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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 21:45

 

 

Mythologie des arbres

Le Bouleau - (Betula)
 


 

 

Les bouleaux font partie de la famille des bétulacées et du genre Betula, ou Arbre de la sagesse (employé par les chamans sibériens), Arbre de la lumière, Sceptre des maîtres d’école (les maîtres d’écoles utilisaient les baguettes de bouleau destinées aux élèves récalcitrants), Bouleau commun, Arbre néphrétique (en raison de ses vertus diurétiques), et Biole.

 


Les bouleaux poussent en général sur les terres pauvres et souvent siliceuses, jusqu'à 2 000 m d'altitude, ainsi que dans les régions arctiques. Les bouleaux sont des plantes pionnières qui constituent souvent la première formation arborée lors de la reconquête ou de la colonisation de landes par la forêt. Ils apprécient les sols plutôt acides et humides. Les bouleaux forment des futaies appelées boulaies ou boulinières ou encore des bétulaies.

 


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.


 


 

 

Silhouette familière, le bouleau est très connu pour son écorce blanche, lisse et brillante, sa couleur blanche est due à la bétuline, son principal constituant. Cet arbre peut atteindre 20 à 30 m de hauteur et jusqu'à 60 cm de diamètre à la base. Les racines des bouleaux sont peu profondes. Le bouleau est considéré comme un bel arbre d'ornement et ses caractéristiques lui permettent de s'adapter à tous les types de jardin. 

 

Son port gracieux, le mouvement de ses branches souples et ses chatons duveteux d’un vert léger, ses petites feuilles colorées de teintes vert clair au printemps et jaune à l’automne. Le port du branchage est souvent dressé et relativement aéré, filtrant la lumière en été sans la bloquer. 


 

 

Ses inflorescences sont des chatons allongés de 10 cm de longueur, dressés puis pendants pour les mâles et de 3 cm dressés pour les femelles. Ses fruits sont des samares groupées en chatons. 


 

En climat tempéré, les bouleaux vivent moins longtemps (30-40 ans), mais plus au nord (Suède, Finlande, Russie, etc.) ils peuvent vivre jusqu’à 100 ans et plus.
 

 

 

Il existe quatre espèces de bouleaux en Europe, 


Deux arbres largement répandus :


Betula pendula, le bouleau verruqueux, 

 

On le trouve dans presque toute l’Europe, mais rare dans le sud ; arbre à croissance rapide (12 m en 20 ans) pouvant atteindre 25 m de hauteur ;

 

Ses rameaux retombants glabres, pourvus de verrues résinifères ; ses feuilles triangulaires doublement dentées, glabres. Le bouleau verruqueux a une écorce blanche, lisse et brillante avec quelques taches noires, souvent accompagnées de crevasses.

 

C'est une espèce pionnière sur sol riche ou calcaire, parfois très sec (dunes).


 

 

 

Betula pubescens, le bouleau pubescent, 

 

Similaire au Bouleau verruqueux mais qui s’en distingue notamment par sa taille plus modérée, sa préférence pour les sols plus humides et la teinte plus terne de son écorce. Il pousse dans les forêts humides et dans les tourbières. C'est un arbre au port élancé pyramidal, d'une élégance légère.

 

Sa hauteur en général est de 10 à 15 m, parfois 20 m. Ses rameaux lisses et pubescents. Son lumineux feuillage vert est porté sur des pétioles duveteux.

 

Le bouleau pubescent a une écorce d’un blanc plus mat, parfois rosé, avec souvent des bandes ou des lignes horizontales grisâtres, mais sans taches noires ni crevasses. En automne, il se pare d’un jaune d’or chaleureux. 

 

 

 

 

et deux arbrisseaux des régions arctiques : 


Betula nana, le bouleau nain, 

 

Ce bouleau nain à port souvent prostré, très compact, sphérique, ne dépassant pas 1m,  à minuscules feuilles rondes et dentées, doté d'un très beau feuillage doré de l'été à l'automne.

 

Ce petit arbuste solaire est une aubaine pour les petits jardins, les sols peu profonds, mais aussi pour l'ornement des terrasses et des balcons. Très rustique, il préfère un sol frais en permanence, et une exposition ensoleillée.
 

On le trouve en Europe arctique jusqu’en Russie centrale, relique glaciaire en Europe moyenne depuis la France (Margeride et Jura) jusque dans l’est des Carpates. Espèce caractéristique de la zone des arbrisseaux des montagnes du nord de l’Europe.


 

 

 

Bouleau peu élevé, Betula humilis L.


Le bouleau peu élevé de 50 cm à 2 m, à rameaux pubescents glanduleux ; aux feuilles ovales dentées. Elles se colorent en jaune en automne.

 

C'est un arbre filiforme au tronc flexible et majestueux à écorce blanche, lisse et brillante très caractéristique. Ce bouleau peu élevé est un beau spécimen d'ornement.

 

Il croît dans les forêts marécageuses. Il provient de l'Europe centrale, Pologne, l'Europe de l'Est, Sibérie occidentale, la Sibérie et Mongolie.1

Betula humilis - b. gliwa

 

 

 

Quelques espèces d’autres régions


Bouleau jaune, Betula alleghaniensis Britton 

 

Ce grand arbre, pouvant atteindre 30 m et 60 cm de diamètre, est indigène au nord-est de l'Amérique du Nord. C'est le plus grand des bouleaux de l'est du Canada et notamment une importante source de bois d'œuvre. Il peut vivre jusqu'à 150 ans, parfois plus.


Il est l'arbre emblématique du Québec depuis 1993. 


C'est un  arbre au tronc droit long à couleur de miel ou brun clair, à branches fortes à faible défilement.  Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Au printemps, les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des chatons séparés sur la même plante. Les chatons mâles sont généralement plus longs que les chatons femelles.

 

 

 


 

 

 

 

Bouleau flexible, Betula lenta L. 

 

C'est un arbre endémique de l'est de l'Amérique du Nord, où il croît dans les sols fertiles des régions montagneuses. 


Il atteint naturellement environ 25 m de haut, mais reste souvent plus petit lorsqu'il est cultivé. Les jeunes plants possèdent une couronne colonnaire. Lorsque les branches s'inclinent davantage, sa couronne s'élargit et devient plus dense. 


L'écorce plus ancienne vire au brun foncé, mais ne s'exfolie pas. Les rameaux et les feuilles sont utilisés en cosmétique sous la forme d'huile essentielle. La jeune écorce est brun rougeâtre. Les feuilles sont oblongues, ovoïdes et d'un vert satiné. Le revers est, quant à lui, jaune verdâtre. Le contour du limbe est bordé de dents doubles profondes.


Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Cet arbre se distingue par sa très belle coloration automnale jaune d'or


 


 

Bouleau noir, Betula nigra L.

 

Le bouleau noir est un grand arbre originaire des États-Unis, rustique et robuste, à cime ovoïde souvent à plusieurs troncs, supportant jusqu’à -20 °C. Sa large canopée en font un excellent arbre d’ombrage. Ce bouleau peut s’élever jusqu’à 30 m.


C'est une espèce décorative par son écorce brun foncé, rugueuse, qui s’exfolie en lamelles papyracées. Ce bouleau de rivière pousse naturellement le long des berges, ils peuvent également bien s’adapter aux paysages domestiques.


Les feuilles, alternes, vertes et brillantes, quelque peu triangulaires et disposées en alternance. Il produit des chatons bruns et verts en avril et mai, appréciés par les oiseaux.


 

 

 

Bouleau à papier, Betula papyrifera Marshall


Le Bouleau à papier communément appelé Bouleau blanc ou Bouleau à canot au Québec, est une variété de bouleaux dont l'écorce se détache facilement en bandes. Il pousse en Amérique du Nord.

 

C'est l'un des composants majeurs de la forêt mixte du Nord des États-Unis ainsi que du Canada et en Russie. Son tronc est sinueux et sa cime ovale et étroite. L'écorce blanche souvent à plages rosées se détache en larges bandes, d'où son nom. À croissance rapide, ce bouleau peut atteindre 30, voire 40 m.

 

Il fait également partie des quelques essences feuillues qui côtoient les résineux de la forêt boréale. Il atteint rarement une centaine d'années.

 

Étant la variété décrite par Marshell en tant qu'espèce, elle est souvent confondue avec l'espèce Betula papyrifera qui comprend pourtant deux variétés distinctes.

 

Ses graines sont appréciées par de nombreux oiseaux, dont le Pic mineur, la Sittelle à poitrine blanche et la Mésange à tête noire


Dhatier - Écorce de bouleau blanc, Bas St-Laurent, Québec 

 


 

Bouleau de l'Himalaya, Betula utilis 

 

Le Bouleau de l'Himalaya est une espèce de bouleau originaire de l'Himalaya, où il pousse à des altitudes allant jusqu'à 4 500 m. Dans son habitat naturel, Betula utilis tend à former des forêts, où il se présente sous forme d'arbuste ou d'arbre atteignant jusqu'à 20 m de hauteur.

 

Les feuilles sont ovales, légèrement velues, avec des bords dentelés. La floraison a lieu de mai à juillet. Les fruits mûrissent en septembre-octobre.

 

Il a dès sa jeunesse une écorce très blanche sans taches noires ni crevasses, mince à texture de papier très brillante. Elle a été utilisée dans l'Antiquité pour écrire notamment les textes sacrés sanskrits. Elle est encore utilisée comme papier pour l'écriture des mantras sacrés, avec l'écorce placée dans une amulette et portée comme protection. 

 

Le bois est très dur et dense mais très fragile. Le bois de cœur est rose ou beige rougeâtre.

 

Des variétés sélectionnées sont utilisées pour l'aménagement paysager à travers le monde.

 

 

 

 

Etymologie

 


L'ancien français boulel, diminutif de boul, bououl  (boulaie : bois, forêt où le bouleau domine). 


Le terme boul est issu du latin vulgaire betullus ( latin classique betulla) d'origine probablement celtique (gaulois), betuo, betu-, dont est issu le nom brittonique du même arbre : 

Breton : bezv ; gallois : bedw ; vieil irlandais : beithe ; catalan et occitan :  beç/bès "bouleau" ; gascon  : bedoth, bedora ; espagnol  : dul "bouleau" ; Anglais : Birch ; Allemand : Birke ; Italien : Bettula ; Néerlandais : Berk ; Tcheque : Břízy.


Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen) et en ukrainien (березень); il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.

La toponymie et l'anthroponymie du sud de la France compte de nombreux Besse, Bessières "plantation de bouleaux", Bèze, voire Besant, qui signifient tous  "bois de bouleaux, boulaie".


 

 

 

Mythologie romaine

 


Les verges de bouleau ont été utilisées pour la flagellation et la "purification" des condamnés ; elles entouraient la hache symbolique des licteurs romains.


 

 

 

Mythologie Europe orientale 

(Biélorussie, la Russie et l'Ukraine). 

 


En Russie, le bouleau est considéré comme l'arbre national et est fêté chaque année pendant la Semaine Verte de début juin.

 

Pour les chamans sibériens des plaines, le bouleau est l’arbre cosmique, l’axe du monde. 

 

Pour les Bouriates (population mongole), les bouleaux abritent l'âme des ancêtres, et lors de la cérémonie d'initiation du chaman, 9 bouleaux sont coupés. Le plus grand est fiché en terre dans la yourte, et est nommé "Gardien de la porte", car c'est lui qui ouvre au chaman l'entrée du ciel. Le chaman intronisé doit faire 9 entailles au sommet de chaque bouleau.

Les Bouriates chantent : 
"Au centre de la terre il y a une montagne de fer. Sur cette montagne de fer, il y a un bouleau blanc à sept branches. Ses branches traversent les sept étages du ciel et ses racines les sept profondeurs. A ses pieds coule une source d’eau fraîche".  

(Montelle Salagon 2002)



 

 

 

Mythologie celtique

 


Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique ; il symbolise la sagesse. 


Dans l'ogham des celtes, le bouleau est le premier arbre de cet alphabet secret des Druides. Chaque arbre représente une lettre. Beth, le Bouleau est placé dans le calendrier du 24 décembre jusqu’au 20 janvier.

 

 

 

Mythologie germanique,

 


le bouleau "betula" était dédié à Donar-Thor, le plus puissant des dieux guerriers. Symbolisant la force, la valeur, l'agilité et la victoire, il utilise la foudre et apaise ou excite les tempêtes. Ses pouvoirs sont ainsi liés au ciel. 

Thor, illustration de Johannes Gehrts (1901).

 


 

 

Mythologie scandinave, 

 


Les premiers humains ne sont pas descendus des arbres, mais ils furent créés à partir de branches d'arbres. 


Dans la mythologie scandinave, le bouleau est consacré à Frigg ou Freya, épouse et égale du dieu Odin.  


Le premier homme fut ainsi créé d'une branche de frêne, la première femme d'une branche de bouleau.


 


 

 

Mythologie slave 

 


Le bouleau est un des attributs de Kupalo, la déesse du printemps et des moissons.

 

Androgyne, l’arbre se voit tantôt associée à la “femme blanche” qui habite les grands bois tantôt au Lieschii, le gardien des forêts. Pour s’attirer leurs bonnes grâces, tout chasseur devra déposer une offrande de pain et de sel sur une souche et s’acquitter de prières qui leur sont associées.

 

Les paysannes s’en vont couper les jeunes rameaux de bouleau et confectionner les banny venik, ces bouquets de menus branchages avec lesquels on se purifie en se fustigeant au sortir des bains russes traditionnels. Ces verges vivifiantes rejoignent la symbolique du renouveau liée aux balais avec lesquels on chassait les esprits de l’année écoulée en nettoyant les maisons, les étables et les rues des bourgs aux fêtes du Nouvel An.

 

 

 

Mythologie amérindienne  

 

 
Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


 


 

Il y a 200 000 ans

 

Le brai ou goudron de bouleau était largement utilisé comme adhésif dès le Paléolithique moyen jusqu'au début du Mésolithique. Les Néandertaliens produisaient du brai par distillation sèche de l'écorce de bouleau .

 

 

 

10000 ans av. J.C. - 3000 ans av. J.C.

 


L'écorce de bouleau est un amadou (matière spongieuse provenant d'un champignon),  efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

Sur les sites mésolithiques de Star Carr, Royaume-Uni, néolithique d'Altscherbitz, Saxe, Allemagne, de la poix de bouleau a également été retrouvée, portant des traces de morsure de dent humaines, sans qu'il n'ait pu toutefois être déterminé à quelle fin (technique ou dentaire).

 

- L'écorce de bouleau est un amadou efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

- Le rhytidome (écorce au sens strict) de bouleau, tressé en lanières, était utilisé à la campagne pour fabriquer des chaussures appelées lapti chaussures traditionnelles russes. Elles sont portées depuis la préhistoire. Des moules en bois servant à leur fabrication ont été retrouvés lors de fouilles sur des sites néolithiques. On trouvait les laptis principalement chez les habitants des forêts du nord de l’Europe. Elles étaient portées par les plus pauvres chez les peuples finnois, baltes et slaves orientaux. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte.
Les laptis ont été portés en Russie jusque dans les années 1930. Aujourd’hui elles sont vendues comme souvenir ou accompagnent des démonstrations en costume traditionnel.


 

    
 

 

3300 av. J.-C. - Env. 3200 av. J.-C.

 


Ötzi homme momifié naturellement (congelé et déshydraté) découvert en 1991 à 3 210 mètres d'altitude, dans le glacier du Hauslabjoch non loin des Dolomites italiennes. Il était enseveli sous une couche de glace et son existence a été révélée par la fonte importante du glacier cet été là. 

 


Dans la poche de la ceinture d'Ötzi et à ses côtés se trouvaient une hache à lame de cuivre pur poli (tenue par un lacet de cuir et "collée" au manche en bois d'if avec du brai de bouleau), une dague dans un fourreau en tissu d'ortie et quelques champignons (dont des polypores du bouleau enfilés sur une lanière de cuir, probablement à usage médicinal. Il avait également deux récipients cylindriques en écorce de bouleau. 


 

 

 

I° siècle 

 

 

Les documents sur écorce de bouleau sont des documents écrits sur la couche interne de l'écorce de bouleau qui était couramment utilisée comme support d'écriture dans certaines régions avant la production en masse de papier.


Les plus anciens documents datés sont des textes bouddhistes gandhariens (comprenant les plus anciens manuscrits bouddhistes connus) du I° siècle qui ont probablement été écrits par des membres de l'école Dharmaguptaka (une des dix-huit écoles anciennes du bouddhisme) en Afghanistan. Rédigés en gandhari en utilisant l'alphabet kharoshthi, ils ont produit les versions les plus anciennes connues de textes bouddhiques importants tels que le Dhammapada (un des textes du Tipitaka, le canon bouddhique pāli).

 


 

 

 

II° siècle au VIII° siècle


 

L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Sushruta, chirurgien (III° siècle) 

 

 

Entre le II° et le VIII° siècle

Dans les siècles qui suivent, plusieurs auteurs sanscrits tels que Kâlidâsa, poète et dramaturge écrivant en sanskrit. Réputé pieux adorateur de Shiva, ses écrits s'inspirent largement de la mythologie et de la philosophie hindoues ; ils mentionnent l'utilisation de l'écorce de bouleau de l'Hymalaya pour les manuscrits. Elle est utilisée aujourd'hui encore en Inde et au Népal pour écrire des mantras sacrés.

Une grande collection de rouleaux d'écorce de bouleau a été découverte en Afghanistan vers l'an 2000, peut-être dans les grottes de Bamiyan. Il s'agit de près de 3 000 fragments en sanskrit dans l'écriture brahmi et datant d'une période allant du IIe au VIII° siècle de notre ère.

 

 

VI° siècle


L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Varahamihira mathématicien, astronome et astrologue indien (v. 505-587).


 

 

 

XI° au XV° siècle

 


De nombreux textes ont aussi été découverts en Russie, essentiellement à Novgorod. Ce sont généralement des lettres qui datent du XI° au xve siècle avant la généralisation du papier et qui sont des témoins de la vie courante.


Lettre de Jisnomir à Mikoula, XI°- XII° siècle

 

 

Dessin et devoir d'écolier d'Onfim (vers 1260, Novgorod).


 

 

 

Au Moyen-âge la sève de bouleau est la boisson des apothicaires pour dissoudre les calculs rénaux.

 

Au Moyen Age, on dit que ses branches étaient utilisées pour flageller les condamnés, afin de chasser les mauvais esprits.

 

Au 12° siècle, Hildegarde de Bingen (1098 -1179), moniale bénédictine, Docteure de l’Église,  abbesse, mystique, visionnaire, illustratrice, cite la sève de bouleau  comme remède pour soulager les ulcères.

 

 

 

XIV° au XVI° siècle

 

 

Au 14° siècle, Conrad de Megenberg (1309-1374) enseignant et écrivain allemand,  mentionne "l’eau de bouleau" pour ses propriétés médicinales sur la vessie et les reins.


Beresta Lettre sur écorce de bouleau du XIV° siècle

 

 

En Allemagne, on buvait la sève de bouleau comme une boisson rafraîchissante.

 

Au 15° siècle, on utilise la sève pour réduire les œdèmes.


         
En 1565, Pierandrea Mattioli (ou Matthiole 1501-1577), médecin et botaniste italien, synthétise les propriétés du bouleau, lui attribue des propriétés drainantes et le surnomme "l’arbre néphrétique". Il explique dans son ouvrage que "Si on perce le tronc du bouleau avec une tarière, il en sort une grande quantité d'eau, laquelle a grande propriété et vertu à rompre la pierre tant aux reins qu'en la vessie, si l'on continue d'en user. Si on s'en lave la bouche, elle guérit les ulcères qui sont dedans."


 

L'écorce de bouleau de l'Himalaya est utilisée depuis des siècles dans le nord de l'Inde, en particulier au Cachemire où il est dit que tous les livres étaient écrits sur du bouleau jusqu'au XVI° siècle.

 Pietro Andrea Mattiol par Moretto de Brescia

 

 

 

XVII° siècle - XVIII° siècle

 


1663
Retranscription de 1663 du Rupavatara de Dharmakirti, un traité de grammaire


 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792).


Dans le calendrier républicain, le Bouleau était le nom attribué au 7e jour du mois de germinal (21/22 mars – 19/20 avril)


 Le Soleil entre au signe du Bélier. 

C'est l'époque de l'équinoxe du printemps

Tout végète & s'anime au retour du Zéphir 

Et l'Âge le plus pur apprend des Tourterelles

Qu'il est doux de s'unir & de s'aimer comme elles.


 

 

 

XIV° siècle

 

 

1800 

Pierre-François Percy (1754-1825), médecin français, chirurgien en chef des armées de Napoléon parvenait à guérir les maladies de peau par l’utilisation de la sève de bouleau. Il s’en servait également pour les cas de rhumatisme, de goutte, de problèmes de vessie et d’autres maladies chroniques.

Il déclare :

"Dans tout le Nord de l’Europe, à commencer par nos départements du Rhin jusqu’aux confins de la Russie la plus septentrionale, l’eau de bouleau est l’espoir, le bonheur et la panacée des habitants riches et pauvres, grands et petits, seigneurs et serfs. C’est un remède précieux dans les affections rhumatismales dans les reliquats de goutte, dans les embarras de la vessie et dans une foule de maux ".

 

 

 

1820

Reproduction de la représentation d'une chanson ojibwé illustrée sur une écorce de bouleau vers 1820.

les Ojibwés du Canada se sont servis de l'écorce de bouleau pour représenter leur histoire  sur des rouleaux scripturaux: ce sont les rouleaux Wiigwaasabak. Ils sont réputés pour leurs canoës à membrure de bouleau.

 

 

 

1825

Betula utilis a été décrit et nommé par le botaniste David Don dans son livre "Prodromus Florae Nepalensis" (1825), à partir d'échantillons recueillis par Nathaniel Wallich au Népal en 1820. 


Betula jacquemontii (Spach), d'abord décrit et nommé comme espèce en 1841, est considéré maintenant comme une variété de Betula utilis et dénommé Betula utilis var. jacquemontii.


 


 

Amable Tastu (1798-1885) Poète français 

Recueil : Poésies (1826).


Les saisons du Nord


...Et cette heure rapide où le soleil repose,

Clisse avec le murmure et les parfums de rose

Des bouleaux agités par la brise des mers...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

 

A la Forêt de Fontainebleau


...Ô forêt adorée encor, Fontainebleau !

Dis-moi, le gardes-tu sur le tronc d'un bouleau,

Ce nom que j'appelais mon espoir et mes forces,

Et que j'avais gravé partout dans tes écorces ?...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

Recueil : Odelettes (1856).

 

À Raoul Lebarbier.


C'est sous le bouleau,

Dont les feuilles sombres

Découpent dans l'eau

De légères ombres,

Et lorsqu'un éclair

Montre leurs visages,

On sent courir l'air

Dans ces paysages !


 


 

 

1859

Victor Hugo

La Légende des siècles (1859) 

..."Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau. - Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, - Et je courbe, ô mon Dieu! mon âme vers la tombe, - Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau"...
 

 

 

Ivan Sergueïevitch Tourgueniev (1818-1883 à Bougival) écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe grégorien). 

 

Premier Amour (1860) 


...J'étais absorbé dans la contemplation d'un pivert bariolé 

qui gravissait le tronc mince d'un bouleau 

et jetait des coups d'oeil inquiets, à droite puis à gauche, 

comme un contrebassiste derrière son instrument...

 

 

 

1868

Charles Dollfus (1893-1981) aéronaute et historien français, ancien conservateur du Musée de l'aéronautique 

De la Nature humaine (1868) 

..."Le bouleau est féminin, le chêne est viril. Il y a quelqu'un de plus intrigant que l'intrigant; c'est l'intrigante"...

 

 

Albert Mérat (1840-1909) Poète français 

Recueil : Le Parnasse contemporain, II (1869-1871).


Dessous de bois


...Les bouleaux, à leur feuillage blanc

Prenant la brise, en font un murmure tremblant

Que le buisson répète au brin d'herbe qui rampe...

 

 

1873-1877.

Illustrations de la obra :

Les merveilles de l'industrie ou, Description des principales industries modernes /

par Louis Figuier (1819-1894). - Paris : Furné, Jouvet, (1873-1877). - Tome II

"Appareil pour l'extraction de l'huile de bouleau".




 

 

 

1878

Ivan Ivanovitch Chichkine (1832-1898) peintre et graveur russe.

La Boulaie

 


 

1871  

Alexeï Kondratievitch Savrassov  (1830–1897) 

Les freux sont de retour

Moscou dans les collections de la galerie Tretiakov 

 

 

 

1879 

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Petit bois de bouleaux, 

 


 

1885

Betula pendula Roth, syn. Betula verrucosa Ehrh.

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne


 

 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 


Le vieux chaland

 

...Un jour que je pêchais dans sa rivière fraîche,

Assis contre un bouleau qui brandillait au vent,

Le vieux meunier Marchois par le discours suivant

Sut me distraire de la pêche :...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).


Journée de printemps


Sonnet.

...Sur le murmure qui se ouate

Le rossignol file un solo :

L'écorce blanche du bouleau

Met du mystique dans l'air moite...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 

Les deux bouleaux

Sonnet.


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.

 

Ceints d'un lierre imitant un grand serpent inerte,

Pommés sur leurs troncs droits, tout lamés d'argent blanc,

Ils charment ce pacage où leur froufrou tremblant

Traîne le bercement de sa musique verte.

 

Mais, vient l'hiver qui rend par ses déluges froids

La figure du ciel, des rochers et des bois,

Aussi lugubre que la nôtre ;

 

Morfondus, noirs, alors les bouleaux désolés

Sont deux grands spectres nus, hideux, échevelés,

Pleurant l'un en face de l'autre.


 


 

 

Charles Guérin (1873-1907) Poète  

Recueil : Joies grises (1894).

 

Mélodie païenne

 

...Venez ce soir, m'amie, à la vesprée ;

Pendant qu'au bourg on danse la bourrée,

Vous passerez par la porte du clos,

Et je vous attendrai sous les bouleaux,

Près de la source au soleil empourprée....

 

 

 

En 1896, "le Journal des connaissances utiles" indique dans un article du mois de mars que ...


..."les salières suspendues sous le manteau de nos cheminées de cuisine sont en bois de bouleau. Son écorce sert à tanner le cuir et à lui donner une belle couleur jaune... "

Parmi d'autres usages, son bois est utilisé dans la fabrication de balais, de verges, de sabots tandis que la sève, voire l'écorce, servent de matière première, par exemple au charron pour fabriquer une poix graisseuse mais stable appliquée sur les jantes des moyens de transport et de traction.


 

 

 

Le médecin français Henri Leclerc (1870-1955) dans son ouvrage :

"Précis de phytothérapie.Essai de Thérapeutique par les plantes françaises" préconise :

...Les préparations à base de bouleau pour lutter contre la cellulite  lorsque que celle-ci est due à un excédent d’acide urique et de cholestérol...

 

 

 
Paul Fournier (1853-1935) historien du droit français, 

recommande des préparations d'eau de bouleau pour résoudre les difficultés urinaires.

 

 


Le Docteur Stephen Pierre Artault de Vevey (1862-1938) 

a utilisé l’action diurétique du bouleau pour compléter le traitement de l’azotémie (rétention de l’urée dans le sang) et de divers symptômes : maux de tête, névralgies, vertiges…
 

 

 

 

XX° siècle

 

 

1901

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Bosquet de bouleaux, 

 

 

 

 

Robert Lee Frost (1874-1963) poète américain.

 

Bouleaux

 

Quand je vois des bouleaux se pencher à gauche et à droite

à travers les lignes d'arbres plus sombres et droits,

j'aime penser qu'un garçon les a balancés. 

Mais se balancer ne les plie pas pour rester.

Les tempêtes de verglas font cela.

Souvent, vous devez les avoir vus

chargés de glace un matin d'hiver ensoleillé

Après une pluie. Ils cliquent sur eux-mêmes au

fur et à mesure que la brise monte et deviennent multicolores

Au fur et à mesure que le mélange craque et fend leur émail.

Bientôt la chaleur du soleil leur fait jeter des coquilles de cristal

Fracassant et avalant sur la croûte de neige

De tels tas de verre brisé à balayer

On pourrait penser que le dôme intérieur du ciel est tombé.

Ils sont traînés vers la fougère flétrie par la charge,

Et ils semblent ne pas se briser; mais une fois qu'ils sont courbés

si bas pendant longtemps, ils ne se redressent jamais :

vous pouvez voir leurs troncs se cambrer dans les bois

Des années après, traînant leurs feuilles sur le sol,

comme des filles sur les mains et les genoux qui jettent leurs cheveux

devant eux au-dessus de leurs têtes pour sécher au soleil.

Mais j'allais dire quand la vérité a fait irruption

Avec tout ce qu'elle a fait sur la tempête de verglas,

je préférerais qu'un garçon les plie

Pendant qu'il sortait et allait chercher les vaches -

Un garçon trop loin de ville pour apprendre le baseball,

dont le seul jeu était ce qu'il se trouvait,

été ou hiver, et pouvait jouer seul.

Un par un, il a maîtrisé les arbres de son père

En les chevauchant encore et encore

jusqu'à ce qu'il leur enlève la raideur,

et qu'il ne lui en restât pas un seul mais resté mou,

il n'en restait pas un à vaincre. Il a appris tout ce qu'il y avait

pour savoir comment ne pas se lancer trop tôt

Et ainsi ne pas emporter l'arbre au sol.

Il a toujours gardé son équilibre

Jusqu'aux branches supérieures, grimpant avec précaution

Avec les mêmes douleurs que vous utilisez pour remplir une tasse

Jusqu'au bord, et même au-dessus du bord.

Puis il se jeta vers l'extérieur, les pieds en premier, avec un

coup de pied dans les airs vers le sol.

Ainsi étais-je une fois moi-même un échangiste de bouleaux.

Et donc je rêve de redevenir.

C'est quand je suis las des considérations

Et la vie ressemble trop à un bois sans chemin

Où votre visage brûle et chatouille avec les toiles d'araignée

Brisé dessus, et un œil pleure

D'une brindille qui l'a fouetté.

J'aimerais m'éloigner de la terre un moment

Et puis y revenir et recommencer.

Qu'aucun destin ne me comprenne volontairement

Et n'accorde à moitié ce que je souhaite et ne m'arrache

pas pour ne pas revenir. La Terre est le bon endroit pour l'amour :

je ne sais pas où elle va probablement mieux.

Je voudrais grimper sur un bouleau ~ 

Et grimper des branches noires sur un tronc blanc comme neige 

Vers le ciel, jusqu'à ce que l'arbre n'en puisse plus supporter,

Mais a plongé son sommet et m'a redescendu.

Ce serait bien d'aller et de revenir.

On pourrait faire pire que d'être un échangiste de bouleaux.


 

 

 

Cécile Sauvage (1883-1927) Poètesse française 

Recueil : Le vallon (1913).


 

Petites violettes blanches

 

Voyez comme l'ombre mouvante

Qui tombe du bouleau pleureur

Fait une délicate mante

De dentelle autour de mon cœur.
 

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

 

 Le bouleau 

 

Tous les vents -

Des plus terribles au plus doux,

De la tempête au zéphir -

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles - 

Toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

La dernière -

Frissonnent et répètent,

S'agitent et racontent en chœur. 

 

Puis le bouleau se redresse :

Il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

D'autres vents passent

Et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

Des soupirs du printemps,

Des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

Et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

Mille et mille petits secrets bien mal compris,

Et qui pourrissent ensemble, 

Au pied du bouleau,

Du bouleau qui monte vers le ciel,

Où vit l'éternel oubli,

L'oubli fatal qui se nuance et se colore,

Et recommence et s'ennuie encore,

Et se confie finalement aux nuages,

Qui font toujours le même voyage. 


 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

1922-1963 - Le Cherche-Midi

 


Le bouleau


 Tous les vents —

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir —

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles —

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière —

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

 Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.


 


 

 

1925

Serge Essénine (1895-1925) poète russe 

 

L'homme noir


...Dans un suaire blanc, la plaine disparaît

Sous la lune, enneigé, mon pays paraît blême,

Et les bouleaux en pleurs regrettent les forêts ;

Qui donc est mort ici ? 

Peut-être est-ce moi-même... 
 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Le bouleau


Chaque nuit, le bouleau

Au fond de mon jardin

Devient un long bateau

Qui descend ou l'Escaut

Ou la Meuse ou le Rhin.

Il court à l'Océan

Qu'il traverse en jouant

Avec les albatros,

Salue Valparaiso,

Crie bonjour à Tokyo

Et sourit à Formose.

Puis, dans le matin rose

Ayant longé le Pôle,

Des rades et des môles,

Lentement redevient

Bouleau de mon jardin.


 


 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les bouleaux


Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

 

Le premier croît au bord de l'eau

Et tendu vers les matelots,

Regarde passer les bateaux.

 

Le deuxième, à l'orée d'un champ,

Les branches basses rêvant,

Se laisse bercer par le vent.

 

Le troisième, rempli d'oiseaux,

Chante comme un immense nid

Dans l'air bourdonnant de midi.

 

Le quatrième abrite un mort.

Depuis le jour de l'accident,

Jamais, jamais on ne l'entend.

 

Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

Quand des bouleaux si différents

Vivent heureux sous le soleil,

Pourquoi nous veut-on tous pareils,

Nous autres, les enfants ?


 


 

 

Le Docteur Jean Valnet (1920-1995)

dans son livre "La Phytothérapie"  –  Se soigner par les plantes"

indique que la sève de bouleau agit sur la lithiase urinaire et les coliques néphrétiques.

 

 

 

1989


Jacques Brosse (1922-2008) naturaliste, historien des religions et philosophe français. 


Mythologie des arbres, Plon, 1989 


..."Pourquoi le bouleau joue-t-il un tel rôle, plutôt que le sapin, par exemple, souvent considéré par les peuples du Nord de l'Asie comme l'Arbre cosmique ? Il est en effet loin d'avoir sa haute taille, Betula verrucosa Ehrh. ne dépasse pas 25 mètres, Betula pubescens est un peu plus petit, 15-20 mètres. Si leur croissance est rapide, ils ne vivent pas plus d'une centaine d'années, alors que le sapin peut atteindre au moins 700 ans. Seulement, outre sa légèreté, son élégance, la beauté de son écorce d'un blanc argenté, de plus en plus pur vers la cime, le bouleau possède des qualités que lui reconnaissent toutes les traditions. C'est essentiellement un arbre de lumière."...

 


 

 

 

XXI° siècle

 

 

 

Sylvain Tesson (1972) écrivain voyageur français

Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011

"...Bouleau, je te confie un message : va dire au ciel que je le salue..."

 

 


Rébecca Terniak - auteur et poète suisse

 


Bouleau au doux Amour et Vénus dédié

 

Ô toi, arbre entre tous, joli,

Si délicat, fin et gracile

Tout à Vénus dédié,

Je te contemple émerveillée,

De jour comme et de nuit,

Dans ta grâce immobile.

Tu irradies amour et beauté

Et ton feuillage aérien et fin

Fait de mille tendres cœurs petits

Exhale une douce et mobile clarté

Et verse en nous un chant serein.

Je m’extasie du tendre blanc éclat

De ton écorce au toucher délicat.

A travers toi,

J’entrevois

Vaste, tout un pays

Dans sa mystérieuse poésie,

Reprenant le flambeau de l’Esprit.

Tout jeune encore dans ses possibilités

Mais riche d’éveil pour un lointain

Cultivant le Beau et le Bien.

La Russie au cœur gonflé

D’amour et fraternité

Où dévotion sincère s’épanouit

Pour le Saint des Saint,

Où tous les germes d’avenir

Seront prêts

A éclater

Pour le Devenir

De notre mère Terre.

Et préparer le Temps béni

 Où notre planète bannira la guerre.

Arbre adolescent sacré

Que de bienfaisante bonté

Tu détiens et promets !

Dans tes racines profondes

Sont inscrits de lointains nouveaux mondes,

Où il fera bon vivre et chanter,

 Où chaque humain sera entouré et soigné,

Où l’Art à l’Amour Universel sera consacré.


 

 

 

Proverbe sur le bouleau 

 

- Si le bouleau verdit avant l'aulne alors l'été sera sec, si c'est l'aulne qui devance le bouleau alors la saison sera humide.

 

 

 

Signification du bouleau


- Arbre du renouveau, du retour de la vie, symbole de pureté, de douceur et de délicatesse. 


- Il symbolise toutes les formes de rapprochement avec le ciel.  

Dans le langage floral il signifie "Bienveillance vis à vis de soi et des autres".

 

 

 

Mythes et légendes

 


- Le bouleau était l’un des sept arbres sacrés du bosquet des druides, symbole de connaissance parfois appelé "arbre de la Sagesse"


- Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


- Les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n'hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux de l'autre monde. 


- Le bouleau était utilisé pour apaiser les agités et les aliénés que l’on fouettait avec ses branches. 


- On flagellait les condamnés du Moyen Âge avec ses branches. C’est aussi dans l’espoir de chasser ce qui est néfaste, 


- Les exorcistes l’utilisaient en décoction, car ils assuraient qu’il faisait s’enfuir les démons.


- On surnommait le bouleau “Sceptre des maîtres d’école”, parce qu’avec son bois on fabriquait les baguettes servant à punir les cancres.


- Méditer sous cet arbre permet de mieux accepter sa vie, d’assumer les changements, de se réconcilier avec ce que l’on est, d’adoucir ses pensées.


- Certains peuples voient dans la simplicité de sa prestance le signe de la sérénité, l’acceptation des changements, la paix intérieure.


- Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves ; il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.


- En Lettonie le mois d’avril est propice à la récolte de la sève de bouleau, on "saigne" l'arbre pendant la montée de sa sève, selon une tradition ancestrale, c’est l’une des occupations préférées des Lettons et la loi autorise chaque habitant à récupérer le jus de bouleau. “Chaque individu est autorisé à faire un seul trou dans un arbre, même dans les forêts publiques, à condition que le diamètre de l’arbre soit supérieur à 40 centimètres”. Les Lettons estiment que c’est la rudesse de leurs hivers qui produit un jus particulièrement sucré. 


- Les peuples du Nord consommaient la sève fermentée du bouleau. De cette eau de bouleau on fait une liqueur en Suède, un vin en Estonie, un mousseux en Angleterre. 


- En Savoie on dit d’un homme ivre qu’il est dans les bouleaux .


- Le bouleau est un symbole nationaliste norvégien, 


- Le bouleau, protecteur des jeunes filles et des orphelins.


- Les berceaux en bouleau protègeraient les enfants

 

 

Utilisation

 

- Le bouleau est également un arbre décoratif utilisé dans les parcs et jardins. Il est souvent planté par groupe de trois (cépée de bouleaux).


- Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie (au Canada sous le nom de merisier et sous le nom de merisier rouge pour le bouleau flexible).


- Le bouleau brûle vite sans que sa flamme soit trop chaude et il laisse très peu de cendres. Apprécié des boulangers, c'était le bois de boulange. Des fagots étaient également utilisés pour faire chauffer l'huile de friture, le cuisinier atteignait ainsi rapidement une température suffisante. 


- On en fait aussi des berceaux de nouveaux nés


- L'écorce blanche du bouleau à papier, le mâchecoui, était très utilisée par les amérindiens pour la fabrication des canoës d'écorce, d'ustensiles de cuisine, pour recouvrir leurs abris.

 

 

 

Alimentaire


- En Amérique du Nord, de l'Est du Canada à l'Alaska, à partir de la sève brute du bouleau blanc est produit de l'eau de bouleau, de la bière (Birch beer), du vin, de l'eau-de-vie, du vinaigre et du sirop de bouleau (un sirop édulcorant similaire au sirop d'érable).


- Le sirop de bouleau est un sirop obtenu à partir de la sève du bouleau (Betula) de la même manière que le sirop d'érable.


- La sève du bouleau contenant moins de sucres (de 0,5 à 2 % de glucide) que celle de l'érable, l'évaporation est plus longue et le rendement économique inférieur. L'odeur du sirop de bouleau est particulière, s'apparentant à celle du caramel avec une touche d'épice.

 

 

 

Vertus médicinales


- Le bouleau est reconnu comme antiseptique, dépuratif, cholérétique, cicatrisant, diurétique. 


- La médecine des plantes utilise ses feuilles, bourgeons et son écorce que l’on distille pour en extraire une huile essentielle. 


- La sève, les feuilles et l'écorce ont des vertus diurétiques et sont également utilisées dans le traitement des affections cutanées.


- On utilise les bourgeons ou l'écorce sèche en décoction et les feuilles en infusion comme dépuratif. La sève de bouleau appelée eau de bouleau est également utilisée dans de nombreux pays.


- On utilise la feuille de bouleau en poudre pour faciliter les fonctions d'élimination rénale et digestive. 

 

- Il est encore cité pour combattre les oedèmes, la goutte et l’arthritisme, l’hypertension aussi bien que la cellulite et l’obésité, les éruptions cutanées et l’artériosclérose.


- Au Moyen Âge on utilisait le bouleau pour soigner les plaies, les ulcères et les calculs rénaux. Propice aux reins et à la vessie. 


- On lui prête de nombreuses autres vertus thérapeutiques, d’autant qu’il vit en symbiose avec l’amanite muscaria ou amanite tue-mouches, champignon "magique" que l’on appelait aussi "la nourriture des Dieux" et avec lequel les chamans se droguaient.


 

 

 

Le bouleau en Cosmétique


La sève de bouleau est utilisée dans les cosmétiques, utilisée depuis très longtemps par les peuples nordiques, slaves et asiatiques. Les produits les plus connus sont les lotions capillaires.
 

 

 

Contes russes

“Vassilissa la très belle”, 


Un vieil homme et sa femme vivaient avec leur fille Vassilissa. Un jour, la vieille femme tomba malade et, avant de mourir, donna à sa fille âgée de huit ans une petite poupée en lui disant que si elle avait besoin d’aide, elle devrait la nourrir et lui demander conseil. De plus elle ne devrait sous aucun prétexte la montrer à quelqu’un.

 

Après la mort de sa femme, le vieil homme se remaria avec une veuve qui avait deux filles croyant qu’elle ferait une épouse et une mère de famille avisée. Mais toutes trois devinrent très rapidement jalouses de Vassilissa qui était très belle. 

 

Un jour que le vieil homme était parti au marché,  sa marâtre et ses deux méchantes sœurs envoyèrent,  à la tombée de la nuit, Vassilissa chez Baba Yaga la sorcière, chercher des éclats de bouleau pour chauffer et éclairer leur maison. Au cœur de la forêt, elle offre son ruban de soie rouge au bouleau et le noue aux branches protectrices de ce gardien du foyer. Celui-ci bénit la jeune fille et rassemble ses feuilles, masquant le chemin de sa fuite. De même, les brandons de bouleau rapportés par Vassilissa illuminent-ils si vivement la cheminée que la marâtre et ses filles ne peuvent en supporter l’éclat et se consument.

 

 

Légende sibérienne nanaï,

 
C’est au cœur de l’aubier clair d’un bouleau, arbre de résurrection,  que Mambou, l’orphelin sculpte le visage des guerriers morts,  quand son clan se voit décimé par les Chinois. 


Après avoir été jeté dans le lit du fleuve Amour chacun des masques revient à la vie sous forme d’un guerrier invincible qui venge le village anéanti. 
Puis, redevenus de simples troncs, ils servent à la fabrication d’un radeau sur lequel Mambou descend le fleuve à la recherche d’un nouveau clan.


 

 

 

Conte du Québec

adapté d'un conte Ojiboué

 

 

Le grand pin et le bouleau

 


Il y a bien longtemps, avant que les hommes n'arrivent dans le pays, les arbres étaient capables de parler. Le bruissement de leurs feuilles était leur langage calme et reposant. Lorsqu'ils agitaient leurs branches en tous sens dans le vent violent, leurs paroles étaient des discours pleins de courage ou remplis de peur.


La forêt était peuplée d'une multitude d'arbres de toutes sortes. L'érable laissait couler sa sève sucrée pour les oiseaux assoiffés. Un grand nombre d'oiseaux nichaient dans ses branches. Les merles venaient déposer leurs petits œufs bleus dans des nids bien installés. L'érable les protégeait du vent et de la pluie, toujours prêt à rendre service. Il était respecté aux alentours.


Pas bien loin de lui, un orme élevait ses longues branches vers le ciel. L'orme aimait le soleil et chacune de ses branches s'élançaient vers ses rayons. Les orioles, des oiseaux ressemblant aux rouges gorge mais en plus petit construisaient leurs nids balançoires dans sa ramure sachant qu'ils se trouvaient à l'abri dans les hauteurs.


Plus loin encore, le thuya offrait durant l'hiver l'hébergement à des familles entières d'oiseaux. Lorsque le froid faisait rage, le thuya refermait ses épaisses branches sur eux et les gardait bien au chaud. Les oiseaux étaient si confortablement installés qu'ils mettaient du temps, le printemps venu, à quitter leurs logis dans le thuya.


Le bouleau se tenait à peu de distance. Il était mince et élégant et son écorce douce et blanche le distinguait des autres. Ses bras souples et gracieux s'agitaient à la moindre brise. Au printemps, ses feuilles vert tendre étaient si fines qu'elles laissaient passer la lumière du soleil au travers.


Quand les hommes arrivèrent dans ces lieux, ils se servirent de l'écorce du bouleau pour fabriquer des canots, des maisons et même les récipients dans lesquels ils cuisaient leurs aliments.


Mais il arriva un jour que le bouleau, à cause de sa beauté, se mit à mépriser tout le monde.


Le grand pin était le roi de la forêt. C'est à lui que chaque arbre devait faire un salut en courbant la tête un peu comme on manifeste son obéissance au roi. Et ce roi était le plus grand, le plus majestueux, le plus droit de tous les arbres de la forêt. En plus de sa taille, sa magnifique vêture vert foncé assurait son autorité.


Un jour d'été, la forêt resplendissait des parfums et des couleurs de milliers de fleurs et un éclatant tapis de mousse recouvrait les coins ombragés du sol. Une quantité d'oiseaux, des gros, des petits, des bleus, des gris, des jaunes et des rouges, n'arrêtaient pas de chanter. Les arbres bougeaient doucement et agitaient leurs feuilles qui étaient des rires et des gais murmures de contentement. L'érable remarqua que le bouleau ne participait pas à cette réjouissance collective.


- Es-tu malade, bouleau ? demanda le gentil érable.


- Pas du tout, répondit le bouleau en agitant ses branches de façon brusque. Je ne me suis jamais si bien senti. Mais pourquoi donc devrais-je me joindre à vous qui êtes si ordinaires ?


L'érable, surpris de cette réponse, se dit que le roi grand pin ne serait pas content d'entendre de telles paroles. Car la première tâche de Grand Pin était de faire respecter l'harmonie parmi ses sujets.

- Tais-toi ! dirent les arbres au bouleau. Si le grand pin t'entend...


Tous les arbres étaient très solidaires les uns des autres comme le sont les frères et les sœurs qui s'entraident. Seul, le bouleau refusait l'amitié de ses compagnons. Il se mit à agiter ses branches avec mépris et déclara :

- Je me fiche bien du roi. Je suis le plus beau de tous les arbres de la forêt et dorénavant je refuserai de courber la tête pour le saluer !
Le grand pin, qui s'était assoupi, s'éveilla tout d'un coup en entendant son nom. Il secoua ses fines aiguilles pour les remettre en place et s'étira, s'étira en redressant son long corps.

- Bouleau, que viens-tu de dire ? lança-t-il.


Tous les arbres se mirent à trembler car ils se doutaient bien que la colère grondait dans le cœur du grand pin. Mais le bouleau ne semblait nullement craindre sa colère. Il étala ses branches avec dédain, les agita dans un sens et dans l'autre et dit d'un ton hautain :

- Je ne vais plus vous saluer, grand pin. Je suis le plus bel arbre de la forêt, plus beau que tous les autres, plus beau même que vous !


Le grand pin se fâcha. Ses bras se mirent à s'agiter bruyamment. Et tous les arbres attendirent dans le plus grand silence la suite des événements.

- Bouleau, lança le roi pin, tu es devenu vaniteux ! Je vais t'apprendre une leçon que tu n'oublieras jamais.


Le grand pin se pencha en direction du bouleau et frappa sa tendre écorce de toutes ses forces. Ses aiguilles lacérèrent la douce peau blanche du bouleau.


Enfin, il dit :

- Que tous apprennent par toi, bouleau, que l'orgueil et la vanité sont mauvais.


Depuis ce jour, l'écorce de Bouleau est marquée de fines cicatrices noires. C'est le prix qu'il dut payer pour sa vanité. Tous les membres de sa famille, sans exception, ont gardé, marquée dans leur peau, la trace de la colère du roi grand pin.


 

 

 

Pour en savoir plus

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 22:37

 

 

Rébecca Terniak - auteur et poète suisse

 


Bouleau au doux Amour et Vénus dédié

 

Ô toi, arbre entre tous, joli,

Si délicat, fin et gracile

Tout à Vénus dédié,

Je te contemple émerveillée,

De jour comme et de nuit,

Dans ta grâce immobile.

Tu irradies amour et beauté

Et ton feuillage aérien et fin

Fait de mille tendres cœurs petits

Exhale une douce et mobile clarté

Et verse en nous un chant serein.

Je m’extasie du tendre blanc éclat

De ton écorce au toucher délicat.

A travers toi,

J’entrevois

Vaste, tout un pays

Dans sa mystérieuse poésie,

Reprenant le flambeau de l’Esprit.

Tout jeune encore dans ses possibilités

Mais riche d’éveil pour un lointain

Cultivant le Beau et le Bien.

La Russie au cœur gonflé

D’amour et fraternité

Où dévotion sincère s’épanouit

Pour le Saint des Saint,

Où tous les germes d’avenir

Seront prêts

A éclater

Pour le Devenir

De notre mère Terre.

Et préparer le Temps béni

 Où notre planète bannira la guerre.

Rébecca Terniak - auteur et poète suisse - Bouleau au doux Amour et Vénus dédié
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 00:05

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

1922-1963 - Le Cherche-Midi

 


Le bouleau


 Tous les vents —

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir —

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles —

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière —

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

 Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.

Constant Burniaux (1892-1975) - écrivain et poète belge - Le bouleau
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 22:25

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les bouleaux


Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

 

Le premier croît au bord de l'eau

Et tendu vers les matelots,

Regarde passer les bateaux.

 

Le deuxième, à l'orée d'un champ,

Les branches basses rêvant,

Se laisse bercer par le vent.

 

Le troisième, rempli d'oiseaux,

Chante comme un immense nid

Dans l'air bourdonnant de midi.

 

Le quatrième abrite un mort.

Depuis le jour de l'accident,

Jamais, jamais on ne l'entend.

 

Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

Quand des bouleaux si différents

Vivent heureux sous le soleil,

Pourquoi nous veut-on tous pareils,

Nous autres, les enfants ?

Maurice Carême (1899-1978) - poète et écrivain belge de langue française - Les bouleaux
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 22:21

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Le bouleau


Chaque nuit, le bouleau

Au fond de mon jardin

Devient un long bateau

Qui descend ou l'Escaut

Ou la Meuse ou le Rhin.

Il court à l'Océan

Qu'il traverse en jouant

Avec les albatros,

Salue Valparaiso,

Crie bonjour à Tokyo

Et sourit à Formose.

Puis, dans le matin rose

Ayant longé le Pôle,

Des rades et des môles,

Lentement redevient

Bouleau de mon jardin.

Maurice Carême (1899-1978) - poète et écrivain belge de langue française - Le bouleau
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 22:43

 

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

 

 Le bouleau 

 

Tous les vents -

Des plus terribles au plus doux,

De la tempête au zéphir -

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles - 

Toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

La dernière -

Frissonnent et répètent,

S'agitent et racontent en chœur. 

 

Puis le bouleau se redresse :

Il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

D'autres vents passent

Et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

Des soupirs du printemps,

Des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

Et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

Mille et mille petits secrets bien mal compris,

Et qui pourrissent ensemble, 

Au pied du bouleau,

Du bouleau qui monte vers le ciel,

Où vit l'éternel oubli,

L'oubli fatal qui se nuance et se colore,

Et recommence et s'ennuie encore,

Et se confie finalement aux nuages,

Qui font toujours le même voyage. 

  Constant Burniaux (1892-1975) - écrivain et poète belge - Le bouleau 
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 21:43

 

 

 

Robert Lee Frost (1874-1963) poète américain.

 

Bouleaux

 

Quand je vois des bouleaux se pencher à gauche et à droite

à travers les lignes d'arbres plus sombres et droits,

j'aime penser qu'un garçon les a balancés. 

Mais se balancer ne les plie pas pour rester.

Les tempêtes de verglas font cela.

Souvent, vous devez les avoir vus

chargés de glace un matin d'hiver ensoleillé

Après une pluie. Ils cliquent sur eux-mêmes au

fur et à mesure que la brise monte et deviennent multicolores

Au fur et à mesure que le mélange craque et fend leur émail.

Bientôt la chaleur du soleil leur fait jeter des coquilles de cristal

Fracassant et avalant sur la croûte de neige

De tels tas de verre brisé à balayer

On pourrait penser que le dôme intérieur du ciel est tombé.

Ils sont traînés vers la fougère flétrie par la charge,

Et ils semblent ne pas se briser; mais une fois qu'ils sont courbés

si bas pendant longtemps, ils ne se redressent jamais :

vous pouvez voir leurs troncs se cambrer dans les bois

Des années après, traînant leurs feuilles sur le sol,

comme des filles sur les mains et les genoux qui jettent leurs cheveux

devant eux au-dessus de leurs têtes pour sécher au soleil.

Mais j'allais dire quand la vérité a fait irruption

Avec tout ce qu'elle a fait sur la tempête de verglas,

je préférerais qu'un garçon les plie

Pendant qu'il sortait et allait chercher les vaches -

Un garçon trop loin de ville pour apprendre le baseball,

dont le seul jeu était ce qu'il se trouvait,

été ou hiver, et pouvait jouer seul.

Un par un, il a maîtrisé les arbres de son père

En les chevauchant encore et encore

jusqu'à ce qu'il leur enlève la raideur,

et qu'il ne lui en restât pas un seul mais resté mou,

il n'en restait pas un à vaincre. Il a appris tout ce qu'il y avait

pour savoir comment ne pas se lancer trop tôt

Et ainsi ne pas emporter l'arbre au sol.

Il a toujours gardé son équilibre

Jusqu'aux branches supérieures, grimpant avec précaution

Avec les mêmes douleurs que vous utilisez pour remplir une tasse

Jusqu'au bord, et même au-dessus du bord.

Puis il se jeta vers l'extérieur, les pieds en premier, avec un

coup de pied dans les airs vers le sol.

Ainsi étais-je une fois moi-même un échangiste de bouleaux.

Et donc je rêve de redevenir.

C'est quand je suis las des considérations

Et la vie ressemble trop à un bois sans chemin

Où votre visage brûle et chatouille avec les toiles d'araignée

Brisé dessus, et un œil pleure

D'une brindille qui l'a fouetté.

J'aimerais m'éloigner de la terre un moment

Et puis y revenir et recommencer.

Qu'aucun destin ne me comprenne volontairement

Et n'accorde à moitié ce que je souhaite et ne m'arrache

pas pour ne pas revenir. La Terre est le bon endroit pour l'amour :

je ne sais pas où elle va probablement mieux.

Je voudrais grimper sur un bouleau ~ 

Et grimper des branches noires sur un tronc blanc comme neige 

Vers le ciel, jusqu'à ce que l'arbre n'en puisse plus supporter,

Mais a plongé son sommet et m'a redescendu.

Ce serait bien d'aller et de revenir.

On pourrait faire pire que d'être un échangiste de bouleaux.

Robert Lee Frost (1874-1963) - poète américain - Bouleaux
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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 23:37

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 

Les deux bouleaux

Sonnet.


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.

 

Ceints d'un lierre imitant un grand serpent inerte,

Pommés sur leurs troncs droits, tout lamés d'argent blanc,

Ils charment ce pacage où leur froufrou tremblant

Traîne le bercement de sa musique verte.

 

Mais, vient l'hiver qui rend par ses déluges froids

La figure du ciel, des rochers et des bois,

Aussi lugubre que la nôtre ;

 

Morfondus, noirs, alors les bouleaux désolés

Sont deux grands spectres nus, hideux, échevelés,

Pleurant l'un en face de l'autre.

Maurice Rollinat (1846-1903) - Poète français - Les deux bouleaux
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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 23:48

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

Recueil : Odelettes (1856).

 

À Raoul Lebarbier.


C'est sous le bouleau,

Dont les feuilles sombres

Découpent dans l'eau

De légères ombres,

Et lorsqu'un éclair

Montre leurs visages,

On sent courir l'air

Dans ces paysages !

Théodore de Banville (1823-1891) - poète français - À Raoul Lebarbier.   C'est sous le bouleau,
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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 00:18

 

 

Mythologie des arbres


L'oranger - Citrus sinensis 

 


L’oranger  - (Citrus sinensis (L.) Osbeck, 1765), est un arbre fruitier de la famille des Rutacées.  Il est originaire de Originaire de l’Asie (Chine, Vietnam, Inde). 

 

Vers gravés sur un oranger

Oranger, dont la voûte épaisse

Servit à cacher nos amours,

Reçois et conserve toujours

Ces vers, enfants de ma tendresse ;

Evariste de Parny (1753-1814)


L’oranger doux, Citrus sinensis, est le fruit le plus cultivé au monde ! Ce représentant des agrumes est réputé pour le parfum enchanteur de sa floraison, la saveur douce et acidulée de ses fruits d’une belle couleur vive au cœur de l’hiver.


Sa silhouette ronde au port harmonieux peut atteindre 10 mètres de haut, avec des rameaux plus ou moins épineux et des feuilles de 4 à 10 cm de long. Il aime les sols riches et bien drainé. Il peut être planté en terre ou en pot et nécessite une bonne exposition au soleil. Sensible au froid, il doit être protégé dès les premières fraîcheurs. 


Cultivé dans les régions chaudes, cet hybride ancien est probablement un croisement entre le pamplemousse et la mandarine. Ses fruits sucrés et comestibles sont les oranges.


Comme tous les agrumes, l'oranger possède un feuillage persistant, luisant qui lorsqu'on le frotte répand des essences d'agrumes. Ses feuilles vert profond sont légèrement ailées.


Les premières floraisons débutent vers l'âge de 7 ans. Sa période de floraison extrêmement odorante s’étend d’avril à juillet et la récolte s‘effectue de Novembre à Mars. Ses fleurs blanches sont très parfumées.
Le fruit du Citrus sinensis est appelé orange douce . Il varie en forme et en couleur selon les variétés. Il en est de même pour la pulpe plus ou moins acide, et dont la couleur varie de l’orange au rouge. Importante source de vitamine C, il est  le fruit d’hiver par excellence, une et le deuxième fruit le plus consommé, en France, après la pomme.


L'oranger comprend plus de 900 espèces réparties en 160 genres. L’ensemble des agrumes (citron, pamplemousse, orange, bergamote etc.) font partie de cette famille.


 

 

 

Principales variétés d’oranger 

 


Citrus sinensis se répartit en trois grands groupes.

 

Les oranges Navels


Parfumées et juteuses, dotées de peu de pépins, elles se destinent de préférence en dessert à une consommation crue et simple.


Ces oranges blondes à chair doivent leur nom à la petite excroissance sur la partie supérieure de l'orange, qui peut faire penser à un "nombril"– “Navel” en anglais. Un petit embryon de fruit se forme à l'intérieur de l'orange


Les orangers Navels, très populaires, se déclinent en cinq variétés, mesurant entre 3 et 4 m à maturité. Leur floraison printanière blanche mais également leur feuillage épais vert foncé de forme ovale dégagent un parfum délicat.

 

La récolte s'effectue en novembre-décembre. Les oranges n'ont pas besoin d'être entièrement de couleur orange pour être savoureuses. Elles se conservent très bien sur l'arbre, même une fois arrivées à maturité.
 


Ces agrumes ne résistent pas à des températures en dessous de -5°C, leur culture en pleine terre est à réserver aux régions les plus chaudes et aux situations les plus ensoleillées. 


Ailleurs, ils seront cultivés en pot et hiverner. Les oranges Navels dites oranges de table se déclinent en cinq variétés, toutes dotées d’un ombilic.


 


 

 

Les oranges blondes à jus

 

Elles ne possèdent ni ombilic ni pépins. Très riches en jus, elles sont souvent consommées pressées

Grâce à leur saveur parfumée, elles peuvent se consommer en fruit à croquer, mais sont  appréciées pour leur belle propension à produire un jus généreux et très goûteux.

 

Citrus sinensis "Salustiana" 

offre en plus une floraison exceptionnellement parfumée, des fruits légèrement aplatis à peau fine et à pulpe très juteuse, douce et sucrée de novembre à avril dans les régions chaudes, de janvier à mars partout ailleurs.

 

Citrus sinensis "Valentia Late". 

est l’un des plus rustiques mais également des plus productifs. Fruitier à croissance rapide, de 5 ou 6 m de haut à maturité, sa belle silhouette se couvre, d’avril à juillet, d’un grand nombre de fruits sans pépins, à peau assez fine et extrêmement juteux. Ces oranges sont les plus vendues au monde.


 

 

 

Les oranges sanguines


Elles doivent leur nom à l’exceptionnelle couleur rouge de leur pulpe, rustiques, elles peuvent résister  à -7°C sur de courtes périodes.


Les quatre orangers les plus connus de cette catégorie sont :

 


Citrus sinensis "Tarocco", 

Cette ancienne variété est sans doute une des meilleures variétés d'oranges sanguines, très juteuse et parfumée, avec un très bon équilibre sucre-acidité, une pulpe très rouge, et très peu de pépins. cet oranger est le plus cultivé. Il est celui qui propose la période de consommation la plus courte, deux ou trois mois seulement, entre décembre et février.

Cet arbuste de petite taille, assez épineux, est très vigoureux. Sa Floraison printanière est très parfumée. Agrume un peu épineux, de petite taille mais vigoureux avec une rusticité intéressante : -7°C.
 

 

Citrus sinensis "Moro", 

Cet oranger à une floraison trés odorante. Les fruits se récoltent au cœur de l’hiver, de décembre à février.

Cet arbre au beau port arrondi qui atteint 6 m de hauteur à maturité pour environ 4 m d’envergure. Son fruit tres sanguin, est intensément coloré avec une peau et une pulpe tirant sur le violet. Cette orange se consomme en fruit frais et jus.

 

Citrus sinensis "Sanguinello" 

Plus tardif, à floraison trés parfumée, cet oranger propose une récolte de février à avril.

Cet agrume non épineux très vigoureux donne un fruit dont la pulpe orange se veine de rouge sang, un fruit sucré, qui se consomme en fruit frais, jus et cuisinesucré qui donnera un jus doux et très parfumé.

 

Citrus sinensis "Maltaise demi-sanguine"

Cet oranger forme un petit arbre au port harmonieux et de croissance rapide pouvant atteindre de grande taille en pleine terre. La floraison, au printemps, est très parfumée.

Sa peau et sa pulpe sont cependant teintées de reflets rouge sang à maturité. C’est une orange qui a la réputation d’être l’orange douce la meilleure du monde, très juteuse, idéale comme orange à jus. Douce et sucrée avec une légère ponte d’acidité.

Un fruit ovale, une peau épaisse d’un bel orange vif.

 


 

Le bigaradier, oranger amer, oranger de Séville 


(Citrus aurantium L., 1753) 

 

C’est un petit arbuste de 5 à 10 mètres de la famille des rutacées (agrumes), qui aime le soleil et les sols fertiles et bien humides. 


La variété la plus répandue en Occident (C. aurantium var. bigaradia Hook. f.) est originaire du sud de l’Himalaya où Joseph Hooker signale des arbres sauvages .


C'est à l'origine un hybride entre le pamplemoussier Citrus maxima et le mandarinier Citrus reticulata.


Arbre magique de la parfumerie : Fleur, feuille, branche et fruit procurent chacun à leur manière de multiples odeurs et nuances comme autant de couleurs sur leur arbre.


Ses rameaux, et feuilles en fuseau, persistantes et luisantes, contiennent des composés parfumés exploités pour leur vertus olfactives.


Ses fleurs sont en revanche plus grandes que celles de l’oranger doux, et diffusent un parfum bien plus intense, on en tire l'essence de néroli et l'eau de fleur d'oranger. 


Son petit fruit, la bigarade ou orange amère, peu juteux, amer, acide et rempli de pépins, est surtout le zeste qui présente un intérêt aromatique et gustatif


C'est également un porte-greffe pour d'autres agrumes et un arbre décoratif.


 

 

 

Mythologie greco-romaine

 


Dans les douze travaux d’Hercule (Héraclès), le onzième consiste à rapporter les fruits d’un pommier d’or dans les jardins des Hespérides situé sur les pentes du Mont Atlas, aux confins du monde à l’ouest, là où le soleil se couche (les grecs situaient ce jardin au Portugal, qui était alors la partie de la terre connue la plus à l’ouest). Contrairement à ce que son nom indique, les fruits du pommier d’or n’étaient pas des pommes en or mais des certainement des oranges, surnommées ainsi à cause de leur couleur.

 

Le Jardin des Hespérides


Le jardin des Hespérides, situé à la limite occidentale du monde, est un jardin d’immortalité réservé aux Dieux. Au cœur du jardin, un arbre fabuleux donne des pommes d’or. Gaia (la Terre) en offrit à Héra lors de ses noces avec Zeus car ces fruits étaient porteurs d’immortalité et de fécondité. Le jardin est gardé par les Hespérides, filles d’Atlas et de Pléioné. Ces nymphes sont le plus souvent au nombre de trois (Aeglé, Érythie et Hespérie) parfois quatre ou cinq dans certaines légendes. Aidées par un dragon à cent têtes, Ladon, elles interdisent quiconque de pénétrer les lieux.


Dérober des pommes d'or au jardin des Hespérides est le onzième des douze Travaux d'Héraclès (Hercule). Après mille péripéties, Héraclès trouve enfin le jardin. Il réussit à convaincre le titan Atlas, qui soutenait toute la voûte céleste sur ses épaules, de le remplacer pendant qu’il irait chercher les fruits.


Atlas, étant le père des Hespérides, n’eut aucun mal à cueillir les pommes d’or, mais, trop heureux de se voir débarrassé de sa lourde tâche, il revint dire à Héraclès qu’il les rapporterait lui-même à Eurysthée.


Héraclès dut encore ruser, proposant à Atlas de le soulager quelques instant pour qu’il puisse mieux se positionner. Évidemment, dès qu'Atlas eut repris son fardeau, Héraclès s’enfuit avec les pommes d’or. On raconte que par la suite, Athéna fit rapporter les fruits aux Hespérides.

 

 

Zeus (Jupiter) offre des fleurs d’oranger à son épouse Héra (Junon), protectrice des femmes et la déesse du mariage, gardienne de la fécondité du couple et des femmes en couches

 

 

 

 

L'orange et la fleur d'oranger dans la religion

 


Symbolisant la pureté́ et la chasteté́ dans le monde chrétien, la fleur d’oranger est l’attribut de Marie. L’orange, quant à elle, est un symbole de rédemption.


Dans la culture arabe, l’eau de fleurs d’oranger accompagne tous les rituels familiaux.


 

 

 

2200 av. J.C. - 500 av. J.C.  

 


Les agrumes sont cités dans le traité de géographie Yu Gong (Xia Shu, 2200 av. J.-C) consacré à la dynastie Xia.

Dès ces temps reculés les agrumes sont cultivés et admirés, Ju You (mandarines et pomelo) désignent des fruits offerts en hommage à l'empereur.

 

 

Le plus ancien document historique, dans lequel il soit fait mention de l'orange, est chinois; c'est le Shu-King, recueil de documents (discours, conseils, décrets, etc.) concernant la politique et l’administration des souverains de l’Antiquité chinoise, depuis Yao, et Shun (IIIe millénaire av. J.-C.?) jusqu’à la fin des Zhou occidentaux (règne du Duc Mu de Qin, environ - 627). Ces documents auraient été rédigés par les équipes de greffiers et secrétaires que les rois entretenaient.
 

On y parle des kü (oranges) et des yu (pamplemousses) cultivés alors dans les provinces connues aujourd'hui sous les noms de Chekiang, Anhui et Kiang-si.

 

 

 


 

 

 

 

340 - 278 av. J.-C

 


Le poème Jú sòng

attribué à Qu Yuan (340-278 av. J.-C.) glorifie les qualités de l'agrume 


Traduction française Marie Bizais (2008) 

 

Éloge de l'oranger (mandarinier selon certains)

 

..."Feuilles vertes, pour la joie, aux blanches fleurs mêlées,

Branches lourdes, fines épines, fruits ronds en paume roulant,

Jaune et vert confondus formant motifs brillants,

Teinte pure, blanc dedans : au bon lettré semblant !

Profusion, élégance d’une beauté sans tache"… 


 

 

 

II° siècle av. J.C.

 

L’oranger est mentionné dans des textes datant du II ème siècle av. J.-C.


Dans des tombes de la dynastie Han (200 av. J.-C.) dans le Hunan et le Hubei, des récipients funéraires contiennent des graines d'agrumes.


Dès cette époque les 4 espèces d'agrumes cultivés sont nommées distinctement: "yòu" le pomelo, "gān" la mandarine, "jú" l'orange douce et "chéng" la bigarade.
 

 

 

IIIe siècle - X° siècle

 


La bigaradier aurait été acclimaté en Mésopotamie "à l'époque romaine tardive". 


Il a ensuite été transporté par les Arabes depuis l'Inde au début du X° siècle. Les Arabes l'introduisent en Syrie en 943. 

D'après le baron Silvestre de Sacy (1758-1838) linguiste, philologue et orientaliste-arabisant français.


Zahar désigne la fleur d'oranger. Le mot renvoie à "brillant", "lumineux".

Ainsi la favorite du calife Abd al-Rahman III, al-Zahra, "la lumineuse", évoque la blancheur de la fleur d'oranger. C'est pour elle qu'il bâtit au X° siècle sa cité califale à Cordoue.


 


 

 

XI° siècle

 


La culture est mentionnée en Sicile en 1002, il est présent en Al-Andalus au XI° siècle, successivement à Malaga, dans la Vega de Grenade, puis la province de Castellón. La plupart des agronomes arabes andalous le mentionnent et décrivent parfaitement sa culture.

 

C’est à partir du XIe siècle que l'oranger amer gagne le reste de l’Europe, et la Sicile, introduit par les croisés.

 


Pendant les croisades la mode de porter des fleurs d'oranger a été amenée de l'est vers l'ouest et elle s'est transmise en Espagne, en France puis en Angleterre.


 

 

 

XII° siècle

 


Selon  Ibn al-Awam, agronome andalou qui a vécu au XII° siècle à Séville, auteur d'un traité d'agronomie, le Livre de l'Agriculture.


..."Le bigaradier oranger amer est cultivé comme plante décorative parfumée (la cour de la grande mosquée de Cordoue en est plantée, la bigarade est aussi appelée cordobesa, pour son intérêt pharmaceutique (liniment obtenu par macération du zeste dans l'huile d'olive), cosmétique (désodorisant corporel) et pour son huile essentielle qui "fortifie les articulations"... 

 

 

 

Su Shi (1037-1101)  homme politique (mandarin) de la dynastie des Song du Nord (960-1127). 


"Le lotus épuisé replie sa corolle, 

les branches du chrysanthème se poudrent de givre,

 mais souviens-toi mon amie 

que cette saison est la plus douce de l’année,

la période des oranges jaunes et des mandarines vertes". 

 


Eventail de la dynastie Song

d'après le poème de Su Shi mandarine verte et orange jaune par Zhao Lingrang


 


 

XIII° siècle

 

 

Le livre de cuisine de "l'Anonyme Andalou", (manuscrito anonimo) donne une recette de pâte d'orange (1/4 de zeste d'orange "rouge" désamérisés à l'eau froide, 3/4 de miel) dont il énumère les profits.

 
- Digestion, diurétique, et "elle fait du bien aux narines froides" -  ; le texte confirme qu'il existait divers cultivars de bigaradier.

Makamat de Hariri Abou Mohammad alQasim


 

 

 

XV° siècle

 

 

D’origine extrême-orientale, Citrus sinensis, l’Oranger, est parvenu en Europe au 15° siècle grâce aux navigateurs portugais qui ramenèrent les premiers spécimens du Sri-Lanka et de Chine. Il conquit très vite les terres méditerranéennes. 

A la fin du XV° siècle, la Vierge d’Andrea Mantegna est entourée par les orangers. 

 

Madonna Trivulzio, Andrea Mantegna, 1497


 


 

XVI° siècle

 


Les Espagnols introduisent l'oranger amer en Floride espagnole d'où il se répand dans le nouveau monde. Elle est présente au Mexique en 1568, au Brésil en 1587.

 

 


XVII° siècle

 

 

François Maynard (1582-1646) poète français, membre de l'Académie française.


La belle vieille


..."L'âme pleine d'amour et de mélancolie

Et couché sur des fleurs et sous des orangers,

J'ai montré ma blessure aux deux mers d'Italie

Et fait dire ton nom aux échos étrangers"...

 

 


Pierre Corneille (1606-1684) Poète français 

Recueil : Poésies diverses.

Madrigal.

 

La fleur d'orange

 

Du palais d'émeraude où la riche nature

M'a fait naître et régner avecque majesté,

Je viens pour adorer la divine beauté

Dont le soleil n'est rien qu'une faible peinture.

Si je n'ai point l'éclat ni les vives couleurs

Qui font l'orgueil des autres fleurs,

Par mes odeurs je suis plus accomplie,

Et par ma pureté plus digne de Julie.

Je ne suis point sujette au fragile destin

De ces belles infortunées,

Qui meurent dès qu'elles sont nées,

Et de qui les appas ne durent qu'un matin ;

Mon sort est plus heureux, et le ciel favorable

Conserve ma fraîcheur et la rend plus durable.

Ainsi, charmant objet, rare présent des cieux,

Pour mériter l'honneur de plaire à vos beaux yeux,

J'ai la pompe de ma naissance,

Je suis en bonne odeur en tout temps, en tous lieux ;

Mes beautés ont de la constance,

Et ma pure blancheur marque mon innocence.

J'ose donc me vanter, en vous offrant mes vœux,

De vous faire moi seule une riche couronne,

Bien plus digne de vos cheveux

Que les plus belles fleurs que Zéphire vous donne :

Mais, si vous m'accusez de trop d'ambition,

Et d'aspirer plus haut que je ne devrais faire,

Condamnez ma présomption,

Et me traitez en téméraire ;

Punissez, j'y consens, mon superbe dessein

Par une sévère défense

De m'élever plus haut que jusqu'à votre sein ;

Et ma punition sera ma récompense.

 

Charles Edward Perugini Jeune fille lisant, 1878

 


 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français

Les Amours de Psyché -

 

Éloge de l'Oranger

 


Sommes-nous, dit-il, en Provence ?

Quel amas d'arbres toujours verts

Triomphe ici de l'inclémence

Des aquilons et des hivers ?

 

Jasmins dont un air doux s'exhale,

Fleurs que les vents n'ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m'en faites souvenir.

 

Orangers, arbres que j'adore,

Que vos parfums me semblent doux !

Est-il dans l'empire de Flore

Rien d'agréable comme vous ?

 

Vos fruits aux écorces solides

Sont un véritable trésor ;

Et le jardin des Hespérides

N'avait point d'autres pommes d'or.

 

Lorsque votre automne s'avance,

On voit encor votre printemps ;

L'espoir avec la jouissance

Logent chez vous en même temps.

 

Vos fleurs ont embaumé tout l'air que je respire :

Toujours un aimable zéphyre

Autour de vous se va jouant.

Vous êtes nains ; mais tel arbre géant,

Qui déclare au soleil la guerre,

Ne vous vaut pas,

Bien qu'il couvre un arpent de terre

Avec ses bras.


 


 

 

A la fin du XVIIe siècle, cette princesse diplomate contemporaine de Louis XIV, qui vécut à la cour d’Espagne, Anne-Marie Orsini, née de La Trémoille, épouse de  Flavio Orsini, prince de Nerola et duc de Bracciano;


En effet, elle utilisait l’essence de l’oranger pour parfumer ses gants et l’eau de son bain, et propagea la mode et l'usage de l'essence de bigaradier (ou oranger amer), Elle baptisa ce parfum essence de "Néroli", en hommage à la terre de Nerola, près de Rome.

Marie Anne de La Trémoille, duchesse de Bracciano, attribué à Nicolas de Largillière

 


 

Louis XIV, aimait à jouir de l’odeur délicate diffusée par les fleurs d’oranger au printemps. Il  fit aménager une Orangerie au château de Versailles dès 1663 par Louis Le Vau. 


Vingt ans plus tard, Jules Hardouin-Mansart double la taille de l’édifice pour lui donner son aspect actuel, orienté plein sud pour favoriser l’acclimatation des orangers, amateurs de chaleur. Leur très grande luminosité et leur température relativement douce en hiver en faisaient un parfait endroit de conservation pour ces petits arbres.


Les royaumes d’Italie, d’Espagne et du Portugal participèrent à l’enrichissement de la collection royale, et il devint même un temps de bon ton pour les courtisans de faire cadeau de jeunes orangers au roi.

 

L'Orangerie du château de Versailles par Étienne Allegrain Collections du château de Versailles.


 


 

 

Selon l'historien de l'alimentation Ivan Day, l'une des premières recettes connues pour une marmelade d'oranges (proche de ce qu'on appelle aujourd'hui la confiture) vient du livre de recettes d'Eliza Cholmondeley vers 1677.


 


 

1698

Claude Jordan (1659-1737) imprimeur, libraire et journaliste français.

Voyages Historiques de L'Europe : 

Qui comprend tout ce qu'il y a de plus curieux en Espagne et en Portugal, Vol. 2. La Haye, Etienne Foulque. 1698.


..."J'ay déjà remarqué que le Portugal produit quantité de Citrons et d'Oranges douces, mais je n'ay pas dit que l'origine de ces fruits que nous appelons en France Orange de Portugal, vient de la Chine, aussi les Hollandais et les Allemands les appellent Cina Appel, c'est-a-dire Pommes de la Chine, il n'y a pas encore quarante ans que les Portugais apportèrent de ce Pays là, la première greffe de ces fruits qui a tellement multiplié qu'on voit aujourd'hui de Forêts entières de ces arbres en Portugal"...

 

 

XVIII° siècle

 

 

1715
 

Louis Liger (1658-1717) agronome français.


Dictionnaire pratique du Bon Ménager de campagne et de ville, Paris 
chez Pierre Ribou, 1715 vol.2 


..."L’Oranger a un avantage particulier sur les autres arbres à fruits, & qui est que la nature lui a prescrit deux tems en une année pour donner des fleurs, au lieu que les premiers n'en produisent qu'une seule fois. — ..."


 

XVIII° siècle

 


Cardinal de Bernis (1715-1794) Poète, diplomate, ministre, prélat


Sur l'amour de la patrie


..." Trésor du laboureur, ornement du berger,

L'olive sous mes yeux s'unit à l'oranger"...

 

 


Evariste de Parny (1753-1814) chevalier puis vicomte de Parny, poète français 

 


Vers gravés sur un oranger


Oranger, dont la voûte épaisse

Servit à cacher nos amours,

Reçois et conserve toujours

Ces vers, enfants de ma tendresse ;

Et dis à ceux qu'un doux loisir

Amènera dans ce bocage,

Que si l'on mourait de plaisir,

Je serais mort sous ton ombrage.

 

Berthe Morisot - Villa à l'orange

 

 

 

En 1763, l'Amérique exporte des bigarades vers le Royaume-Uni, où une tentative de culture a commencé en 1595, dans le Surrey, détruite par le froid en 1739. 

 

 

Au XVIIIe, Jean Siméon Chardin (1699–1779) peint une plantureuse brioche, forcement parfumée à l’eau de fleur d’oranger, qui porte à son sommet un rameau fleuri, planté comme un drapeau.

La brioche, Jean Siméon Chardin, 1763


 


 

XIX° siècle

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,

1827, Vingt-hutième méditation


 

À une fleur séchée dans un album

 

Il m’en souvient, c’était aux plages

Où m’attire un ciel du midi,

Ciel sans souillure et sans orages,

Où j’aspirais sous les feuillages

Les parfums d’un air attiédi.

 

Une mer qu’aucun bord n’arrête

S’étendait bleue à l’horizon ;

L’oranger, cet arbre de fête,

Neigeait par moments sur ma tête ;

Des odeurs montaient du gazon.

 

Tu croissais près d’une colonne

D’un temple écrasé par le temps ;

Tu lui faisais une couronne,

Tu parais son tronc monotone

Avec tes chapiteaux flottants ;

 

Fleur qui décores la ruine

Sans un regard pour t’admirer !

Je cueillis ta blanche étamine,

Et j’emportai sur ma poitrine

Tes parfums pour les respirer.

 

Aujourd’hui, ciel, temple et rivage,

Tout a disparu sans retour :

Ton parfum est dans le nuage,

Et je trouve, en tournant la page,

La trace morte d’un beau jour !


 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,


Ischia


..."Vois ! la mousse a pour nous tapissé la vallée,

Le pampre s'y recourbe en replis tortueux,

Et l'haleine de l'onde, à l'oranger mêlée,

De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux"...

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,


Tristesse
 

Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage

Où Naples réfléchit dans une mer d'azur

Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage,

Où l'oranger fleurit sous un ciel toujours pur.

Que tardez-vous? Partons! Je veux revoir encore

Le Vésuve enflammé sortant du sein des eaux;

Je veux de ses hauteurs voir se lever l'aurore;

Je veux, guidant les pas de celle que j'adore,

Redescendre, en rêvant, de ces riants coteaux;

Suis-moi dans les détours de ce golfe tranquille;

Retournons sur ces bords à nos pas si connus,

Aux jardins de Cinthie, au tombeau de Virgile,

Près des débris épars du temple de Vénus :

Là, sous les orangers, sous la vigne fleurie,

Dont le pampre flexible au myrte se marie,

Et tresse sur ta tête une voûte de fleurs,

Au doux bruit de la vague ou du vent qui murmure,

Seuls avec notre amour, seuls avec la nature,

La vie et la lumière auront plus de douceurs...

...


...


 

 

J.J. Grandville (1803-1847)  caricaturiste, illustrateur et lithographe français.


 

Fleur d’oranger

 

Tes compagnes, ô jeune fille! ont cherché ce matin

dans la campagne humide de rosée une fleur

pour former ta parure virginale.

Tu vas nous quitter pour suivre celui que tu aimes,

tu ne partageras plus nos danses et nos jeux.

Accepte cette fleur d’oranger, c’est son doux parfum

qui nous a conduites vers elle.

Nous nous sommes approchées de l’arbre,

et la fleur d’oranger nous a dit :

 

Vous cherchez un bouquet pour orner le sein d’une fiancée.

Cueillez-moi.

Je suis blanche comme elle, douce comme elle;

semblable à la chasteté, mon parfum dure longtemps encore

après qu’on m’a cueillie.

Fleur des fiancées, lui avons-nous demandé,

pourquoi portes-tu des fruits sur ta branche?

Elle nous a répondu.

Je suis l’emblème de la mariée: amante encore,

elle est mère; la femme vit auprès de ses enfants,

la fleur à côté du fruit.

 

Alors nous l’avons cueillie.

Partage cette branche d’oranger, jeune fille,

mets-en la moitié dans tes cheveux,

l’autre moitié sur ton sein.

C’est le dernier don de tes chères compagnes.

Ce soir nous te conduirons à l’église, et ta mère en t’embrassant

fermera derrière toi la porte de la maison de l’époux.

Conserve notre guirlande et notre bouquet, jeune fille,

conserve-les bien, et puisses-tu, quand la fleur d’oranger sera fanée,

ne pas regretter le temps où tu étais blanche comme elle.

 

 

 

Leconte de Lisle (1818-1894) poète français

 


Les roses d'Ispahan

 

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,

Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,

O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,

Mieux quel'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,

L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !
 

 

 

 

Contes des mille et une nuits

Contes traduits par Galland, en 1838 

Histoire de Cogia Hassan Alhabbal, 

..." Nous entrâmes ensuite dans le jardin, où ce qui leur plut davantage fut une forêt d’orangers et de citronniers de toute sorte d’espèces, chargés de fruits et de fleurs dont l’air était embaumé, plantés par allées à distance égale et arrosés par une rigole perpétuelle, d’arbre en arbre, d’une eau vive détournée de la rivière"...

 

 

C'est véritablement la reine Victoria qui a instauré définitivement cette tradition puisqu'elle en a elle-même portées pour son mariage en 1840 dans sa couronne et a développé l'usage des fleurs dans toutes les différentes parties du mariage.


toutes les mariées du 19ème siècle en portent  sur leur tenue de mariage. 


 

 

 

Guy de Maupassant (1850-1893) écrivain et journaliste littéraire 

 

Madame Baptiste - 1882)

..."Songez donc que cette jeune personne n’avait plus rien à apprendre, rien ; qu’elle n’avait plus droit à la symbolique fleur d’oranger ; qu’elle avait pénétré, presque avant de savoir lire, le redoutable mystère que les mères laissent à peine deviner, en tremblant, le soir seulement du mariage"...

 

 

Le Vengeur - 1883

..."Il la tenait maintenant sous lui, la giflant de toute sa force et criant : “Tiens, tiens, tiens, voilà, voilà, gueuse, catin ! catin ! ” Puis quand il fut essoufflé, à bout d’énergie, il se leva, et se dirigea vers la commode pour se préparer un verre d’eau sucrée à la fleur d’oranger car il se sentait brisé à défaillir. Et elle pleurait au fond du lit, poussant de gros sanglots, sentant tout son bonheur fini, par sa faute"...
 

 

Idylle - 1884

 ..." c’était vers la fin de mai et des odeurs délicieuses voltigeaient, pénétraient dans les wagons… Les orangers et les citronniers en fleurs, exhalant dans le ciel tranquille leurs parfums sucrés, si doux, si forts, si troublants, les mêlaient au souffle des roses poussées partout"...
 

 


Extrait de Bel Ami - 1885

 ..."Toute l’assistance se retourna avec un long frou-frou de jupes et un remuement de chaises. Et la jeune femme apparut, au bras de son père dans la vive lumière du portail. Elle avait toujours l’air d’un joujou, d’un délicieux joujou blanc coiffé de fleurs d’oranger ...

 


Extrait de Contes divers - En voyage

..."J’ai voulu, cette année, respirer de la fleur d’oranger et je suis parti pour le Midi, à l’heure où tout le monde en revient. J’ai franchi Monaco, la ville des pèlerins, rivale de la Mecque et de Jérusalem, sans laisser d’or dans la poche d’autrui; et j’ai gravi la haute montagne sous un plafond de citronniers, d’orangers et d’oliviers"... 


 

 

Gustave Caillebotte  (1848–1894) peintre

Les orangers - 1878


 

 

 

 

Paul Verlaine (1874) écrivain et poète français


Green, 


..."Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous"... 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française


Le jardin et la maison


..."La paisible maison respire au jour qui baisse

Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses"...

 

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français


Le captif


...."Il est, non loin des tièdes syrtes

Où bleuit la mer en repos,

Un bois d'orangers et de myrtes

Dont n'approchent point les troupeaux"....

 

 

 

1884

Joris-Karl Huysmans (1848-1907) écrivain et critique d'art français.


À rebours - roman 


Jean des Esseintes, un antihéros maladif, esthète et excentrique, et constitue une sorte de catalogue de ses goûts et dégoûts.


Il expérimente la composition de parfums sophistiqués dans l’idée de pousser dans ses limites l’art des odeurs. Mêlant pour cela des effluves charnels à des fragrances virginales, il utilise l’oranger dans l’élaboration de beautés olfactives hybrides et empreintes d’artificialité minutieuse :


..."Les expressions, les procédés lui échappaient ; il tâtonna ; en somme, dans la fragrance de cette fleur, l’oranger domine : il tenta de plusieurs combinaisons et il finit par atteindre le ton juste, en joignant à l’oranger de la tubéreuse et de la rose qu’il lia par une goutte de vanille"...


..."puis dans ce pré́, il introduisit une précise fusion de tubéreuse, de fleur d’oranger et d’amande, et aussitôt d’artificiels lilas naquirent,"...


 

 

 

 

XX° siècle

 

 

Étiquette d’eau de fleur d’Oranger de Lubin,

début XXe (Source Beautyscenario)


 

 

 

 

 
Robert Desnos (1900-1945) poète français


Recueil : "Chantefleurs"

 

La Fleur d’oranger

 

Fleur d’orage et fleur d’oranger,

J’ai peur de la nuit, j’ai peur du danger.

Fleur d’oranger et fleur d’orage,

J’ai peur de la nuit et du mariage.

Fleur d’orage et fleur d’oranger,

Fleur d’orage.


 


 

 

Jacques Prévert (1900-1977) poète français.

 


Alicante


Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie.

 

Nature morte à l'orange - Pierre Van Bey


 

 

 

1940


Out-el-Kouloub,

"Zariffa", dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 


..."Zariffa et ses compagnes dépouillaient les orangers de leurs fruits vermeils, que les hommes alignaient dans des caissettes de bois. —?..."
 


 

1944

 

Aragon (1897-1982) poète, romancier et journaliste français

Aurélien  (1944),

..."Lorsque Edmond Barbentane emmène Rose Melrose à Cordoue, l’odeur de la fleur d’oranger participe à l’instauration d’une atmosphère romantique et dépaysante : « Vers le soir, d’une douceur mexicaine, ça sentait si bon les orangers, tout était si romantique avec ces jardins invisibles"... 

 

 

1958

 

Jean Rogissart (1894-1961) écrivain français 

Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris

..."Mon Dieu, mon Dieu ! Quand on vient des pays où fleurit l’oranger, où trillent les cigales saoulées de soleil, comment se plaire ici ? —... "
 


 

 

 

1998

François David - poète

Zéro sur Zorro - Editions Motus 1998


L’orange


Dans orange

Il y a or

Or il n’y a pas d’or

Dans l’orange

C’est orange une orange

L’or est dans la bouche

Qui la mange.

Dans orange il y a ange

Pourtant il n’y a pas d’ailes à ses feuilles

Sinon elle quitterait la branche

Pour goûter les autres couleurs

Dans les airs.

Dans orange

Il y a un ange qui dort

Repu

D’avoir bu tout le jus.

 

 

 

Signification de la fleur d'oranger

 

 

La Fleur d’Oranger, dégage un délicat parfum évocateur d’orient. 

 

- Légèrement parfumée elle symbolise la pureté et la chasteté, la fertilité  et la beauté

Autrefois, elle servait à composer les couronnes des jeunes mariées. 

"Je vous serai fidèle"

"Je ne pécherai pas" 


- Les fruits de l'oranger, qui mûrissent entre les fleurs représentent l’espoir d’une descendance.


 

 

 

Utilisation de la fleur d'oranger et de l'orange

 


Alimentaire

 

 

En cuisine, 

L’eau de fleur d’oranger est un ingrédient indispensable dans un bon nombre de recettes traditionnelles de pâtisserie et desserts.

Elle aromatise abondamment les pâtisseries orientales.

 

En confiserie

Le goût de la guimauve est tout simplement l’accord entre la vanille et la fleur d’oranger. On l’utilise aussi comme arôme principal de certains bonbons.



 


Utilisation corporelle et cosmétique 


 

L’hydrolat 

En aromathérapie et en massages, l’essence de Néroli est reconnue pour son effet apaisant sur le système nerveux.

En cosmétique elle est réputée avoir des vertus revitalisantes pour la peau. L'’eau de fleurs d’oranger est régénérante. Appliquée sur le visage, elle redonne au teint de la lumière et de l’éclat, c’est aussi un tonique doux qui apaise et rafraichit la peau. 

On lui reconnaît également des propriétés bactéricide, fongicide et même insecticide ! 

Grâce à sa faculté à diminuer l’anxiété ainsi que de soulager les maux de ventre, l’eau de fleur d’oranger aiderait à l’endormissement des nourrissons. Cette eau est calmante et favorise le sommeil. Elle détend, apaise et serait même aphrodisiaque.

 


 

Parfumerie

 

Les parfums hespéridés, tout comme les premières "Eaux de Cologne", sont caractérisés par leur fraîcheur et leur légèreté.


L’orange fait partie de la famille des hespéridés (bergamote, le citron, la mandarine et le pamplemousse, ainsi que les produits de l’oranger (fleur d’oranger, petit grain, néroli). 

Le néroli

s’est retrouvé très vite au cœur des premières compositions parfumées au croisement d’eaux médicinales, purifiantes et rafraîchissantes, qui deviendront les Eaux de Cologne. 

 

L'absolue 

Si l’on applique aux fleurs une extraction à l’hexane, un solvant volatil, on obtient cette fois une concrète, qui est ensuite transformée en absolue de fleur d’oranger par lavage à l’alcool pour éliminer les matières cireuses inodores. Plus sombre et capiteuse que le néroli, l’absolue est moins concentrée en note fraîches, et davantage en notes florales et animales.

 

Jeunes rameaux et petitgrain

Au mois de juillet, les orangers sont taillés et le feuillage fraîchement coupé est utilisé pour produire de l’essence de petitgrain. Ce nom "petitgrain" aurait pour origine le fait que les jeunes rameaux utilisés sont généralement garnis de fruits immatures dont la forme ressemble à de petits grains. Les plus grands producteurs d’essence de petitgrain sont les Paraguay, l’Italie et le Maroc. 
 


Aujourd’hui les principaux pays producteurs  sont le Brésil et la Floride. 


L’odeur de l’huile essentielle d’orange dégage des notes fraîches, sucrées et acidulées. C’est une note volatile, utilisée en note de tête qui ne reste que quelques minutes sur la peau. Si elle est très présente dans les parfums floraux, elle accompagne également les compositions orientales ou boisées.

 

L’huile essentielle d’orange est obtenue par expression à froid du zeste.

Cette technique, qui, comme sont nom l’indique, ne requiert pas chauffage, permet d’obtenir une odeur fidèle à l’odeur originelle. C’est une technique simple qui consiste à broyer les zestes dans une machine pour en extraire l’huile essentielle.

 


fleurs d'oranger

On l'utilise souvent en note de tête dans les eaux de toilette. 


- Classique de Jean-Paul Gaultier

- La vie est belle de Lancôme  

- Aura de Thierry Mugler 

- Gabrielle de Chanel 

- Ysatis de Givenchy 

- La fille de l’air de Courrèges 

- Mi Fa de Réminiscence

- Bouquet de la mariée de Guerlain .

- Infusion de fleur d’oranger de Prada


 

 

 

Pour en savoir plus

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