rocher ne cessait pas, par ses effluves, de prévenir les deux hommes de son heureuse présence.


Ismaïl se dit que le parfum de cette lavande, si insolite en pleine nuit, il le
conserverait pour toujours dans sa mémoire, s'il vivait. Laviolette n'avait pour lui tenir compagnie que des pensées aussi amères que les tiges de lavande qu'il mâchonnait pour tromper son envie de fumer"...


 

 

1991. 


Patrick Süskind (1949) écrivain et scénariste allemand. 

Le parfum (traduction Bernard Lortholary),

Éditions Fayard. - 

..."Et il racontait toujours et encore ses distillations en rase campagne, la nuit au clair de lune, accompagnées de vin et du chant des cigales et parfois d'une huile de lavande qu'il avait fabriquée là et qui était si fine et si forte qu'on lui en avait donné son poids d'argent"...


 

 

1992


    Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque la Lavande stéchade :

"...15 septembre
(Mont Leuze)

        Les épis de la lavande stéchade  sont des temples antiques aux piliers violet pâle, où viennent danser des prêtres-bourdons fauve et or.
        Juste au-dessus, dans l'air, un anax empereur à l'abdomen en bâton d'azur cogne et recogne d'invisibles murailles"...


 


 

1993 


Lavande brin de Provence

De Elisabeth Cossalter


Illustrations de Jean-Marc Blache


..."Un hommage à la Provence à travers sa plus fidèle compagne, la lavande. De ses origines étymologiques à son dépérissement, la petite fleur mauve nous livre bien des secrets"... 


 


 

Sandrine Moirenc et Régis Ferré, 

La lavande,

Éditions Équinoxe, -1998

..."Au pays de Valensole, dans les Alpes de Haute-Provence, les lavandes sont reines. Ellesdominent la nature et les hommes sont leurs grands serviteurs. Toute la vie s'organise autour des jolies plantes aromatiques. C'est pour cela que l'on distingue dans le pays deux saisons seulement : la saison bleue et la saison grise.


La saison bleue est le retour de la lumière. Les doux rayons du soleil réveillent la lavande et lui fournissent avec la terre de quoi grandir, fleurir et embaumer Valensole.


La saison grise est la mise en repos. Les lavandes sont coupées. Il ne reste que le bois et les feuilles grises. On dirait que les champs ont enfilé leur long manteau d'hiver gris-velours.


La vie se ralentit avec ses couleurs, ses senteurs et ses bruits."...


 

 

 

XXI° siècle

 

2000


Pierre Magnan (1922-2012) écrivain français. Indéfectiblement attaché à cette partie de la Provence qui a aussi inspiré son maître et ami Jean Giono, il y a situé toute son œuvre. 


Le Parme convient à Laviolette,

Éditions Denoël - 2000.

"...Quand on baigne parmi ces lavandes bleues, tant prisées des touristes, avec la seule compagnie (de là le transistor) des myriades d'abeilles qui puisent le nectar des fleurs sur des centaines d'hectares, quand on est au départ de sillons qui ont trois cents mètres de long et qu'on est là, le cul sur le tracteur qui vous fait tressauter les vertèbres, la tête à moitié déboutée pour faire tirer droit et que le soleil et la lune sont en même temps dans le ciel de juillet et qu'il n'y a pas un arbre à l'horizon, sauf un amandier sec atteint d'héliotropie jusqu'à en être mort étranglé, quand on est là tout seul, par un beau jour, à sentir le poids du monde - et un dimanche encore ! - sur ses faibles épaules, on se trouve tout drôle et ne pas parler devient une maladie. ( ... )


Les fleurs sont béantes, pâmées à force de vide, désirant l'abeille par amour et pour se perpétuer. Sur tout le plateau de Puimoisson et celui de Valensole, l'abeille est seule maîtresse du monde, ayant ce privilège d'être dédaignée par les prédateurs, parce que, insecte parfait, elle n'est pas comestible. Invisible au ras du sol, elle pompe les godets mauves de la sauge officinale, ou les amphores d'une fleur de lavande. Mais qui, à part les abeilles, s'est jamais penché sur les cinquante amphores d'une fleur de lavande ? ( ... ) 


Les lames de la faucheuse sous le ventre du tracteur coupent la lavande au ras des tiges et rendent proprement dans les ornes des bouquets égaux. Le bruit qui accompagne ce travail imite la mastication paisible d'une mante religieuse décortiquant son repas d'insecte ... Sous la haute charpente du véhicule, on voit se dérouler un ruban bleu continu où parfois quelque abeille broyée étend pour la dernière fois ses ailes d'or..."


 

 

 

2000

Maryse Batut

Un parfum de lavande

..."Dans les années vingt, après la mort de sa mère, Laure est arrachée à son causse Méjean natal pour être confiée à sa tante, près d'Uzès, en Provence.


Bien vite, elle se sentira chez elle dans le mas de Léonie, entre les animaux de la ferme, les récoltes d'abricots et sa passion naissante pour les abeilles. Et puis il y a joseph, le compagnon de jeux qui deviendra l'amour de sa vie. Mais bien des orages les attendent. Tandis que la guerre et l'Occupation s'appesantissent sur la France, Laure doit affronter une cruelle tragédie familiale, avant d'être contrainte à un nouvel exil.


Sur le mont Ventoux, où l'on cultive la lavande, elle aura cependant l'énergie de rebâtir une vie nouvelle. Elle-même cévenole, amoureuse du pays provençal, Maryse Batut signe ici le portrait sensible et juste d'une de ces existences que l'on dit " ordinaires ", comme si elles n'avaient pas leur lot de bonheurs et de malheurs, de luttes et de joies, de chagrins et d'espérance"...


 

 

 

2000

André de Réparaz,

Géographe. - Professeur émérite à l'Université de Provence, Aix-en-Provence (en 2004). 

Editions les Alpes de Lumière

Les campagnes de l'ancienne Haute-Provence vues par les géographes du passé : 1880-1950

...L'industrie lavandière ne s'est guère conservée qu'au contact des plateaux vauclusiens, dont l'exemple a été salutaire. Là, déjà à Saumane, mais surtout à la Roche Giron et Montsalier, on continue à exploiter les baïassières des hauts, en y lançant des hordes de ramasseurs, parfois italiens ; on récolte également les étendues plantées : (…)


 

 

 

2000

Maxence Fermine

Éditeur : Albin Michel 

"L'apiculteur", 

Un rêve de miel de lavande

..."Le voici, Aurélien Rochefer, vingt ans en 1885, à la tête d'un projet qui ne ressemble à rien là où il se trouve, puisqu'il serait le seul apiculteur de Langlade. Mais, être à l'origine d'un merveilleux miel de lavande, quel rêve ! Encore le rêve est-il moins celui du produit que celui des animaux qui le produisent... au risque, pour l'apiculteur débutant, d'accidents pouvant être mortels.

Depuis qu'une abeille a déposé sur sa ligne de vie une fine trace de pollen doré, ce jeune provençal de la fin du XIXe siècle ne rêve plus que de l'or - un or symbolique, poétique, qui représente bien plus que le métal précieux. Son rêve le décidera à se détourner des champs de lavande familiaux pour installer des ruches et fabriquer le miel le plus suave. Puis, après l'anéantissement de son travail par un violent orage, à partir pour l'Abyssinie, où l'attend une femme à la peau d'or, qu'il a vue en rêve...
On croise Van Gogh et Rimbaud dans ces pages lumineuses, où le songe doré d'Aurélien lui vaudra de connaître bien des aléas, avant qu'il ne découvre l'or véritable de la vie"...


 

 

2000

Robert Veyan


"Lavandes Lavandins Parfum d'histoire" 


..."Les lavandes et les lavandins ondulent au vent, pareils à une mer houleuse où chaque minuscule fleur délivre une infime partie de son trésor olfactif.

Ils se laissent bercer amoureusement et s'offrent naturellement aux abeilles qui les butinent, emportant dans leurs pattes le nectar de la vie"...


 


 

Georges Navet, maître de conférences

Cueilleurs de lavande

Ce n'est pas beau, un coupeur de lavande. Ça sue, c’est mal rasé. Ça porte
sur le dos un ballot qui le fait ressembler à un escargot et avec deux pattes
arrière et deux pattes avant, dont une avec sa faucille de sauterelle, tond
toutes les fleurs en avant. Tout homme courbé, chargé, c'est un insecte.


C’est un travail dur où l'on se sent libre et joyeux même si on se lève avec
les étoiles du matin et on voit celles du soir si on travaille jusqu'à la nuit. Sur ces montagnes des Basses-Alpes, du Vaucluse, les étoiles sont plus belles que partout ailleurs.

Christian Jequel (1935) cueillette de la  lavande


 

 

 

Relié – 19 février 2003


Mélanges d'Histoire de la Mèdecine Hébraique : 

Etudes Choisies de la Revue d'Histoire de la Medecine Hébraique 
1948-1985 

Sous la direction de
de Gad Freudenthal  et  Samuel S. Kottek


..." Certaines plantes recommandées dans cette oeuvre étaient déjà cependant citées dans la Bible pour leurs vertus médicinales ; ce sont :
(...)le laurier prescrit précisément contre les morsures de serpent, la lavande, la menthe (Matthieu, XIII, 31-32), la coriandre et les figues (Isa. XXXVIII, 21), etc... 

Il faut également dire un mot d'un traaaité de médecine talmudique du VII° siècle dont l'auteur est Assaph ha-Iehoudi et qui a été étudié en détail par le docteur Simon.

En effet on trouve mentionnés par Assaph certains remèdes contreles morsures ou piqûres d'animaux venimeux qui sont repris par Maïmonide : le soufre en potion, l'agaricum et la thérique (Simon op. cit. p. 75)

Maïmonide ayant étudié dans l'Espagne musulmane, exerçant la médecine en Egypte(...) on y trouve de nombreux emprunts à la médecine et à la pharmacopée islamique.

Parmi les plantes mentiopnnées dans le Traité des poisons, beaucoup étaient déjà connues en ce qui concerne leurs vertus médicinales (...)
Médecin Alhervi X° siècle : balotte, pyrètre, cumin, fenouil, galbanum, gentiane, gingembre, lavande ..."


Enluminure Maimonides par Ferrer Bassa en 1348 à Barcelona


 


 

Sheri Dinardi peintre américaine

couronne de lavande dans les cheveux


 


 

Sheri Dinardi peintre américaine

Rêves de lavande

 

 

 

2006

Philippe Bernard (Auteur)
Le Fabuleux Voyage d'Arthur Rimbaud 

..."Des bleuets tapissaient des dunes de petites vagues encerclées. La lavande parfumait jusqu’aux étoiles l’eau qui l’imprégnait sur ses profondeurs naturelles"... 
 

 

 

2006

Alexandra Belinda écrivain australien

Virginie Buhl (Traducteur)

Un doux parfum de lavande

..."Des cabarets interlopes de Marseille au Paris scintillant de l'entre-deux-guerres, de l'insouciance des années folles aux prémices de l'Occupation, l'irrésistible ascension d'une orpheline destinée à devenir une star. Un superbe roman, plein de souffle, d'ampleur et de glamour. A la mort de son père, Suzanne Fleurier, quatorze printemps, est forcée de quitter ses champs de lavande pour trouver du travail à Marseille"...


 

 

2009

Franck Dubus -

Editeur Utovie Collection L'Essentiel : l'encyclopédie

 La lavande - Fleur de reine.

..."Si une plante peut couvrir les besoins d'une famille pour faire face aux petits maux du quotidien, c'est bien la lavande. En huile essentielle comme en infusion ou en hydrolat, elle répond à tous nos besoins immédiats : soins de la peau, douleurs musculaires ou articulaires, troubles du sommeil, difficultés digestives, problèmes respiratoires ou cardiaques, parasites (souveraine contre les poux)... Autant pour les adultes que pour les enfants. Elle rend aussi service dans notre environnement immédiat en assainissant l'atmosphère, en éloignant les insectes indésirables... Jusque dans la cuisine où elle apporte toutes les subtilités de son parfum ! Bref : la première plante à avoir à la maison"...


 

 

2012

Ted Andrews

Le monde enchanteur des fées 

Janine Renaud (Traducteur), Nyease Somersett (Illustrateur)

Retrouvez la magie d'un monde merveilleux où les arbres parlent et les fleurs racontent des histoires. Explorez le monde féerique - un lieu où les contes de fées se réalisent.

Les fées de la lavande, nous ouvrent les yeux, aux esprits de la nature, car, des lieux, où pousse la lavande, émanent une animation magique, de nature féerique, écrit, Ted Andrews, dans son ouvrage intitulé, "Le monde enchanteur des fées"


En tant qu’herbe, la lavande possède plusieurs vertus médicinales, voir magiques. La période idéale pour communiquer avec la magie de ces fées, est au cours de ces mois d’été. La lavande est une des plantes les plus insolites et les plus envoûtantes de notre flore. On trouve la majorité des cultures de lavande, dans le sud, notamment, en Provence, alors, y aurait-il une raison énergétique ou magique, pour que tant de poètes, tant d’artistes et tant de thérapeutes, viennent s’installer dans cette région magique ?


 

 

 

2013

Eric Pier Sperandio, 

Éditions Québec-Livres, 2013,


auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations présente ainsi la Lavande (Lavendula officinale) : 

        "Il s'agit d'une plante vivace dont les fleurs sont de couleur lavande, bien entendu. On la cultive principalement pour en extraire l'huile essentielle, utilisée en parfumerie.


 

 

 

2013

Noémie Vialard

Rustica éditions  Les bonnes plantes de nos grands-mères  

Remèdes et recettes à la lavande

..."Symbole de la Provence, la lavande séduit autant par son parfum puissant et son pouvoir calmant que par sa beauté ornementale. 
Voici plus de 50 remèdes et recettes à base de lavande : alcool à la lavande, masque désincrustant à la lavande, sels de bain à la lavande, mousse de fleurs de lavande, thé à la rose et à la lavande, pêches rôties à la lavande...

Au sommaire : une présentation des espèces et des variétés de lavandes, 28 remèdes de santé-beauté, 23 recettes de cuisine, 4 utilisations pour la déco, des conseils parfum/jardin, et des adresses de pépiniéristes à visiter"...


 

 

Olivier Cahuzac - poète

 


Jalousie.

 

...Pourquoi pas moi ? Lui peut t'avoir,

Je me suis baigné au lavoir,

Je sens la rose et la lavande,

Il sent le vieux bouc de la lande"...


 

 

Elina Kondratyuk peintre Ukrainienne

Fille dans un  champ de lavande


 

 

Timothy Han Edition Perfumpes,

Lavande

Une marque qui gagne peu à peu en popularité. Sa spécificité à elle ? Les références littéraires.

Dans une boîte de la taille moyenne d'un roman, on peut découvrir un flacon de parfum, accompagné d'une carte postale et d'un graphisme (plusieurs déclinaisons sont proposées), le tout spécifiquement conçu en écho à une œuvre.


Comme pour  : On the Road 
lancé en 2015. Le nez derrière ce parfum est Timothy Han
parfum Ambre boisé pour homme et femme. 

 "Sur la route" de Jack Kerouak (1957)", où se mêlent lavande, bergamote, fèves de tonka et vanille, le tout réveillé d'huile de cade, une matière première qui suggère l'odeur du bitume omniprésente dans le road-trip de l'auteur.


 

 

 

2015

Affiche foire à la lavande

Digne les Bains

 


 

2015


Elena Chumak

Lavande et oiseau


 

 

 

2017

Robert Gaymard écrivain français

La colline aux lavandes 

..."Un drame terrible a contraint Jacky a partir du pays qui l’a vu grandir. Son rêve … y revenir et obtenir le pardon de sa famille, des lavandiculteurs dont la vie va être bouleversée par unterrible deuil"...

Ce livre attachant retrace également l’évolution des techniques de culture de la lavande entre les années 50 et 80 sur le plateau de Valensole ou l’auteur a passé son enfance.


 

 

Vette de Fonclare - professeur de Lettres et poète

 

La lavande 


La lavande n’est pas encor tout à fait mûre

Et une brume bleue flotte sur les champs gris :

Joli voile de fleurs pas tout à fait finies,

Dont seule la couleur vient poser son azur

 

Sur les mornes talus qui strient le plateau.

On dirait que ce bleu est l’âme des lavandes,

Vibrant sous le soleil et animant la lande

D’un délicat frisson qui tremblote au tempo

 

De la lumière drue attendue si longtemps.

On est le vingt-cinq juin : l’été s’est fourvoyé

Et les fleurettes bleues encor tout étriquées

Font de si grands efforts pour rattraper le temps

 

Qu’elles semblent fleurir à vue d’oeil. Le soleil

Les gave de chaleur, les baignant de lumière

Pour les aider à croître. Il fait très chaud et l’air

Commence à sentir bon sous son aura vermeille.


Christian Jequel(1935) la chapelle aux lavandes

 


 

2017

 

Jean-Marc Janiaczyk

Champs de lavande en Provence
Huile sur toile peinte au couteau.  


 

 

Valerie Metsenatova

sérénité du matin - la lavande

 

 

 

Ivailo Nikolov - artiste peintre

paysage champ de lavande au coucher du soleil


 

 

 

Louise Marion artiste peintre

Coup de coeur de Provence 


 

 

 

Claude86

Jeune fille à la lavande

 

 

2019

 

Chinou GL, artiste peintre 

Coupeur de Lavande 

Huile sur toile

Exposée à La Maison Sennelier 

 

 

 

Christian Jequel (1935)

Cueillette de la  lavande

 

 

 

 

2020

Par Marcel Grelet 

Éditeur CITY Collection : Terre d'histoires

La terre des lavandes

..."L'essentiel restait sa vengeance, ce plat aigre qu'elle mijotait depuis le matin, elle saurait le servir au moment opportun... "


En 1948, Magda rêve d'une vie meilleure. Cette jeune Espagnole décide de fuir l'Espagne pour échapper au chômage et au régime autoritaire de Franco. À ses yeux, la France est une terre de cocagne et, en s'installant dans un petit village provençal, elle espère se faire engager comme coupeuse de lavande.Mais dans ce paysage idyllique, entre blés dorés et champs bleus de lavande, les mentalités sont étroites. Les paysans voient d'un mauvais oeil cette belle jeune femme qui menace leurs intérêts. Même la passion naissante entre Magda et André, l'érudit fils de paysan de la région, est violemment contrariée par les parents du jeune homme : la jeune Espagnole, sans argent et sans dot, n'a rien de bien concret à offrir.Face aux douloureux préjugés et rongée par un désir de vengeance, Madga va devoir faire des choix. Au risque de mettre en marche l'effrayante mécanique d'un drame"...


 

 

 

2021


Rachel Frély de la Roque


Directrice de la rédaction du magazine "Plantes et Nature".

Les secrets de la lavande

..."Pour apaiser, soigner, parfumer, assainir... Si vous faisiez confiance à la lavande ?

Redécouvrez les nombreuses vertus de ce produit 100 % naturel ! Oubliez les allergènes, tensioactifs et autres perturbateurs endocriniens des produits que vous utilisez chaque jour.
Soins beauté et santé, entretien du linge et de la maison, cuisine... Retrouvez dans ce guide détaillé recettes et astuces à base de lavande, sous toutes ses formes : fleurs séchées et fraîches, huile essentielle, eau florale. Elle sera votre meilleure alliée !"...

Les femmes de Kabylie, par exemple, l'invoquent ainsi : "salut, ô lavande ! Les hommes, ces chiens, t'ont nommée Lavande ; moi, je t'appelle le caïd vizir. C'est toi que j'aime. Fais que mon mari ne me batte pas, ne puisse rien sur moi, qu'il ne puisse même plus m'approcher ni me toucher, le fils et petit-fils de pourceau !"


 

 

 

Propriétés médicinales - Vertus de la lavande

 

L’usage du genre Lavandula

Les espèces spontanées, du genre Lavandula utilisées pendant des siècles pour leurs propriétés (odorante, pharmaceutique, horticole et décorative), sont :

- la lavande fine, Lavandula angustifolia

- l’aspic, Lavandula latifolia

- la lavande maritime, Lavandula stoechas

On utilise aussi bien  le rameau fleuri que l’huile essentielle obtenue par distillation à la vapeur d’eau, à l’esprit de vin ou au vinaigre ou encore les extraits par l’eau (infusions) ou les solvants organiques (concrète, absolue …), huiles, graisses.…

 

Pendant très longtemps, on s’en servait en huile, teinture ou essence, pour panser les plaies des blessés par arme blanche, pour soigner les brûlures. 

 

Lavande et Lavandin s’utilisent soit en huile essentielle soit en fleurs fraîches ou séchées en fonction des besoins : infusion, inhalation, frictions, massages.

 

 

C’est un puissant antiseptique, bactéricide  et cicatrisant : 


-  Elle calme les douleurs et procure un bien-être grâce à son effet relaxant, on la recommande pour combattre l’anxiété, la nervosité et les insomnies, ainsi que pour soulager les rhumatismes. 

 

-  Soigner les infections des voies respiratoires. L’infusion est utilisée contre les affections de la gorge et des bronches. Elle calme la toux ;

 

 

-  Appliquée pure sur la peau elle soulagerait les coups de soleil, les brûlures et les piqûres d’insectes et guêpes. 

 

-  On attribue à la variété latifolia un effet apaisant sur la peau, lors de crises de dermatite atopique (eczéma), psoriasis et acné.

 

-  Appliquée sur les tempes, elle soulagerait les douleurs migraineuses.

 

-  Appliquée en massage calme les douleurs articulaires et rhumatismales.

 

- Elle a des propriétés antivenimeuses et en cas de morsure de vipère (autrefois on frottait la plaie avec une poignée de lavande, ce qui pourrait expliquer le nom d’aspic). 

 

-  En lotions ou friction, elle fortifie les cheveux.

 

-  Elle peut être utilisée contre les poux.

 

-  La lavande sert à désodoriser la maison, à parfumer le linge, c’est un anti-mite très efficace, et repousse les moustiques.

 

Utilisations


Talc à la lavande

. Traité à la lavande, le talc possède des propriétés antiseptiques, sédatives, cicatrisantes, désinfectantes. Il permet d'adoucir la peau sans la dessécher et évite tout échauffement.


Eau de toilette

. La lavande donne à l'eau de toilette une agréable sensation de fraîcheur tout en gardant un arôme discret.


En fumigations

. Elle désinfecte les voies respiratoires.


En compresses

. Elle calme les douleurs et les contusions. Elle aide à la désinfection des petites blessures et favorise la cicatrisation,

 

En lotion

. Elle combat efficacement l'eczéma et les brûlures. 

 

a

 

Propriétés magiques de la lavande


 

Les croyances religieuses restent très liées à leur utilisation. En effet, les huiles essentielles avaient le rôle de "soigner l’esprit" avant la rencontre avec les dieux, et de préparer une renaissance. 


- La lavande est une plante protectrice qui aide à se débarrasser des énergies négatives. 


- On la porte sur soi pour se protéger contre le mauvais œil et éloigner les esprits malins . 


- On peut aussi l’utiliser à des fins de purification (dans l’eau du bain, portée sur soi ou brûlée).


 
- Les brins séchés brûlent comme des bâtonnets d’encens et peuvent être utilisés en magie pour attirer l’argent, la protection et le succès. L’odeur de la lavande serait aussi propice à la longévité. 


- On brûle les fleurs ou on les laisse se consumer lentement afin de favoriser le repos et la sérénité. 


- Des feuilles séchées placées dans un oreiller aideront les insomniaques.

 

- Porter des fleurs de lavande ou des vêtements parfumés en frottant des fleurs de lavande fraiche aurait la vertu d’attirer l’amour à soi. 

 

- La Lavande, pour un amour serein


- La lavande agit fortement sur le psychisme et favorise le savoir et l’écriture

 

- On dit qu’elle apporte une nouvelle source de revenus pour les plus modestes

 

Parfumer les lettres de lavande avant d’y écrire des mots doux permettrait de rappeler à l’être aimé la douceur de ses sentiments… tout particulièrement si celui-ci est un homme, car le genre masculin serait plus sensible à cette odeur ! 


 

 

 

Langage de la lavande

 


Dans le langage des fleurs la lavande signifie :


méfiance et silence incompris quand elle est offerte.

- Répondez-moi

 


tendresse : 

- Dans une relation plus établie ou une relation amicale 

 

Amour :

- La Lavande, pour un amour serein

 

Les noces de lavande symbolisent les 46 ans de mariage dans lan tradition française.


 

 

 

Recettes de lavande sans danger

 

Entretien

 

La teinture :

se fait par macération pendant une quinzaine de jours, avec 100 g de fleurs fraîches dans un demi litre d’alcool à 45°.
 

 

 

(Sarah Garland, Le Livre des Herbes et des Épices
 Éditions Nathan -1980) 


Crème encaustique à la lavande


. 350 g de cire d'abeille
. 475g d'essence de térébenthine
. 1 litre d'eau
. 50 g de savon noir
. huile de lavande.


Préparation : 
- faire fondre la cire dans l'essence de térébenthine dans le haut d'une casserole dont le bas est rempli d'eau bouillante. 
- Dans une autre casserole, porter doucement à ébullition un litre d'eau, y ajouter le savon. 
- Laisser les deux mélanges refroidir avant de verser peu à peu le savon dans la cire ramollie jusqu'à obtenir une crème épaisse.
- Ajouter alors l'huile essentielle de lavande goutte à goutte jusqu'à ce qu’on en sente l'odeur.

 

 

cosmétiques 


Pour parfumer l'eau du bain et la rendre délassante


. 1 partie de fleurs de lavande
. 2 parties de fleurs de lamier
. 4 parties de farine d'avoine
. 4 parties de son


Faire tremper le tout pendant 1 heure dans une casserole, en le recouvrant d'un couvercle bien fermé.


Filtrer, et verser le liquide obtenu dans le bain. 

 

Quelques parfums de luxe connus sont réputés à la lavande.

 

 

médicinales 


 

Une huile à la lavande


Elle soigne les douleurs, les blessures, résorbe les enflures qui peuvent résulter des chutes.

. Mettre à macérer au soleil, dans un bocal transparent, une poignée de fleurs fraîches dans un litre d’huile d’olive ; au bout de trois jours, passer en exprimant à travers un linge, remettre une nouvelle poignée de fleurs fraîches et répéter l’opération jusqu’à ce que l’huile soit très parfumée (ce qui indique qu’elle est saturée des principes actifs de la plante). 

 

Infusion

Contre les maux de tête
.  4 parties de verveine séché
.  2 parties de lavande séchée
.  1 partie d'origan séché
.  quelques clous de girofle
Faire une infusion avec ce mélange.

 


Les scientifiques s’en servent dans les sérums antivenimeux. Les analyses modernes ont montré que l'ensemble des théories philosophiques et traditionnelles à l'origine de toutes connaissances avait raison et que l’huile essentielle tirée de la lavande est un antiseptique (elle tue, à doses infimes le bacille de Koch ainsi que le streptocoque et le pneumocoque) en même temps qu’un remarquable neutralisant du venin. 

 

 

Recettes culinaires de lavande

 

 

 Vin de Lavande :

. 20 g de lavande 

. 1 litre de vin.

Faire bouillir de la lavande fraîche ou séchée cinq à dix minutes dans le vin, filtrer et verser en bouteille stérilisée.

Ce vin qui est un excellent remède du foie, convient comme apéritif ou digestif amer. En boire deux à trois fois par jour, un verre à liqueur chaud, sans sucrer.


 (Recette de Ste Hildegarde qui est connue pour avoir écrit un traité de médecine en plein moyen âge et un livre de recettes d’époques) 

 


. Quelques feuilles fraîches parfument les salades, sucrées ou salées. 
. Les graines, (trouvées dans les épiceries fines et les magasins bio), se marient aux viandes rôties et subliment les tartes aux fruits. 
. Elle est très appréciée dans la préparation des desserts, les fleurs sont infusées dans du lait ou dans un sirop de sucre, ensuite incorporés dans les yaourts, les glaces, les flans. 
. Un brin de lavande relève délicieusement la confiture d’abricots ou de pêches

 

. On trouve actuellement diverses spécialités alimentaires avec aromatisation "lavande", ainsi qu’en liquoristerie.

 

 

 

Fêtes

 

 

Fête de la lavande à Sault en Provence


Toute la journée, la fête de la lavande est ponctuée d’un grand défilé provençal où se succèdent des groupes folklorique en costumes traditionnels, des groupes de musique provençaux, des tambourinaires. Le défilé est complété par des chars et charrettes remplis de lavandes et décorés. Se joignent au défilé de nombreux tracteurs anciens, de vieux vélos, les villages alentours y présentent également leur char-lavande.

 

La fête de la lavande de Ferrassières


Chaque 1er dimanche de juillet, Ferrassières, petit village de producteurs drômois près de Sault sur le plateau d’Albion, célèbre la lavande. La centaine de villageois accueille des milliers de visiteurs en quête de bleu, de violet, couleurs de l’emblématique fleur de Provence . C’est la Haute Provence, celle de Jean Giono à quelques kilomètres du Mont Ventoux. 
 

 

Fête de lavande à Valensole


Le 3e dimanche de juillet. La traditionnelle fête de la lavande est attendue chaque été par de nombreux visiteurs. Au programme : visite des distilleries et des champs de lavande, avec des démonstrations de coupe à la main, des randonnées en calèche, marché du terroir, défilé des lavandières...
 

 

Corso,de la lavande - Digne-les-Bains 


Chaque année à Digne, c'est 10 à 15 000 personnes, qui quotidiennement, prennent part à la manifestation! l'accès y est libre et gratuit, c'est une fête populaire accessible à tous, et c'est aussi l'une des plus importantes manifestation de la région Provence Alpes Cote d'Azur.

Le Corso voit le jour au début du XXème siècle, la première édition vise à valoriser la petite fleur bleue, et la "bourse de la lavande" qui fait de Digne les Bains, la capitale de celle ci.

Le Corso de la lavande, sous sa forme actuelle, naîtra en 1929; interrompu par la seconde guerre mondiale, c'est à partir de 1946 que la manifestation devient régulière dans le temps. Chaque année, le Corso rythme la vie de la préfecture des Alpes de de Haute Provence.
 


 

La route de la Lavande

Balade en Provence, la route de la lavande


De juin à fin juillet la lavande est en fleur ! D'immenses champs de lavande se répandent en Provence pour le plaisir des yeux et du nez. Où, quand et comment profiter de ces magnifiques étendues de lavande ? 


Des Alpes de Hautes Provence au Vaucluse, rendez-vous en plein coeur de la Provence pour admirer les champs de Lavande! Dès le début du mois de juillet, la lavande est en fleur, voilà donc une bonne occasion d’admirer de somptueux paysages, mais aussi de découvrir sa distillation et de trouver de bons produits autour de la lavande.
 

 

 

Musées

 

- musée de la lavande en Ardèche méridionale, dans le village de Saint-Remèze, 

 

 

-  musée de la lavande à Coustellet dans le Luberon.


 

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29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 23:58
 
 
 
Mythologie des fleurs

 
Le souci (Calendula officinalis),
souci des jardins
 
 
 
 
Le Souci ou souci officinal (Calendula officinalis L., 1753), fait partie de la famille des astéracées.
 
C'est une espèce de plantes herbacées pérenne à courte vie souvent cultivée comme annuelle, incontournable de nos jardins, dont la floraison commence aux premiers jours du printemps et se prolonge régulièrement jusqu'aux premières gelées. Il est parfois appelé souci des jardins.  Ses fleurs jaune d'or ou orangé dynamise les massifs, et égaye les bouquets. 

Très commun dans les régions méditerranéennes, le souci officinal croît dans la plupart des jardins et des friches sans avoir besoin d'y être semé, le vent faisant office de jardinier. Ses graines survivent à des froids intenses.
 
Le souci fait entre 40 et 70 cm de haut suivant les variétés.

 
 

 
 
 
 
 
 
Les capitules du souci sont radiés et produisent trois types différents d'akènes peu semblables les uns par rapport aux autres. 

Les fleurons centraux donnent des akènes courbés striés et couverts d'excroissances rugueuses. Les fleurons ligulés à la périphérie de l'inflorescence donnent quant à eux des fruits beaucoup plus gros et lignifiés, soit allongés portant des excroissances en crochet dures, soit larges portant de courts crochets et comportant des côtes aplaties et rigides. 

Ils se propagent aisément de trois formes de semences  différentes : 

Ceux allongés griffus s'accrochent parfois aux vêtements ou aux poils des animaux , tandis que ceux aplatis traînent au sol et sont déplacés sous l'effet du vent alors que les akènes centraux étroits en forme de "lunes" tombent simplement au sol. La plante pratique ainsi la barochorie, l'épizoochorie et l'anémochorie dans une moindre mesure.

Les graines du Souci se ressèmeront donc assez spontanément, car leur germination ne sera pas freinée par le froid,  et elles se contentent de tous types sols, pourvu qu'elles soient au soleil une bonne partie de la journée.

 


 

Je t'aime, souci misérable,

Je t'aime, malheureuse fleur,

D'autant plus que tu m'es semblable

Et en constance et en malheur.


Gilles Durant (1554-1615)

 


 

Toutes les parties du Souci officinal ont une odeur aromatique forte, et leur saveur est amère.


..Le nom vernaculaire de "souci" vient du latin solsequia  "qui suit le soleil", (sol, "soleil", et sequi, "suivre") qui a donné "solsie", "soucy" puis "souci". L'épithète spécifique officinalis signifie "officinal...

 

Autres noms du souci :


calendula, calendule, fleur de tous les mois, souci des jardins, souci des jardiniers, souci cultivé, souci officinal, grand souci, souci du poète, épouse de l’été, épouse du soleil, cadran du mari, fleur de vache, fleur de taureau, fleur dorée de Marie (le "marigold " anglais), marianne, fleur d’or, fleuron, fleuron d’or, flamme, herbe brillante, jaune d’œuf, safran du pauvre homme, ivrogne, campagnard, dragon d’eau, merveille, fleur du chagrin, fleur de la mort.


 

Variétés :


le Resina aux abondantes fleurs jaunes, 


 

Le Porcupine à l’allure de dahlia,

 

 

Le bonbon Orange


 

le Snow Princess

 


Doubles variés


 

Pot Marigold,

 
 

Sherbert Fizz


 

 

Baby Orange

 

 

Pacific Beauty


 

Calypso

 

 

Touch of Red Mix

 

 

 

Le souci des champs (Calendula arvensis),

ou souci sauvage, ou souci des vignes,

 

est plus petit avec des graines du centre un peu différentes. Ses parties ont les mêmes propriétés que le souci officinal.

 

 

 

Les soucis (souci sauvage et souci du jardin) sont des plantes qui fleurissent partout en Europe de mai à octobre et attirent une grande diversité d’auxiliaires dont de nombreux pollinisateurs. 

 

 

 

Mythologie grecque 

 

Quatre nymphes des bois tombèrent éperdument amoureuses du dieu Apollon et en conçurent de la jalousie les unes pour les autres. 


Cela dissipa tant leur attention qu’elles finirent par négliger leurs obligations auprès d’Artémis (Diane), qui s'en offensa. Intraitable, elle les métamorphosa en quatre soucis blancs et ternes, à la vue desquels Apollon s’affligeait.

 

Il ne pût pas faire autre chose que d’en colorer les fleurs à l’aide des rayons du soleil. 


C’est depuis ce jour que le souci porte des capitules jaune d’or ou orange qui déplacent leur tête selon la course du soleil, pour rappeler l’amoureux souvenir des nymphes qui n’eurent d’yeux que pour le lumineux Apollon (Phœbus).

    
Le Dominiquin  (1581–1641) - Diane et ses Nymphes - v. 1616 -1617


 


 

 

Mythologie Nordique

 

 

Le souci (Calendula) fut d’abord voué à la déesse germanique Freyja. Il inspirait des rêves prémonitoires et sa couleur orange ou or éveillait la force et la vitalité. Cette fleur appelée aussi "fiancée du soleil" s’ouvre aux moments décisifs de la course solaire et rappellent par leur forme l’astre du jour, et a depuis toujours été sacrée.


Aussi magique que sacré, le Calendula était indispensable pour la confection des philtres d’amour.


Freyja est considérée comme une déesse de l'amour, de la beauté, de la terre et de la fertilité. Elle est belle, parfois rousse ou blonde, et on l'invoque pour être heureux en amour. On la sollicite de même pour obtenir de bonnes saisons. Elle était la déesse de l'intimité, de la richesse, de la magie, des prophéties. 

Freyja par G. Klimt

 

 

 

Mythologie chrétienne

 


Le souci est appelé "Marigold" en Angleterre.


C’est parce que le souci fleurit pendant presque toutes les célébrations dédiées à la Vierge Marie, qu’il porte ce nom d’or de Marie. 

 

Ce sont des fleurs qui composent les bouquets qui lui sont offerts.


"Dans la tradition chrétienne, la légende veut que Marie utilisa des fleurs de souci comme pièces de monnaie lorsqu’elle se rendit en Égypte accompagnée de Joseph et de l’enfant Jésus. Les voleurs dérobèrent son sac et y découvrirent des fleurs de souci au lieu de pièces de monnaie."


Son parfum aromatique très puissant et spécial,  qui en a fait un symbole de Rachat après la Mort. Il symbolisait la vie éternelle et passait pour la fleur de cimetière par excellence. 

 

 

 

VIII - IX° siècle

 

 


Le souci (solsequiam - Calendula officinalis)

fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux Charlemagne (v. 742-814) dans le "capitulaire De Villis".


Charlemagne fait part, à destination des villici, les gouverneurs de ses domaines (villæ, villis), d'un certain nombre d'ordres ou de recommandations qui pourront être contrôlés par les missi dominici ("les envoyés du maître"). 

Le capitulaire De Villis, ou plus exactement le Capitulare de Villis vel curtis imperii (ou imperialibus) est un acte législatif (fin du VIII°, début IX° siècle).

Depuis la période de L’école de médecine de Salerne , le  nom scientifique du souci, calendula,  proviendrait du latin calandæ, qui désigne les calendes, c’est-à-dire le premier jour de chaque mois. 

L’école de médecine de Salerne (ou Schola Medica Salernitana)  première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge (vers le IX° siècle), et l'une des plus importantes (apogée au XI° et XII° siècle).

 

 

 

XII° siècle

 

 

Répertorié dans les jardins depuis le XII ème siècle le Souci officinal possède des vertus exploitées dans de nombreux domaines. C'est d'abord une plante tinctoriale, qui sert donc de pigment. 

 

Hildegarde de Bingen (1098-1179) nonne bénédictine mystique, compositrice et femme de lettres franconienne, Sainte de l'Église catholique, considérée comme la première naturaliste d'Allemagne. Elle est aussi médecin, son double don de voyance et de guérisseuse en fait l’un des plus renommés de son temps. 


Dans son ouvrage, "Causae et Curae" (causes et remèdes), Hildegarde de Bingen témoignait déjà de l’emploi du souci comme plante médicinale sous le nom de "ringula", Ringelblume se traduit par souci en allemand.


Elle exploitait ses puissantes propriétés pour guérir ulcérations cutanées et démangeaisons occasionnées par la gale et l’impétigo du cuir chevelu. Il est alors déjà un excellent topique. Elle le prescrit également en cas de troubles intestinaux.

 

 


Saint Albert le Grand (Albert de Cologne et Albertus Magnus, v.1200-1280) frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste,

 
recommande l'usage du souci  contre les troubles de l'intestin, du foie et de la rate, comme cicatrisant et antidote contre les intoxications, poison, les piqûres d'insectes et morsures de serpents. 

 

Friedrich Walther, Albert le Grand


 

 

 

XV° siècle

 

 

En 1498, on rencontre dans l’Arbolayre "Le grant herbier en françois" (le grand herbier en français) :


..."la première mention concernant les qualités emménagogues du souci,  on appelle emmenanogues des plantes médicinales qui stimulent le flux sanguin dans la région pelvienne et l'utérus et peuvent traiter la dysménorrhée ou l'aménorrhée."...

 


 

 

XVI° siècle

 

 

Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne


Jean Bourdichon (1457-1521) enlumineur


Calendula offîcinalis L. = souci cultivé 

Franche souscicle - Species calandula

 


 

 

Otto Brunfels , Otto Brunfels (ou Otho Braunfels, Othon Brunfels 1488-1534) botaniste et humaniste allemand.

Herbarum Vivae Eicones ad naturae imitationem

Caltha - Ringelblum = Souci


 


 

Puis, la forme solsequia s’est transformée en soulcil, comme l’écrit Rabelais au XVI ème siècle, 

..."Le soulci et l'ancolie croistront plus que de coutume"...

Puis soulcie, soucie, et enfin souci, mot apparu vers 1540

 

 

Matthiole en 1554, puis par Mathias (ou Mathieu) de l’Obel (ou de Lobel ou Delobel, en latin Lobelius 1538-1616) médecin et botaniste flamand, considérait le souci comme modérateur des flux menstruels exagérés et remède à leur insuffisance.

..."Pour provoquer et aussi faire courre les fleurs qui sont retenues"... :

autrement dit, réguler la fonction cataméniale. Matthiole dit en avoir obtenu de très bons et très nombreux effets.

 

 


Au XVI° siècle en Italie, les médecins recommandent son emploi pour faire une décoction soignant les maux des yeux.

 


 

 

Pierre De Ronsard (1524-1585), un des poètes français les plus importants du XVI° siècle.



Le Souci

 

"Je veux chanter, Cherouvrier, le Souci,

Qui te plaît tant et qui me plaît aussi;

Non les soucis dont Amour me fait guerre,

Mais les soucis étoiles de la terre :

Ainsi les Soleils des jardins, tant ils sont

Jaunes, luisants et dorés sur le front. [...]
 

Soit que ma Dame autrefois m'ait donné

Ta couleur jaune, ou que l'âme inclinée

A voir, sentir et contempler ta fleur,

Sur tous parfums estime ton odeur,

Jamais repas ne me fut agréable,

Si ton bouton n'enfleurit une table,

Salade, pain et toute la maison

Aux plus beaux mois de la prime saison."


 

 

 

Gilles Durant, sieur de la Bergerie (1554-1615) avocat au parlement de Paris connu comme un des auteurs de la Satire Ménippée.

on lui doit aussi d’autres poésies, Odes, chansons, sonnets...
 

 

 

A une fleur de souci

 


J'aime la belle violette

L'oeillet et la pensée aussi ;

J'aime la rose vermeillette,

Mais surtout j'aime le souci.

 

Belle fleur, jadis amoureuse 

Du Dieu que nous donne le jour,

Te dois-je nommer malheureuse

Ou trop constante en ton amour ?

 

Ce Dieu qui en fleur t'a changée

N'a point changé ta volonté ;

Encor, belle fleur orangée,

Sens-tu l'effort de ta beauté.

 

Toujours ta face languissante

Aux rais de son oeil s'épanouit

Et quand sa lumière s'absente,

Soudain la tienne se ternit.

 

Je t'aime, souci misérable,

Je t'aime, malheureuse fleur,

D'autant plus que tu m'es semblable

Et en constance et en malheur.

 

J'aime la belle violette

L'oeillet et la pensée aussi ;

J'aime la rose vermeillette,

Mais surtout j'aime le souci.


 

 

 

XVII° siècle

 

 

Jean Bauhin (1541-1612) médecin et botaniste,  


En 1570, il est appelé à la cour du duc de Wurtemberg à Montbéliard, où il demeure comme médecin jusqu'à sa mort. Il eut la direction du jardin botanique, les Grands jardins, le troisième en Europe par ancienneté. 


En 1619, paraît Historiæ plantarum generalis novæ et absolutæ Prodomus mais son œuvre principale est "l'Historia plantarum universalis", une compilation de tout ce qui était connu de son temps en botanique,


 


 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Philippe Habert (1604-1637) Capitaine de l'artillerie, poète français.


La guirlande Julie  - 1641

 

Souci

 


Ne pouvant vous donner ni Sceptre, ni Couronne,

Ni ce qui peut flatter les cœurs ambitieux,

Recevez ce Souci, qu’aujourd’hui je vous donne

Pour ceux que tous les jours me donnent vos beaux yeux.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage.

 
Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Philippe Habert (1604-1637) Capitaine de l'artillerie, poète français.


Madrigal.


La guirlande Julie  - 1641

 

 

Le souci.

 

Faut-il donc que la Rose ait sur moi l'avantage

D'étaler ses beautés dessus votre visage,

D'y charmer tous les cœurs et d'y donner des lois ?

Luisez, Astre vivant, dessus ma dernière heure, 

Une jalouse ardeur ordonne que ie meure,

Pour un second Soleil, une seconde fois.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Guillaume Colletet (1598-1659) poète et essayiste français


La guirlande Julie  - 1641

Madrigal.

 

Le souci au soleil.



Quoi que tu sois pourvue d'un éclat non pareil,

Ce n'est pas de ton feu que je suis embellie;

Si je suis la Fleur du Soleil,

C'est du Soleil qui luit dans les yeux de Julie.


 


 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Georges de Scudéry (1601-1667) romancier, dramaturge et poète français.

La guirlande Julie - 1641

Madrigal

 

Le souci.

 

Jadis les rigueurs du Soleil

Me coûtérent la vie ;

J'attends un accident pareil

A cause que j'ai même envie ;

Mais il m'importe peu qu'elle me soit ravie,

Puis-que, même après le trépas,

Je sais l'art de suivre ses pas.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Georges de Scudéry (1601-1667) romancier, dramaturge et poète français.

La guirlande Julie - 1641

Madrigal

 

 

Les soucis et les pensées

 

Son beau teint ne peut supporter

D'autres merveilles que les siennes.

Par lui la rose est sans couleur,

Les oeillets ont perdu la leur,

Les tulipes sont effacées,

Les lis n'ont plus de pureté,

Et pour toi rien ne m'est resté

Que des Soucis et des Pensées... 


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

La guirlande Julie  - 1641

Madrigal


 

Le souci

 


Si l'on vous donne un lys, un oeillet, une rose,

Je peux vous présenter aussi 

Un triste et languissant souci

Le sort ne me laisse autre chose ; 

Je souffre une telle douleur

De vous offrir la moindre fleur

Qu'on verra dans votre couronne,

Que je deviens ce que je donne.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Claude Malleville (1597-1547), poète français, l'un des premiers membres de l'Académie française en 1634.


La guirlande Julie  - 1641

Sous le nom de Clytie.

Madrigal.

 

Le Souci,

 


Mortels, qu'on ne m'accuse pas

D'être infidéle, ni volage,

Bien qu'un miracle de cet âge

Ait pris mon âme en ses appâts;

Je puis sans crime, et sans folie,

Chérir cet objet non pareil;

Aimer Apollon, ou Julie,

C'est toujours aimer le Soleil.

 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Robert Arnauld d’Andilly (1589 -1674), conseiller d’État,  poète, écrivain et traducteur du français classique au XVII° siècle. 


La guirlande Julie  - 1641

sous le nom de Clytie.

Madrigal.

 

 

Le souci,

 


Je suis l'Amante, et l'Image

De l'Astre étincelant qui règne dans les Cieux,

Et je puis sans orgueil prétendre l'avantage

De parer son front glorieux;

Mes rivales ont eu l'audace,

Dans leur plus superbe appareil,

De t'oser demander ma place;

Mais, incomparable Soleil,

Plus digne de mes vœux que celui qu'on adore

Nulle dans l'Empire de Flore

Ne me peut disputer cet honneur sans pareil.

Je n'exalte point ma naissance,

Je ne vante point mes appâts ;

 

Pour concevoir cette espérance,

J'ai ce que les autres n'ont pas :

De rayons éclatants je suis environnée ;

Telle est ma destinée,

Que tu ne peux qu'à moi cette gloire donner:

Qui pourrait, qu'un Soleil, un Soleil Couronner ?

 

 

 

1654


Les Devises de Mr de Boissière, 

avec n traité des règles de la devise...


Éditeur    Augustin Courbé, 1654


"Le souci dans les emblèmes désigne le soleil."


 

 

 

Nicholas Culpeper (1616-1654), médecin et botaniste d'orientation astrologique.


Son herbier publié au XVII° siècle est l'un des grands classiques de la phytothérapie britannique,

 

Il aimait les herbes depuis son enfance et est devenu expert dans leur identification, indispensable à l'époque où presque tous les maux étaient traités avec des plantes. Les plantes médicinales servaient de manuels aux médecins dans lesquels chaque plante était nommée avec ses "vertus" ou ses utilisations. 

 

"Il ne jurait que par le Calendula pour fortifier le cœur."

 

 

 

Dresde, 1694

Samuel Muller  

Vade-Mecum curiosum medicum et chirurgicum. 

ou livret d'herbes complémentaire : Dans celui-ci sont présentées les herbes et plantes les plus nobles les plus couramment utilisées.

Il y dresse une liste de maux sur lesquels le Calendula agirait. 
 

 

 

XIX° siècle

 

 

Bernard Peyrilhe (1735–1804) chirurgien français, connu comme l'un des fondateurs de l'expérimentation su, le cancer, maître de conférences à l'École de chirurgie de Paris (École de chirurgie).


En 1773, il a écrit la première revue systématique du cancer dans un essai primé qu'il a soumis à la Académie des lettres et des beaux-arts de Lyon en réponse à un concours de rédaction intitulé Qu'est-ce que le cancer ?.


En 1804, il attribue des qualités "narcotiques" au souci et dit de lui que :


"c’est une plante excellente, très usitée comme emménagogue domestique". 


 

 

 

François-Joseph Cazin (1788-1864) médecin français.

Auteur d'un imposant Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes. Il  est considéré comme "l’ancêtre de l’école française de phytothérapie".


..."Le souci, dont la médecine moderne fait à peine usage, et auquel les gens de la campagne accordent par tradition mille propriétés plus merveilleuses les unes que les autres, a été considéré comme stimulant, antispasmodique, sudorifique, emménagogue, fébrifuge, fondant"...


 

Joseph Roques (1772-1850) médecin et botaniste français.

Nouveau traité des plantes usuelles, spécialement appliqué à la médecine domestique, et au régime alimentaire de l'homme sain ou malade
..."Calendula officinalis


Cette espèce croît naturellement dans les provinces méridionales de la France, et sur les côtes de Barbarie. Elle a beaucoup de ressemblance avec le souci des champs, dont elle diffère néanmoins par ses feuilles  en forme de spatule, et par ses fleurs plus grandes, plus nombreuses, d'un  jaune plus foncé. Les semences du centre sont courbées en arc, hérissées, celles de la circonférence élargies, creusées, en forme de nacelles. 


On cultive cette plante dans les jardins, où elle produit plusieurs variétés remarquables par la teinte plus ou moins foncée des fleurs.


On attribue à ces deux espèces les mêmes propriétés. Toutes les parties manifestent un e saveur acidule, légèrement amère. Les fleurs exhalent, une odeur forte, un peu vireuse, et donnent à l'analyse un  principe éthéré très subtil, et une matière gommo-résineuse. On recommande le suc exprimé de la plante fraîche, à la dose de trois ou quatre onces, dans les affections scorbutiques, dans l'engorgement des viscères abdominaux, la menstruation laborieuse, etc... On p

rescrit aussi les feuilles et les fleurs en infusion dans l'eau ou dans le vin.
Ces plantes ont beaucoup perdu de leur réputation ; elles figurent encore dans la pharmacologie, mais aucun mèdecin ne les emploie.
Les laitières de Paris se servent quelquefois de la fleur du souci pour colorer le lait qu’elles ont écrémé et délayé ; mais cette addition lui donne un goût désagréable"...


On procédait ainsi dès la fin de l’automne, pour non seulement en rehausser la couleur – le lait d’hiver étant plus pâle – mais également en augmenter la teneur en provitamine A dont est riche le souci.


Outre qu'autrefois on en colorait le lait, ce qui jaunissait le fromage et le beurre obtenu avec lui,  on s'en servait parfois à teindre les cheveux et le textile, 

 

Félix Fortuné Delarue, (Amiens, en 1794), dessinateur-lithographe
1827
Estampe, Arts graphiques
Institution :Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 


 

L’abbé Sébastien Kneipp ( 1821-1897) prêtre catholique bavarois à l'origine de cures (thérapies) naturelles (soins par l'eau froide, les plantes, etc...) portant son nom (en allemand Kneipp-Kur).


A la fin du même siècle, il se pose comme l’ardent défenseur du souci, plante qui trouva un usage inattendu comme hémostatique sur les champs de bataille lors de la Guerre de sécession américaine.
 

 

 

Eduard Winkler (1799-1862), un botaniste, érudit et professeur allemand

estampes médicinales 1832-34

Calendula officinalis L - Gemeine Ringelblume - souci


 

 

Grandville, ou Jean-Jacques Grandville, pseudonyme de Jean Ignace Isidore Gérard, (1803-1847) caricaturiste, illustrateur et lithographe français.

Scabieuse et Souci -

Mourning Bride and Marigold -

Scabiosa et Calendula.


 

 

1876

 

Felipe Santiago Gutiérrez (1824-1904) peintremexicain, connu principalement pour ses portraits. 

Femme indienne au souci, 1876

(Indian Woman with Marigold,1876)


 

 

 

1887

 

"Les Plantes médicinales de Köhler" 

est un rare guide médicinal allemand en trois volumes publié en 1887. Cet ouvrage, écrit principalement par Hermann Adolph Köhler (1834-1879), médecin et chimiste, 


Calendula officinalis


 

 

 

1891

 

Amédée Masclef (1858-1916) abbé et botaniste 

Atlas des plantes de France utiles, nuisibles et ornementales.

Edité par Paul Klincksieck en 1891

Souci des champs - calendula arvensis


 

 

 

XX° siècle

 

 

1909

 

Koloman Moser  (1868-1918) peintre et décorateur autrichien, représentatif de l'Art nouveau de Vienne.

Soucis

Ringelblumen

Musée Léopold  - Vienne


 

 

Félix Édouard Vallotton (1865-1925)
peintre et graveur franco-suisse

vase de soucis et oranges


 


 

Jean Édouard Vuillard (1868-1940)

peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français.

Les Soucis


 

 

 

Marthe Moisset (1871-1945)

peintre art nouveau

Composition florale avec soucis dans un vase en Delft

 

 

 

 

Marthe Moisset (1871-1945)

peintre art nouveau

Bouquet de soucis

 

 

 

1934 

Lucien Robert Martrinchard (1843-1914) peintre bordelais 

bouquet de soucis avec cloche de verre  


 


 

Gaston Bouy (1866-1943) peintre français

19ème siècle

Art Nouveau

Bouquet de soucis


 

 

 


Atlas des plantes de jardins et d'appartements exotiques et européennes

Désiré Bois (1856-1946)

Souci calendula officinalis


 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs, et son premier recueil, Flower Fairies of the Spring, est publié en 1923. 


 

Fées de fleurs de souci

 

Grand Soleil au-dessus de moi dans le ciel,

Si doré, glorieux et haut,

Mes pétales, voyez, sont dorés aussi ;

Ils brillent, mais ne peuvent pas briller comme vous.

 

Je répands beaucoup de graines autour ;

Et là où ils tombent sur le sol,

Plus de soucis jailliront, plus de fleurs

Pour s'ouvrir largement aux heures ensoleillées.

 

C'est parce que je t'aime tant, que

je me tourne pour te regarder aller ;

Sans votre lumière, aucune joie ne pourrait être.

Regarde en bas, grand soleil, et brille sur moi !

 


 

 

Selon le  chanoine Paul-Victor Fournier (1877-1964), botaniste français, 

(Les quatre flores de France, parue en 1940), 


..."Le nom scientifique Calendula date du Moyen Âge. L'étymologie provient du latin calendae (premier jour du mois chez les Romains), peut-être pour souligner le fait qu'il fleurit toute l'année, "probablement avec un sens analogue à calendrier, almanach, indicateur météorologique : 

les capitules ont la particularité de se fermer la nuit et de se rouvrir dès que le soleil est suffisamment haut dans le ciel (phénomène de nyctinastie)"...

 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Chantefables et Chantefleurs, 

 


Le Souci


Et pour qui sont ces six soucis ? 

Ces six soucis sont pour mémoire. 

Ne froncez donc pas les sourcils, 

Ne faites donc pas une histoire, 

Mais souriez, car vous aussi, 

Vous aussi, aurez des soucis. 


 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

 

 

La fleur de souci

 

Ayant dit ayant fait

Ce qui me plaît

Je vais à droite je vais à gauche

Et j'aime la fleur de souci

Je vais à droite je vais à gauche

Je bois du vin je bois de l'eau

Chantant faux mais chantant fort

Et j'aime la fleur de souci

 

Chantant faux mais chantant fort

Quand le diable y serait

Je l'inviterais

S'il aime la fleur de souci

Je l'inviterais

Comme j'invite tous les bons camarades

à partager mon verre et ma chanson

Et à vider nos verres sur la fleur de souci


 

 

 

En 1937, le médecin allemand Wolfgang Bohn  (1871-1942) Docteur en psychologie, Spécialiste du bouddhisme considère non seulement le souci comme un préventif du cancer, mais il affirme aussi que c’est :

"l’une des médications les plus puissantes contre la décomposition du sang cancéreux et contre le cancer inopérable". 

 

Cette dernière propriété, a été relayée encore récemment par Jean Valnet (1920-1995)  médecin et chirurgien militaire français, qui a été l'un des artisans du développement de ce qu'on a pu appeler la branche française de l'aromathérapie, rebaptisée phyto-aromathérapie. 

Dans les années 1970, il constate :

"que la pommade de souci remplace très avantageusement la biafine dans le traitement des dermites provoquées par la radiothérapie."


 

 

 

1964

Bernard Buffet  (1928-1999) peintre français expressionniste,


bouquet de soucis dans un vase

 

 

 

1977

Bernard Buffet  (1928-1999) peintre français expressionniste,


Des soucis dans un vase

 

 

 

Julien Duriez (1900-1993) - peintre

Bouquet de soucis dans un pot en grès


 


 

Yves Paccalet, dans son 

"Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe 

(Éditions Robert Laffont S. A., 1992)  il évoque brièvement le Souci :

 

11 novembre
(Beaulieu-sur-Mer)


    [...] Sur le tas d'ordures, un souci jaune-orange a poussé - simulacre de soleil à vingt rayons-ligules...

Lors de la longue histoire thérapeutique d’une plante, l’on découvre, l’on ajoute, plus l’on retranche pour diverses raisons telle ou telle propriété : c’est ce que l’on peut voir chez Bisset et Wichtl (Herbal Drugs & Phytopharmaceuticals, 1994), ouvrage dans lequel ces auteurs battent en brèche les vertus du souci sur les sphères hépatobiliaires et stomachiques que vantait Fournier dans les années 1940.


 

 

 

XXI° siècle

 


François Couplan (1950) ethnobotaniste et écrivain français, spécialiste des utilisations traditionnelles des plantes sauvages comestibles, qu'il a étudiées sur les cinq continents et dont il est pionnier en Europe.

 


Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les plantes comestibles, la nature et la santé, chez plusieurs éditeurs :


- Mangez vos soucis : Plantes ornementales comestibles et leurs usages, Paris, Sang de la Terre, 2011 (1re éd. 1983), 224 p. 

Depuis des siècles, nous ornons nos intérieurs, nos balcons et nos jardins d'une multitude de végétaux aux propriétés souvent méconnues. Plusieurs de nos plantes d'ornement classiques comptaient en Amérique, en Asie ou en Afrique subsaharienne parmi les légumes, les fruits ou les condiments favoris de divers peuples. Ce livre, qui mélange allègrement cuisine et botanique, fait le point sur ces traditions oubliées et sur les vertus cachées de nos plantes favorites. Il présente une soixantaine d'espèces courantes dans des fiches exhaustives réunissant origine, culture, description et recette. Du bégonia au chrysanthème, en passant par la capucine, le géranium et le yucca, ces fleurs aux propriétés gustatives rares nous prouvent que l'on peut allier plaisir des yeux et de l'estomac.Depuis des siècles, nous ornons nos intérieurs, nos balcons et nos jardins d'une multitude de végétaux aux propriétés souvent méconnues. Plusieurs de nos plantes d'ornement classiques comptaient en Amérique, en Asie ou en Afrique subsaharienne parmi les légumes, les fruits ou les condiments favoris de divers peuples. Ce livre, qui mélange allègrement cuisine et botanique, fait le point sur ces traditions oubliées et sur les vertus cachées de nos plantes favorites. Il présente une soixantaine d'espèces courantes dans des fiches exhaustives réunissant origine, culture, description et recette. Du bégonia au chrysanthème, en passant par la capucine, le géranium et le yucca, ces fleurs aux propriétés gustatives rares nous prouvent que l'on peut allier plaisir des yeux et de l'estomac.

 

 

 

Blanche Odin (1865-1957) aquarelliste française, 

Bouquet de soucis


 

 

 

Thierry Méheut

artiste peintre jurassien

Bouquet de soucis.


 

 

 

Anne Siems (1965) peintre suisse

garçon avec calendula 2017


 


 

Boy's Love Hana Collection 4 Mai 2018

calendula of limbo

Bandes dessinées / Comics / Mangas


À son réveil, Calen se trouvait au pays de morts et ne se rappelait absolument rien, si ce n'est qu'il était soldat. À présent, il doit vivre dans les Limbes en compagnie de Makoto, l'un des gardiens des lieux, et expier ses péchés en accomplissant la mission que Dieu lui a confiée : travailler en tant que shinigami. Ses sentiments envers Makoto, toujours là pour le soutenir et l'aider, vont grandir au fil du temps. Malheureusement, ce dernier est voué à disparaître... car il n'est rien d'autre qu'un golem, un homme façonné dans de la terre glaise.


 

 

 

Jari Duran peintre impressionniste

soucis et citrons

 

 


Mai Phan Van. peintre

Bouquet de soucis


 

 

Mochipanko - art

mains et soucis


 

 

 

2021, l'année du Souci (Calendula)


Pour l’Association Fleuroselect, 2021 est l'année du souci (Calendula) et de la Courgette. De vastes plantations de Calendula seront présentées dans des parcs publics de haut niveau, afin de montrer aux consommateurs finaux la diversité de cette plante polyvalente. Pas moins de 80 variétés ont été collectées auprès des membres de Fleuroselect. Des présentations sont prévues dans les jardins de la Royal Horticultural Society, Harlow Carr et Hyde Hall au Royaume-Uni, dans l’Ega Park à Erfurt et sur l’île de Mainau en Allemagne ainsi qu’au Jardin des Plantes (Muséum national d’Histoire naturelle de Paris).

Vous pourrez découvrir et admirer ces plantes annuelles dans toutes leurs diversités, l'occasion peut-être de choisir les variétés qui vous auront le plus séduit pour les semer ou les planter l’année prochaine dans votre jardin, sur votre terrasse ou sur votre balcon.


 


 

Constituants du souci

 

Parmi la multitude de constituants du calendula officinalis on trouve :


- des huiles essentielles, 

- Caroténoïdes

- Flavonoïdes

- Triterpendioles

- Acide salicylique et alcools.

- Acide oléanolique, 

- Acide vanillique, 

- Acide caféique, 

- ainsi que bien d'autres acides.


 

 

 Le souci en cuisine

 

C'est également une plante comestible (jeunes feuilles, capitule frais ou séché).

Surnommée aussi le "faux safran" de part sa couleur orangée, ses pétales et ses feuilles fraiches hachées relèvent très bien une salade de feuilles de violettes (Viola odorata) et de mauves (Malva sylvestris).


Les boutons floraux du souci officinal et du souci des champs peuvent être confits au vinaigre avant qu'ils ne s'ouvrent. On peut aussi les faire sauter "pour accompagner les grillades". 


Les fleurs agrémentent les salades. On peut aussi en collecter les pétales et les ajouter au dernier moment au riz et aux pâtes. Elles y apportent de la couleur et une tonalité douce amère agréable. 


 

 

 

Usage du souci

 


Le souci est une plante tinctoriale, d'utilisation domestique. Il fournit une couleur jaune crème, obtenue par une décoction de ses fleurs, peinture végétale (écraser quelques pétales dans un peu d'eau chaude, pour le bonheur des enfants).

Le souci fournit aussi une source de colorant alimentaire non toxique, notamment utilisé pour foncer les beurres.


 

 

 

Thérapeutiques du souci

 

La Calendula officinalis est depuis longtemps utilisé en médecine traditionnelle. Les fleurs fraîches ou à peine séchées servent à préparer infusions et alcoolats qui ont notamment des propriétés anti-inflammatoires, anti-œdémateuses, antioxydantes, anti-virales, anti-tumorales, spasmolytiques, hypocholestérolémiantes et immunostimulantes.

 

En usage externe (teinture mère), c'est un excellent anti-inflammatoire (peau et muqueuses, intimes ou non), anti-œdémateux et antivenimeux. Il est antibactérien, antiviral, antifongique et cicatrisant.

 

On en fait aussi de l'huile ou de la lotion, particulièrement recommandée poue la fraîcheur du teint.

 

 

Thérapeutiques du souci

 

La Calendula officinalis est depuis longtemps utilisé en médecine traditionnelle. Les fleurs fraîches ou à peine séchées servent à préparer infusions et alcoolats qui ont notamment des propriétés anti-inflammatoires, anti-œdémateuses, antioxydantes, anti-virales, anti-tumorales, spasmolytiques, hypocholestérolémiantes et immunostimulantes.

 

En usage externe (teinture mère), c'est un excellent anti-inflammatoire (peau et muqueuses, intimes ou non), anti-œdémateux et antivenimeux. Il est antibactérien, antiviral, antifongique et cicatrisant.

 

On en fait aussi de l'huile ou de la lotion, particulièrement recommandée poue la fraîcheur du teint.

 

Selon l’Organisation mondiale de la santé le souci peut être considéré comme "un traitement externe des plaies superficielles, des inflammations modérées de la peau et de la muqueuse orale, des blessures et des ulcères veineux".

 

"Le calendula fait partie de la même famille que l’arnica (les astéracées) et possède des propriétés réparatrices et protectrices. Il contient des antioxydants naturels et stimule le renouvellement cellulaire."

 

Le souci peut stimuler légèrement la production d’œstrogène.


 

 

 

Agronomie du souci


En agriculture, le souci des champs est utilisé depuis plus de trente ans pour la lutte biologique intégrée comme plante hôte de Macrolphus pygmaeus, notamment sur cultures de tomates ou d'aubergines. 


 

 

 

Astrologie du souci

 


D'un point de vue astrologique, l'on peut dire que le souci est une fleur lunaire dans le sens où il résorbe les œdèmes et s'avère être un puissant cicatrisant.


 

 

 

Propriétés Magiques 

du souci

 

On dit que :


. Les guirlandes de Souci tendues sur les montants de porte empêchent le mal d'entrer dans la maison.


. Dispersées sous le lit, les fleurs de Souci vous protègent pendant que vous dormez et vous permettent d'avoir des rêves prophétiques. Ceci est particulièrement efficace pour découvrir l'identité d'un voleur qui vous aurait dépouillé ou cambriolé.

 

Rêver de soucis est réputé de bon augure, annonçant un mariage heureux. 



. Ajoutées à l'eau du bain, les fleurs de Souci aident à gagner le respect et l'admiration de tous ceux que vous croisez. 

 

. L'huile de souci est employée pour concocter des sortilèges d'amour, par exemple pour identifier en rêve son futur amour. 


. Dans l'élaboration des sortilèges, le souci confère une aura bénéfique. Pour préserver au maximum ses propriétés, on doit le cueillir à midi. 

 

. On dit aussi que lorsqu'il est cueilli à midi (heure solaire), le Souci renforce et soulage le coeur.

 

. Regarder les fleurs lumineuses du Souci renforce la vue, et porté dans la poche il aide à ce que la justice soit de votre coté lors d'un procès.

 

. On pensait que la seule vision de la couleur éclatante de ses pétales apportait la force et réconfortait les gens souffrant de dépression nerveuse. 


. Il est dit que si une fille foule avec ses pieds nus, les pétales d'une fleur de Souci, un soir d'été où la, lune est bien visible, elle comprendra quelques heures, les langues des oiseaux.


. En tant que fleur "qui ne fane jamais", il suffisait qu’une jeune fille la plantât ou la semât dans les pas de son amoureux pour être sûre de l’attirer à elle à jamais, qu’il le veuille ou non.


. Les sorciers espagnols prescrivaient de porter en talisman  des fleurs de Souci, cueillies quand le Soleil entre en Vierge, accompagnées d’une dent de loup, le tout enveloppé dans des feuilles de Laurier. 


 

 

 

Langage des fleurs


Le souci peut signifier :

 


 

. La beauté et la chaleur du soleil levant

. Gagner l’affection de quelqu’un grâce au travail acharné

. La créativité et la volonté de réussir

. Le désir de richesse

. La cruauté et la froideur liée à la jalousie

. Les offrandes sacrées aux dieux

. Promouvoir la joie et la bonne entente dans la relation

. Se souvenir des morts et leur rendre hommage

. Si les soucis ont pu avoir quelques connotations négatives ces dernières     années, 
  - Le désespoir et la douleur de la perte de l’amour, la plupart de son sens reste positif dans notre époque actuelle.

 

En Chine, il est associé à la longévité

En  Inde au dieu Krishna, le berger délivrant son enseignement sur l'amour et le savoir.


 

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 21:10
 
 
 
Mythologie des fleurs
 
Le coquelicot - le pavot
 
 
 

 

Flamboyant aux pétales de soie, ondulant au gré du vent....le coquelicot est une fleur éphémère de l'été, formant de grandes nappes rouge écarlate,  imposant sa légèreté et ses vives couleurs sur tous les terrains, des champs de blé mûr jusqu'à l'orée des villes.

Fleur sauvage aux nombreuses vertus, le coquelicot cache bien des secrets…


Et sous le corsage blanc, Là où battait son coeur,

Le soleil, gentiment, Faisait vivre une fleur :

Comme un petit coquelicot, mon âme !

Comme un petit coquelicot.


Raymond Asso (1901-1968) parolier français - chanson de Mouloudji

 


Papaver est un genre de plantes de la famille des Papaveraceae, originaire des régions tempérées et froides d'Eurasie, d'Afrique et d'Amérique du Nord, qui comprend une cinquantaine d'espèces acceptées. 

Ce genre comprend notamment  :

- le coquelicot (Papaver rhoeas) 

- le pavot à opium (Papaver somniferum). 

- le pavot de Californie (genre Eschscholzia) 

- le pavot bleu de l'Himalaya (genre Meconopsis).
 

Christian  Jequel


 


 

 

Le Coquelicot (Papaver rhoeas) 

 


est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Papaveraceae, originaire d'Eurasie.


Le nom scientifique du genre Papaver est issu d'une racine indo-européenne "papa" signifiant "bouillie", car il était courant de cuire ainsi les graines de pavot. 


L'épithète rhoeas vient du grec ῥοιάς / rhoiás, "écoulement" (étymologie qu'on retrouve dans le terme "rhume"), allusion au latex coulant lorsque la tige est blessée.


C'est une plante herbacée annuelle, rarement bisannuelle, 


Très abondante dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps, elle se distingue par la couleur rouge de ses fleurs et par le fait qu'elle forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin. Elle appartient au groupe des plantes dites messicoles car elle est associée à l'agriculture depuis des temps très anciens, grâce à son cycle biologique adapté aux cultures de céréales, la floraison et la mise à graines intervenant avant la moisson.


 

Très commune dans différents pays d'Europe, elle a beaucoup régressé du fait de l'emploi généralisé des herbicides et de l'amélioration de la propreté des semences de céréales.


D'abord écrit coquelicoq (1545), son nom vernaculaire est une variante de l'ancien français coquerico ou cocorico, désignant le cri du coq par onomatopée : il s'agit d'une métaphore entre la couleur rouge de la fleur et celle de la crête du coq.

La métaphore avec la crête du coq serait une particularité de la langue française, qui l'associe aussi au Rhinanthe crête de coq ou Rhinanthe velu (Rhinanthus alectorolophus) plante herbacée annuelle de la famille des Orobanchacées.


La plante porte plusieurs noms vernaculaires en français : coquelicot, pavot-coq, pavot des champs, pavot sauvage, poinceau, ponceau.

 

Les anglophones l'appellent : 
. corn poppy ou field poppy, soit "céréalier" ou des champs. 

 

Plusieurs noms sont employés en Allemagne : 
. Klatschmohn (pavot ou pavot éclatant), mais aussi Feldmohn (pavot des champs). 

 

Au pays Bas :
. klaproos 
et dans son dialecte Hollandais :
. kollenbloem (bloem = fleur, kol = sorcière). 

 

En Italie, la fleur s'appelle :
. rosolaccio (dérivé de rosa = rose) ou papavero (pavot). 

 

En Espagne, le coquelicot est : 
. une amapola 
ou, dans certaines régions, 
. un ababol, emprunts au latin papaver par l'intermédiaire de l'arabe.

 

 

Le système racinaire est formé d'une racine pivotante et de racines fines et superficielles.


Les tiges sont dressées, généralement non ramifiées, hérissée de poils, pouvant atteindre 60 cm de haut. Lorsqu'on la coupe, la tige laisse échapper un latex blanc, comme les autres pavots.


Les cotylédons sont longs, minces, linéaires et prostrés, feuilles primordiales constitutives de la graine. Les feuilles, généralement alternes, présentent un limbe lancéolé, aux formes variables (lobé, denté, découpé en lobes étroits) chez la plante adulte.

 

Les premières feuilles  sont ovales, acuminées, entières, pétiolées, glabres. Les feuilles qui apparaissent ensuite sont découpées, oblongues-lancéolées, pennées, formant d'abord une rosette. Les feuilles supérieures sont généralement tripartites, sessiles.

 

Les fleurs, solitaires, grandes, simples, sont portées par de longs pédoncules velus. Elles comptent deux sépa