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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 23:02

 

 

Sybille Rembard (1966) - poète


 

Lilas


 
La pluie larmoyante caresse ton parfum

aime le déséquilibre éphémère

des gouttelettes assoiffées de sève.

À chaque pétale elle découvre ta beauté

symphonie d’unités réfractées.

 

Les fleurs minuscules bleutées par la lumière

avancent comme un cortège joyeux

 

dansent comme une valse d'amour.

Forsythias et pivoines couronnent cet instant

courtisent l’allégorie.

Sous le sublime chapiteau de la nature

un voile parfumé fleurit notre chimère.
 

Lilas Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

Lilas Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:59

 

Louis Aragon (1897-1982) - poète

 

 

Les lilas


Je rêve et je me réveille

Dans une odeur de lilas

De quel côté du sommeil

T'ai-je ici laissé ou là

Je dormais dans ta mémoire

Et tu m'oubliais tout bas

Ou c'était l'inverse histoire

Etais-je où tu n'étais pas

Je me rendors pour t'atteindre

Au pays que tu songeas

Rien n'y fait que fuir et feindre

Toi tu l'as quitté déjà

Dans la vie ou dans le songe

Tout a cet étrange éclat

Du parfum qui se prolonge

Et d'un chant qui s'envola

Cliquer pour agrandir

O claire nuit jour obscur

Mon absente entre mes bras

Et rien d'autre en moi ne dure

Que ce que tu murmuras 

Louis Aragon et Elsa Triolet

Louis Aragon et Elsa Triolet

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:52

 

 

Le Poème de l'amour et de la mer op. 19 est une composition pour voix et orchestre d'Ernest Chausson, écrite entre 1882 et 1892. Dédié à Henri Duparc, il constitue, avec la Chanson perpétuelle, l'œuvre pour voix et orchestre majeure du musicien.


Les textes sont tirés des Poèmes de l'amour et de la mer, recueil publié en 1876 par Maurice Bouchor, un ami du compositeur. La gestation du Poème de l'amour et de la mer, particulièrement longue (près de dix ans), s'achève le 13 juin 1892.

 

 

La Fleur des eaux


L'air est plein d'une odeur exquise de lilas,

Qui, fleurissant du haut des murs jusques en bas,

Embaument les cheveux des femmes.

La mer au grand soleil va toute s'embraser,

Et sur le sable fin qu'elles viennent baiser

Roulent d'éblouissantes lames.

 

Ô ciel qui de ses yeux dois porter la couleur,

Brise qui vas chanter dans les lilas en fleur

Pour en sortir tout embaumée,

Ruisseaux qui mouillerez sa robe,

Ô verts sentiers,

Vous qui tressaillerez sous ses chers petits pieds,

Faites-moi voir ma bien-aimée !

...............

 

 

La mort de l'amour

.......

Le temps des lilas et le temps des roses

Ne reviendra plus à ce printemps-ci ;

Le temps des lilas et le temps des roses

Est passé, le temps des œillets aussi.

 

Le vent a changé, les cieux sont moroses,

Et nous n'irons plus courir, et cueillir

Les lilas en fleur et les belles roses ;

Le printemps est triste et ne peut fleurir.

 

Oh ! joyeux et doux printemps de l'année,

Qui vins, l'an passé, nous ensoleiller,

Notre fleur d'amour est si bien fanée,

Las ! que ton baiser ne peut l'éveiller !

 

Et toi, que fais-tu ? pas de fleurs écloses,

Point de gai soleil ni d'ombrages frais ;

Le temps des lilas et le temps des roses

Avec notre amour est mort à jamais.
 

Femme au lilas Daniel Ridgway Knight

Femme au lilas Daniel Ridgway Knight

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:48


 

François Coppée (1842-1908) - poète

Recueil : Le cahier rouge (1892).

 


À un lilas.

Je vois fleurir, assis à ma fenêtre,

L'humble lilas de mon petit jardin,

Et son subtil arome qui pénètre

Vient jusqu'à moi dans le vent du matin.

Mais je suis plein d'une colère injuste,

Car ma maîtresse a cessé de m'aimer,

Et je reproche à l'innocent arbuste

D'épanouir ses fleurs et d'embaumer.

Tout enivré de soleil et de brise,

Ce favori radieux du printemps,

Pourquoi fait-il à mon cœur qui se brise

Monter ainsi ses parfums insultants ?

Ne sait-il pas que j'ai cueilli pour elle

Les seuls rameaux dont il soit éclairci ?

Est-ce pour lui chose si naturelle

Qu'en plein avril elle me laisse ainsi ?

Lilas - August Macke -Fielder 1903

Lilas - August Macke -Fielder 1903

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:43


 

George Auriol (1863-1938) - poète

 

 

Quand les lilas refleuriront - 1890
 


Quand les lilas refleuriront,

Au vent les capuchons de laine,

Robes rouges nous remettrons.

 

Quand les lilas refleuriront,

Sur le tapis vert de la plaine

Nous reviendrons danser en rond...

 

Quand les lilas refleuriront,

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Les filles, près de la fontaine,

De leurs amoureux jaseront.

 

Quand les lilas refleuriront,

Personne alors qui ne comprenne

Les doux mots qu'elles parleront...

 

Quand les lilas refleuriront,

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Nous redescendrons dans la plaine,

Cloches, sonnez vos carillons.

 

Quand les lilas refleuriront,

Les papillons qui se promènent

Dans l'air avec des moucherons

Comme nous danserons en rond...

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Parfumant l'air de leur haleine,

Combien d'amoureux mentiront.

 

Quand les lilas refleuriront,

Pour tous ces baisers qui s'égrènent

Que de blessures saigneront...

Allez dire au printemps qu'il vienne.

Panier de Lilas George Arthur Gaskell

Panier de Lilas George Arthur Gaskell

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:41

 

 

Albert Mérat (1840-1909) - poète

Recueil : L'Adieu (1873)

 


Ce qui m'arrive est affreux

 

Ce qui m'arrive est affreux :

Elle est morte, je l'enterre.

L'adieu fut très douloureux ;

Mais je commence à me taire.

 

J'ai, comme on jette des fleurs

Sur les blancs cercueils des mortes,

Versé sur elle des pleurs

Et des fleurs de toutes sortes.

 

Je demeure seul, hélas !

Avec ma mélancolie.

— Voici venir les lilas

Dont le parfum dit : oublie.
 

Albert Mérat (1840-1909) - poèten - Ce qui m'arrive est affreux
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:37

 

 

Charles Cros (1842-1888) - poète

 

 

Lilas

 

Ma maîtresse me fait des scènes.

Paradis fleuri de lilas

Je viens humer tes odeurs saines.

 

Les moribonds disent : Hélas !

Les vieux disent des mots obscènes

Pour couvrir le bruit de leurs glas.

 

Dans le bois de pins et de chênes

Les obus jettent leurs éclats.

Victoire ? Défaite ? Phalènes.

 


Pluie améthyste les lilas,

Sans souci d'ambitions vaines,

Offrent aux plus gueux leurs galas.

 

La mer, les montagnes, les plaines,

Tout est oublié. Je suis las,

Las de la bêtise et des haines.

 

Mais mon cœur renaît aux lilas.
 

 Charles Cros (1842-1888) - poète  -  Lilas
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:12

 

Charles Cros (1842-1888) - poète

Recueil : Le coffret de santal (1873)

 


Avenir

Sonnet.


Les coquelicots noirs et les bleuets fanés

Dans le foin capiteux qui réjouit l'étable,

La lettre jaunie où mon aïeul respectable

À mon aïeule fit des serments surannés,

 

La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez,

Le trictrac incrusté sur la petite table

Me ravissent. Ainsi dans un temps supputable

Mes vers vous raviront, vous qui n'êtes pas nés.

 

Or, je suis très vivant. Le vent qui vient m'envoie

Une odeur d'aubépine en fleur et de lilas,

Le bruit de mes baisers couvre le bruit des glas.

 

Ô lecteurs à venir, qui vivez dans la joie

Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,

Vos amours font jouir mes os décomposés.


 

Lilas - Nadia Strelkina

Lilas - Nadia Strelkina

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:08

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907) - poète
Recueil : Stances et poèmes (1865)

 


Ici-bas

 

Ici-bas tous les lilas meurent

,Tous les chants des oiseaux sont courts ;

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours ;

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours ;

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours...
 

Lilas, temps gris de Claude Monet  (1872)

Lilas, temps gris de Claude Monet (1872)

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 21:59

 

 

Évariste de Parny (1753-1814) - poète
Recueil : Poésies érotiques (1778)

 

 

 

Au gazon foulé par Éléonore

 

Trône de fleurs, lit de verdure,

Gazon planté par les amours,

Recevez l'onde fraîche et pure

Que ma main vous doit tous les jours.

Couronnez-vous d'herbes nouvelles ;

Croissez, gazon voluptueux.

Qu'à midi, Zéphyre amoureux

Vous porte le frais sur ses ailes.

Que ces lilas entrelacés

Dont la fleur s'arrondit en voûte,

Sur vous mollement renversés,

Laissent échapper goutte à goutte

Les pleurs que l'aurore a versés.

Sous les appas de ma maîtresse

Ployez toujours avec souplesse,

Mais sur le champ relevez-vous ;

De notre amoureux badinage

Ne gardez point le témoignage ;

Vous me feriez trop de jaloux.

 

Lilas - 1901 par Edmund Blair Leighton

Lilas - 1901 par Edmund Blair Leighton

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