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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 13:21

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


La Tulipe au soleil

 

Bel astre à qui je dois mon être et ma beauté,

Ajoute l’immortalité

À l’éclat nompareil dont je suis embellie ;

Empêche que le temps n’efface mes couleurs :

Pour trône donne-moi le beau front de Julie ;

Et si cet heureux sort à ma gloire s’allie,

Je serai la reine des fleurs.

ierre Corneille (1606-1684) - dramaturge et poète  - Guirlande de Julie - la tulipe au soleil
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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 00:44

 

 

Mythologie 

 

La pâquerette, Bellis perennis

 

 

La pâquerette (Bellis perennis) est une plante herbacée vivace, tapissante formant une rosette, originaire d'Europe et de Turquie, qui pousse spontanément dans nos régions sur les pelouses, les prairies, les chemins et les zones d'herbe rase.


 

Dès le printemps, les fleurs solitaires s'épanouissent, formant des capitules solitaires ; le réceptacle conique, bordé d'une collerette de petites feuilles vertes sombres, l'involucre, est couvert de fleurs sessiles de deux types : les unes pétaloïdes, blanc rosé, disposées sur le pourtour, les autres, simulant des étamines, de couleur jaune, au centre. Les fruits sont des akènes. 


 

Comme certaines autres fleurs, la pâquerette a la particularité de se fermer la nuit ou bien pendant les averses, voire un peu avant, ce qui permet dans les campagnes de prédire la pluie légèrement à l'avance ; elle s'ouvre le matin pour s'épanouir au soleil.  

 

C'est une excellente compagne pour les autres plantes.

 

La pâquerette porte plusieurs noms : 
petite marguerite, pâquerette des prés, fleur de Pâques, petite consyre, fleur de tous les mois, Tro-heol (littéralement tournesol) en Bretagne.

 

 

pâquerettes

pâquerettes

 


La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

qui pousse en région méditerranéenne ; elle est un peu plus grande et plus robuste que Bellis perennis, et on distingue trois nervures sur la feuille.


 

 

 La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

 

 

La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

sur les sols acides ou salés du pourtour méditerranéen. Ses feuilles sont plus molles et charnues, rappelant les plantes "grasses".

 La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

 

La Pâquerette pappuleuse (Bellis pappulosa)

qui ressemble à Bellis sylvestris.  Les fruits de cette espèce sont munis d’un pappus, une sorte de duvet qui disperse les graines, comme les aigrettes du pissenlit et des chardons ; mais il est beaucoup plus discret.

Elle n'existe en France que dans de rares stations en Charente et en Charente-Maritime.

C'est une espèce protégée en Poitou-Charentes et qui fait partie de la liste rouge nationale (UICN/MNHN, 1995)
 

pâquerette pappulosa

pâquerette pappulosa

 

Fausse pâquerette (Bellium bellidioides),
 

On la trouve en Corse uniquement, appelée aussi pâquerette à feuilles spatulées. Ses feuilles sont nombreuses, petites, épaisses et très spatulées. Les fleurs ligulées sont blanches avec une bande rouge dessous. Cette espèce aussi produit des fruits à pappus.

Bellium bellidioides

Bellium bellidioides

 

 

La forme sauvage de Bellis Perennis a donné naissance à de nombreux cultivars, le plus souvent à fleurs doubles blanches, roses, rouge carminé foncé, qui sont cultivés comme des bisannuelles dans les massifs printaniers. 

 

Pâquerette "super enorma rose-ball" :

Fleurs doubles d’un joli rose clair, variété d’exception pour potées et jardinières.

 

 paquerette super enorma rose-ball

paquerette super enorma rose-ball

 

Pâquerette "Habanera" :


Plante compacte et érigée, à grosses fleurs doubles à pétales effilés, de longue durée, rouges, roses, blanches ou blanches à pointes rouges.
 

Pâquerette "Habanera"

Pâquerette "Habanera"

 

Pâquerette "pomponnette"


Feuilles vert foncé, disposées en rosette. Nombreuses fleurs doubles, en pompons très réguliers, blanches, rouges ou roses.
 

paquerette pomponette

paquerette pomponette

 

 

Pâquerette "Robella" :


La nouvelle variété Robella teinte rose saumoné est unique dans la gamme des pâquerettes. Plus grande et plus belle, elle apporte beaucoup de charme aux compositions en balconnières et aux pieds des massifs près des bulbes printannières. clair, de longue durée.
 

pâquerette robella

pâquerette robella

 

Pâquerettes "Erigeron Karvinskianus" ou "Pâquerette des murailles" :

pouvant se développer dans très peu de terre, et qui fleurit continuellement d'avril/mai à novembre à exposition ensoleillée. Ses fleurs sont blanc-rosé à coeur jaune.
Autres noms :  vergerette, marguerite naine...

 

pâquerettes des murailles - erigeron karvinskianus

pâquerettes des murailles - erigeron karvinskianus

 

 

Les abeilles raffolent des pâquerettes, riches en pollen et nectar.

Outre, les abeilles, les pâquerettes nourrissent toutes sortes de pollinisateurs bourdons, syr­phes, papillons, coléoptères…) dès la fin de l’hiver et parfois jusqu’à très tard dans la saison.

Il faut les laisser pousser dans les jardins.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 

Plusieurs théories se proposent d’expliquer l’origine son nom scientifique "bellis"

 

 

soit :

 

- du latin bellus voulant dire beau, gracieux

 

ou

 

- du latin "bello" voulant dire "guerre" faisant référence au fait qu’elle pousse fréquemment sur les champs de batailles et à sa capacité à traiter les ecchymoses et les blessures profondes

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

ou

 

- du celte "Belenos" dieu associé au soleil (Le Brillant, brûlant, resplendissant, éclatant). C'est un dieu lumineux et solaire, il était honoré le 1er mai, lors de la fête de Beltaine ou "Beltene" en Irlande, c'est-à-dire "les feux de Bélénos" ; celle-ci marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse, symbole de la jeunesse, du renouveau, et par extension, du printemps.

 

 

Légendes celtes


 

Dans les légendes celtes, la Pâquerette est une plante capable d’arrêter la croissance. La fée Milka en aurait donné en cachette à un prince pour qu’il reste à tout jamais enfant.
 

Cicely Mary Barker

Cicely Mary Barker

 

 

Ossian (signifiant petit faon en irlandais), barde écossais du III° siècle, fils de Fingal et Sadhbh, et père d'Oscar serait l’auteur d’une série de poèmes "gaéliques" traduits et publiés en anglais entre 1760 et 1763 par le poète James Macpherson, qui eurent un énorme retentissement dans toute l'Europe.


Une des  légendes celtiques d'Ossian, donnent à la pâquerette une autre origine :


...A côté du tombeau de Fingal, Malvina, pleure  son bienaimé Oscar tué au combat ainsi que son jeune fils, elle est réconfortée par les filles du roi Morven, qui racontent avoir vu l’enfant verser sur les champs une fraîche récolte de fleurs, parmi lesquelles s’en élevait un disque d’or, entouré de rayons d’argent, surmonté d’une teinte délicate de pourpre....


"Sèche tes larmes, ô Malvina," criaient les jeunes filles, "la fleur de ton sein a donné une nouvelle fleur dans les collines de Cromla." 

 

C’est de cette légende que naît l’idée selon laquelle les esprits des enfants morts en couche dispersent des pâquerettes sur la terre pour consoler leurs parents affligés. 

Johann Peter Krafft (1780–1856), Ossian et Malvina, 1810, huile sur toile, collection privée.

Johann Peter Krafft (1780–1856), Ossian et Malvina, 1810, huile sur toile, collection privée.

 


Fleurs sacrées pour nos ancêtres celtiques, les pâquerettes se transforment dans les mains des enfants en tresses et en couronnes. 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

Mythologie romaine

 

 

Selon la légende, Belidès la dryade (nymphe des prairies et des pâturages) une petite-fille de Danaus, dansait dans les bois avec son amant Ephigeus,  et attirait l'attention indésirable de Vertumnus , le dieu des saisons, des jardins, des fruits et des vergers.

 

Vertumnus, la remarqua et en tomba amoureux. Il se mit à la poursuivre, et, pour échapper à son étreinte, et protéger son amant Ephigeus, elle se transforma en pâquerette. 
 

 

Giuseppe Arcimboldo en 1590, représentant l'empereur Rodolphe II déguisé en Vertumne. ..

Giuseppe Arcimboldo en 1590, représentant l'empereur Rodolphe II déguisé en Vertumne. ..

 

 

Mythologie chrétienne

 

 

La pâquerette est la fleur de l'innocence, Les chrétiens en ont fait une référence à la vierge Marie, ce qui a donné différentes légendes : 

 

 

Eugène Rolland, Flore populaire ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore, G. P. Maisonneuve et Larose, 1967, p. 91.
 


.."La pâquerette est née des larmes versées par Sainte-Madeleine quand elle ne trouva pas Jésus dans son tombeau au jour de sa résurrection."...

 

 


 Revue d. tr. p., 1904, p. 220. Bourgogne, 


..." A la naissance de Jésus tout le monde lui fit de riches cadeaux. Un petit pâtre pauvre n'eut à lui offrir qu'une pâquerette toute blanche. L'enfant Jésus baisa la fleur du bout des lèvres et c'est depuis ce temps que le cœur de la pâquerette est jaunen d'or et le bord des pétales maqué de rose à l'endroit du baiser"...
 

 

 

- c. p. M. G. Lalanne. Beaumont (Tarn-et-G.)


..."A l'origine les pâquerettes étaient complètement blanches. Un jour l'enfant Jésus se piqua avec une épine. Pour le consoler sa mère lui cueillit une pâquerette. Une goutte de sang coula sur la corolle et c'est depuis cette époque que les pétales de cette fleur sont teintés de rose."...


 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 
 

Mythologie nordique

 

Selon une légende nordique, les arbres noyés dans la brume épaisse des forêts souffraient de ne pas voir le ciel bleu.

 

Pour les prévenir de l’arrivée du printemps, Baldur, dieu de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour, faisait apparaître à leurs pieds une toute petite fleur en forme d’œil, une pâquerette.

Martine Tulet - Paquerettes

Martine Tulet - Paquerettes

 


Fleurs sacrées pour nos ancêtres celtiques, les pâquerettes se transforment dans les mains des enfants en tresses et en couronnes. 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

Freyja est une déesse majeure dans la mythologie germanique et nordique, où de nombreux contes l’impliquent ou la représentent.


Elle est considérée comme une déesse de l'amour, de la beauté, de la terre et de la fertilité. Freyja est belle, parfois rousse ou blonde, et on l'invoque pour être heureux en amour, mais aussi lors des accouchements. On la sollicite de même pour obtenir de bonnes saisons.


Dans le jardin enchanté de Freya, la Pâquerette fleurit sans cesse, empêchée seulement par la nuit et le mauvais temps. 
 

Freyja parée du Brisingamen de J. Penrose (v. 1890)

Freyja parée du Brisingamen de J. Penrose (v. 1890)

 

 

580 av. J.C.

 


La porte d’Ishtar est l’aboutissement de la voie processionnelle au nord de la ville intérieure de Babylone. Son nom cérémoniel est Ištar-sakipat-tebiša, ce qui peut être traduit par  "Ishtar est victorieuse de ses ennemis"  ou "Ishtar renverse ses assaillants".


La porte est reconstruite sous le règne de Nabuchodonosor II (604-562 av. J.-C.),


Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar de Babylone (580 av. J.C.) au musée de Pergame dans Berlin
 

Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar au musée de Pergame dans Berlin

Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar au musée de Pergame dans Berlin

 

I°  siècle
 

 

Pline l'Ancien (23 -79 ap. J.C.), écrivain et naturaliste romain


On trouve l'une des premières mentions du nom de "bellis", dans son "Naturalis historia" publiée vers 77 il, écrit :
 

"bellis pousse dans les prairies ; il a une fleur blanche ou rosée"
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XII° siècle

 

 

L’école de médecine de Salerne (ou Schola Medica Salernitana) première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge (vers le IX° siècle), mais encore l'une des plus importantes (apogée au XI° siècle et XII° siècle).

 


La pâquerette est utilisée par Matthaeus Platearius, médecin de l'école de médecine de Salerne, à qui est attribuée la rédaction au XII° siècle d'un ouvrage en latin sur les plantes médicinales intitulé Liber de simplici medicina, ou Circa Instans, traduit par la suite en français sous le titre de Livre des simples médecines. 
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XV° siècle

 

 


Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

 

 

On reconnaît les principales fleurs qui vont servir d'attributs aux scènes liturgiques et à leurs personnages les plus importants.  

 


Les personnages baignent dans un jardin luxuriant, éloigné de toute réalité. La flore n'est cependant pas le produit de l'imagination du peintre. "Les fleurs dessinées sont celles qui fleurissaient dans les jardins médiévaux : 

 

- Pâquerettes, violettes, muguet tapissent le sol herbeux des Vierges d'Humilité, invention de la seconde moitié du XIVème siècle d'inspiration franciscaine qui connaît au XVème une grande popularité. La Vierge à l'Enfant n'est plus sur un trône monumental, en Maesta, elle est simplement assise sur le sol, souvent pieds-nus, enveloppée d'un manteau qui laisse deviner une mise modeste.


Ce thème se retrouve identique dans toute l'Europe.

 


"Le Jardin de Paradis (Paradiesgärtlein) est un des chefs-d'œuvre du Gothique international. Son auteur n'étant pas identifié, les historiens utilisent l'expression Maître du Haut Rhin ou encore Maître du Jardin de Paradis de Francfort pour nommer cet artiste. Après bien des débats entre spécialistes, il est en effet acquis aujourd'hui que ce peintre exerçait son activité dans le Haut Rhin et plus précisément dans la région de Strasbourg."

 


 

Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

 

Maître du Haut Rhin.


détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

on peut y voir les pâquerettes 
 

détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20) - Maître du Haut Rhin. - on peut y voir les pâquerettes

détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20) - Maître du Haut Rhin. - on peut y voir les pâquerettes

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 


"La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

Au pied de la Vierge et Jésus,  l'oeil se perd dans les détails de cet orchestre divin où des angelots aussi blonds que leurs aînés récoltent des pâquerettes et des bleuets.
 

Giovanni di Pier Matteo Boccati, 1420-1480

Giovanni di Pier Matteo Boccati, 1420-1480

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 

 

détail de "La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

angelot récoltant des pâquerettes.
 

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 

 

détail de "La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

angelot récoltant des pâquerettes et des bleuets.

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

 

Au Moyen Âge, où les divinités et les forces surnaturelles avaient leur plante attitrée, la Pâquerette revenait à Sainte Marguerite, patronne des paysans, ou des classes modestes. 


Vers 1480
Heures
Calendrier illustré.

enluminure  pâquerette

Style du Maître de Jacques de Besançon.


 

Vers 1480 Heures Calendrier illustré.  Style du Maître de Jacques de Besançon.  enluminure

Vers 1480 Heures Calendrier illustré. Style du Maître de Jacques de Besançon. enluminure

 

 

Vers 1480
Heures
Calendrier illustré.

Style du Maître de Jacques de Besançon.

détail - enluminure : Pâquerettes

Vers 1480 Heures Calendrier illustré.  Style du Maître de Jacques de Besançon.  enluminure : Pâquerettes

Vers 1480 Heures Calendrier illustré. Style du Maître de Jacques de Besançon. enluminure : Pâquerettes

 

 

XVI° siècle

 

(Daisy) Margarites - Consolida minor (Bellis perennis L.)  = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches


Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, 


par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.
 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

 

 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches

Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne,

par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503. 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

 

 

Lettrine "F" aux pâquerettes : (1500-1600) 


Illustration, tome 3, f. 333


Antiphonaire, à l'usage des Frères Mineurs de Nancy (XVIe siècle)


Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)
 

Lettrine F aux pâquerettes 1500-1600 Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)

Lettrine F aux pâquerettes 1500-1600 Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)

 

 

 

L’herboriste bavarois Leonardt  Fuchs(1501-1566), médecin et botaniste dans son oeuvre  


- signale que la pâquerette est utilisée lors des  croisades pour traiter les blessures et la goutte.


- fait  un commentaire de la matière médicale  Grecque  de Dioscoride (3/4 du 1° Siècle av. J.C.) traduit en latin puis  traduit  plus tardivement au 16° siècle en français.

 

 

Le Français Pierre André Mathiole, médecin senois, en 1574 réinterprête Dioscoride et cite la paquerette dans "scrofule, fracture du crâne, plaies pénétrantes du thorax, paralysie, inflammation de la bouche et organes génitaux".
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

La pâquerette est cultivée en Angleterre dès 1581

Son nom anglais de daisy provient de l'anglo-saxon daeges eage (day’s eye, littéralement  "œil du jour"), allusion à la fleur qui s'ouvre le matin et se ferme complètement le soir.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 

XVII° siècle

 

 

On retrouve la pâquerette en Hollande, Belgique, Allemagne puis en France au début du XVIIe siècle. 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 


Jean-Baptiste Thiers (1636-1703) ecclésiastique et théologien français.


Traité des superstitions - 1697, I, 382.


"Pour guérir la fièvre il faut manger la première pasquerette que l'on trouve."
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

XVIII°siècle

 

Le nom scientifique de la pâquerette actuellement accepté "Bellis perennis" a été proposé par Carl von Linné (1707-1778) biologiste et écrivain suédois, considéré comme le père de moderne de la classification scientifique des organismes vivants, dans la publication :

"espèces plantarum" 1753.

"espèces plantarum" 1753.

"espèces plantarum" 1753.


 

Dans le calendrier républicain français, le 24e jour du mois de ventôse, officiellement dénommé jour de la Pâquerette, correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 19/21 février au 20/21 mars du calendrier grégorien.


Le mois de ventôse était le sixième mois du calendrier républicain français.


Il tirait son nom « des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars», selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier".

 

"La Nymphe du Rivage aux Poissons fait la guerre.

Dans ce mois où les Vents déchainés pare les eaux,

Les font rentrer au Fleuve et rendent à la Terre,

La prairie où les Fleurs ramènent les Oiseaux."  
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XIX° siècle

 

 

En français "pâquerette" viendrait de Pâques car c’est aux environs de cette fête religieuse que la floraison de la pâquerette est la plus abondante, la coutume était de faire une omelette à Pâques avec les fleurs de la plante. 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 "Pâquerette, pâquerette, Qui rêves près du sentier, Je te le souhaite."


Cette charmante coutume d'effeuiller la pâquerette, était considérée par les jeunes filles au siècle dernier, comme la destinée, et évaluaient au dernier pétale le sentiment de leur amoureux. 
 

Emile Vernon - femme et pâquerettes

Emile Vernon - femme et pâquerettes

 

1831

 

Bellis perennis

Le Trésor de la Langue Française (Dictionnaires) indique que le terme vient de Pâques, parce que c’est la date du début de sa floraison, via l’adjectif du moyen français pasqueret qui se rapporte à cette fête.

gravure fleur - pâquerette - bellenis perennis

gravure fleur - pâquerette - bellenis perennis

 


François Noël (1756-1841) humaniste 


donne dans son Dictionnaire étymologique, critique, historique, et anecdotique de la langue française tome 2, 1839, p. 533, une autre origine, reprise par Émile Littré qui réfute la précédente ainsi :

 

"Mais ce ne peut être la cause du nom de la plante, puisqu’elle fleurit à peu près toute l’année." Il indique en forme originelle l’ancien français pasquierette qui vient de pasquier ("pâquis, pâturage"), avec le suffixe -ette. La fleur serait ainsi nommée parce qu’elle parsème nos prairies.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jean François Bonaventure Fleury (1816-1894), écrivain régionaliste, littérateur et pédagogue français.


Il est professeur et rédacteur au Journal de Cherbourg entre 1837 et 1841. À cette époque, il entre à la Société nationale académique de Cherbourg et publie un guide touristique sur Cherbourg, avec Hippolyte Vallée, et un ouvrage recensant des Traditions populaires des environs de Cherbourg.

Il écrit :


"Les enfants font un jeu avec la pâquerette. Ils tordent la tige de cette plante, puis tenant la fleur dans la main fermée, ils se frappent la poitrine, en disant : Mea culpa, tourne, pâquette. Si la fleur ne tourne pas, c'est un mauvais présage." 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

1821


Au début de février 1821, John Keats (1795-1821), poète britannique considéré comme un romantique de la deuxième génération,  déclare :


"Les pâquerettes poussent sur moi" (the daisies are growing over me) 


et donne ses instructions.

 

Le 23 vers seize heures, il murmure : 


"Severn – relève-moi – je – je meurs – je vais mourir en douceur ; n'aie pas peur – sois fort, remercie Dieu qu'elle soit là " ;

à onze heures, le bouillonnement du mucus ralentit, et Keats sombre dans la mort, si doucement que Joseph Severn (1793-1879 peintre anglais et l’ami du poète), qui le tient dans ses bras, le croit toujours endormi.


Charles Cowden Clarke fait semer des pâquerettes sur la tombe, ce que John Keats, assure-t-il, aurait apprécié. 
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

-  Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu (1834).


"Je préfère une pâquerette sur laquelle tout le monde passe (…) à ces belles tulipes pleines d’or, de pourpre, de saphirs, d’émeraudes qui représentent une vie fastueuse, de même que la pâquerette représente une vie douce et patriarcale (…)."
 

 

- Alphonse Karr, 


Une Poignée de vérités. Mélanges philosophiques. (1858)


..."Les bonheurs que je me rappelle je ne les ai pas poursuivis ni cherchés au loin, ils ont poussé et fleuri sous mes pieds, comme les pâquerettes de mon gazon. Rien n’arrive dans la vie ni comme on le craint ni comme on l’espère."...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier et critique d'art français.

 

Premier sourire de printemps
 

..."Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort,

II repasse des collerettes

Et cisèle des boutons-d’or."...

 

 

L'aubépine fleurit


..."L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,

Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes ;"...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Antonio Spinelli (1822-18..) - poète


Ce que disent les fleurs - 1864

 

 

 Légende  de la Pâquerette

 

 

 Guidés par une étoile, à Bethléem, un jour

Des mages d’Orient, inspirés par des anges,

Aux genoux d’un enfant enveloppé de langes,

Vinrent se prosterner, le cœur rempli d’Amour.


 
Des bergers, qui paissaient leurs troupeaux à l’entour,

Entendant, dans les airs, des murmures étranges

"Echos des chants sacrés des célestes phalanges"

Dans l’étable en ruine entrèrent à leur tour.


 
Les trois Mages avaient, l’Ecriture les nomme,

De l’encens pour le Dieu, de la myrrhe pour l’homme,

Et, symbole divin, des trésors pour le Roi.

 

Les pâtres, pour présents, portaient des Pâquerettes,

Qui venaient d’entr’ouvrir leurs blanches collerettes.

Mais ils avaient au cœur l’Amour avec la foi.


 
Aux pieds du nouveau-né, l’un des Mages s’empresse

De brûler son encens aux suaves senteurs ;

Le Roi Gaspard répand la myrrhe avec largesse ;

Melchior fait briller l’or aux fauves lueurs.

 

 Les bergers, à genoux, voyaient avec tristesse

Cette adoration, et l’œil mouillé de pleurs :

"Ces Rois" se disaient-ils vont, avec leur richesse

"Nous faire oublier, nous, qui n’avons que des fleurs !"

 

Comme s’il eût compris cette pensée amère,

L’enfant pousse du pied une superbe aiguière,

Prends une fleur des champs, la baise, et puis s’endort.

 

C’est depuis ce jour-là, que l’humble Pâquerette,

Autrefois toute blanche, a, sur sa gorgerette,

Une Auréole rose et l’étamine d’Or
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Conte d'Andersen - La Pâquerette 


LA PÂQUERETTE.

 


Écoutez bien cette petite histoire ?

 

À la campagne, près de la grande route, était située une gentille maisonnette que vous avez sans doute remarquée vous-même. Sur le devant se trouve un petit jardin avec des fleurs et une palissade verte ; non loin de là, sur le bord du fossé, au milieu de l’herbe épaisse, fleurissait une petite pâquerette. Grâce au soleil qui la chauffait de ses rayons aussi bien que les grandes et riches fleurs du jardin, elle s’épanouissait d’heure en heure. Un beau matin, entièrement ouverte, avec ses petites feuilles blanches et brillantes, elle ressemblait à un soleil en miniature entouré de ses rayons.

 

Qu’on l’aperçût dans l’herbe et qu’on la regardât comme une pauvre fleur insignifiante, elle s’en inquiétait peu. Elle était contente, aspirait avec délices la chaleur du soleil, et écoutait le chant de l’alouette qui s’élevait dans les airs.

 

Ainsi, la petite pâquerette était heureuse comme par un jour de fête, et cependant c’était un lundi. Pendant que les enfants, assis sur les bancs de l’école, apprenaient leurs leçons, elle, assise sur sa tige verte, apprenait par la beauté de la nature la bonté de Dieu, et il lui semblait que tout ce qu’elle ressentait en silence, la petite alouette l’exprimait parfaitement par ses chansons joyeuses. Aussi regarda-t-elle avec une sorte de respect l’heureux oiseau qui chantait et volait, mais elle n’éprouva aucun regret de ne pouvoir en faire autant.

 

"Je vois et j’entends, pensa-t-elle ; le soleil me réchauffe et le vent m’embrasse. Oh ! j’aurais tort de me plaindre."

 

En dedans de la palissade se trouvaient une quantité de fleurs roides et distinguées ; moins elles avaient de parfum, plus elles se redressaient. Les pivoines se gonflaient pour paraître plus grosses que les roses : mais ce n’est pas la grosseur qui fait la rose. Les tulipes brillaient par la beauté de leurs couleurs et se pavanaient avec prétention ; elles ne daignaient pas jeter un regard sur la petite pâquerette, tandis que la pauvrette les admirait en disant : "Comme elles sont riches et belles ! Sans doute le superbe oiseau va les visiter. Dieu merci, je pourrai assister à ce beau spectacle."

 

Et au même instant, l’alouette dirigea son vol, non pas vers les pivoines et les tulipes, mais vers le gazon, auprès de la pauvre pâquerette, qui, effrayée de joie, ne savait plus que penser.

 

Le petit oiseau se mit à sautiller autour d’elle en chantant : "Comme l’herbe est moelleuse ! Oh ! la charmante petite fleur au cœur d’or et à la robe d’argent !"

 

On ne peut se faire une idée du bonheur de la petite fleur. L’oiseau l’embrassa de son bec, chanta encore devant elle, puis il remonta dans l’azur du ciel. Pendant plus d’un quart d’heure, la pâquerette ne put se remettre de son émotion. À moitié honteuse, mais ravie au fond du cœur, elle regarda les autres fleurs dans le jardin. Témoins de l’honneur qu’on lui avait rendu, elles devaient bien comprendre sa joie ; mais les tulipes se tenaient encore plus roides qu’auparavant ; leur figure rouge et pointue exprimait leur dépit. Les pivoines avaient la tête toute gonflée. Quelle chance pour la pauvre pâquerette qu’elles ne pussent parler ! Elles lui auraient dit bien des choses désagréables. La petite fleur s’en aperçut et s’attrista de leur mauvaise humeur.

 

Quelques moments après, une jeune fille armée d’un grand couteau affilé et brillant entra dans le jardin, s’approcha des tulipes et les coupa l’une après l’autre.

 

— Quel malheur ! dit la petite pâquerette en soupirant ; voilà qui est affreux ; c’en est fait d’elles.

 

Et pendant que la jeune fille emportait les tulipes, la pâquerette se réjouissait de n’être qu’une pauvre petite fleur dans l’herbe. Appréciant la bonté de Dieu, et pleine de reconnaissance, elle referma ses feuilles au déclin du jour, s’endormit et rêva toute la nuit au soleil et au petit oiseau.
Le lendemain matin, lorsque la pâquerette eut rouvert ses feuilles à l’air et à la lumière, elle reconnut la voix de l’oiseau, mais son chant était tout triste. La pauvre alouette avait de bonnes raisons pour s’affliger : on l’avait prise et enfermée dans une cage suspendue à une croisée ouverte. Elle chantait le bonheur de la liberté, la beauté des champs verdoyants et ses anciens voyages à travers les airs.

 

La petite pâquerette aurait bien voulu lui venir en aide : mais comment faire ? C’était chose difficile. La compassion qu’elle éprouvait pour le pauvre oiseau captif lui fit tout à fait oublier les beautés qui l’entouraient, la douce chaleur du soleil et la blancheur éclatante de ses propres feuilles.

 

Bientôt deux petits garçons entrèrent dans le jardin ; le plus grand portait à la main un couteau long et affilé comme celui de la jeune fille qui avait coupé les tulipes. Ils se dirigèrent vers la pâquerette, qui ne pouvait comprendre ce qu’ils voulaient.

 

— Ici nous pouvons enlever un beau morceau de gazon pour l’alouette, dit l’un des garçons, et il commença à tailler un carré profond autour de la petite fleur.

 

— Arrache la fleur ! dit l’autre.
À ces mots, la pâquerette trembla d’effroi. Être arrachée, c’était perdre la vie ; et jamais elle n’avait tant béni l’existence qu’en ce moment où elle espérait entrer avec le gazon dans la cage de l’alouette prisonnière.

 

— Non, laissons-la, répondit le plus grand ; elle est très bien placée.
Elle fut donc épargnée et entra dans la cage de l’alouette.

 

Le pauvre oiseau, se plaignant amèrement de sa captivité, frappait de ses ailes le fil de fer de la cage. La petite pâquerette ne pouvait, malgré tout son désir, lui faire entendre une parole de consolation.

 

Ainsi se passa la matinée.

 

— Il n’y a plus d’eau ici, s’écria le prisonnier ; tout le monde est sorti sans me laisser une goutte d’eau. Mon gosier est sec et brûlant, j’ai une fièvre terrible, j’étouffe ! Hélas ! il faut donc que je meure, loin du soleil brillant, loin de la fraîche verdure et de toutes les magnificences de la création !
Puis il enfonça son bec dans le gazon humide pour se rafraîchir un peu. Son regard tomba sur la petite pâquerette ; il lui fit un signe de tête amical, et dit en l’embrassant : Toi aussi, pauvre petite fleur, tu périras ici ! En échange du monde que j’avais à ma disposition, l’on m’a donné quelques brins d’herbe et toi seule pour société. Chaque brin d’herbe doit être pour moi un arbre ; chacune de tes feuilles blanches, une fleur odoriférante. Ah ! tu me rappelles tout ce que j’ai perdu !


— Si je pouvais le consoler ? , pensait la pâquerette, incapable de faire un mouvement. Cependant le parfum qu’elle exhalait devint plus fort qu’à l’ordinaire ; l’oiseau s’en aperçut, et quoiqu’il languît d’une soif dévorante qui lui faisait arracher tous les brins d’herbe l’un après l’autre, il eut bien garde de toucher à la fleur.

 

Le soir arriva ; personne n’était encore là pour apporter une goutte d’eau à la malheureuse alouette. Alors elle étendit ses belles ailes en les secouant convulsivement, et fit entendre une petite chanson mélancolique. Sa petite tête s’inclina vers la fleur, et son cœur brisé de désir et de douleur cessa de battre. À ce triste spectacle, la petite pâquerette ne put, comme la veille, refermer ses feuilles pour dormir ; malade de tristesse, elle se pencha vers la terre.

 

Les petits garçons ne revinrent que le lendemain. À la vue de l’oiseau mort, ils versèrent des larmes et lui creusèrent une fosse. Le corps, enfermé dans une jolie boîte rouge, fut enterré royalement, et sur la tombe recouverte ils semèrent des feuilles de roses.

 

Pauvre oiseau ! pendant qu’il vivait et chantait, on l’avait oublié dans sa cage et laissé mourir de misère ; après sa mort, on le pleurait et on lui prodiguait des honneurs.

 

Le gazon et la pâquerette furent jetés dans la poussière sur la grande route ; personne ne pensa à celle qui avait si tendrement aimé le petit oiseau.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

1873


Magazine de l'université de Dublin, 1873.
James Mason - The Folk-Lore of Britisch Plants 

 

Dans le nord de l'Angleterre, les paysans jugent de l'avancée de l'année à l'apparition de notre fleur, disant que :


"le printemps n'est arrivé que lorsque vous avez mis le pied sur douze pâquerettes."
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jules Coste  (1828-1883), Auteur et compositeur opérettes

Pâquerettes et soucis : poésies intimes

 

 

Aux pâquerettes


Quoiqu'aux arbres voisins ricanent les chouettes,

Que les boeufs alourdis fourragent les prés verts,

Et qu'un brouillard de mort envahisse les airs,

Reste d'un doux printemps, fleurissez, Pâquerettes !

 

Fleurissez ! - Puis, s'il faut, au gré des destinées,

Qu'au sein d'êtres chéris l'oubli vous prenne un jour,

Qu'on vous ensevelisse auprès de leur amour,

Dans le même cercueil, ô pauvres fleurs fanées !  
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Walter Crane (1845-1915) est un artiste majeur anglais. Il fut également théoricien et écrivain, 


Image extraite de 
"'Flora's Feast, a Fairy's Festival of Flowers, in full color, Penned & Pictured , published by Cassel & Co. Ltd. London-Paris Melbourne, 1889-1892."

 

Walter Crane (1845-1915)

Walter Crane (1845-1915)

 

 

Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français


Le Rêve 


.."le pré semblait s’être fleuri soudain de nappes neigeuses de pâquerettes"...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jules Camus (1847-1917) scientifique français
Philologue, professeur à l'École militaire de Modène. - Botaniste


Dans le tableau
des Plantes figurées dans les Heures d'Anne de Bretagne
P. 158. Paqueretes. — Consolida minor. — Bellis perennis L. Petite marguerite, pâquerette cultivée. (Fleurs doubles entièrement blanches.)

 

Ancien français, Récept., p. 10.
"A home qui est navrez, pour savoir se il garira ou non, prenez menue consode, si la triblez bien et destrampez de vin blanc, si li donnez à boire ; se il vomist, il mourra et se y retient, il vivra." 

 

gravure de paquerette bellis perennis

gravure de paquerette bellis perennis

 

 

XX° siècle

 

 

1910


Poésie et musique de Tristan Regual


Beau page

*
Légende de la paquerette

 


..."Beau Page moult aimait sa reine Paquerette

Tant jolie que fleurette, Que gentil moi de mai

Eclot en la prairie, Que fleurette gentille."...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 


 C'est après la Grande Guerre, que le coquelicot, le bleuet et la pâquerette deviennent des fleurs commémoratives. Alors que les Britanniques ont adopté le coquelicot comme fleur de mémoire, les Français ont adopté le bleuet comme symbole de souvenir et de solidarité, et les Belges ont choisi la pâquerette en raison de sa couleur blanche, évocatrice de la paix.


Ce n'est que dans les années 1930 que la pâquerette a été officiellement adoptée par les Belges : sous l'égide de la Princesse Jean de Mérode, née Princesse de la Beauffremont Courteny, la "Fédération Interalliée des anciens combattants (FIDAC) " crée en effet alors le fonds de "La Pâquerette de l'Ancien Combattant de l'Yser". Ce Fonds a vendu des pâquerettes pour venir en aide aux anciens combattants.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis


 

 

 

Philéas Lebesgue, (1869-1958) écrivain français à la fois poète, romancier, essayiste, traducteur et critique littéraire au Mercure de France.

 

 

"Pâquerette"

 

Pâquerette, pâquerette,

Il y a des gouttes d’eau

Sur ta collerette

Et tu plies un peu le dos…
 

Pâquerette, pâquerette,

Le beau soleil printanier

Viendra-t-il les essuyer ? 

 Pâquerette, pâquerette,

Qui souris près du sentier,

Je te le souhaite… 
 

 Pâquerette, pâquerette,

Il y a sur ton cœur d’or

Un frelon en fête ;

Tant il est ivre qu’il dort !

 

Pâquerette, pâquerette,

L’aile du vent printanier

Va-t-elle le balayer ? 

 Pâquerette, pâquerette,

Qui rêves près du sentier,

Je te le souhaite.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Cicely Mary Barker, née le 28 juin 1895 et morte le 16 février 1973, est une illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

D'après son ouvrage intitulé "The Flower Fairie"

 

La Magie du Printemps

 

Oubliant sa vieillesse

Le monde chaque année

Sent que la vie renaît

Quand les bourgeons paraissent

 

Oubliant sa vieillesse

Quand vient la pâquerette

Le grand monde est en fête

Et chasse sa tristesse

 

Oubliant sa vieillesse

Quand le printemps surgit

Le monde rajeunit

Et les fées sont en liesse

Cicély Mary Barker  fée pâquerette

Cicély Mary Barker fée pâquerette

 


1999


de Antoon Krings - Gallimard jeunesse


Lorette la pâquerette


...Il arrive que les petites filles, qui naissent d’habitude dans les roses, voient parfois le jour dans d’autres fleurs. Et personne ne vient les y chercher. C’est ainsi que Lorette naît un jour chez une modeste pâquerette. Ayant à cœur de l’élever, la petite fleur lui apprend l’élégance des belles du jardin et leur langage fleuri ; si bien que Lorette devient la plus gracieuse des pâquerettes. Elle s’aperçoit vite que de rester immobile des journées entières sur un pied est une chose très ennuyeuse. Elle met le parterre en émoi. Même les abeilles sont troublées…

 Lorette la pâquerette

Lorette la pâquerette

 

France Wagner (1943) peintre expressionniste

 

Jeune fille aux pâquerettes


 

9b France Wagner jeune fille aux pâquerettes

9b France Wagner jeune fille aux pâquerettes



Donald James Zolan (1937 - 2009)


Il est considéré comme le peintre des enfants. Il sait capturer les moments magiques de l'enfance.


Enfants et pâquerettes

 Donald Zolan enfants et pâquerettes

Donald Zolan enfants et pâquerettes

 

 

Jérémy Brion 
Photographe rêveur

 

Fée pâquerette
 

la fee paquerette - Jeremie Brion

la fee paquerette - Jeremie Brion


 

 Les pâquerettes ont donné naissance à quelques expressions

 

 

- "Au ras des pâquerettes" 


signifie physiquement très bas, la pâquerette étant une petite fleur. Mais très vite, un sens figuré voit le jour. La langue française a tendance à se servir des métaphores. D'un niveau peu élevé, terre-à-terre dans son sens propre. Désolant, minable dans son sens figuré.


Le XVIe commence à évoquer cette expression "ras terre avec les pâquerettes" puis elle est reprise au XVIIIe avec "à ras de terre avec les pâquerettes". Petit à petit, "de terre avec" est supprimé. L'image de la pâquerette est conservée pour son caractère médiocre, banal.

 

 

- "Aller aux pâquerettes"


Autrefois les terrains de foot n'étaient pas très bien tondus, notamment les cages de buts car elles n'étaient pas démontables.  Dès le printemps le gazon s'ornait de pâquerettes. Le gardien qui encaissait un but était "envoyé aux pâquerettes" quand il devait aller récupérer le ballon après chaque but encaissé.


L'expression "aller aux pâquerettes" s'est introduite dans le langage populaire pour illustrer quelqu'un venant de subir un échec .
La même expression veut aussi dire quitter la route  par accident, se retrouver sur le bas-côté ou dans un champ, où poussent les pâquerettes.

 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 Propriétés médicinales de la pâquerette

 

Ignorée par les thérapeutes de l'Antiquité, il fallut attendre la Renaissance pour découvrir, les vertus de la paquerette. À cette époque, elle très connue en médecine traditionnelle pour faire transpirer, comme diurétique, dépuratif et expectorant. 


Au XVIII° siècle, en Allemagne, une ordonnance de 1793 considére la paquerette comme abortive et dicte sa destruction car on croyait qu'elle était abortive. (Les plantes dites abortives comptent, parmi leurs composés, certains principes actifs qui peuvent favoriser le début des contractions, déclenchant ainsi un avortement, surtout au cours des premiers mois de grossesse.


Au début du XIXe siècle, le docteur Joseph Roques, auteur d'ouvrages de phytothérapie, prescrit la pâquerette contre les constipations opiniâtres. Quelques années plus tard, le docteur Cazin, qui recommande aussi le suc de pâquerette contre les engorgements abdominaux, confirme ses bienfaits sur les intestins paresseux lorsqu'elle est consommée en salade.

 

Par voie orale, elle lutte contre la toux et la bronchite, adoucit la laryngite. Son action diurétique est mise à profit lors d'oedèmes et de douleurs rhumatismales.

 

En usage externe, on l'utilisera pour lutter contre les affections de la peau et les furoncles. Apaisante, la pâquerette est surtout l'amie des personnes stressées.


En cosmétique, la macération de fleurs de pâquerette dans l'huile a la réputation de raffermir les peaux relachées.


La pâquerette contient des saponines aux effets expectorants: voies respiratoires, fonction digestive. 


Le thé de pâquerette, pris trois fois par jour entre les repas, réussirait très bien, parait-il, aux enfants maigres.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

La pâquerette en cuisine

 


Au lieu d’être coupée par les tondeuses à gazon, la petite pâquerette devrait plutôt être cueillie. Elle a tant à nous donner.

 


- en farce ou au vinaigre


À l'exception de la racine, toute la pâquerette est utilisée côté cuisine. C’est une petite plante riche en calcium. Légèrement aromatique et croquante, la jeune feuille de pâquerette est délicieuse mêlée à une salade composée de printemps. 


Seule et crue, elle a un petit goût âcre qui peut irriter la gorge. Celui-ci disparaît à la cuisson. La fleur est aussi comestible et très décorative. 
Cuites, les pâquerettes, ajoutées à d'autres légumes pour des soupes, terrines, purées, participeront aussi à l'élaboration des farces (pour les cannellonis ou les lasagnes végétariennes). 


Les boutons seront conservés au vinaigre en guise de condiment.

 


- boisson
Les fleurs entrent dans la préparation d'une boisson fermentée. Il est possible d’en faire une infusion ou thé  : il suffit de mettre des fleurs de pâquerette dans un bol en verre rempli d’eau, d’exposer le tout au soleil pendant 3 à 4 heures, puis de filtrer. Il ne reste plus qu’à boire sans tarder cette synergie d’énergies subtiles concentrées. 

 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Langage de la pâquerette

 

Symbole d'amour et d'affection de joie d'aimer et de tendresse absolue, d'innoncence, la pâquerette parle toujours d'amour :


- je t'aime, un peu, passionnément, à la folie ou pas du tout
C'est le bouquet préféré des enfants.

 

La pâquerette blanche "fidélité"
- Je te serai fidèle

 

La pâquerette rose "amour tendre"
 - Tendresse et amour

 

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 18:10


 

Jules Coste  (1828-1883), Auteur et compositeur opérettes

Pâquerettes et soucis : poésies intimes

 

 

Aux pâquerettes


Quoiqu'aux arbres voisins ricanent les chouettes,

Que les boeufs alourdis fourragent les prés verts,

Et qu'un brouillard de mort envahisse les airs,

Reste d'un doux printemps, fleurissez, Pâquerettes !

 

Fleurissez ! - Puis, s'il faut, au gré des destinées,

Qu'au sein d'êtres chéris l'oubli vous prenne un jour,

Qu'on vous ensevelisse auprès de leur amour,

Dans le même cercueil, ô pauvres fleurs fanées !  

 Jules Coste  (1828-1883) - Auteur et compositeur  -  Aux pâquerettes
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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 16:56

 

 

 

Mythologie des fleurs


Narcisse et jonquille
 

 

Les narcisses ou les jonquilles pointent leurs nez à la fin de l'hiver. Ces délicates, rayonnantes et élégantes fleurs illuminent les forêts, les champs et les jardins dès l'arrivée du printemps. 

 

Tout comme Narcisse de la Mythologie grecque, qui admirait, son reflet, cette plante porte ainsi son nom, à cause de l'inclinaison de ses fleurs en direction des points d'eau, de sa beauté reconnue et de son caractère toxique.

 

Ces fleurs s'offrent généralement en bouquet. 

 

 

Es-tu narcisse ou jonquille ?

Es-tu garçon, es-tu fille ?

Je suis lui et je suis elle,

Je suis narcisse et jonquille,

Je suis fleur et je suis belle
Fille.

 

Robert Desnos 
Recueil : "Chantefleurs"

 


 

Elena Katsyura - narcisses et jonquilles

Elena Katsyura - narcisses et jonquilles

 

 

Narcissus est un genre de plantes herbacées vivaces de la famille des amaryllidacées.


Le genre Narcissus compte environ plus de 200 espèces dont beaucoup d'hybrides naturels et de très nombreux cultivars.  


C'est le genre des narcisses et des jonquilles.

 

 

- Narcissus, jonquilla, la jonquille véritable, ou Narcisse jonquille,

est la seule qui rappelle sa dénomination espagnole de "petit jonc", qui présente un feuillage tubulaire comparable. C'est une plante herbacée bulbeuse à fleurs jaunes, de la famille des Amaryllidacées.
Des variétés à parfum sont cultivées à Grasse (France).

 

Narcissus jonquilla

Narcissus jonquilla

 

 

- Narcissus pseudonarcissus, Le narcisse jaune  ou encore narcisse trompette. 


Depuis la Belle Époque, la langue française dénomme "jonquille " cette autre espèce commune surtout dans les Vosges, en Lorraine, en Franche-Comté, dans le Nord, en Belgique. 
Selon les régions, on l'appelle, campenotte en Franche-Comté,  jeannette et marteau en Lorraine, porillon, aiault, fieuquette ou rousinette.

 

Narcissus pseudonarcissus

Narcissus pseudonarcissus

 

- Narcissus triandus, le narcisse larme d'ange, 

pour ses fleurs parfumées, inclinées vers le sol, nommé aussi narcisse des Glénans,  triandus daffodil ou angel's tears. 
Cette variété aux petites fleurs blanches légères et parfumées est d’une simplicité indémodable. Chaque tige porte de 2 à 3 fleurs délicates…

Triandus signifie à trois étamines

Narcissus triandrus

Narcissus triandrus

 

 

- Narcissus cyclamineus, la jonquille à fleurs de cyclamen

Petite narcisse parfumé à trompette blanc crème et pétales blanc pur, fortement récurvés en arrière ;


Un des narcisses les plus hâtifs, en fleurs dès la fin de l'hiver. De petite taille, il produit de délicates fleurs jaune d'or à pétales légèrement retournés, exhibant une longue et mince trompette tout aussi solaire.

Narcissus cyclamineus garden Princess

Narcissus cyclamineus garden Princess

 

 

- Narcissus tazetta, Narcissus odoratus, Narcisse avalanche, Campernelle  

appelé également  Narcisse de Constantinople - Narcisse de Chypre - Narcisse à bouquets - Hermione.

est une variété ancienne, vigoureuse et résistante aux virus, prisée depuis fort longtemps pour le parfum musqué de ses petites fleurs bicolores réunies en bouquets sur une haute tige, six fleurs par tiges. Elles sont composées d'une corolle de pétales blancs sur laquelle repose une coronule jaune clair, en forme de gobelet. 
 

Narcissus tazetta

Narcissus tazetta

 

 

- Narcissus poeticus, le vrai narcisse des poètes, Jeannette blanche, herbe de la vierge,


Ce beau narcisse blanc, très odorant, voire entêtant, cousin de la jonquille, pousse au printemps dans les prairies humides. Ses fleurs sont blanches avec une couronne centrale jaune bordée de rouge. Ses tépales sont enroulés vers l’arrière le matin.
 

Narcissus poeticus

Narcissus poeticus

 

 

Narcisse (en grec ancien Nárkissos), dérivant peut-être de narkê, "sommeil" probablement du fait des propriétés narcotiques du genre.

 


Les narcisses sont des plantes bulbeuses, à feuilles basales et à tiges creuses, portant de une à plusieurs fleurs. Les fleurs comportent six tépales pétaloïdes. Les étamines, au nombre de six, sont insérées dans une couronne ou paracorolle en coupe ou en trompette. Le fruit est une capsule trilobée contenant généralement de nombreuses graines.


La beauté du narcisse est très appréciée dans les jardins. Il existe de nombreuses espèces et une multitude de variétés horticoles. Les narcisses sont des plantes toxiques, comme les perce-neige, la partie de la plante la plus toxique est le bulbe. La plante contient des alcaloïdes dérivés de la phénanthridine. On retrouve la narcissine, la narciclasine, la galantamine et la lycorine. Elle contient également des cristaux d'oxalate de calcium.


Les rongeurs connaissent la toxicité des narcisses et ne s'en approchent donc pas. C'est pour cette raison que certains jardiniers plantent parfois des narcisses autour des plantes susceptibles d'être attaquées par les rongeurs.

 

La floraison a lieu de mars à juin, les fleurs étant de couleur blanche ou jaune selon les espèces. Leur odeur forte peut donner la migraine, à l'exemple du narcisse jaune. Quelques espèces toutefois, comme Narcissus serotinus et Narcissus viridiflorus, sont à floraison automnale.
 

Narcissus viridiflorus

Narcissus viridiflorus

 

 

X° siècle av. J.C.

 

 

Pamphos poète athénien aux vers tristes et mélancoliques, fut l'un des premiers à chanter l'enlèvement de Perséphone , dans lequel il parle de Narcisses, et selon sa version, la métamorphose de Narcisse ne fait pas partie de sa légende.

enlèvement de perséphone

enlèvement de perséphone



 

III° siècle av. J.C.

 

 


Une statuette de Tanagra du III° siècle av. J.-C. est parfois interprétée comme un Narcisse. 

(Dans le langage courant, on dit d'une personne qui s'aime à outrance qu'elle est narcissique.)
 

 

Tanagra - Louvre

Tanagra - Louvre

 

 

I° siècle av. J.C.

 

 


Des anthroponymes (noms de personne) de Narcisse (Narkissos, Narcissus) apparaissent dès la fin du 1° siècle av. J.-C..

Narcisse

Narcisse


 


L'histoire la plus détaillée est rapportée dans le Livre III des Métamorphoses d'Ovide  (43 av. J.-C.- 17 ou 18 ap. J.-C.) 


Jadis, écrit le poète romain, Céphise (dieu du fleuve du même nom) enlaça la nymphe Liriope de ses flots sinueux, et la tenant enchaînée dans son onde, triompha de sa pudeur par la violence. Cette nymphe, modèle de beauté, devint mère d'un enfant qui semblait né pour inspirer l'amour et qu'elle appela Narcisse. 


À sa naissance, le devin Tirésias, à qui l'on demande si l'enfant atteindrait un âge avancé, répond :

 "Il l'atteindra s'il ne se connaît pas."


En grandissant le garçon devient d'une grande beauté. Très conscient et très fier de ses atours, l'éphèbe repousse de nombreux prétendants et prétendantes, amoureux de lui, dont la nymphe Écho. Une de ses victimes éconduites en appelle aux dieux pour le punir. Elle est entendue par Rhamnusie, déesse de la vengeance (autre nom de Némésis ) qui l'exauce.


En châtiment, un jour, alors qu'il s'abreuve à une source après une rude journée de chasse, Narcisse voit son reflet dans l'eau et en tombe amoureux. Il reste alors de longs jours à se contempler et à désespérer de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image. 


Tandis qu'il dépérit, Écho, bien qu'elle n'ait pas pardonné à Narcisse, souffre avec lui ; elle répète, en écho à sa voix : "Hélas ! Hélas !" Narcisse finit par mourir de cette passion qu'il ne peut assouvir. Même après sa mort, il cherche à distinguer ses traits dans les eaux du Styx. Il est pleuré par ses sœurs les naïades. 


À l'endroit où l'on retire son corps, on découvre des fleurs blanches : ce sont les fleurs qui aujourd'hui portent le nom de narcisses.
 

John William Waterhouse - Écho et Narcisse  1903, Walker Art Gallery, Liverpool

John William Waterhouse - Écho et Narcisse 1903, Walker Art Gallery, Liverpool

 

 

Autre version

 

Narcisse était originaire de Thespies en Béotie, cité située entre Thèbes et le mont Hélicon ; il était le fils de la nymphe Liriopé.

 

Le devin Tirésias prévint Liriope que Narcisse vivra très vieux à condition qu'il ne voie jamais son image. Narcisse était insensible à l'amour.

 

Il envoya à Ameinias, le plus fidèle de ses soupirants, une épée avec laquelle ce dernier se tua de désespoir devant la porte de Narcisse.

 

Au moment de mourir, il appela sur Narcisse le courroux des dieux. Il fut entendu : un jour, Narcisse vit son reflet dans l'eau claire d'une source, et il tomba amoureux de sa propre image. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider.

 

Comme il se plongeait un poignard dans la poitrine, son sang s'écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge.
 

Helen Thornycroft  - Narcissus, 1876.

Helen Thornycroft - Narcissus, 1876.

 

 

I° siècle

 


"Je suis le narcisse du Sharon, le narcisse, le Lys des Vallées"
(Cantique des Cantiques 2, 1)

 

 

"Que le désert et le sol brûlé se réjouissent ! 

 Que la plaine aride exulte et fleurisse comme le narcisse !"
(Isaïe 35, 1)

 

Les narcisses dans la nature - Relindis

Les narcisses dans la nature - Relindis

 

 

II° siècle

 

 

Une version rationalisante paraît dans un court récit du géographe et voyageur grec de l'antiquité Pausanias dit le Périégète (115-180) dans le livre IX sur la Béotie de Description de la Grèce au II° siècle

 
-  Narcisse avait une sœur jumelle qu'il aimait beaucoup ; quand la jeune fille mourut, il se rendit tous les jours près d'une source pour y retrouver son image en se regardant lui-même dans l'eau limpide. Il se consolait en retrouvant dans son reflet les traits de sa sœur. Cette version est une tentative d'interprétation rationaliste de ce mythe. 

 

Pausanias suggère que le mythe provient déjà d'une longue tradition orale.

Cette tradition est attestée par la fleur narcisse qui a donné son nom au chasseur grec et dont le nom existe bien avant les récits du héros homonyme à l'époque alexandrine. Cette version composée vers 50 av. J.-C. (version redécouverte dans les papyri d'Oxyrhynque à Oxford en 2004), se termine, à la différence de l'auteur latin, par le suicide du chasseur.

 

Conda de Satriano - Narcissus 1893

Conda de Satriano - Narcissus 1893

 

 

XV° siècle

 


Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 


Jean Bourdichon (v.1457-1521) Enlumineur


Symballes - Species prima veri (Narcissus Pseudo-Narcissus L. = narcisse jaune) - Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°17v
 

 

narcisse jaune) - Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°17v

narcisse jaune) - Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°17v

 

Léonard de Vinci, étudie longuement le narcisse, pour le tableau de la Vierge aux rochers, 


Giovanni Ambrogio de Predis (1455-1509), sous la direction de Léonard de Vinci  


La vierge aux rochers 

v. 1491 et 1499 et v. 1506 et 1508

National Gallery, Londres (Royaume-Uni)

La vierge aux rochers - Giovanni Ambrogio de Predis - Leonard de Vinci (National Gallery London)

La vierge aux rochers - Giovanni Ambrogio de Predis - Leonard de Vinci (National Gallery London)

 

Détail de la vierge aux rochers 

v. 1491 et 1499 et v. 1506 et 1508
 

Giovanni Ambrogio de Predis - Leonard de Vinci (National Gallery London)

La vierge aux rochers   v. 1491 et 1499 et v. 1506 et 1508  Giovanni Ambrogio de Predis - Leonard de Vinci (National Gallery London)

La vierge aux rochers  v. 1491 et 1499 et v. 1506 et 1508 Giovanni Ambrogio de Predis - Leonard de Vinci (National Gallery London)

 

 

XVI° siècle

 

Art chinois


1597


Bambou, fleurs de prunier et Narcisses

Zhimian Zhou 

Encre et couleur sur papier doré 


 

Zhimian Zhou 1597

Zhimian Zhou 1597

 

 

Jan van Scorel (1495-1562),

peintre hollandais ce sont des jonquilles qui sont tenues par la Vierge. 


Dans cette composition la Madone à l’enfant apparaît sur un décor sobre, un mur simple décoré d’un seul dais vert formant l’arrière-plan. A leurs côtés, se trouvent les deux donateurs, en tenue d’époque. La Vierge tient son enfant agité d’une main, tandis qu’elle lui présente de l’autre une poignée de jonquilles.


Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.
 

Jan van Scorel (1495-1562), - Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.

Jan van Scorel (1495-1562), - Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.

 

 

Ces fleurs symbole de renaissance, annoncent la Résurrection future.

 

À la différence de la Madone de Weyden qui tenait délicatement son unique oeillet rouge entre le pouce et l’index, la Madone de Scorel tient ici fermement sa poignée de fleurs jaunes, rehaussant par la même occasion la blondeur de l’enfant.


Détail Jan van Scorel - Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.
 

Détail Jan van Scorel - Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.

Détail Jan van Scorel - Madone aux jonquilles - ca.-1535 - Musée Thyssen - Madrid.

 

 

Philippe Desportes (1546-1606) - poète,

 

 

Pourquoi si follement croyez-vous à un verre

 

Pourquoi si follement croyez-vous à un verre,

Voulant voir les beautés que vous avez des cieux ?

Mirez-vous dessus moi pour les connaître mieux,

Et voyez de quels traits votre bel oeil m'enferre.

 

Un vieux chêne ou un pin renversés contre terre

Montrent combien le vent est grand et furieux,

Aussi vous connaîtrez le pouvoir de vos yeux,

Voyant par quels efforts vous me faites la guerre.

 

Ma mort de vos beautés vous doit bien assurer,

Joint que vous ne pouvez sans péril vous mirer :

Narcisse devint fleur d'avoir vu sa figure.

 

Craignez donque, Madame, un semblable danger,

Non de devenir fleur, mais de vous voir changer

Par votre oeil de Méduse en quelque roche dure.

François Lemoyne - Narcisse

François Lemoyne - Narcisse

 

 

XVI° - XVII° siècle

 

La jonquille 

autrefois orthographiée "iouquille" (XVIe) - "ionquille" (XVIIe)

Emprunté de l'espagnol junquillo, de même sens, diminutif de junco, "jonc". Espèce de narcisse aux feuilles évoquant celles du jonc, aux fleurs jaunes entourées d'une collerette, qui pousse au printemps dans les prairies, les sous-bois, et que l'on cultive pour son parfum. 

 

Il faut attendre 1596 pour voir le mot de jonquille (ionquille) apparaître dans le dictionnaire franco-allemand de Levinus Hulsius ou Levin Hulsius (Gand, 1550 - Francfort-sur-le-Main, 1606) est un libraire, écrivain, notaire public, éditeur, imprimeur et graveur allemand. 

 

 

 

 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

XVII° siècle

 


Nicolas Poussin (1594-1665) peintre français, représentant majeur du classicisme pictural. Il est formé à Paris, mais il est surtout actif à Rome à partir de 1624. 


Écho et Narcisse par Nicolas Poussin (v. 1630).- Louvre
 

Nicolas Poussin Echo et Narcisse(ca.1629-1630),Louvre

Nicolas Poussin Echo et Narcisse(ca.1629-1630),Louvre

 

 

Anonyme (d’après Ambroise Dubois, v.1543- 1614)

 

Fontainebleau, musée national du château
Galerie des Fastes. 


Flore et amours  avec Fleurs et narcisse

Anonyme (d’après Ambroise Dubois, v.1543- 1614) - Flore

Anonyme (d’après Ambroise Dubois, v.1543- 1614) - Flore

 

 

Empire Moghol - 1630-40


Album Dara Shikoh
Librairie britanique - Londres


- Narcisses
 

Empire Moghol - 1630-40   Album Dara Shikoh - Librairie britanique - Londres   - Narcisses

Empire Moghol - 1630-40 Album Dara Shikoh - Librairie britanique - Londres - Narcisses

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 


de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), 

La guirlande de Julie


Madrigal.

 

Le narcisse

 

Je consacre, Julie, un NARCISSE à ta gloire ;

Etant jadis touché d'un amour sans pareil,

Pour voir dedans l'eau son image,

Il baissait toujours son visage,

Qu'il estimait plus beau que celui du Soleil.

Ce n'est plus ce dessein qui tient sa tête basse;

C'est qu'en te regardant, il a honte de voir

Que les Dieux ont eu le pouvoir

De faire une beauté qui la sienne surpasse.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.
 

 

de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

 

La guirlande de Julie


Madrigal.

 

Le narcisse
 

Je suis ce NARCISSE fameux

Pour qui jadis Echo répandit tant de larmes,

Et de qui les appâts ne cédant qu'à vos charmes,

Qui viens pour vous offrir mes vœux.

Qu'on m'accuse, belle Julie,

D'avoir en ce dessein plus de témérité

Que je n'eus jamais de folie

Adorant ma propre beauté,

Je ne puis m'empêcher de commettre ce crime

Je le trouve trop glorieux.

Oyez donc ce discours que ma pâleur exprime,

Et qui ne s'entend que des yeux :

Si vous me voyez le teint blême,

Ce n'est plus moi, c'est vous que j'aime.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille


 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.
 


de : M. Habert, commissaire de l'artillerie.

 

La guirlande de Julie


Madrigal.

 

Le narcisse

 

Epris de l'amour de moi-même,

De Berger que j'étais je devins une Fleur;

Faites profit de mon malheur,

Vous que le Ciel orna d'une beauté suprême;

Et pour éviter son courroux,

Julie, aimez d'autres que vous.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

 

de : M. Chabert, abbé de Cérisy


La guirlande de Julie


Madrigal.

 

Le narcisse

 

Quand je vois vos beaux yeux si brillants et si doux,

Qui n'ont plus désormais rien à prendre que vous,

Leur éclat m'est suspect, et pour vous j'appréhende.

Souvent ce riche don est chèrement vendu :

Je sais que ma beauté ne fut jamais si grande,

Et pourtant chacun sait comme elle m'a perdu.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

guirlande de Julie

Madrigal.

 

La jonquille

 

Dans la Fable, ni dans l'Histoire

Il ne se parle point de moi ;

Je ne me puis vanter de posséder la gloire

De descendre du sang ni d'un Dieu ni d'un Roi :

Mais la passion véritable

Que vous témoigne ma couleur,

Plus qu'une plus illustre Fleur

Me doit rendre recommandable.

O beauté qu'on doit adorer!

Permettez-moi de vous parer,

Et je m'estimerai cent fois plus glorieuse
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Anonyme, 


Pour la guirlande de Julie


 

Le narcisse

 

Lorsque la Nymphe Écho fut réduite en servage,

Et ressentit les traits de ma vaine beauté,

Si de Julie elle eût eu le visage,

J'eusse banni de moi l'insensibilité.

Jamais une fontaine en son cristal mobile

Ne m'eût charmé les yeux d'un objet décevant,

Un autre plus divin m'eût pris auparavant

Et la Nymphe eût trouvé ma conquête facile.

Je ne serais pas fleur ; mais, ô doux changement,

Mémorable destin d'un bienheureux Amant!

Agréable folie!

Je triomphe en ma perte et deviens glorieux

De pouvoir vivre ainsi jusqu'au temps de Julie,

D'embellir sa Guirlande et de plaire à ses yeux.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 


de : Claude Malleville, né et mort à Paris (15971-1647) est un poète français, l'un des premiers membres de l'Académie française en 1634.


Guirlande de Julie


Madrigaux

 

Le narcisse


Après m'être perdu dans une onde perfide,

Je sèche au feu des yeux d'une belle homicide,

Quand je lui rend hommage et m'acquitte d'un vœu.

O Destin, qui me fais cette injure seconde!

N'était-ce pas assez d'avoir peri par l'onde

Sans périr par le feu ?

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Georges de Scudéry (1601-1667) est un romancier, dramaturge et poète français

 

Fleurs inédites 
destinées à la guirlande de Julie

Madrigaux

 

 

Le narcisse

 

Enfin je le confesse, auprès d'un œil si doux,

Et dont le pouvoir (est) extrême,

Je suis plus amoureux de vous

Que Je ne le fût de moi-même.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille



 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

Julie d'Angennes est la fille de la marquise de Rambouillet, née Catherine de Vivonne (1588-1665).

C'est une femme d'exception qui tint au XVII° siècle le premier salon célèbre dans son hôtel de Rambouillet situé à Paris, rue Saint-Thomas-du-Louvre.Elle est surnommée Arthénice (Arténice), anagramme composée par Malherbe
 


de : Anonyme

La guirlande de Julie

 

 

Le narcisse

 

Rien n'est égal à ma douleur ;

Bien que je ne sois qu'une fleur,

J'aime la fille d'Artenice,

Aux flammes de ses yeux je me laisse éblouir ;

Mais je suis sans espoir, car le sort de Narcisse

*Est d'aimer les objets dont il ne peut jouir.
 

Narcisse - Grandville (1803-1847), dessinateur v. 1834-1846

Narcisse - Grandville (1803-1847), dessinateur v. 1834-1846

 

Paris, ce 26 avril 1671.

La mort de Vatel par Madame de Sévigné

Vatel était un célèbre cuisinier du roi Louis XIV...


....On dîna très bien, on fit collation, on soupa, on se promena, on joua, on fut à la chasse. Tout était parfumé de jonquilles, tout était enchanté. ....

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille


 

 

XVIII°  siècle

 

Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784) et un peintre français

 

Narcisse changé en fleur - 1771
 

Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784) Narcisse changé en fleur - 1771

Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784) Narcisse changé en fleur - 1771

 

 

Isoda Koryusai (1735-1790) peintre japonais d'estampe


Titre : Chiots sous les narcisses


Editeur : Adachi 


Sceau : Adachi en relief en caractères romans en bas à droite 


La scène se passe au printemps. Des chiots sont endormis près d'un massif de narcisses.


Les fleurs sont protégées du vent frais par un auvent de tiges de roseaux. Les chiots sont de la même portée mais leurs pelages sont de couleurs différentes.
 

Isoda Koryusai (1735-1790) chiots et narcisses

Isoda Koryusai (1735-1790) chiots et narcisses

 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. 

 

Dans le calendrier républicain, la Narcisse était le nom attribué au 8e jour du mois de germinal (du 21 mars au 19 avril)

 


Le Soleil entre au signe du Bélier. 

C'est l'époque de l'Equinoxe du Printemps

Tout végète et s'anime au retour du Zéphir 

La Nature à ses Lois ramène nos désirs 

Et l'Âge le plus pur apprend des Tourterelles 

Qu'il est doux de s'unir et de s'aimer comme elles

 


Salvatore Tresca (Graveur) - Louis Lafitte (Dessinateur du modèle)
 

Salvatore Tresca (Graveur) - Louis Lafitte (Dessinateur du modèle)

Salvatore Tresca (Graveur) - Louis Lafitte (Dessinateur du modèle)

 

 

XIX° siècle

 

 

JJ Grandville, ou Jean-Jacques Grandville, pseudonyme de Jean Ignace Isidore Gérard, né le 13 septembre 1803 à Nancy et mort le 17 mars 1847 à Vanves, est un caricaturiste, illustrateur et lithographe français.

 

Narcisse

JJ Grandville (Illustrateur) narcisse

JJ Grandville (Illustrateur) narcisse

 


Berthe Marie Pauline Morisot (1841-1895) artiste peintre française, cofondatrice et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'impressionnisme.

 

- Jonquilles
 

Berthe Marie Pauline Morisot (1841-1895) -jonquilles

Berthe Marie Pauline Morisot (1841-1895) -jonquilles

 

 

Pierre-Joseph Redouté  (1759-1840) Botaniste, peintre, illustrateur botanique, graveur et éditeur français


- Narcissus pseudonarcissus 1802
 

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) - Narcissus pseudonarcissus 1802

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) - Narcissus pseudonarcissus 1802

 

 

En 1804 près de Ullswater Lake, William Wordsworth (1770-1850), écrivit "The Daffodils" un jour de promenade en compagnie de sa soeur cadette Dorothy.
Ce poème, publié en 1815, est devenu l’un des plus populaires de l’Epoque Romantique

 


"Les Jonquilles" (1815) 


J’errais solitaire comme un nuage

Qui flotte au-dessus des vallées et des monts,

Quand tout-à-coup je vis une nuée,

Une foule de jonquilles dorées ;

À côté du lac, sous les branches,

Battant des ailes et dansant dans la brise.

 

Drues comme les étoiles qui brillent

Et scintillent sur la Voie lactée,

Elles s’étendaient en une ligne sans fin

Le long du rivage d’une baie :

J’en vis dix mille d’un coup d’œil,

Agitant la tête en une danse enjouée.

 

Les vagues dansaient à leurs côtés ; mais

*Elles surpassaient les vagues étincelantes en allégresse :

*Un poète ne pouvait qu’être gai,

En une telle compagnie :

Je les contemplais, les contemplais mais pensais peu

Au présent qu’elles m’apportaient :

 

Car souvent, quand je m’allonge dans mon lit,

L’esprit rêveur ou pensif,

Elles viennent illuminer ma vie intérieure

Qui est la béatitude de la solitude ;

Et mon cœur alors, s’emplit de plaisir

Et danse avec les jonquilles.
 

Photo de Pierre Imbert

Photo de Pierre Imbert


 

Vers 1861


Le narcisse poeticus Albus Plenus Odoratus est une élégante variété ancestrale introduite aux alentours de 1861, produisant de larges fleurs doubles subtilement parfumées, composées d'une corolle immaculée et d'un coeur jaune bordé de rouge.

narcisse poeticus Albus Plenus Odoratus

narcisse poeticus Albus Plenus Odoratus

 

 

1887


Gravure extraite de la Revue Horticole - La Maison Rustique
auteur : Severeyns G.


Bibliothèque de la Société nationale d'Horticulture de France


1. N. Leadsi

2. N. Sir Watkin

3. Le même (fin de la floraison)

4. N. Empress

5. N. Emperor
 

Gravure extraite de la Revue Horticole - La Maison Rustique -1887

Gravure extraite de la Revue Horticole - La Maison Rustique -1887

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.

 

....Voici venir les temps où tu marches déesse,

Où la rose d'amour fleurit à tes seins blancs,

Où ton nom murmuré fiance une caresse

A la suavité des narcisses tremblants.... 
 

John William Waterhouse (1849-1917) narcisses

John William Waterhouse (1849-1917) narcisses

 

 

Henri Fantin-Latour (1836-1904)  peintre

 

Fleurs de printemps et narcisses - 1873

Henri Fantin-Latour (1836-1904) Fleurs de printemps et narcisses 1873

Henri Fantin-Latour (1836-1904) Fleurs de printemps et narcisses 1873

 

 

André Theuriet (1833-1907) poète, romancier et auteur dramatique français.


Poésies : 1860-1874

 

...Dans l'onde des ruisseaux tremblent les boutons d'or,

Les narcisses rêveurs se penchent sur le bord,

Et les taillis sont pleins de jaunes primevères....
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

François Coppée (1842-1908) - poète  dramaturge et romancier français.

Il fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. 

Fleurs impures

 

....Soudain, une brune fillette,

Joyeuse au bras de son amant,

Frôla, de sa fraîche toilette,

Le misérable enterrement.

 

Riant fort comme font les filles,

Lèvres trop rouges, cils trop noirs,

Elle avait en main ces jonquilles

Qu'on vend, en mars, près des trottoirs.

 

Or, dès qu'elle vit l'humble bière,

Ses yeux se mouillèrent de pleurs,

Et, charitable à sa manière,

Elle y voulut poser ses fleurs.....

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Jean-Henri Casimir Fabre (1823-1915) homme de sciences, humaniste, naturaliste, écrivain passionné par la nature et un poète français de langue occitane et française, lauréat de l'Académie française et d'un nombre élevé de prix.

 

 

Le narcisse des poètes et l'âne

 

Le narcisse

Fleur des poètes est mon nom ;

des prés fleuris je suis la renommée ;

j'embaume l'air, porte pour robe

corail et neige ;

je ris au soleil

quand il sort des fumées de l'aube.

 

 

L'âne

On me dit l'âne, le roussin,

la bourrique porte-sacoche,

le mal peigné. Toi, fleur élégante,

je te piétinerai,

je t'écraserai

de mes sabots et de mes crottins.

 

Le narcisse

J'écoute chanter le friquet,

la fauvette et le serin

qui font leur nid dans la haie,

et dans mon gobelet

plein à gogo boivent les perles de la rosée.

 

L'âne

Si de chanteurs tu n'as pas assez,

au gazouillis des passereaux

je veux ajouter ma braillée :

Hi-han, hi-han,

han, han, han !!!

tu m'infectes, toi, la parfumée.

 

Le narcisse

Papillons bleus, poudrés d'argent,

libellules au corsage si gentil,

avec mon pot de miel font fête,

et les insectes

continuellement vont

de fleur en fleur lécher les restes.

 


L'âne

Si tu régales le scarabée,

et que m'importe ! Tais-toi va !

Tes bleus papillons en goguette,

tes moustiques roux,

ton miel si doux,

tout cela m'importune.

 


Le narcisse

Je suis l'idéal, je suis le rêve

qui réchauffe le coeur et fait

verdoyer les bourgeons de l'âme.

Qui me cueille

comble de joie

ses jours ensoleillés par ma flamme.

 

L'âne

Je suis la farouche réalité,

mère de l'imbécillité ;

je suis l'âne, l'ami des chardons,

triste, chassieux,

flétri, terreux,

babine noire, sourcils froncés.

 

Le narcisse

Je suis l'idéal, je suis le flambeau

qui, resplendissant, embellit

les durs sentiers de la vie.

Et toi, jaloux,

âne galeux,

tu m'éteindrais, pauvre sotte bête !
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Eugène Rambert (1830 -1886), écrivain, poète,  enseignant, critique littéraire, critique d'art et naturaliste vaudois.

 

Il écrit :

 

1866
"Les Alpes suisses", Genève 
...Voici le mois de mai. Que signifie cette neige sur les monts ? Est-ce l'hiver? Non, c'est le Pré d'Avant qui s'est vêtu de Narcisses. Si l'on n'a jamais vu la floraison des Narcisses sur quelques-unes de nos montagnes, et spécialement sur celles qui dominent Montreux, il est bien difficile de s'en faire une juste idée. Ce sont d'immenses champs de fleurs, où toutes les corolles se touchent de beaucoup plus près que les épis dans les moissons les plus serrées, tellement qu'il faut compter par myriades celles qui n'ont pas de place au soleil, et qui s'ouvrent à l'ombre de leurs sœurs. Quand on sait au juste où les chercher, on peut du Signal de Lausanne, c'est-à-dire d'une distance de six lieues, reconnaître à la teinte le moment où les Narcisses sont fleuris.....

 

1877
“Montreux et ses environs”, 

....“Le moment où il faut surtout aller aux Avants est celui de la floraison des narcisses, à la fin de mai ou dans la première quinzaine de juin, selon les années. Le spectacle est unique. Dans ce qu’on appelle les prés gras, il serait impossible de laisser tomber un grain de sable ailleurs que sur une fleur de narcisse. Les corolles recouvrent les corolles. On les voit blanchir de plusieurs lieues à la ronde, comme une neige de printemps (…) Le spectacle dépasse ce que rêve l’imagination. C’est une ivresse. On voudrait se rouler dans ces fleurs et l’on est jaloux du bétail qui s’en nourrit....”

Cueillette de narcisses, Sonloup -1909

Cueillette de narcisses, Sonloup -1909

 

 

XX° siècle

 

 

John William Waterhouse ( 6 avril 1849 - 10 février 1917 ) peintre britannique.

 

- cueillette des narcisses au printemps - 1910
 

John William Waterhouse (1849-1917) narcisses

John William Waterhouse (1849-1917) narcisses

 

1901


5ème Fête des Narcisses, 


programme officiel, Montreux, 
BCUL


 

1901 5ème Fête des Narcisses,  programme officiel, Montreux,  BCUL

1901 5ème Fête des Narcisses, programme officiel, Montreux, BCUL

 

 

Art nouveau

 

Rondes & chansons d'avril 


- couverture aux narcisses


George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle

George Auriol est surtout connu aujourd’hui pour les caractères typographiques qu’il a créés au début du XXe siècle. Leur élégance Art nouveau est encore souvent présente sur des bâtiments parisiens construits aux alentours de 1900. 


Gallica BNF

George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle narcisses

George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle narcisses

 

Les farces de Mijoulet 


- couverture aux narcisses


George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle
Gallica BNF

Les farces de Mijoulet Auriol George -narcisses gallica,BNF

Les farces de Mijoulet Auriol George -narcisses gallica,BNF

 

 

Théâtre du Chat noir


- couverture aux narcisses


George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle
Gallica BNF

Théâtre du Chat noir George Auriol Gallica narcisses

Théâtre du Chat noir George Auriol Gallica narcisses

 

 

Troisième gavotte pour piano


- couverture aux narcisses - estampe


George Auriol (1863-1938). Dessinateur du modèle
Gallica BNF

Troisième gavotte pour piano  narcisses - estampe George Auriol (1863-1938).

Troisième gavotte pour piano narcisses - estampe George Auriol (1863-1938).

 

 

Art nouveau

 

Walter Crane (1845-1915) était l'un des illustrateurs victoriens les plus populaires de livres pour enfants.


Dans une moindre mesure, il est connu pour ses créations textiles et papiers peints, ainsi que pour ses créations en céramique. Il a produit un certain nombre de produits en céramique de haute qualité comme des pots, des carreaux de céramique et des vases pour Wedgwood, Pilkington's et Maw & Co.

 


 

Walter Crane céramique Flore - jonquilles

Walter Crane céramique Flore - jonquilles

 

 

Walter Crane (1845-1915)

Illustration jonquilles 

Walter Crane (1845-1915) jonquilles

Walter Crane (1845-1915) jonquilles

 

 

Walter Crane (1845-1915)

Illustration jonquilles 

 Walter Crane (1845-1915)  Illustration jonquilles 

Walter Crane (1845-1915) Illustration jonquilles 

 

 

Oskar Zwintscher (1870-1916) peintre allemand 

 

- portrait aux jonquilles 1907, Museum Wiesbaden, Niemcy
 

Oskar Zwintscher (1870-1916)  - portrait aux jonquilles 1907, Museum Wiesbaden, Niemcy

Oskar Zwintscher (1870-1916) - portrait aux jonquilles 1907, Museum Wiesbaden, Niemcy


 

Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)  

peintre britannique d'origine néerlandaise.

 

Quand les fleurs reviennent, vers 1911 - 

 


 

Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)  Quand les fleurs reviennent, vers 1911 - 

Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)  Quand les fleurs reviennent, vers 1911 - 

 

1922

 

Une partie d'un des plus célèbre roman d'Ernest Hemingway, "A farewell to arms" (l'adieu aux armes), se déroule sur la Riviera vaudoise (Suisse) 

 

Lettre à son père envoyée de Chamby le 24 mai 1922.


...."Aujourd'hui on a fait l'ascension du Cap au Moine (sic), une ascension très raide et très dangereuse de 7000 pieds et on s'est follement amusés en descendant en chute libre les champs de neige simplement en s'asseyant et en se laissant aller. Les champs dans les vallées plus basses sont pleins de narcisses et juste en dessous de la ligne des neiges l'autre jour alors que nous faisions l'ascension de la Dent du Jaman (sic) nous avons vu deux grosses martres."..... 


Photo : 
Ernest Hemingway et sa 1re épouse Hadley à Chamby (près des Avants, au-dessus de Montreux), pendant l’hiver 1922.
John F. Kennedy Presidential Library and Museum, Boston — John F. Kennedy Library, Ernest Hemingway

 

Ernest Hemingway et sa 1re épouse Hadley à Chamby (près des Avants, au-dessus de Montreux), pendant l’hiver 1922.

Ernest Hemingway et sa 1re épouse Hadley à Chamby (près des Avants, au-dessus de Montreux), pendant l’hiver 1922.

 

 

1923


Affiche Montreux - Suisse

 

Anonyme


Fête des Narcisses
 

anonyme - affiche Montreux - Fête des Narcisses, 1923

anonyme - affiche Montreux - Fête des Narcisses, 1923

 

1936 - 1937

 

Cantate du Narcisse

 

La Cantate du Narcisse pour baryton martin, soprano, chœur de femmes à quatre voix et orchestre, est une œuvre de Germaine Tailleferre (1892-1983). 


La conception de l'œuvre vient d'une commande du Ministère des arts et de la culture à Tailleferre, qui lui demande une cantate en 1936. Comme elle en fait part à Paul Valéry, celui-ci lui demande de mettre en musique un de ses textes d'après le mythe de Narcisse qu'il destinait justement à la musique, dans le style de Christoph Willibald Gluck.


Achevée en 1937, la Cantate est créée (et retransmise à la radio) le 19 janvier 1942 dans le salon de Marguerite Fournier, à Marseille, par l'orchestre de la radio de Marseille sous la direction de Jean Giardino (1906-1983).

Germaine Tailleferre - 1937

Germaine Tailleferre - 1937

 

 

Paul Valéry est un écrivain, poète et philosophe français, né le 30 octobre 1871 à Sète (Hérault) et mort le 20 juillet 1945 à Paris.


Album de vers anciens : 1890-1900, 


A. Monnier et Cie, 1920


"Adieu, reflet perdu sur l’onde calme et close,

Narcisse… ce nom même est un tendre parfum

Au cœur suave. Effeuille aux mânes du défunt

Sur ce vide tombeau la funérale rose."
 

Narcisse - François Lemoyne (1688-1737)

Narcisse - François Lemoyne (1688-1737)

 

 

Lucien-Victor Guirand de Scévola (1871-1950), 

peintre, dessinateur et illustrateur français.

 

Princesse aux Narcisses - vers 1902

Lucien-Victor Guirand de Scévola (1871-1950), Princesse aux Narcisses - vers 1902

Lucien-Victor Guirand de Scévola (1871-1950), Princesse aux Narcisses - vers 1902


 

Maurice Carême, né le 12 mai 1899 à Wavre et mort le 13 janvier 1978 à Anderlecht, est un poète et écrivain belge de langue française.

 

 

Jonquilles

 

La terre a mis sur ses épaules rondes

Sa mantille d’abeilles.

Il n’est pas un oiseau au monde

Qui ne parle avec le soleil.

On entend rire les fontaines

Sur leur lit de pommes de pin

Et mille rondes enfantines

Se nouer au bord des chemins

Déjà les jonquilles en fleurs

Frissonnent dans les mains du vent.

Il n’est pas de bonheur plus grand

Que d’écouter battre son cœur.
 

Janet Kohler - champ de jonquilles

Janet Kohler - champ de jonquilles


 

Cicely Mary Barker, née le 28 juin 1895 et morte le 16 février 1973, illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

 


La Fée des Jonquilles

 

Je suis l’enfant chérie : le merle et l’étourneau

Chantent mon arrivée, perchés dans les rameaux ;

Moi, perle des narcisses et jonquille nouvelle,

A travers la contrée, j’ai entendu l’appel.

Et les vergers retentissent de voix qui chantent

Aussi bien mon jupon que ma robe charmante ;

Les enfants jouent et que disent-ils ? Ecoutez !

Ils disent : La belle jonquille est enfin née.
 

Cicely Mary Barker jonquilles

Cicely Mary Barker jonquilles


 

Cicely Mary Barker, née le 28 juin 1895 et morte le 16 février 1973, illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

 

La fée des narcisses

Cicely Mary Barker narcisses

Cicely Mary Barker narcisses

 

 

Helen Grace Culverwell Marsh-Lambert ou HGC Marsh-Lambert (1888-1981) était une écrivaine et illustratrice britannique de livres et de cartes postales pour enfants.
 

HGC Marsh-Lambert (1888-1981)

HGC Marsh-Lambert (1888-1981)

 

 

Salvador Dalí (1904-1989)  peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan de nationalité espagnole.

Il est considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme, et comme l'un des plus célèbres peintres du XXe siècle.


La Métamorphose de Narcisse est un tableau surréaliste de Salvador Dalí, signé de 1937 et exposé à la galerie Tate Modern de Londres.


La toile, peinte en pleine période surréaliste dans les années 1936 et 1937, représente une scène du mythe de Narcisse, dont le détail est rapporté par Ovide dans ses Métamorphoses.
 

Salvatore Dali la métamorphose de Narcisse

Salvatore Dali la métamorphose de Narcisse

 

Karl Kerényi (1897-1973), philologue et historien des religions hongrois d'expression allemande, dans sa Mythologie des Grecs, objet d'un grand nombre d'oeuvres littéraires et artistiques, nous donne une version du récit de :

 

l'enlèvement de Perséphone (Proserpine) par Hadès (Pluton). 


...."La jeune fille s'ébattait avec les filles d'Océan en cueillant des fleurs: des roses et des crocus, des violettes, des iris et des jacinthes sur la grasse prairie.

 

Elle s'apprêtait à cueillir aussi le narcisse, un radieux prodige, que la déesse Gaïa avait fait croître là pour complaire au dieu des Enfers afin de séduire par cette ruse la jeune fille au visage de fleur à peine éclose. Cent fleurs jaillissaient du pied de narcisse, répandant un suave parfum, réjouissant le ciel et la terre et les flots salés de la mer.

 

La jeune fille émerveillée tendit les deux mains vers une seule d'entre elles, comme vers un jouet, vers un trésor. La terre se fendit, un abîme se fendit sur les champs nysséens d'où surgit, avec ses cavales immortelles, le maître des Enfers, fils de Cronos, le dieu au noms multiples. Il soulevait jusqu'à son char d'or la jeune fille qui se débattait et l'enleva malgré ses lamentations.

 

Elle lança des appels stridents vers le père, fils de Cronos, maître suprême. Dieu ni homme n'entendirent sa voix; nul olivier ne bougea. [...] La maîtresse, sa mère, l'entendit. Un poignant chagrin étreignit son coeur; elle dégrafa la parure de sa tête, sa chevelure immortelle, la laissa tomber sur ses épaules en noir manteau, et partit comme un oiseau survolant les eaux et la terre en quête de sa fille."....(1966, p. 183)
 

Perséphone -(ilikedetectives)

Perséphone -(ilikedetectives)

 

Chanson de
Hugues Aufray - 1968

 

Des jonquilles aux derniers lilas

 

J'ai connu Émilie aux premières jonquilles.

Elle était si jolie des jonquilles aux derniers lilas.

Dans la ferme endormie, chaque fois que j'allais la voir,

Son père avec un fusil m'attendait derrière l'abreuvoir.

Il me chassa aux premières jonquilles,

Me fusilla des jonquilles aux derniers lilas.

Un jour, dans la grange aux loups, aux premières jonquilles,

Elle sauta sur mes genoux des jonquilles aux derniers lilas.

Une fourche me piqua, je me relevai en hurlant.

J'eus beau fuir à travers bois, son pèr' me jeta dans l'étang.

Il me piqua aux premières jonquilles

Et me fourcha des jonquilles aux derniers lilas.

Dans le grenier, sur le foin, aux premières jonquilles,

Pris sa fille et bus son vin des jonquilles aux derniers lilas.

Son pèr' voyant le tableau, me fit connaître un peu plus tard

Les grenouilles et les crapauds au fond de la mare aux canards.

*Il m'injuria aux premières jonquilles

Et me noya des jonquilles aux derniers lilas.

J'ai connu le sel et le plomb aux premières jonquilles.

J'ai connu l'auge à cochon des jonquilles aux derniers lilas.

J'ai laissé mes amours là, mille fois j'ai frôlé la mort.

Est-il encor' derrièr' moi ? Que m'importe Je cours encor'.

Je vais, je vas aux premières jonquilles

Du pré au bois des jonquilles aux derniers lilas.

La la la-la-la la la la...

 

Pierre Menanteau (1895-1992) - poète français - Renouveau

 

 

Renouveau

 

Du mois d’avril au mois de mai

La terre se fait plus gentille.

Un joli temps de jeune fille,

tire l’aiguille, prend le dé.

 

Parfois un bel arc irisé

Pavoise l’averse qui brille.

Du mois d’avril au mois de mai

La terre se fait plus gentille.

 

La violette est dans le pré.

Dans la clairière, la jonquille

Sous l’arbre en espoir de famille

On entend le merle chanter

Du mois d’avril au mois de mai
 

Jean-François Millet - Narcisses et violettes

Jean-François Millet - Narcisses et violettes

 

 

Bernard Buffet (1928-1999) peintre français expressionniste, composant aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs.


Aquarelliste, c'est également un peintre de décors et un illustrateur.


Bouquet de jonquilles - 1986 
Lithographie en couleur 

 

Bernard BUFFET (1928-1999). - Bouquet de jonquilles - 1986. Lithographie en couleur

Bernard BUFFET (1928-1999). - Bouquet de jonquilles - 1986. Lithographie en couleur

 

Donald Zolan (1937-2009), est considéré comme le peintre des enfants. Il sait capturer les moments magiques de l'enfance, avec toute son Innocence, sa Force et son Amour.

 

Les jonquilles

 

Donald Zolan (1937-2009)

Donald Zolan (1937-2009)

 

 

XXI° siècle

 


Roger Blandignères né en 1955 arbitre de rugby de haut niveau, pendant presque vingt ans, il a décidé d' assouvir une autre passion, celle de l’écriture. Il tire son imagination d’une actualité souvent dramatique pour séduire un public de passionnés. 

 

 

La jonquille de l’espoir
 


Merveilleuse fleur annonçant les prémices du printemps,

Luttant contre les derniers frimas d’un l’hiver rigoureux

De ton étincelante couleur jaune tu interpelles le passant,

Claironnant l’espoir d’une maladie aux contours hideux.

 

Ta trompette pliant ta tige, avance fièrement dans le néant

Offrant une senteur inoubliable d’espérances les plus insensées,

Dans cette existence flétrie par les souffrances et l’isolement

Perdue dans le jardin de la vie, emblème du combat pour la liberté.

 

Horrible cancer, ton nom raisonne dans les bas fonds des hôpitaux,

Tumeurs métastases, tant de mots atroces bousculant vers l’indicible,

Fleuron de conviction, montres nous la voie pour terrasser les maux,

Pour marcher sur les sentes de la guérison et des joies indescriptibles.

 

Magique jonquille, telle une icône, nous te vénérons, pour que renaisse

L’espoir qui nous emportera dans les chemins délicieux du simple bonheur

Bonheur de vivre libre sur ce parterre de fleurs, dans une belle ivresse

Alors la vie aura un autre sens, le sens d’avoir vaincu la maladie et nos peurs.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille


 

Guy Rancourt est né en mars 1948 à Saint-Jean-de-la-Lande en Beauce au Québec. Il a fait des études en langues, lettres et philosophie dans plusieurs universités (entre autres à Montréal.) Puis il a enseigné la philosophie dans différents collèges et surtout au cégep de Rimouski de 1973 à 2005. 

 


Jonquille, acrostiche

 

J…aune comme le soleil la jonquille.

O…n la voit un peu partout dans les rocailles et parterres.

N…arcisse l’appelle-t-on parfois.

Q…ue tu es magnifique dans tes dentelles!

U…ne mini trompette se cache dans tes pétales.

I…mpossible d’imaginer le printemps sans ta présence.

L…égère et délicate, tu te balances au vent

L…aissant derrière ce déhanchement tant de grâce

E…t d’essences subtiles, toi la jonquille…

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Paulo Coelho de Souza né le 24 août 1947 à Rio de Janeiro, est un romancier, journaliste et un interprète brésilien. 

 

résumé d'une préface 


"Lac, es tu triste de ne plus voir les beaux yeux de Narcisse?"

"Je suis triste, dit le lac, de ne plus me mirer dans les siens"
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

Marie-Paule Albanèse née dans les années 50


Ses toiles reflètent une recherche constante de couleurs, de lumières et de matières déposées au couteau ou au pinceau mais toujours avec le soucis du détail.


Champ de jonquilles
 

MP Albanese  - champ de jonquilles

MP Albanese - champ de jonquilles


 

Olivier Briat - poète - la danse des fleurs
 

 

....Le très coquet narcisse

Essaie des pas de danse ;

Il va trouver une glace

Pour admirer sa face

Et sa jolie prestance.....

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

Le parfum des jonquilles et des narcisses

 


Deux fleurs sont naturelles dans les parfums : le narcisse et la jonquille, dont les senteurs sont assez similaires.


Il s'agit de plantes dont il est possible d'extraire directement la concrète ou l'absolue dans le but de l'intégrer à des parfums.

 

Les parfumeurs capturent l'odeur de la jonquille ou du narcisse par extraction de ses fleurs aux solvants volatils. Néanmoins, l'utilisation de la jonquille et du narcisse reste assez coûteuse et son absolu est donc exclusivement réservé à la parfumerie de prestige.

Donald Zolan (1937) le parfum des fleurs

Donald Zolan (1937) le parfum des fleurs

 


On peut retrouver son parfum dans :


 

- Poême de Lancôme
Une eau de parfum de séduction et de déclaration...au-delà des mots !
Dans Poême, chaque mot est une fleur et chaque fleur un poème, pour exprimer ce qui ne peut se dire. Parfum oriental d’ombre et de lumière, Poême excelle dans l'art du contraste.
Dans ce parfum pour femme, les fleurs les plus précieuses se détachent d'abord, s'élève ensuite le chœur des fleurs tendres : Mimosa, Jonquille, Freesia, Rose et Fleur de Vanille. 

 

 

- Mont de Narcisse de l'Artisan parfumeur
Tout un paysage olfactif, esquissé d’un seul trait et en quelques ingrédients seulement. Jamais on a senti aussi clairement chacune des facettes sauvages de l’altesse narcisse.
La récolte à main uniquement du narcisse ne dure que deux semaines par an et fait de cette fleur sa rareté exceptionnelle. Dans Mont de Narcisse, la Narcisse des poètes cueilli sous l’œil attentif de la parfumeur Anne Flipo a été choisie pour ses notes imprévus. Des notes vertes, florales et narcotiques qui expriment les facettes sauvages du parfum.

 

 

- Jonquille de Nuit de Tom Ford 
un parfum Floral pour homme et femme. Jonquille de Nuit a été lancé en 2012. Les notes de tête sont Mimosa, Feuille de violette, Cyclamen, Fleur d'oranger amère et Angélique; la note de coeur est Narcissus; 

 

 

- Vol de Nuit de Guerlain 
1933 année de création de Vol de Nuit s’inscrit dans la collection des parfums Légendaires de Guerlain. 
Ses notes de coeur, un cocktail de fleurs mêlées, est un feu d’artifice : violette, œillet assez épicé avec l’addition du piment, jasmin, rose, gentiane, jonquille. 
La création de ce parfum extraordinaire fut le plus bel hommage que Jacques Guerlain pouvait donner à son très bon ami, Antoine de Saint-Exupéry, commandant de l’escadre aérienne française, disparut au cours d’une mission en juillet 1944.
Pendant de nombreuses années, Guerlain a distribué, les soirs de galas à Salon de Provence, des coffrets contenant un Vol de Nuit, à l’emblème des Ailes Françaises, aux cadets de l’Ecole de l’Air. 

 

 

- Eau de Narcisse bleu de Hermès, 
L'Eau de narcisse bleu de Hermès, selon son créateur Jean-Claude Ellena, a été conçue en toute liberté afin d'exprimer l'aspect tactile du narcisse. L'Eau de narcisse bleu est extrêmement frais. Le mélange de la densité du narcisse et de la délicate note boisée est très apprécié. Créé en 2013, l'Eau de narcisse bleu donne une sensation de propreté et déborde de sensualité.

 

 

- Ysatis de Givanchy 
Sorti en 1984, le parfum féminin  Ysatis de Givenchy comprend une note de narcisse dans sa composition. Il est sensuel et opulent.

 

 

- Magie Noire de Lancôme
 contient également du narcisse. Lancé en 1978 et créé par Gérard Goupy. Le narcisse fait partie de sa note de cœur avec l'ylang-ylang, le miel, le cèdre, l'iris, la tubéreuse et le jasmin.  Cette ancienne version est opulente et très élégante.
Elle permet ainsi de créer des jus particulièrement féminins et dotés d'une fraîcheur printanière sans égal.

 

 

- Narcisse Noir (1911) 
de Caron est un parfum Oriental Floral pour femme. Narcisse Noir a été lancé en 1911. Le nez derrière ce parfum est Ernest Daltroff. Les notes de tête sont Narcissus et Fleur d'oranger d'Afrique; les notes de coeur sont Jasmin, Orange et Teinture de rose; les notes de fond sont Bois de santal, Musc et Vétiver.

 

 

- …. et bien d’autres !
 

flacon art nouveau - narcisse noir de Caron

flacon art nouveau - narcisse noir de Caron

 

Bienfaits du narcisse

 

D’un point de vue médical, on se servait autrefois des bulbes de narcisses comme sédatifs car elles contiennent des alcaloïdes. 

Pendant des siècles, les populations de Bulgarie, d'Anatolie et du Caucase ont utilisé les feuilles de narcisse pour calmer les névralgies faciales .

 

De nos jours, la galantamine, molécule extraite des bulbes de narcisses est utilisée dans des médicaments pour lutter contre la maladie d’Alzheimer lorsqu’elle en est à son début.

 

Possibilité de lutte contre le cancer avec des narcisses

Dans de nombreuses parties du monde le narcisse est un symbole d’espoir dans la lutte contre le cancer. Il semblerait que la fleur puisse réellement combattre les cellules cancéreuses.

Bien que les résultats soient fascinants, il est encore trop tôt pour en attendre beaucoup. Il y aura encore énormément de travail à faire pour en tirer un vrai traitement qui attaque les cellules cancéreuses et non pas les cellules saines. Afin de déterminer le meilleur candidat pour poursuivre le développement, les chercheurs souhaitent maintenant tester quatre autres alcaloïdes issus de narcisses afin de voir s’ils ont des effets similaires.

Des scientifiques belges ont découvert qu’une substance active issue des narcisses peut également permettre d’éliminer les ‘nanomachines’ qui aident la croissance des tumeurs. La substance naturelle qui semble utile est un alcaloïde nommé hémanthamine et qui se trouve dans toutes sortes de narcisses.
 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

 

La jonquille est la fleur emblématique de la fête des grands-mères, qui a lieu en France au mois de mars, sous l'impulsion d'une marque de café dans les années 1980-1990

 


Dans certains pays, la variété jaune est associée à Pâques. En Allemand le nom de  jonquille est "Osterglocke", qui est "cloche de Pâques".

 

 

La jonquille est l'un des symboles du Pays de Galles. On dit que si vous voyez la première jonquille de la saison, les 12 mois suivants seront pleins de richesses,  

 

Une légende chinoise veut que, si l’on force un bulbe de jonquille à fleurir pendant le Nouvel An, cela porte chance à votre famille.

Le marché aux fleurs
Dans de nombreuses villes chinoises et chinatowns, un marché aux fleurs du Nouvel an chinois prend place chaque année jusqu'à la veille de la fête.  Cette visite met en lumière les plantes traditionnelles qui présentent une portée symbolique : les branches de pêcher, les jacinthes,
les jonquilles, l'arbuste à kumquat, et les surprenantes branches de Ng Doi Tung Tong. Elles symbolisent toutes la paix entre les générations et par leur biais, la longévité.

 

Pour le peuple japonais, la jonquille signifie la joie et l'allégresse.

 

Une légende chinoise veut que, si l’on force un bulbe de jonquille à fleurir pendant le Nouvel An, cela porte chance à votre famille.

Delilah Smith -  jonquilles et narcisses

Delilah Smith - jonquilles et narcisses

 

 

Diverses associations caritatives de lutte contre le cancer à travers le monde, telles que

- l' American Cancer Society,

- la Cancer Society,

- le Cancer Council,

- l' Irish Cancer Society et Marie Curie au Royaume-Uni, utilisent la jonquille comme symbole de collecte de fonds lors des "Journées de la jonquille"

- En mars 2021 - institut Curie - une jonquille contre le cancer 
L'Institut mobilise le grand public, les entreprises, les associations, les collectivités et les communes sur tout le territoire français afin de collecter un maximum de dons pour soutenir l'innovation contre le cancer. 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

Le Narcisse et la Jonquille représentent techniquement la même fleur, et de fait leurs significations sont semblables. 

 

Langage des fleurs

 

Le narcisse et la jonquille

 

Son message traduit souvent "narcissisme et égoïsme" ou "froideur ou indifférence. 

 

 

Le narcisse a un caractère ambivalent. 

C’est une plante associée aux cultes infernaux : 


- on plante le narcisse sur les tombes pour symboliser l’engourdissement de     la mort, 


- on l’offre aux Furies pour paralyser le criminel... 

Ann Mortimer - narcisses

Ann Mortimer - narcisses

 

Mais les narcisses, les jonquilles en tant que premières fleurs du printemps, apportent aussi un message de joie et d'allégresse,  n'hésitez pas à choisir ce bouquet printanier pour souhaiter succès ou renouveler l'amitié à ceux que vous aimez.

Mais vous pouvez aussi le mettre en garde par rapport à son ego. 

Krista Eaton - jonquilles

Krista Eaton - jonquilles

 


On peut attirer l'amitié en portant, suspendue au cou, un bout de sa racine séchée. 


Conserver sur soi un narcisse des prés cueilli fin mars favorise l'amour.

 

Ces fleurs sont généralement considérées comme un symbole de :

 

- Affection, sociabilité, courtoisie 

- Prospérité et richesse, 

- Renaissance et renouveau

- Chance et bonheur

- Clarté et inspiration

 

 

 Mythologie des fleurs -  le narcisse et la jonquille

 

- Désir amoureux 
  Mais si la réponse de celui ou celle qui reçoit le bouquet, tarde à venir, la    personne qui envoie le message,  s’impatientera et passera à autre chose.    C’est en quelque sorte une chance amoureuse qu’il faut saisir rapidement !

Attention : il faut offrir un bouquet et non pas une seule fleur car cela, dit-on, porte malheur.
 

Paul Thomsen - Jeune fille arrangeant un bouquet de jonquilles

Paul Thomsen - Jeune fille arrangeant un bouquet de jonquilles

 

 

Fêtes et festivals

 

Jonquilles et narcisses 

 


Fête des jonquilles à Gérardmer dans les Vosges, 

 


La Fête des Jonquilles est une manifestation lorraine qui a lieu en général tous les deux ans en avril, période de floraison de la jonquille. 


Cette fête des jonquilles est née de l'idée de Paul Elbel et était destiné à dynamiser le commerce local. L'initiative concrète revient à l'amicale motocycliste de Gérardmer notamment pour la première édition du 22 avril 1935.

 

Chaque habitant collabore à la décoration d’un char, uniquement composé de jonquilles, et qui défilera lors du corso fleuri.

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Gérardmer. Fête des jonquilles 2009.

Gérardmer. Fête des jonquilles 2009.

 

 

La fête des jonquilles de St Etienne de Montluc - Loire Atlantique

 

Depuis 1964,  pour la fête des jonquilles, dans la bonne humeur,  les enfants, parents,  grands-parents se réunissent pour  les jonquilles qui serviront aux décors des chars et corsos.enfants, parents,  grands-parents se réunissent pour  les jonquilles qui serviront aux décors des chars et corsos.
 

Fête des Jonquilles - Saint Etienne de Montluc

Fête des Jonquilles - Saint Etienne de Montluc

 

Fête des Narcisses - Montreux -Suisse

 



Pendant plus d'un siècle, la floraison des narcisses dans les champs était si grande que Montreux et les Hauts de la Riviera Vaudoise en fit un véritable emblème touristique. 

 

Du Mont-Pèlerin aux hauts de Montreux, la région a toujours été riche en narcisses.  Leur floraison est tellement abondante au mois de mai que les champs blanchissent et qu’on parle alors de "neige de mai".


A la Belle Epoque, entre 1897 et 1957, les somptueuses fêtes des narcisses, avec le train des narcisses (reliant Bâle aux Avants), corso fleuri, fanfares, orchestres, marquaient la fin de la haute saison touristique de Montreux. 


La Fête de 1954 fut la première retransmission télévisée en Eurovision 
 

Montreux fete  des narcisses-1926

Montreux fete des narcisses-1926

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 20:31

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

Julie d'Angennes est la fille de la marquise de Rambouillet, née Catherine de Vivonne (1588-1665).

C'est une femme d'exception qui tint au XVII° siècle le premier salon célèbre dans son hôtel de Rambouillet situé à Paris, rue Saint-Thomas-du-Louvre.Elle est surnommée Arthénice (Arténice), anagramme composée par Malherbe
 


de : Anonyme

La guirlande de Julie

 

 

Le narcisse

 

Rien n'est égal à ma douleur ;

Bien que je ne sois qu'une fleur,

J'aime la fille d'Artenice,

Aux flammes de ses yeux je me laisse éblouir ;

Mais je suis sans espoir, car le sort de Narcisse

Est d'aimer les objets dont il ne peut jouir.

Narcisse - Grandville (1803-1847), dessinateur v. 1834-1846

Narcisse - Grandville (1803-1847), dessinateur v. 1834-1846

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:35

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

guirlande de Julie

Madrigal.

 

La jonquille

 

Dans la Fable, ni dans l'Histoire

Il ne se parle point de moi ;

Je ne me puis vanter de posséder la gloire

De descendre du sang ni d'un Dieu ni d'un Roi :

Mais la passion véritable

Que vous témoigne ma couleur,

Plus qu'une plus illustre Fleur

Me doit rendre recommandable.

O beauté qu'on doit adorer!

Permettez-moi de vous parer,

Et je m'estimerai cent fois plus glorieuse

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690) - guirlande de Julie - la jonquille
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:34

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Anonyme, 


Pour la guirlande de Julie


 

Le narcisse

 

Lorsque la Nymphe Écho fut réduite en servage,

Et ressentit les traits de ma vaine beauté,

Si de Julie elle eût eu le visage,

J'eusse banni de moi l'insensibilité.

Jamais une fontaine en son cristal mobile

Ne m'eût charmé les yeux d'un objet décevant,

Un autre plus divin m'eût pris auparavant

Et la Nymphe eût trouvé ma conquête facile.

Je ne serais pas fleur ; mais, ô doux changement,

Mémorable destin d'un bienheureux Amant!

Agréable folie!

Je triomphe en ma perte et deviens glorieux

De pouvoir vivre ainsi jusqu'au temps de Julie,

D'embellir sa Guirlande et de plaire à ses yeux.

Anonyme(XVII°)  - Pour la guirlande de Julie - le narcisse
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:32

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 


de Claude Malleville (1597-1647) est un poète français, l'un des premiers membres de l'Académie française en 1634.


Guirlande de Julie


Madrigaux

 

Le narcisse


Après m'être perdu dans une onde perfide,

Je sèche au feu des yeux d'une belle homicide,

Quand je lui rend hommage et m'acquitte d'un vœu.

O Destin, qui me fais cette injure seconde!

N'était-ce pas assez d'avoir peri par l'onde

Sans périr par le feu ?

 Claude Malleville (1597-1647) - poète - guirlande de Julie - le narcisse
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:31

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de : Georges de Scudéry (1601-1667) est un romancier, dramaturge et poète français

 

Fleurs inédites 
destinées à la guirlande de Julie

Madrigaux

 

Le narcisse

 

Enfin je le confesse, auprès d'un œil si doux,

Et dont le pouvoir (est) extrême,

Je suis plus amoureux de vous

Que Je ne le fût de moi-même.

 Georges de Scudéry (1601-1667)  - romancier - guirlande de Julie - le narcisse
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:29

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

 

de : M. Chabert, abbé de Cérisy


La guirlande de Julie


Madrigal.

 

Le narcisse

 

Quand je vois vos beaux yeux si brillants et si doux,

Qui n'ont plus désormais rien à prendre que vous,

Leur éclat m'est suspect, et pour vous j'appréhende.

Souvent ce riche don est chèrement vendu :

Je sais que ma beauté ne fut jamais si grande,

Et pourtant chacun sait comme elle m'a perdu.

 M. Chabert, abbé de Cérisy - poète - La guirlande de Julie - Le narcisse
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